LES COLINS
Sont des oiseaux qui vivent exclusivement en Amérique. Par leurs habitudes et par leurs mœurs ils se rapprochent complétement des perdrix et des cailles, dont ils ont en ontre plusieurs autres caractères communs. Les colins, en effet, semblent faire le passage des perdrix aux cailles. Leur bec est court, assez gros, bombé, plus élevé que large, à mandibule supérieure recourbée dès la base. Le pourtour des yeux n’est pas dénudé. Les tarses sont nus et sans éperons. Les ailes sont courtes, arrondies, à troisième et quatrième rémiges les plus longues. La queue est forme de douze rectrices. Deux tribus divisent les espèces de ce petit genre : la première a une queue allongée, des ongles foibles et courts; et la deuxième une queue très courte, cachée par les couvertures avec des ongies très longs et robustes.
Les colins sont monogames, craintifs. Leurs pe tits viveuten troupes jusqu’à l’âge adulte. Leur nourriture consiste principalementen graines, auxquelles ils ajoutent, aux époques de disette, des bourgeons de végétaux. Ils seperchent sur les buissons, et ont les mœurs des cailles, et voyagent comme elles.
4° Le COLIN BORÉAL (?) ou HOUI, a été décrit par Buffon sous le nom de caille de la Louisiane, enl 449, et dans le texte sous ceux de perdrix de la Nouvelle-Angleterre, et de co. olcos, et aussi sous celui de colenicui(3). C’est un oiseau très commun dans toute l'Amérique du Nord.
20 Le ZONECOLIN (f) ou la caille huppée du Mexi-
() Ortyx, Stephens. Perdix, Briss. Orlygia, Boié.
&) Ortyx borealis : perdix virginiana, Lath. P. borealis, Temm., Gall.,t. IL p. 35. Tetrao coyo!cos , Gm. T. marylandica , 1. Le colinho-oui, Viell., Gall., p.214. Tetrao mexicanus, Gm.; Wilson, t. VI, pl. 47, fig. 2; Albin, pl. 28.
ke (2) Mas: corpore supra ex fusco castaneo, rufescente etnigro variegato, subtus albido, nigricantetransversim undulato; superciliis gulaque albis; lunula, juguli nigra, rectricibus laleralihus cireneis.
Fœæmina : dilutiore, subtus temporibus et guli ochroleucis; lunulà jugulirufescente. Hab. Am. septentrionali.
(4) Perdix cristata, Latham. Ortyx cristata. Mas: cristä in fronte longà , angustà ; fronte et gutture albescente-rufo; collo nigro maculato ; caudà flavescente striatà ; tegminibus alarum albescente rufo circumdalis;
HISTOIRE NATURELLE
que, est figuré pl. 126, fig. 1, des enluminures , et se trouve dans l'Amérique du Sud.
5° Le COLIN ÉL*GANT (t). Cette gracieuse espèce est de la taille du colin de la Californie, et provient de la même portion de l’Amérique septentrionale, baignée par l'océan Pacifique, où elle a été découverte par M. le docteur Botta.
Le mâle a le plumage gris ardoisé en dessus, les flancs roux vif, avec des taches blanches qui se dessinent aussi sur le brun des ailes et de l'abdomen. Un plastron maillé de noir et de blanc occupe le devant du cou. Les joues et le front sont gris ; l’occiput est d’un roux vif, que surmontent en forme de huppe quatre ou cinq plumes droites, roides, colorées en roux blond très doré.
La femelle a la tê egrise, roussâtre , et surmontée par trois plumes comme le mâle. Son cou est un peu vermiculé sur sa partie postérieure. La gorge est grisâtre, le thorax d’un gris cendré ; les ailes, le dos, le croupion, d’un gris brunâtre. Le ventre est blanc, avec des cercles bruns, etles couvertures inférieures de la queue sont rousses ou flammées de brun.
4 Le couix pe DoucLas (?) a été découvert en Californie par le voyageur anglois dont il porte Je nom. Le mâle à le plumage plombé, une huppe droite, brun foncé, ainsi que les ailes. Celles-ci sont striées de ferrugineux. La tête, les joues et la nuque sont striécs de brun et de fauve ocreux. La gorge est blanche , marquetée de brun. Le ventre est parsemé de gouttelettes blanthes. Le corps est long de dix pouces trois lignes (angl.). Ce colin ne dépasse guère 42 degrés de latitude ; il préfère les districts les plus échauffés.
