Le coq et la poule à cinq doigts. Buff
3e Coq Sonnerat, Inde continentale, Pondichéry. 4e Coq noir, Inde et Océanie.
Le coq nègre ou de mozambique, Buff.
5e Coq laineux, Japon, Nouvelle-Guinée, Chine et Inde.
Le coq et la poule à duvet. Buff.
6e Coq crépu, Java, Japon.
Le coq à plumes frisées. Buff.
7e Coq ajam-alas, Java.
8e Coq sans queue ou wallikikili, Ceylan.
Le coq sans croupion. Buff, 9e Coq bronzé, Sumatra.
4° Le COQ GÉANT ou J4G0 (1) est la plus grande espèce du genre. Il vit à l’état sauvage dans les forêts de la partie méridionale de Sumatra, et aussi, à ce qu’assure Marsden , dans la portion occidentale de Pile de Java. Dampier et Marsden ont les premiers parlé de ce coq, et ce dernier dit, dans son histoire de Sumatra (trad., t. L, pag. 488) : « Il y » a plusieurs espèces de poules, ladomestique, ajam, » dont une espèce a les os noirs ; une autre de l’es- » pèce que nous appelons friez-land, ou poule » nègre ; la poule des bois, ajam barougo ; le 14G0, » espèce de poule d’une grandeur remarquable. J’ai » vu un coq de celte espèce atteindre du plancher
(‘) Gallus giganteus, Temm., Gall., t. II, p. 84, et t. IL, p. 653; Proceed., II, 151.
» avec son bec une table à manger ; quand cet oiseau » est fatigué, il se repose sur la première jointure » de ses jambes , et il est alors même plus haut que » le coq ordinaire. On trouve à Java et à Bantam » une espèce plus petite qui porte le même nom. » M. Temminck n’a pu donner aucuns autres détails sur le coq qui nous occupe, que la description d’un pied qu'il a aussi figuré.
Le colonel Sykes à été à même d'étudier le coq jago, devenu domestique dans le pays des Mahrattes, où les Européens établis aux Indes le nomment KULM COCK. Il suppose que cet oiseau à été apporté dans l'Inde continentale, soit de Sumatra, soit de Java, par les Mahométans. L’iris est jaune pâle ou blauchâre ; un individu vivant, en la possession de M. Sykes, avoit vingt-six pouces de hauteur, bien que cet observateur en ait vu de beaucoup plus grands. Le corps seul, de la pointe du bec an croupion, mesure vingt-trois pouces : la poule est un peu plus petite que le mâle, dont les caroncules et les pendeloques sont rouges.
Au coq yago, M. Temmincek rattache comme races descendantes le coq de Padoue (1), de taille double de notre espèce commune; les coqs de Rhoces, de Perse, de Pégou; les poules de Bahia, vantées par Dam- pier, et celles de Sansevarre, si estimées en Perse.
2 Le coQ BANKIvVA (?) a deux barbillons et une crête dentelée et comprimée. La queue subhorizontale est très étagée. Les plumes du cou, chez le mâle, sont longues, arrondies au sommet. La tête et le dos sont fauves ; les tectrices des ailes variées de fauve et de noir ; le ventre et la queue de cette dernière couleur. La femelle est brune cendrée et jaunûtre ; la crête et les barbillons beaucoup plus petits que chez le mâle. Les tarses des deux sexes sont cendrés, et les caroncules et les pendeloques rouges. Les mâles ont de forts ergots.
« Dans l’ordre naturel, dit M. Temminck, le bankiva doit occuper le second rang, comme ayant concouru à la production de la race du coq vilageois, et aux nombreuses nuances dont celle-ci est composée. En effet, en examinant cet oiseau on lui trouve beaucoup de rapports avec les coqs villageois de moyenne taille. Mêmes formes et couleurs ; sa crête et ses barbillons sont semblables à ceux de nos coqs; la poule surtout ressemble tellement à nos poules domestiques , qu’il seroit difficile de la reconnoitre d’une poule vulgaire, si la direction moins verticale de la queue ne la faisoit distinguer. »
L'espèce type a été apportée de Java par M. Leschenault de la Tour, et elle y est connue sous le nom d’ayam banliva. Elie vit dans les grandes forêts,
(5) Gallus patavinus, Briss.
