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LES TRAGOPANS

Tragopan. Cuv. (1).

En étudiant le faisan cornu de Buffon, nous avions senti la nécessité de créer un nouveau genre pour cet oiseau, qui s'éloigne beaucoup des faisans, des coqs, des pénélopes, avec lesquels on l’a tour à tour associé. Nous avions donc proposé dès le mois d’août 1828 le nom générique satyra, ainsi qu’on peut le voir dans le Dictionnaire des sciences naturelles, à la suite des yacous ou pénélopes ; mais presque en même temps M. Cuvier adoptoit, dans la deuxième éditign de son Règne animal, le nom de tragopan, beaucoup plus convenable, puisqu'il paroît que c’est de cet oiseau que veut parler Pline (lib. X, c. xLix), lorsqu'il décrit son tragopan. Les caractères que nous lui assignons sont les suivants :

Un bec court, épais, conique, à mandibules robustes et presque égales; l’inférieure presque aussi épaisse que la supérieure ; cette dernière renflée sur ses bords, surmontée d’une éminence sur le front ; narines petites, ovalaires, basales, nues; joues emplumées; gorge munie d’un fanon charnu, pendant chez les mâles et emplumé chez les femelles; les ailes amples et très concaves ; la queue courte et rectiligne ; les tarses scutellés, robustes, munis d’ergots ou d'éminences cornées ; les ongles des doigts forts et recourhés.

Les napauls ont la forme générale et le corps massif des faisans, le port et la démarche des coqs, et nullement la forme élancée, c’est-à-dire la minceur du cou et la longueur de la queue, des pénélopes : ils vivent exclusivement dans les contrées les plus chaudes de l’Inde.

4° Le TRAGOPAN NAPAUL. ( Phasianus satyrus , T£wm.) (?). Le napaul, connu depuis long-temps, à été décrit par Brisson et Buffon et figuré par Edwards (glan. pl. 416) sous le nom de horned pheasant, ou de faisan cornu, parce qu’il a derrière l’œil, et de chaque côté de la tête, une excroissance d’une substance calleuse, arrondie et semblable à une corne. Des pendeloques charnues et membraneuses occupent la gorge et la partie supérieure du cou;

() Satyra, Lesson.

(2) Vieillot, Gal, pl. 206; penelope satyra, Gmel.; meleagris satyrus,Latham; faisan napal,Temm.,Gall., t. II, p. 349,

elles sont variées de bleuâtre et de noirâtre, et leur surface est semée de quelques poils et sillonnée de rides, qui semblent annoncer qu’elles peuvent se distendre ou se resserrer suivant les besoins de l'oiseau. Le cou et la poitrine sont d’un rouge orangé, par semé de taches rondes, dont le centré éêt blanc et dont les contours sont noirs ; le dos, le croupion, les scapulaires, les couvertures des ailes et le ventre, sont d’un roux clair avec des taches blanches en forme de larmes et que bordent des lisérés noirs ; les pennes des ailes et de la queue sont roussâtres : le bec est brun, les pieds et les ongles sont blanchàtres. Le napaul est de la taille du faisan commun.

2° Le TRAGOPAN DüuvaucEL (1) est remarquable par une très longue huppe d’un bleu noir brôtizé, com posée de piumes nombreuses et roides qui se dirigent en arrière en partant de l’occiput; le dessus de la tête et le devant de la gorge sont d'un noir bronzé foncé ; sur les joues se dessinent deux taches assez larges d’un blanc pur qui descendent en pointe sur les côtés du cou. Le plumage du corps, en dessus, est brun varié de gris; en dessous , à partir de la moitié du cou, il est d’un marron foncé, le centre de chaque plume paroissant flammé d’une teinte marron plus vive; les flancs, les plumes de la région anale et des cuisses sont brunes , rayées dans leur milieu et en long de blanc jaunâtre; les rémiges sont brunes, bordées extérieurement de blanc; la queue cest courte et rectiligne ; le bec est noir; les tarses sont plombés et munis d’un fort ergot. Le napäul vit aû Bengale, sans qu’on sache quelles sont ses habitudes,

3° Le TRAGOPAN D’HASTING (?) vit dans les moôntagnes de l'Himalaya. Il a le dos brun, ondulé de fauve, le ventre d’un rouge foncé, les plumes tibiales noires au sommet et parsemées dé gouttélettes blanches dans leur milieu. La huppe est formée de plumes noires à pointes rouges. Le croupion est noir, maculé de blanc. Le cou en arrière ést rouge, la poitrine orangée ; le pourtour de l’œil est nu, jaune, ainsi que les pendeloques charnues. Les rectrices sont noires, rayées de lignes onduleuses jaune blanchâtre.

4° Le TRAGOPAN DE TEMMINGK (3) a été observé à Macao par M. Bennett, et aux divers âges de sa vie. Contractée , la membrane nue de la tête est en lame pourprée sous la mandibule inférieure, lame qu’il est parfois difficile de distinguer, tant elle diminue de volume par son racornissement. Cette peau, nue et injectée, commence à se tuméfier dans les premiers mois de l’année, c’est-à-dire de janvier à mars, et dès lors elle acquiert une teile ampleur,

(') Satyra macrolopha, Lesson.

Ce) Tragopan Hastingi, Gould, cent. of birds; Proceed., I, 8 ; XXV, Bull 352:

(6) Tragopan Temminczit, Gray, Proceed., IV, 33.

qu’elle tombe sur la gorge en pendeloques ornées

des plus vives couleurs, parmi lesquelles le cramoisi, le rouge carmin et le vert dominent. Toutefois, l’intensité de la coloration varie suivant les degrés d’animation de l’oiseau : c’est alors que le tissu érectile s'élève au-dessus de la tête en simulant deux petites cornes charnues.

Les individus de cette espèce, que M. Bennett a vus vivants à Macao, provenoient de la province de Yunnan, sur les confins du Thibet. Leur nom chinois étoit fu æou nieu. M. Beale a vainement tenté de se procurer des femelles.

Ne connoissant pas l’ouvrage dan: lequel M. Gray a publié ce tragopan, nous n’en pouvons donner la description. Peut-être cet oiseau se trouve-t-il dans les Jlustrations indiennes, ouvrage que nous ne possédons pas à Rochefort.

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