>° Le COLIN ÉCAILLEUX (3):provient des environs
corpore sublüs albo, nigro el rufo maculalo; medio ventre rufo.
Fæmina : capite lævi; corpore suprà nigro maculato sublüs, nigro et albo fasciato. Hab. in Mexico.
a) Ortyæx elegans, Less, Cent., Zool., pl. 61, p. 189. Mas : corpore caudâque plumbeis, alis rufis : fronte et gulà albis nigro vermiculatis aut leviter strialis; collo insuper rufo maculis triangularibus notato; abdomine gultis rotundatis albescentibus variegalo; laterum et hypocondrium plumis ferrugineis cum guttis niveis; rostro et pedibus plumbeis : cristà rectà, cinnamomea.
Fœmina : capite griseo aut recto, cristato; gulà cinere; pectore griseo-brunneo; alis, uropygio brunnaceo; abdomine albo, cûm cireulis nigris; caudæ tectricibus inferioribus rufis etbrunneo flammatis. Hab, Californià.
@) ORTYX DOUGLASIH, Vig., Zool. Jour., t. IV, p. 490 et 354. Bull,, XX, 330; XX, 318 ; DOUGLAS, Trans. soc. linn., L. XVI, p.243, plumbeo-brunnea, cristà erectà, alisque superioribus saturaté brunneis, his flavo ferrugineo strialis ; capite, genisnuchâque brunneo el flavoferrugineo striatis; gulà albà brunneo notatâ: abdomine alboguttato. Hab California (Monterey).
(3) ORTYX SQUAMATUS, Vig., Zool. Journ., no 18, p. 275 (1830).
Corpore plumbescenti-cano, interscapulio pectoreque
CP
DES OISEAUX
de Mexico. Son plumage est gris de plomb, à teintes plus claires sur la poitrine, et chaque plume de celle partie se trouve être encadrée d’un mince cercle brun. Le sommet de la huppe, li gorge, le mi lieu du ventre, et les stries des flancs, sont d’un roussâtre passant au blanchâtre.
6° Le COLIN PEINT (1) habite la Ca ifornie. Le mâle est fauve, rayé en dessus de jaune ferrugineux et de noir. La gorge est rouge pourpré, entourée de blane. Le thorax, le sommet de la tête et la queue sont gris plombé. La huppe est très longue, formée de plumes linéaires et noires. Deux lignes blanches entourent les yeux. Les tectrices inférieures de la queue sont ferrugineuses.
La femelle a la huppe plus courte; la gorge et la poitrine fauve ocreux, rayé de fauve.
Ce colin se réunit en compagnies nombreuses depuis le mois d'octobre jusqu’à mars. Les mâles sont querelleurs, et ne vivent pointen paix entre eux ; ils se battent quand ils se rencontrent jusqu’à ce que l’un des deux ait été tué. Son cri peut être exprimé par les syllabes quick, quic*, quick, articulées lentementavec un temps de repos entre chacune d'elles. Les lieux qu’il préfère sont les tertres rocailleux ou sablonneux élevés au milieu des bois. Lorsque le sol se recouvre de neige, il émigre par grandes troupes vers les lieux moins refroidis sur les bords de la mer. Il se nourrit d'insectes, de semences de bromus altissimus et meadia sativa, des bourgeons de coudrier et des feuilles de fraisier. Le nid , fait d'herbes et de feuilles sèches, est ordinairement placé au pied des ronces, des nerpruns, des céanothes, ou au milieu des fougères et des aspidianm. La femelle pond de onze à quinze œufs blanc jaunâtre, finement tachetés de brun, et assez volumineux par rapport à lataiile de l’oiscau. L’accouplement se fait en mars.
Ce colin, très commun dans la Californie, surtout dans l’intérieur, s’avance dans l’été jusqu'au quarante-cinquième degré de latitude, dans les vallées de la Colombia.
7° Le COLIN SPILOGASTRE (?) vit sur le territoire
dilutioribus, horum plumis circulo gracili brunneo ad apicem cinelis; accipitalis apice, gulà, abdomine medio, crisso, striisque abdominis laterum rufescentibus albis. Hab, Mexico.
(*) ORTYX PICTA, Vig. Zool. Journ. t. IV, p. 490. PouGLAs, Trans. soc. linn., t. XVI, p. 267; Bull., XX, 329 ; XXI; Zool., I, 189.