@) Gallus banriva, Temm., Gall.,t. If, p. 87, et t. HIT, p. 654; Raffles, Cat., Trans., t, XIE, p. 319, Phasianus gallus, L.
HISTOIRE NATURELLE
bien qu’elle fréquente aussi les lisières des bois. Ses mœurs sont très farouches.
Sir Raffles mentionne ce coq comme étant très commun dans les forêts de l’ile du Sumatra, où il porte les noms &’ayam-utan et de brouya.
Le coq vulyaire à créle ou coq villageois 1) est la race qui se rapproche le plus du type sauvage, et sa vie a inspiré à Buffon quelques unes des pages les plus vivement colorées de ce grand peintre.
La seconde race comprend le cog vulgaire huppé(?), dont la tête est surmontée d’une touffe de plumes très épaisses, et dont le plumage est barriolé de riches couleurs. On en a obtenu diverses variétés très recherchées par les curieux. Le coq huppé est estimé des Egyptiens à cause de la bonté de sa chair. Il se trouve au cap de Bonne- Espérance.
La troisième race a les plus grands rapports avec celle du coq villageois. Sa crête est comprimée , denticulée ; son plumage est varié des plus brillantes couleurs (3). Elle comprend le coq vulgaire, dit de Turquie, et le coq de Bantam à pattes emplumées.
La quatrième race est celle du coq vulgaire-nain (), à jambes très courtes , et de la taille d’une corneille. Les pieds sont assez communément emplumés.
La race des coqs et poulies à cinq doigts ne paroît reposer que sur un cas de monstruosité par accroissement du nombre des doigts.
5° Le COQ SONNERAT (?), découvert par le voyageur dont il porte le nom , a été décrit par Sonnerat dans son Voyage aux Indes orientales, sous les noms de coq et poule sauvaes. Cet auteur ne balança pas à regarder les individus qu’il s’éloit procurés comme la souche de nos coqs et de nos poules de basse-cour d'Europe, opinion que M. Temminck a réfutée avec plus de justesse, en regardant la bankiva comme étant le vrai type primitif de ces races domestiques. Sonnerat a trouvé le coq que M. Temminck lui a dédié dans les montagnes des Gates et les parties boisées de l’Indostan. En général, l'espèce est commune dans les parties orientales de l’Inde. Le colonel Sykes l’a rencontrée très fréquemment dans les forêts des Ghants, où existent deux variétés assez tranchées : c’est le jungle cock des Anglois, et le rahn komrah des Mahrattes. Dans les vallées éle-. vées au-dessus du niveau de la mer de 2,000 pieds, le coq Sonnerat est mince, haut sur jambes, et la femelle conserve, à ses plumes, les taches jaunes et parcheminacées que possède le mâle.
(*) Gallus domesticus, Briss.
(2) Gallus cristatus, Briss.
(3) Gallus pusillus. Temm. Gallus turcicus, Briss.
(#) Gallus pumilio, Briss.
5) Gallus Sonneratii, Temm., Gall., t. I, p. 246, et CL, p. 659; pl. col.232 et 233; Sonnerat, AU. du Voy. aux Indes Or.,t. IV, p. 1417 et 118 ; Proceed., II, 151. Phasiarus gallus, Lalh,
DES OISEAUX
Dans les bois des flancs des montagnes, à 3,000 pieds d’élévation , la variété qu’on y rencontre est plus basse sur jambes , colorée en rouge. La femelle a un plumage d’un brun rougeûtre, et ne conserve point les plaques cartilagineuses (!). Ses œufs sont de même forme et blancs comme ceux de la poule domestique, mais plus petits et moins nombreux. Son gosier renferme souvent les semences dures et osseuses de la larme de Job (coix), preuve que cette plante sert à sa nourriture. L’œil est d’un orangé brunâtre foncé.
Le coq Sonnerat a le port, les formes et la taille de la race la plus forte du coq villageois. La crête et les barbillons ne diffèrent point, mais les plumes du cou et celles des ailes offrent un contraste frappant avec ces parties de nos oiseaux domestiques. Leur forme est oblongue, sans être acuminée comme celle de nos coqs; leur tuyau est large, déprimé et fort : il donne naissance à une plaque cartilagineuse , dis posée en lame aplatie, très dure, parfaitement lisse et polie. La poule diffère des nôtres par le manque de crête et de barbillons, et aussi par un plumage différent qui n’est pas sujet à varier.
