LES PHAETONS OU PAILLE-EN-QUEUE
Ne se sont enrichis d’aucunes particularités nouvelles.
LES CÉRÉOPSIS ().
Sont des sortes d’oies que distinguent suffisamment un bec très court, fort, obtus, presque aussi élevé à la base que long, couvert d’une cire qui s’étend vers la pointe, qui est voûtée et comme tronquée. Les narines sont très grandes et percées vers le milieu du bec; elles sont complétement ouvertes. Les pieds sont terminés par une palmure très découpée. Le pouce est surmonté. Les ailes, presque aussi longues que la queue, ont leur première rémige un peu plus courte que les suivantes. La seule espèce de ce genre est le céréopsis cendré ($), dont les formes sont celles de l’oie ; mais les pieds sont plus
{) Viralva anglica, Stephens., XIII, 174. Sterna anglica, Mont., Dict. ornith. S. aranea, Wiis., Am., VIE, pl. 72, fig. 2.
(2) Rhyncops, L.
() R. cinerescens et brevirostris, Av., Brass., pl. 102 et 103.
(:) £. flavirostris, Vieill., Gal., pl. 291. R. orientalis, Ruppell, pl. 24.
(5) Cereopsis, Lath.
(6) C. Novæ-Hollandie, Lath., Syn., pl. 138, Proc., I, 26. Temm., pi. 206. C. cinereus, Vieill., Gal., pl. 284.
DES OISEAUX
longs, et une partie de la cuisse est nue au-dessus du genou. Une peau ridée et jaunâtre couvre le front ; le sommet de la tête est d’un blanc pur; tout le reste du plumage est d’un cendré foncé, ondé sur le dos de cendré roussâtre, et marquées aux couvertures des ailes d’une tache ronde, noire ; queue d’un brun obscur ; rémiges noires. La partie nue de la jambe et le tarse presque en entier sont d’un jaupâtre orangé ; les doigts et les membranes sont noirs. Longueur, deux pieds et demi à trois pieds. {1 habite la baie de l’Espérance et une partie des côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande.
LES BERNACHES ().
Se sont enrichies de deux espèces remarquables.
L’oie antarctique (?), dont la femelle a été mentionnée pour la première fois par Sparmann, qui en a publié une figure dans le deuxième fascicule, pl. 57 du Museum Carlsonianum. Ce qu'il y a de certain, c’est que la description qu’il en donne, tracée dans le style linnéen, est assez incomplète pour faire même douter de l'identité de notre oiseau avec celui qu’il indique comme la femelle de lPoie des régions australes. Sonnini, plus récemment, a complétement embrouillé la synonymie de ces espèces.
L’'oie antarctique est beaucoup moins abondante sur les îles Malouines que l’oie aux ailes blanches, qui paroiît y être sédentaire et y vivre par grandes troupes, et à la manière de nos oies domestiques, tandis, au contraire, que l’oie antarctique n’y est que de passage, et habite principalement les îles de l'extrémité sud de l'Amérique ; ses mœurs d’ailleurs sont solitaires, et ce n’est jamais que par paires qu’on la rencontre sur les rivages, où elle cherche des mollusques marins et des fucus, dont elle fait sa nourriture; aussi sa chair en contracte-t-elle une odeur détestable , qui la rend dégoûtante, tandis que l’oie aux ailes blanches, ou magellanique , est très agréable à manger, et ressemble parfaitement à notre oie commune; elle ne se nourrit que d’herbes et d'aliments qui ne lui donnent nul mauvais goût.
Le mâle de l’oie antarctique a son plumage d’une blancheur éblouissante , et les pieds etle bec d’un jaune vif; la femelle, au contraire, présente le mélange le plus varié du blanc uni aux couleurs som-
(:) Chenelopex, Steph. Bernicla, Vig.
(2) Anser antarcticus, Vieill. Zool. de La Coq., pl. 50, fém. Anas antarctica, Gm., Syst. nat., sp. 57. Antarctic goose, Forst., second voyage de Cook. Lath., Syst. ornith., sp. 8. Outarde, Pernetty, Voy. aux îles Mal., til, pig
TE
bres, ce qui contribue toutefois à lui donner une livrée agréable à l'œil.
Cette espèce est de la taille de l’oie domestique ; sa longueur totale, de l’extrémité du bec au bout de la queue, est de deux pieds environ.
Le bec et les pieds sont de couleur jaune orangée; le front, les joues et la gorge sont brun noir, maillé très finement de lignes blanches; le noir est plus épais en devant du cou, et cette couleur devient de plus en plus foncée sur ses côtés et en arrière ; tout le sommet de la tête est recouvert d’une calotte rousse ; les plumes, noires dès le haut de la poitrine, sont traversées chacune par deux ou trois bandes blanches, qui s’élargissent et qui forment, sur cette partie comme sur toute la surface inférieure du corps, un champ noir, agréablement rayé de blanc par parties égales ; le bas-ventre, le dos, le croupion, et toutes les pennes de la queue sans exception, sont d’un blanc de neige; le moignon et les moyennes couvertures des ailes sont également de cette couleur, et leur milieu est occupé par un large miroir d’un vert métallique, dont les bords sont brun noir; le haut du dos, et les grandes couvertures alaires dans toute leur longueur, sont d’un brun foncé, et les grandes pennes sont entièrement d’un noir vif; un fort tubercule rougeâtre est placé en dedars du coude de chaque aile.
Cette espèce n’arriva aux îles Malouines que quelques jours avant notre départ (vers le 10 décembre environ), ce qui fait supposer qu’elle vient de laterre des Etats et des bords du détroit de Magellan, pendant l’été de ces climats, pour en repartir vers mars, époque à laquelle commence l’automne. Si l’oie magellanique est peu défiante, celle-ci, au contraire, paroît l’être beaucoup. Bougainville la mentionne , p. 66 de son voyage, sous le nom d'outarde.
La bernache des îles Sandwich (1) tient des céréopsis et des bernaches. Son plumage est brun noirâtre, avec des teintes plus claires en dessous et au bord des plumes. Le cou est blanchâtre. La gorge, la face et le dessus de la tête, de même qu’une ligne lonÿitudinale à la nuque, sont noirs. Le bas-ventre estblane. Cet oiseau se rencontre plus communément à Owhyhi.
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