Mas : Fusca subtus ferrugineo flava nigro fasciata; gulà rubro purpurei albo graciliter cinclà; pectoris, vertice, caudâque plumbeis; cristà nigrà longissimà lineari; lineis superciliaribus albis, caudæ tectricibus infer oritus ferrugineis.
Fœmina : Subcristatà, gulà pectoreque fusco ferrugineis, fusco fescialis. Hab. Californià.
(2) ORTYX SPILOGASTER, Vigors, Proceed., IN, 4. Capite guttureque atris, illo strigis, hoc maculis albis notatis;
de Mexico; il a onze pouces de longueur, Ja tête et la gorge noires, avec des stries et des gouttelettes blanches. Les parties supérieures sont bleuâtres. La buppe qui surmorte la tête est longue et ferrugineuse.
&0 Le COLIN Soxxini (1), bien que mentionné par Barrère et Laborde, avoit été confoi.du avec le z0nécolin jusqu'à Sonnini, qui le rencontra à la Guyane, le communiqua à M. Rozier, et celui-ci le figura en 1772. Ce colin vit en compagnie de sept à huit individus, ou même de quinze ou seize ; et lursque la troupe prend son vol, les vieux partent les premiers , et les lieux qu’ils aiment par prédilection sont la lisière des bois, les grandes herbes enlacées dans les broussailles, et surtout les petits fourrés formés par des toufles de petits palmiers épineux et bas. Ils ne redoutent pas le voisinage des habitations. Quand ils partent ils ne poussent pas de cris, et ils filent droit ; leur vol s’eflectue ras-terre ou à peine à six pieds de hauteur. Les jeunes, lorsqu'ils se sont éparpillés, ont un petit cri de rappel assez semblable à celui des jeunes perdreaux. Les femelles pondent à différentes époques et font deux couvées Leur naturel est trop sauvage et trop farouche pour qu’on puisse espérer les élever en cage.
Bien que voisin du zonécolin par les formes, il s’en distingue par les couleurs. Sa longueur totale est de sept pouces trois à quatre lignes. Quatre à cinq plumes, longues d’un pouce, jaunâtres et lavées de brun clair à leur milieu, sont implantées sur le haut de la tête entre les yeux. Le pourtour du bec est encadré de plumes teintes de ce même jaune. Un trait au-dessus des yeux et la gorge sont roux ferrugineux. La tête, l’occiput , le cou en arrière et sur les côtés sont brun , maillé de noir et de gris perlé. Le devant du cou et le haut de la poitrine sont roux brun , vermiculé finement de traits noirs. Le dessus du corps est brun roussâtre, mais chaque plume est brune au centre, et se trouve marquée de traits noirs et fins. Toutes les parties inférieures sont recouvertes de plumes arrondies, rousses, striées de noir,
collo, pectore,nucha,dorso, alis, caudaque pallidè plumbeo cinereis; capilis cristà elongata recombhente; strigis coili supericris, scapularibus, abdominisque lateribus ferrugineis, his albo strigalis; pectore abdomineque medio albo oculateis guttatis; abdomine ima crissoque albescentibus illo obscure fusco fasciato, hoc intensius brunneo notato.
(1) ORTYX SONNINUH. Mas : Cristà in vertice longà, angustà, fucescente, flavà; gutture castaneo; corpore suprà, caudà et pectore rubescente-cinereis maculis aigris conspersis; sublus castaneum, maculis albis, nigro circumdatis.
Fœæmina : Capile lœvi, colore dilatore. Hab Guiarä.
Perdix Sonninii, Temm., Gall., L. IH, p. 451 et 737. Rozier, Journ. de Physiq , 1772, L. HI, pl. IE, p. 217. La caille de Cayenne, Sonuini, Buff., t, VIH, p.133. Temm.,
L pl. 75,
ayant au centre une gouttelette blanche, encadrée de noir velours. La queue est assez longue, rousse, vermiculée de traits noirs.
La femelle, toujours un peu moins grande, n’a point de ces plumesallongées sur la tête. Les couleurs de son plumage sont plus pâles, mais les distributions sont les mêmes.