Ce coq a deux pieds quatre pouces de longueur sur quatorze ou quinze pouces de hauteur. Les plumes du sommet de la tête et celles du cou sont plus longues selon qu’elles approchent du corps, mais elles ont une forme arrondie vers le bout. Leur baguette est grosse, très déprimée. Une raie blanche très luisante en couvre le dessus jusque vers l’extrémité, où se trouve une large plaque blanche, de substance cartilagineuse, et à l'extrémité un second épanouissement d’un roux vif. Les plumes du dos sont longues et étroites, d’un brun noirâtre, marquées de taches plus claires ; une large raie blanche suit la direction des baguettes. La poitrine, le ventre, les flanes, les plumes tibiales et anales ont une teinte noirâtre, à reflets verdâtres. Les petites et les moyennes couvertures des ailes ont leurs rachis déprimés ; elles n’ont point de barbes, mais toutes sont terminées par une lancette polie, luisante et assez large : cette plaque, d’un marron roux très vif, semble recouverte de vernis. Les rémiges secondaires des ailes sont d’un noir à reflets verts. Les rectrices forment deux plans verticaux adossés l’un à côté de l'autre; elles sont au nombre de quatorze , et colorées en noir vert très lustré. Les deux plumes du milieu ont des reflets violets et pourprés, et se recourbent en faux après avoir été en partie recouvertes par les longues plumes du croupion, violâtres, à reflets métallisés. Les pieds sont cendrés, fes yeux sont jaunes et les pendeloques pourprés.
La poule est d’un tiers plus petite que le coq. Elle
() Cette femelle, suivant le colonel Sykes, est le type du gallus Stanleyii des Illustrations de M, Gray.
n’a point de crêtes ni de barbillons. La gorge et le sommet de la tête sont couverts de plumes, et le tour des yeux seulement est nu et de couleur rougeûtre. Elle n’a point de plumes longues au bas du cou, et on ne voit point les traces de la matière cornée sur aucune portion du plumage. Les parties supérieures sont d’un gris plus ou moins noirâtre, marqué de petits points cendrés. Des raies blanches, assez étroites, occupent le centre des plumes en suivant la direction de leur rachis. Les ailes sont grises, nuancées de gris plus foncé et de brun; la queue est brune, la face est blanchâtre, variée de brun : toutes les parties inférieures sont brunes cendrées. Sur chaque plume est peinte une bande longitudinale blanche assez large, ou flammèche de même couleur.
4e Le coQ NÈGRrE (!) vit à l’état sauvage dans l'Inde, et se reconnoît à sa crête et à ses barbillons violet noirâtre. Sa peau, de même que l’enveloppe des os, sont d’un noir d'encre, et quelques voyageurs ajoutent encore que les os et les chairs ont aussi cette teinte. Suivant M. Temminck, et après examen, l’épiderme et le périoste sont seuls noirs, et la chair est blanche et de bon goût. La crête est lisse à son bord, c’est-à-dire sans dentelnres ; le bec est bleu foncé et les pieds bleu noirâtre. La race domestique du coq nègre est peu multipliée. Les poules de cette espèce, lorsqu'elles se mêlent avec les autres, donnent naissance à des métis de différentes couleurs. Le coq nègre est très farouche, et bien qu’on ait dit sa chair désagréable, le colonel Sykes assure que c’est un manger fort délicat. On rencontre fréquemment la race domestique dans les basses-cour des Mahrattes dans le Dukhun.
Buffon a décrit ce gallinacé sous le nom de coq
| nègre ou de mozambique.
3° Le coQ A puver (?), entièrement blane, à plumes décomposées et soyeuses, a été décrit par Buffon sous le nom de cog et poule à duvet ; ses tarses ont cela de particulier d’être recouverts de plumes jusqu’à l'origine des doigts. Cette variété, due à une profonde domestication qui a modifié toute son organisation fondamentale, paroît commune au Japon eten Chine, et nous l’avons fréquemment rencontrée à la Nouvelle-Guinée.
6° Le COQ A PLUMES FRISÉES (3) a toutes les plumes frisottées et teintes des plus riches couleurs. Buffon l’a décrit avec soin.
