‹ Compléments de BuffonChapitre 72 sur 667 · LE TOCRO DU PARAGUAY OÙ URU · texte numérisé non relu

LE TOCRO DU PARAGUAY OÙ URU

A été confondu avec le précédent par M. Temminck, et distingué comme espèce par Sonnini et Lichteinstein. Azera l’a décrit en ces termes : « Urw est le cri que cet oiseau prononce de quatre à vingt ei jusqu’à cinquante fois de suite sans interruption, ce qui lui a fait donner ce nom par les Guaranis. » Pour l'ordinaire le mâle et la femelle se font entendre en même temps et confondent leurs voix. Ils ne quittent point les forêts les plus vastes et les plus épaisses, mais ils ne se perchent pas sur les arbres. Ils marchent et courent comme les perdrix, et ils ue prennent leur volée que quand on les presse. Ils sont si brusques et si étourdis, qu’ils se tuent quelquefois contre les arbres en se sauvant au moindre bruit. Ils diffèrent principalement des ynambus par la présence du pouce, la forme, la longueur et la vigueur des ongles; la membrane qui unit une partie des doigts, les plumes dont l’articulation du tarse est couverte ; un cercle nu autour des yeux; la conformation et la force du bec, la langue, la grosseur de la tête et du cou, le plumage plus fourni; la première penne moins courte, les tarses et les doigts moins charnus, et le naturel moins stupide.

« On assure, c’est toujours don Azara qui parle, que, bien que ces oiseaux se tiennent ordinairement par paires, ils se réunissent quelquefois par troupes, et que toutes les femelles pondent et couvent dans un nid qu’elles placent à terre sur une couche de feuilles. Les œufs sont d’un bleu violet. Les petits suivent leurs père et mère aussitôt qu’ils sont éclos,

G) Uru, Azara, Apunt., 334. Perdix dentata, Licht, Cat., no 666 P.sublus schistacea, supra fusca nigro pallidoque varia, remigium nigris eætus maculis quinque albrs. Vertex fuscus, frons et supercilia rufa Tomia maxillaria basi incrassata, rectus medium angulo obtuso dentem mentiente. Fœmina,paulo minor, cæterum mari simillima,

et si quelqu'un les approche ils se mettent à crier d’une manière extraordinaire Quand on surprend les urus dans un bois, ils s’envolent un moment avec bruit et en criant gri-gri, jusqu’à ce qu’ils se mettent à terre et prennent leur course. »

Tels sont les traits dont se compose l’histoire de cette espèce.

Page 1