9° Le coLix de la Californie (1) est de la taille de la caille de France. Le mâle a le plumage gris brun cendré en dessus ; le ventre et les flancs maillés de noir et de bleu par lunules ; une tache rousse au centre de l’abdomen, et les côtés da cou agréablement perlés. La gorge est noire , encadrée de blanc pur, et le front est gris, légèrement strié de plus foncé. Trois plumes minces à leur base, plissées et dilatées à l’extrémilé, d’un noir intense, sout implantées dans l’occiput.
La femelle n’a point la huppe ni la tête noire du mâle, et sa livrée est à teintes plus ternes.
Ce colin a été rapporté de la Californie par M. Botta, et est devenu assez commun dans les collections de Paris.
40° Le COLIN NEOXÈNE (?) est peut-être le jeune âge du colin de Sonnini ou da zonécolin. Sen plumage est brunâtre, varié et rayé en dessus de brun et de roux. Il est tacheté de roux pâle en dessous. Sitaille est un peu plus petite que celle du colin de la Californie. Cet oiseau a vécu à Londres, et a bravé les rigueurs du rude hiver de 1829 à 1850 sans aucune chaleur artificielle. Il provenoit du nord du continent américain.
41° Le COLIN AFFINIS (*) ressemble au précédent par les doutes qu’il fait naître sur son état adulte ; il provenoit comme lui du nord de l” :mérique. Son plumage est d’un brun clair, tacheté de roux et de brunâtre sur le dos et sur les ailes. La tête, le cou,
() ORT YX CALIFORNICA. Mas : Corpore plumbeo ; cristà verticali erecta; gulà nigrâ, albo cinctà ; abdomine lestaceo, cum lunulis nigris.
Fœæmina : Coloribusdilitioribus, absque lunulà gulari nigrà. Hab. in Californià.
Perdix californica,Lath., nd, Fetrao californicus, Shaw., Nat. Mise., pl. 345 La caille huppée de Ja Californie , La Pérouse, Atlas, pl. XXXVI, mâle et femelle. Ortyx californicus, Less. Cent. Zool., pl. VE, p. 188, Coturnix californica, Eneyel , EI, p. 367.
(2; ORTYX NEOXENUS, Vig., Proceed., 1, 3.0. brunpneus, suprà fusco rufoque undulatim variegatus, subtus pallido-rufo maculatus, genis lateribusque colli rufescentibus, caudà brunneo-fusco rufoque undulatim fasciatà, cristà brevi, brunneä,
() ORTYX AFFINIS, Vig., Proceed., 1, 3. O. pallidi brunneus , dorso alisque fusco pallidoque rufo variegatis, caudà pallescenti brunneâ, fusco alboque undulatim fäsciatà , capite, collo, pectore abdomineque rufescentibus, hoc albo guttato, illis albo nigroque variegalis, fronte apiceque cristæ elongalæ rufo brurnæ albescentibus.
HISTOIRE NATURELLE
le thorax et le ventre sont roux, et cette dernière partie est tachetée de blanc et de noir. Le front et le haut de la huppe, qui sont roux brunûtre, tirent au blauchâtre.
420 Le couiN Masséwa (t). Ce nouveau colin s’éloigne, par quelques uns de ses caractères, des autres espèces du petit groupe qui porte ce nom. C’est ainsi que son bec est plus fort, sa huppe formée de plumes touffues, lâches, retombant sur l’occiput, que ses rectrices se trouvent entièrement cachées par les prolongements des couvertures de la queue, et que les tarses, plus-robustes qu’à l'ordinaire, ont leurs doigts terminés par des ongles acérés et fortement allongés.
C’est dans la collection du prince d'Essling (Masséna), duc de Rivoli, que nous avons observécette curieuse espèce. Son nom rappellera celui du riche amateur qui a formé des collections aussi précieuses que belles. Elle provenoit des environs de Mexico, et étoit le résultat des recherches prrsévérantcs des paturalistes modernes dans celte contrée si neuve en ornithologie , malgré les vieux documents transmis par Hernandez.