7° Le COQ aJaAM-ALAs (#) habite l’île de Java. Les
() Gallus morio, Briss., Ornith., t. I, p.174; Temm., Gall, & HE, p. 253, et t. Ili, p. 660 ; Proceed., Il, 151.
(2) Gallus Japonicus, Briss., Ornith., t. 1, p. 175, pl. 17,f. 2. Gallus lanatus, Temm., Gall., t. I, p. 256.
(G) Gallus crispus, Briss., t.[, p. 173, pl. 17, fig. 1; Tem., Gall.,t. I, p 259.
(4) Gallus furcatus, Temm., Gall., t. II, p. 261, et tt, p. 662; pl. col. 483; phasianus varius, Shaw.,
naturels de cette grande île le désignent sous le nom d’ajam-alas, pour le distinguer de leur ajam bankiva, antre espèce sauvage déjà décrite, et de l’ajam, qui est le coq domestique. D'un autre côté, M. Horsfeld , qui l’a décrit sous le nom de cog de Java, lui donne pour dénominations vulgaires dans ce pays, les mots pifle-wonno.
Ce coq a sa crête lisse à ses bords, un seul barbillon pend sous la mandibule inférieure en membrane libre aussi longue que la dénudation du haut du cou. Le pourtour des yeux est lisse, et toutes les parties nues ou charnues sont d’un rouge éclatant. Les plumes de l’occiput et du cou ont une forme arrondie ; celles du dos sont ovales à leur extrémité ; d’abord bleues, avec des reflets violets, elles se colorent en riche vert métallisé, que relève sur leur bord un croissant noir de velours. Les plumes du croupion et les couvertures des ailes sont longues : les premières, d’un noir à légers reflets dorés, sont lisérées de jaune; celles des ailes portent de larges bordures d’un roux brillant. La poitrine et le ventre sont noirs; les rectrices vertes ont des reflets métallisés ; les yeux sont jaunâtres, le bec brunâtre de corne, et les tarses, armés d’un fort éperon, sont bruns. La longueur du coq est de deux pieds.
La poule, d’un tiers moins grande, est privée de barbillons. La gorge et la région ophthalmique, à un très petit cercle près, qui est dénudé, sont recouvertes de plumes ; la tête et le con gris brun ; la gorge blanche; la poitrine et le ventre gris isabelle; le dos et les couvertures alaires vert , à reflets dorés, bordés de gris brun, avec une raie jaunâtre au milieu ; les grandes couvertures et les pennes secondaires noirâtres à reflets métallisés, ondés de jaunâtre; les rémiges gris brun ; les rectrices brunes, à tons verdâtres légers. Telles sont les particularités de sa livrée complète.
L'ajam-alas vit sur la lisière des forêts de montagnes, où il se tient caché pendant le jour. Il est défiant, farouche, et son cri peut se rendre par les syllabes co-crik. On dit qu’il se rencontre aussi à Sumatra ; mais il est commun à Java.
8° Le COQ SANS CROUPION où WALLIKIKILI (!), varie de nuances vives, est remarquable par l'avortement de la dernière pièce du sacrum , ce qui ne lui permet pas d’avoir des plumes à la queue, qui, à cause de cette particularité, manque complétement. Buffon
Mise., pl. 353; gallus javanicus, Horsf., Trans. soc. linn.,t. XIII, p. 185. (Caruncula compressa integra, sublus niger, plumis pilei colli pectorisque postice nigro aureo el cyanco variis, tectricibus linearibus utrinque pendulis Caruncula suprarubra nigro marginata, subtus parte anteriore rubra, posteriore [lava. () Gallus ecaudatus, Temm., Gall., t. IE, p. 267. Coq sauvage de Ceylan, Gal. de Paris; coq Lafayette, gallus Lafayetii, Less., Ornith., p. 491.
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a supposé que cette espèce étoit originaire de Virginie; mais il a été reconnu depuis qu’elle habitoit les immenses forêts et les lieux inhabités de Ceylan, où la poule construit son nid à terre, en le tissant grossièrement avec des herbes fines. Son naturel est farouche : le coq fait souvent entendre sa voix, moins sonore que celle de nos races domestiques, et porte chez les Chingallais le nom de wullikikili, qui signifie cog des bois.