Le colin Masséna est à peu près de la taille de la caille de France, et a, au plus, six pouces de longueur totale. Sa tête est grosse et fournie de plumes allongées, serrées, et retombant sur l’occiput en une sorte de huppe lâche : ces plumes sont d’un roux cannelle, plus clair à leur extrémité, et sont marquées de quelquesstries blanches et de rayurestransversales noires. Le front est noir, mais deux traits d’un blanc pur remontent sur le fronten partant des narines. Le pourtour de l’œil, les côtés du cou et les jugulaires sont d’un blanc pur, que relèvent une tache ct un trait d’un noir profond, occupant le bas des joues et le milieu du cou en devant, à partir du menton. et aussi remarquable par un large prolongement évasé par en bas d’un noir de velours. Un demi-collier noir encadre légèrement tout le blanc du cou. Ces deux couleurs forment done une sorte de masque qui rend cette espèce très gracieuse. Le dos, le marteau et les grandes couvertures des ailes sont d’un fauve nojsette ; mais le milieu de chaque plume est traversée par une flammèche blanc jaunâtre, tandis que les côtés sont striés de raies un peu plus foncées en fauve que bordées de petits traits d’un
() ORTYx MASSÉNA. Mas : Occipilis plumæ laltis, buppæ similibus, capite, dorso, et alis ferrugineis, plumis in medio striis badiis et ad latera faciis rufis et nigris notalis : fronte, gulà, crisso , corporisque lateralibus atris, his albo guttalis, regione cireumoculari, strià utri qué sub rictu, alterà utrinqué ad frontem circuloque à supercilio ad pectus descendente, niveis, abdomine medio castanco, rostro nigro et albo, pedibus plumbeis. Hab. Mexico. Ortyx Masséna, Less., Cent. Zooï.,p 189, juin 14830, etIllust., pl. LIT. Ortyx Montezuma, Vig., Zoo). Journ., no 48,p, 275, juin 1830,
DES OISEAUX
noir prononcé. Les épaules sont fauves, avec des points blancs; le milieu des ailes fauve grisâtre, avec des points noirs, et les couvertures supérieures sont longues, fauve branâtre, rayé de noir foncé. Les côtés du cou et tout le dessous du corps sont d’un noir bleu, ém illé de taches rondes et albines ; mais Ja ligne médiane du dessous du corps est, à partir du collier jusqu’à l'anus, d’un rouge ferrugineux très intense.
La mandibule supérieure est noire, l’inférieure est nacrée; les tarses sont plombés, et les ongles jaunâtres.
Il se pourrait que l’ortyx de Montezuma, décrit par M. Vigors, soit la femelle du colin Masséna (1). Les colins capistrale (?) et à grande queue (3) nous sont inconnus.
LES CAÏLLES.
Diffèrent (4) des perdrix par leur bec court, convexe, comprimé; leur très courte queue, les joues et le pourtour des yeux complétement emplumés. Leurs tarses sont lisses et nus; leurs ailes sont courtes, et la première rémige est la plus longue, ou du moins aussi longue que les autres pennes, ce qui est le contraire chez les vraies perdrix.
Elles semblent exclusivement vivre dans l'Ancien Monde, et ne pas se rencontrer dans l'Amérique. Seulement desespècesdistinctes habitent les régions les plus australes du pôle sud, où elles paroissent être sédentaires.
40 La CAILLE DE FRANCE () est représentée pl. 470 des enluminures : elle habite pendant l'été l'Europe tempérée, d’où elle émigre par bandes nombreuses qui traversent la Méditerranée , et se répandent en Afrique jusqu’au cap de Bonne-Espérance. Le Muséum en possède un individu atteint d’albinisme, tué par Louis XV. Le colonel Sykes l’a rencontrée dans le pays des Mahrattes, où on la nomme lohah. Elle y est rare, ety vit par paires dans des toufles d'herbes.
2° La CAILLE DES ILES MALOUINES (6, a été décrite
(:) Capite posteriore, dorso, alisque brunneis, plomis in medio striis rufis ad latera fasciis nigris notalis: fronte, gulà, erisso, corporisque lateralibus nigris, his albo-guttalis, regione cireumoculari, strid utrinque subrietu, alterà utrinque ad frontem cireuloque à supercilio ad peclus descendente, albis, abdoinine medio castaneo. Magniludo ortygis Californiani. Hab, in Mexico.
(2) ORTYX CAPISTRATUS, W. Jard. and selby, Hlust. of.ornith.
(8) O macrourus, ibid,
(4) Coturnix, Temm. Tetrao, L.
(5) Coturnix dactylisonans, Temm., Gall., t. II, p. 740. Perdix coturnix, Lath.; Procced, I, 152,
(6) Tetrao falklandicus, Gm,
par Buffon et figurée pl. 222 des enluminures.Cette caille, que nous n'avons pas retrouvée pendaut le séjour que nous avons fait sur ces îles antarctiques , dépendantes du continent américain, ont été un sujet de doute pour les naturalistes, qui tous ont pensé qu’on devoit les ranger avec les colins. C'est évidemment une espèce de colurnix ; et ce fait n’a rien qui puisse étonner, aujourd’hui que l’on connoît trois cailles réparties sur les terres du pôle sud, à la Nouvelle-Hollonde , à la Nouvelle-Zélande , au cap de Bonne Espérance, où la caille commune est très répandue, et aux îles Malouines, où Bougainville a tué l'individu qu'a décrit Buffon.
5° La CAILLE AUSTRALE (1) est commune à la Nouvelle-Galles du Sud , aux environs de Port-Jackson notamment. Le mâle a le front, les joues et la gorge d’un blanc terne ; les plumes du sommet de la tête et de la nuque blanchâtres et noirâtres; celles des autres parties supérieures parsemées de bandes noires et de zigzags roux, avec du jaunâtre le long de leur tige. Le dessous du corps roussâtre et varié comme le dessus. Les pennes des ailes brunes et frangées de roussâtre à l’extérieur ; celles de la queue brunes, avec des zigzags. La femelle a des couleurs ternes, avec des taches rousses irrégulières , et des lignes blanches sur le dessus du corps, dont le dessous est roux-cendré, avec des zigzags bruns.
4° La CAILLE DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE (?)est plus grosse que la caille commune. Elle a le bec large, fort et bombé. Le dessus du corps esi mélangé de roux et de noir velouté, jeté par plaques sur le fond roux. La tige de chaque plume est fauve, ce qui forme une ligne étroite sur sa couleur. Les grandes pennes sont brunes en dessus et gris de lin en dessous. La gorge est fauve piqueté de noir. La poitrine et le ventre ont des lunules d’un brun foncé sur un fond fauve. La tige de ces plumes est blanche. Les flancs ont de très longues p'umes fauves, avec des lignes concentriques brunes, et leur rachis neigeux. Les plumes Libiales sont fauves nuancées de brun. Les pieds sont jaunes et le bec couleur de corne. Cette caille a sept pouces. La femelle a les teintes plus grisâtres et les tiges des plumes abdominales d’un blanc moins net.
Cet oiseau a été tué sur les bords de la baie Chouraki, ou de la rivière Tamise de Cook.
() Coturnix australis, Temm., Gall., t. I, p. 740. Vieill., Gal., pl CCXV. Perdix australis, Lalh., 47. Mas : C. suprâà castaneo nebuloso, lineis angularibus pigris, subtus flavescens, gulà pallidà Fœmina : Corpore suprà lineis albis, maculis rufis regularibus, subtus cinereo-rufo, fusco vario. Vieill., Gall., t. 4, p. #7.
e) Coturniz Novæ Zelandiæ, Quoy el Gaim., Ast. Zool., p. 242, et pl. XLIV , fig. I. C. corpore suprà fulvo nigro maculalo, eum lineis albis, pectore abdomineque fulvis lunulis brunneis sparsis , femoribus albidis, alis apice brunneis,
5° La cAILLÉ PERLÉE (!) habite l’île de Madagascar, d’où elle émigre sur la côte orientale d'Afrique. Toutes ses parties supérieures sont rousses, avec une tache blanche allongée sur le milieu de chaque plume. Sur la nuque il y a des points noirs, et sur le dos des rayures trnsversales noires. La face est noir mat. La poitrine en devantest rouge vermillon, et lie de vin sur les épaules. Les parties inférieures sont noir bleuâtre, mais couvertes de gouttes blanches. Sa taille est plus forte que celle de la caille vulgaire. Le bec est noir etles tarses sont jaunâtres.
6° La CAILLE A FRAISE (2) représentée pl.126, fig. 2, des enluminures, paroît être commune à Timor, à Batavia, aux Philippines, dans plusieurs des îles Moluques, et même à la Chine. Le mâle a été décrit sous le nom de caille de la Chine, et la femelle sous celui de caille de Manille. Cet oiseau, brun sur le dos, plus foncé sur le ventre, a une fraise blanche qui tranche sous la gorge avec le noir foncé dont elle est peinte.