Cet oiseau est haut de quinze pouces sur treize de longueur. La crête est entière, ni sans aucune échancrure. Les joues, jusque derrière les oreilles et une partie de la gorge, sont dénudées. De la commissure du bec pendent deux très petits barbillons rouges. Les plnmes de la nuque sont longues, à barbes désunies et soyeuses, et sont tachées en long de noir, puis bordées de jaune : la collerette est donc jaune d’or, avec une flammèche brune. Le thorax est recouvert de longues plumes étroites rouge doré, flammées de noir ; le bas-ventre est de cette dernière couleur. Un demi-collier violet entoure la partie nue du cou. Les plumes du dos sont roux orangé. Toutes les grandes couvertures se recourbent sur le tronc pour remplacer les rectrices : elles sont d’un beau violet; les rémiges primaires d’un brun mat.
Le Muséum possède un bel individu de cette espèce, que M. Leschenault de la Tour s’est procuré dans l'ile de Ceylan.
9° Le COQ BRONZÉ (1) a été découvert à Pitat-Lanoago, dans les environs de Bencouleen, à Sumatra, par M. Diard, et l'individu figuré par le naturaliste hollandois est conservé dans les galeries de Paris: c’est, à ce que suppose M. Temminck, l’ayam-barougo des habitants de Sumatra. Ce coq a la erête grande, lisse dans ses contours, et deux petits fanons à la commissure du bec, puis la gorge complétement nue. Les plumes de la nuque et du manteaw sont assez longues, mais moins que ne le sont celles du bankiva et des coqs domestiques, et arrondies à leur pointe. Un vert métallique, à reflets pourprés très éclatants, est répandu sur la tête, le cou et le manteau : toutes ces plumes sont frangées de vert velouté. Du noir, nuancé de pourpre et de violet, règne sur le devant du cou, la poitrine et toutes les parties inférieures. Les longues plumes du dos et des couvertures alaires sont teintées de pourpre brillant et bordées de larges franges grenat ; les autres couvertures, les rémiges et les rectrices sont d’un pourpre à reflets métalliques, chatoyant sous les diverses incidences des rayons lumineux. Les jambes portent un robuste éperon ; elles sont cendrées, ainsi que le bec.
Ce coq , dont on ne possède pas la poule, fréquente la lisière des grandes forêts de Sumatra.
(") Gallus æneus, Cuv., gal. de Paris; Temm., pl. col. 374. i
el
DES OISEAUX
EEE —————————————— — ———…— LES PINTADES ().
Forment un groupe dont Buffon n’a connu qu’une seule espèce; bien qu’on en compte six aujourd’hui, qu’on pourroit sans doute réduire à trois, tant les nuances qui les séparent sont légères, et découlent peut-être des simples croisements. Toutes sont d’Afrique ; et ce n’est que par la domestication qu’on les trouve introduites en Asie, en Amérique et en Europe. Portées sur l’île de l’Ascension, et vivant de baies de la physalis du Pérou , qui couvrent les vallées de Green-Hill, les pintades s’y sont complétement naturalisées. En Ethiopie, ces oiseaux étoient vénérés, et on les voit encore servir de coiffure à Isis, dans les bas-reliefs des temples de Méroë.
Leurs mœurs ont été décrites par Buffon dans la description qu’il a donnée de la PINTAPE VULGAIRE (?), représentée pl. 108 des enluminures.
Les quatre autres espèces sont :
40 La PINTADE MITRÉE (3) a les proportions de la pintade commune, mais son casque conique est moins grand. Le sommet de la tête et le contour du bec sont d’un rouge sale. Les pendeloques, plus développées chez le mâle, sont amincies à leur attache, rouges à leur sommet. La gorge présente un des replis longitudinaux de la peau, qui est lâche. La partie supérieure du cou e:t nue et bleuâtre. Le plumage est généralement noirâtre, avec des taches blanches , un peu plus grandes que celles de la pintade commune. Le bec est corné et les pieds sont noirâtres.
Cette pintade habite l’ile de Madagascar, la Cafrerie et quelques autres points de la côte d'Afrique, conjointement avec l’espèce commune, dont elle est sans doute une variété.