7° La CAILLE NATTÉE (), que les Hindous nom-
ment kätet, au dire du voyageur Leschenault, est 1
très commune aux environs de Pondichéry et sur toute la côte de Coromandel. Elle vit dans les lieux plantés de broussailles, et se nourrit de toutes sortes de graines. La femelle fait son nid à terre et y dépose ses œufs tachetés de noir. Sa ponte a lieu en mai. M. Sykes l’a communément rencontrée dans le pays des Mahrattes, appariée pendant la moisson, et ensuite dans le reste de l’année dans les champs de Sorgho.
Elle a les formes et les couleurs de notre caille. Le mâle a la gorge blanche, avec un double collier noir. Le sourcil est blanc, le dessus de la tête brun, varié de noir; le dos est de la même couleur, mais flambé de blanc. Le dessous du ventre est blanc, avec de grandes taches noires. Les yeux sont rouge foncé.
La femelle ne diffère du mâle que par son ventre blanc et sa poitrine plus rousse. Les autres teintes sont moins prononcées.
8e La CAILLE ROUSSE (4) a aussi été envoyée de Pondichéry par Leschenault de La Tour. Elle est plus rare que la caille nattée, et porte le nom de fersa. Elle a la tête noirâtre, piquetée de gris; le derrière
(1) Perdixstriata, Lath.Temm.,pl 82 mâle) Grande caille de Madagascar, Sonnerat, It., pl. 98. Temm., Gall, t. I, p. 470. Tetrao striatus, L.
e) Tetrao sinensis (mâle) et manillencis (fem ) L, Gm. Coturnix exæalfactoria, Temm.,Gall.,t. UE, p.742. Sounerat, Voy. à la Nouvelle-Guinée, pl. 24.
(3) Coturnix textilis, Steph. UH, 365 ; perdix texlilis, Temm., pl. 35 (m.et fem ); petite caille de Gingi, Sonperat, It.; perdix Coromandelica, Lath., Ind., *. Il, p. 654; Proceed. IF, 152; Les., Ornith., pl. 90, fig. 1.
() Perdix rubiginosa, Valenc., Dict. Sç. nat., t. 38, p. 49.
HISTOIRE NATURELLE
du cou bistré; le dos gris foncé, mêlé de noir; la poitrine grise, avec des taches noires.
9° La CAILLE À BEC ROUGE .{) a les yeux d’un jaune ocreux obseur, le bec rouge, et le corps long de cinq pouces ; la queue un pouce quatre lignes. Elle est commune dans le pays des Mahrattes, dans les vallées de Karleh, où l’a découverte le colonel Sykes. Elle y vit en troupes qui se nourrissent de semences de gramens. x
19° La CAILLE PENTAH (?) habite les hauts plateaux des montagnes du Dukhun, dans le pays des Mahrattes, car le colonel Sykes en a tué des individus à plus de 4,090 pieds au-dessus du niveau de la mer. Elle s’y tient dans les roseaux et les graminées. Ses yeux sont brun ocreux; le bec est brun rougeûtre ; les pieds sont jaunes. Le corps a de longueur cinq pouces trois lignes , et la queue un pouce six ligues (anglois).
11° La CAILLE ARGONDA (3) vit en troupes, et ne fréquente que les endroits rocailleux au milieu des buissons rabougris, dans le pays des Mabrattes. Son vol est court et bas. Ses habitudes sont querelleuses, aussi les Indiens s’en servent-ils pour les combats de cailles, qu'ils aiment avec passion.
42° La CAILLE A GORGE BLANCHE ({) n’a été décrite que par Mauduit, d’après un individu dont la patrie étoit inconnue. Ce qui la caractérise est le blanc de la gorge encadré de noir.
@) Coturnix erythrorhkyncha, Sykes, Proceed,.,t, If, p. 153: C. suprà saturaté brunnea, infrà dilutè castanea, nigro ( præter ventrem medium) undeq:aque guttata maculataque: scapularium maculis maximis, pectoris guttis minimis : scapularium tegmi un quealirum superiorum a!bo fasciarum rachibus albis, crucem efformantibus : remigum pagoniis exlernis rufescenti fascialis maculalisque: froute nigro : strigà frontal utrinque supra oculum produelà gulâque albis. Fœmina : Fronte, strigà inde ad utrumque latus ductà, gulâque diluté castanets.