20 La PINTADE HUPPÉE Ou CORNAL(!)est d’une taille intermédiaire à celles de la pintade ordinaire et de la perdrix. Elle n’a point de barbillons, ou du moins ils sont remplacés par deux replis de la peau, qui sont manifestes sur les branches de la mandibule inférieure. Une happe large, épaisse, dont une partie est recourbée en avant et plus considérable en arrière, s'élève sur le front. L’o"ciput et le haut du cou sont recouverts d’une peau nue, d’un bleu foncé sur les côtés et le derrière du cou, à teinte grise autour des oreilles, et rouge cramoisi en devant. Ces
() Numida, L.
(2) Numida meleagris, L. Poule de Guinée, Beton.
G) Numida mitrata, Pallas, spicileg., fase. 4, p. 18, pl. 3, fig. 1; Lath. syn. ; Encycl., pl. 85, fig.2; Dict. se, nat.,t, XXXVIIE, p. 272; Termm., Gall., t. II, p. 444.
(6) Numida cristata, Lath.; Pallas, spicileg., 2e fascie., pl. 2: Encycl., pl. 85, fig. 5; Vieill., Gal., pl. 209, Temm., Gall.,t. II, p. 448,
nudités sont revêtues çà et là de poils noirs et déliés. Tout le plumage est noir, sans taches sur le cou et le haut de la poitrine, semé partout ailleurs de très petits points blancs, entourés d’un cercle fort étroit de bleu clair. Les rémiges sont brun noirâtre, sans taches. Les pennes secondaires portent quatre raies longitudinales près la tige, et trois ou quatre autres ont une large bande blanche qui borde toute la longueur des barbes extérieures. On aperçoit sur la queue des raies ondées blanc bleuâtre sur un fond noir. L'iris est brun et les pieds noirâtres.
Pallas à imprimé que cette pintade avoit été envoyée des Indes orientales. M. Temminck lui donne pour pairie le pays des grands Namaquois, la Guinée et quelques autres contrées les plus chaudes de l’Afrique , où on la rencontre formant des bandes composées de plusieurs couvées réunies, faisant entendre, le matin etle soir, leurs cris discordants. Cette pintade se nourrit de vers, d'insectes, de baies et de graines.
9° La PINTADE PTYLORHYNQUE (1), de la taille de l'espèce commune, a des barbillons charnus, arrondis, noirs. La tête est revêtue d’un casque osseux peu élevé. Les narines sont surmontées d’une touffe de filaments membraneux. Le cou est garni çà et là de plumes noires. Le devant du cou est cendré, rayé de noir. Le plumageest bleu cendré, émaillé de blanc. La queue est variée de blanc sur un fond roux.
L’individu , qui est conservé dans les galeries de Paris, provient d'Afrique, mais on en ignore le lieu précis.
4° La PINTADE NÈGRE (?) n’est connue que par les détails ci-joints : « Mon ami Levaillant, dit M. Temminck dans l’ouvrage cité, m’a dit avoir découvert dans l’intérieur de la Cafrerie une nouvelle espèce de pintade, différente de la méléagride et du cornal. N'ayant jamais vu un individu de cette espèce, je me contente-de la signaler d’après la note que M. Levaillant m’a communiquée.
» Je nomme cette espèce la pintade nègre. Elle habite le pays des Caffres; vit en troupes comme la méléagride ; a une très grosse huppe sur la tête, et tout le cou garni de plumes, sans aucune nudité ni barbillons. La huppe , tout le cou et la poitrine sont d’un noir mat. Le dessous du corps est gris brun, perlé de blanc, et toutes les parties supérieures sont d’un gris bleu, avec des taches blanches, entourées d’un cercle bleu. »
5° La PINTADE VAUTOURINE (3) est surtout. caractérisée par la dénudation que sa tête et la majeure
te) Numida ptylorhyncha, Lichst.: Less,, Ornith., p. 498.
(2) Temm., Gall., t, IN, p. 452.
6) Numida vulturina, Hardw,, Proceed., t.1V, p. 52.
Co 4
partie de son cou présentent ; par la présence de touffes longues et grêles de plumes à la base des narines et sur la poitrine ; et enfin, par l'absence complète de caroneules à la tête. Une huppe surmonte le crâne; le devant du cou est nu. L’occiput est re couvert de plumes brunes. Celles qui sont implantées à: la partie inférieure du cou et de la poitrine sont allongées, lancéolées, variées de bleu et de hoir, et marquées d’uneiligne blanche sur le rachis. Le reste du plumage est brun noir, émaillé de gouttelettes neigeuses, rayé et linéolé de blanc pur. Sa taille est de dix-huit pouces anglois du bout du bec à l’extrémité de la queue. Le bec est rouge brunâtre,
Cette pintade a été rapportée vivante, par le capitaine Probyn, de la côte occidentale d'Afrique.
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LES ROULOULS ().
Forment un petit genre, caractérisé par un pouce privé d'ongles, des formes ramassées , une queue plane, courte, rudimentaire, et toujours la région oculaire des mâles nue, les tarses scutellés, sans ergots. Le bec des cryplonyx est court, assez épais, un peu comprimé, à mandibule supérieure réfléchie à la pointe. Les narines sont nues, basales, longitudinales, à demi fermées par une membrane. Les ailes sont courtes, arrondies; la première rémige brève, les deuxième et troisième graduellement plus allongées ; les quatrième , cinquième et sixième les plus longues, égales. Les tarses sont courts et robustes, scutellés en devant, réticulés dans le reste de leur étendue.
Les roulouls forment la transition des faisans aux perdrix : ce sont des oiseaux de l'Inde et de la Malaisie.
Toutes les espèces ont été inconnues à Buffon; ce sont :
4° Le ROULOUL HUPPE (?) a les proportions d’un pigeon domestique; il habite les forêts de la presqu’ile de Malaca et de Sumatra, On le nomme daniol dans le district de Calembang, et on le dit exister encore à Java, mais yêtre plus rare que dans les localités précédentes.
Le mâle porte sur le devant du front six crins noirs, durs et roides, s’élevant en huppe. De l’occi-
() Cryptonyx, Temm.; liponyæ, Vieill.; perdiæ, Lath ; tetrao et columba, Gm ; phasianus, Sparm.; Vig., Zool. Journ.,t. IV, p. 345, sur le genre cryptonyx.
() Cryptonyx coronatus, Temm , Gall., t. I, p.444, et pl. col. 350 (mâle), et 351 (fem.); Sonnerat, Voy., Atl., pi. 100; Shaw., Misc, pl. 84; lyponyx cristata, Vieifl., Gal., pl. 210; perdix coronata, Lalh.; tetrao viridis (fem.); columba cristata, Gm.; phasianus cristatus, Sperm., Mus, carls., liv. 111, pl. 64,
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put se dirige en arrière une touffe de plumes roides, peu barbues, désunies, et ronge mordoré. Le dessus de la tête , entre les deux aigrettes, est blanc : les joues et le cou sont noirs. De petites plumes roides et blanches bordent les paupières. Un violet foncé colore la poitrine et le ventre. Les ailes ont du brun sur leurs petites couvertures, du blanc roussâtre, coupé en trayers de lignes noires, sur les pennes moyennes et secondaires. À es primaires sont rousses et parsemées de ligues pareilles. Le dos, le croupion et la queue sont d’un vert sombre. Les eouvertures supérieures des ailes et de la queue sont longues et pendantes. Le bec est noir en dessus, jaune en dessous. L’iris est roussâtre ; les pieds sont rosés.
La femelle a été décrite comme espèce distincte par Latham sous le nom de perdrix verte (1), mais il se pourroit que l'individu que la plupart des auteurs regardent comme du sexe féminin fût un jeune mâle avant sa complète livrée. Quoi qu’il en soit, cette femelle diffère complétement du mâle par les couleurs de son plumage. On remarque sur la base du bec les six crins arqués du mâle, mais aucun vestige de huppe occipitale. Le pourtour de l’œilest nu. La tête et le cou sont couverts de petites plumes cotonneuses, courtes el noires, teintées de violet. Le cou, la poitrine, les flancs, le dos et les couvertures supérieures de la queue sont d’un beau vert céladon. Le bas-ventre est vert cendré, et les rectrices sont noir verdâtre. Les scapulaires et les couvertures des ailes sont roux marron. Les pennes secondaires sont brunes, et les rémiges de nuance plus claire que celles du mâle adulte.
Le rouloul évite les plaines, et se tient caché dans les fourrées les plus épaisses. Ses mœurs sont farouches. [1 périt aussitôt qu'il est retenu en captivité. Le cri d’appel du mâle est un petit gloussement plus sonore que celui de la perdrix grise.