(2) Coturnix pentah, Sykes, Proceed., II, 453. C. suprà saturatè brünnea:infra rufescenti-albida nigro fasciata: ventre crissoque albido ferrugineis : inlerscapulio scapularisbusque nigro maculatis, plumarum rachibus diluté flavis: remigibus brunneis pallidé ferrugineo maculatis: strigà superciliari sordidé albà : mento rufescenti. Fœæœmina:Iufrà rufescens, haud fasciatà : plumarum rachibus albis.
(3 Coturnix argoondah, Sikes, Procced , 11, 153. CG. suprà rufescenti brunnea , fasciis angustis diluté ferrugineis notatà: infra sordidè alba, fasciis equidistantibus nigris : fronte mentoque ferrugineis : strigà superciliari rufescenti albidà. Fœmina ; Fasciis magis obscursis.
(4, Coturnix torquata, Mauduit., Encycl., Temm., Gall, LIN, p. 521-744 : Corpore suprà fusco, nigris lineis transversim striato: subtus albicante, æqualiter undulato: vertice nigricante : genis atris: gulture albo, nigro margine cincto. Rostro nigro: pedibus flavescentibus.
DES OISEAUX. 933
‘4589 La CAILLE GRISE (1) a été décrite par Sonnerat sous le nom de caille brune 1e Madagasrar. Sa taille est celle de la caille d'Europe. Sa gorge est d’un gris terreux.
44 La CAILLE DE LA NOUVELLE-GUINÉE (?) a été nommée ainsi par Sonnerat, qui la dit d’un tiers moins grosse que celle d'Europe, et qui la décrit en ces termes : Son plumage est brun, plus foncé sur le dos et sur les ailes ; les petites plumes des ailes sont frangées de jaune sale; les yeux et les tarses sont grisätres. Elle a été trouvée, non pas à la Nouvelle-Guinée, mais sur les iles Moluques, à Gilolo, car Sonnerat n’a jamais été à la Nouvelle-Guinée, et c’est par une erreur volontaire que son voyage porte ce litre.
LES TURNIX.
Orlygis. ILLiG.
Les turnix sont des oiseaux de l’ordre des gallinacés, que la plupart des auteurs ont regardés comme des cailles. Linné les plaçoit dans son genre tetrao ; Latham, avec ses perdrix. L'abbé Bonnaterre, le premier, les distingua comme genre, sous le nom de turnix, qu'Illiger changea en ortygis; et bien avant lui M. Lacépède les nomma tridactylus. M. Temminck, dans son Histoire des Gallinacés, crut devoir dédaigner ces deux noms, et adopter celui d’hemipodius proposé par M. Reinwardt; enfin M. Vieillot vint encore augmenter cette synonymie par le nom d’ortygores.
Les caractères des turnix sont ainsi établis par M. Temminck :
Bec médiocre, grêle, droit, très comprimé; arête élevée, courbée vers la pointe ; narines basales . latérales, linéaires, longitudinalement fendues jusque vers le milieu du bec, en partie fermées par une membrane nue; pieds à tarse long ; seulement trois doigts dirigés en avant, entièrement divisés ; point de doïgt postérieur ; queue à pennes foibles, rassemblées en faisceau, cachées par les couvertures supérieures ; ailes médiocres, la première rémige la plus longue.
Les formes de ces pygmées de l’ordre des gallinacés retracent en petit celles des outardes. Ils vi-
()Coturnix grisea, Temm., Gall.,t. IH, p. 523 et 744. Corpore suprà diluté griseo, nigro fasciato : subtus arcubus nigris, concentricis undulato : vertice nigro et rufo variegato : remigibus fuscis: perdix grisea, Lath. : tetrao griseus,Gm.
(2)Coturnix Novæ-Guineæ, Temm., Gall , t. ET, p. 524 et 745 : Sonnerat, Voy. à la Nouvelle-Guinée, pl. 105 : perdix Novæ-Guineæ, Lalh : tetrao Novæ-Guince, Gm., Encycl., pl, 97, fig. 3,
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vent d'insectes dans les contrées stériles de l’ancien continent. fls sont le plus souvent cachés dans les hautes herbes, où ils se retirent au moindre danger. Tout ce qu’on sait de leurs mœurs c’est qu’ils sont polygames, et qu’ils échappent à leurs ennemis par la course plutôt que par le vol.
Les turnix habitent l'Afrique, l'Asie, l'Australie, l'Océanie et l'Europe. M. Temminck admet dans ce genre les espèces suivantes.