2° Le ROULOUL de DusSuMIER (?) a tous les caractères de l'espèce précédente, et n’en diffère que par sa taille, un peu plus forte, par son bec et ses tarses plomsés, par son manque de huppe, par son plumage en entier d’un noir profond, avec de légers reflets bronzés. L’individu qui est dans les galeries du Muséum a été rapporté de la presqu’ile de Malak par le zélé voyageur M. Dussumier.
Or, les roulouls mâles, remarquables par le manque d’engle au pouce, ont aussi le pourtour de l’œil garni d’une peau nue, turgescente. Notre espèce a la tête et les joues parfaitement emplumées, et sous ce rapport ce seroit une femelle; ainsi tout nous
(1) Tetrao vtridis 'Lath.; Raffles, Trans ,t, XIE, p. 322. Temm., pl. 351 (Atlas, pl. 34). (2) Cryptonyx Dussumieri, Less, Zool, it, Bélang.,
Pl. 7, p.275, cryptonyx niger, Nig., Zool. Journ., L. IV, P. 349,
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DES OISEAUX
porte à croire que l'oiseau que nous nommons rouloul de Dussumier est véritablement la femelle du rouloul de Malaca, le cryptonyx coronatus de la belle planche n° 550 de M. Temminck, et que l'oiseau, figuré pl. 3°4 comme une femelle, n’est qu’un jeune mäle n’ayant point encore complétement pris son plumage d’adulte.
Il est bien rare, en effet, que les femelles des gallinacés aient le plumage brillant des mâles; la livrée sombre de l’espèce de notre pl. 40 légitime assez le doute que nous émettons.
M. Vigors se borne, pour son rouloul nègre, à la phrase latine que nous avons copiée dans la note cijointe (1).
5° Le ROULOUL OCELLÉ (?) ou le burong troong, ainsi que le nomment les naturels de l’ile de Sumatra, sa patrie, est de la taille du rouloul huppé. La tête, le cou, le thorax et le ventre sont d’un roux ferrugineux , rayé de noir sur les flancs. Le dos est noir, avec des bandes jaunâtres vers le heut, et des maculatures ou ocelles de nuance rousse comme les couleurs des parties inférieures. Les ailes sont noïrâtres, avec leurs couvertures marquées chacune d’une tache ronde et noire. La queue est courte, noire, mélangée de roux. Le sommet de la tête est tacheté de noir, et un trait de cette dernière couleur descend sur les yeux. Ceux-ci n’ont pas de peau nue à l’entour, et leurs paupières sont emplumées. Le mâle à un éperon, quelquefois deux au tarse. Le bec est noir; les yeux sont gris jaunâtre. Le pouce n’a pas d’ongle, mais à son extrémité est un petit tubercule corné. Cet oiseau fait le passage des roulouls aux perdrix.
40 Le ROULOUL FERRUGINEUX (3) se rapproche singulièrement de l’espèce précédente. Sa taille est de dix pouces, son bec est noir; ses pieds sont verdâtres. La coloration du plumage est d’un fe:rugineux plus intense en dessus qu’en dessous. Le dos et les ailes sont sillonnés dans le sens transversal de lignes brunâtres ondulées, et celles-ci présentent vers le milieu des pennesqueiquesrayures pluslarges, jauneocreux etnores. La gorge est blanchâtre, chaque plume étant plus claire à sa partie moyenne. Les rémiges sont brun fauve, les secondaires d’un ferrugineux clair, et rayées par uue large bande noire.
{") C. corpore toto nigro, remigibus fuscescentibus , regione circum-oculari ; nuda rostrum nigrum ; pedes pallidi ; longitudo corporis 10 poll.
(2) Cryptonyæ ocellatus, Vig., Zoo! Journ.,t.1V, 349; tetrao ocellatus, sir Raffles, Cat. trans. soc. linn ,t. XHHH, p. 322. C. capite corporeque infrà rufis, hoc nigrofasciato; supra niger; nucha fasciis gracilibus albis, dorso rufo xotato; alis caudaque fuscescenti-brunneis, illis nigro ocellatis.
() Cryptonyæ ferrugineus. Nig., Zool, Journ.; t, IV, p. 349.
On ignore de quelle partie de l'Inde provient ce rouloul.
Le rouloul roux de Temminck et de Vigors est une perdrix en miniature, et qui sera décrite parmi les oiseaux de ce genre; le pouce a d’aïileurs un ongle.