‹ Compléments de BuffonChapitre 76 sur 667 · LES TINAMOUS OÙ YNAMBUS · texte numérisé non relu

LES TINAMOUS OÙ YNAMBUS

Tinamus.

Les oiseaux qui sont décrits sous ces noms génériques sont aussi appelés {inamous à la Guyane, pezus au Brésil, et ynambus au Paraguay, suivant l'exact observateur d’Azara. Linné ne connut point ce genre, et les tinamous ne furent pour ce grand naturaliste que des espèces de perdrix, {v{rao. Latham, le premier, les sépara, en leur donnant le nom de tinamou, {inamus, qu’une espèce porte à Cayenne, au dire de Buffon. Cet ornithologiste n’en décrivit que quatre espèces, qui sont les {inamus brasiliensis, cinerus, variegatus et soui. Ce genre fut admis par M. de Lacépède dans son Arrangement méthodique des Oiseaux , et reçut pour caractères la phrase suivante : Bec long, à ouvertures nasales couvertes d’une callosité ; les yeux entourés d’un rebord nu et les tarses non emplumés. M. Duméril n’admit point ce genre, que plus tard M. Cuvier distingua nettement. Dans tous les systèmes ou les méthodes d’ornithologie, les tinamous sont placés dans la famiile des gallinacés et dans cette tribu qui se compose des perdrix, des turnix, des tétras, etc. ; tribu parfaitement naturelle par les formes, les habitudes, et même par ses mœurs générales.

(5, L. suprà castaneus , plumis stramineo marginalis nigroque undulatim fascialis ; tegminibus alarum stramineis nigro fasciatis; remigihus fuscis; mento gulàque albis; pectore nigro alboque fasciato; ventre crissoque diluté ferrugineis, Sykes, Proceed., If, 155.

(2) Hemipodus nivosus, Swains.in Tilloch’s Phil mag. t. LX, p. 293; Zoll. IHlust., pl. 163: Suprà ferrugineo varius; menlo albescente; jigulo pectoreque pallidè ferrugineis,maculis albis, nilidis, ornalis; corpore al bo ; uropygio caudæque tectricibus superioribus rufis immaculatise

Le genre tènamus de Latham fut adopté par Illiger; mais le naturaliste prussien rejeta ce nom du Prodromus Mammalium et Avium (1811), parce qu'il n’étoit ni grec ni latin (p. 17, lig. 4 et 5), et le changea en cryplurus (de xpvrrew, occultare, et oùpa, cauda, queue presque nulle). Plus tard (1816) M. Vieillot, dénaturant abusivement et sans indiquer son origine le nom de erypturus , proposa celui de cryptura.

Les caractères zoologiques du genre ynambu ou tinamou , tinamus , sont : bec médiocre, grêle, presque droit, déprimé, à pointe obtuse et arrondie, à cire membraneuse à sa base, à arête élargie ; narines percées au milieu du bec, ovoïdes, ouvertes; langue très courte, triangulaire ; les ailes concaves et courtes; les tarses assez longs, à doigts courts, divisés ; à pouce élevé et peu saillant; à ongles recourbés, obtus, peu longs; acropode scutellé; queue très courte, cachée où même nulle; les quatre premières rémiges étagées, la première très courte.

Illiger divisa les espèces en deux sections, suivant que la face plantaire des pieds a des scutelles lisses ou des squamelles élevées, et que les plumes sont simples ou composies; mais cette manière de voir eût fait naître plus d’une difficulté pour l’étude : aussi M. Temminck proposa-t-il avec plus de fondement de les séparer en deux coupes, distinguées l’une de l’autre par la présence ou l'absence d’une queue.

En 1827 M. Wagler, dans son System: Avium, divisa les tinamous en trois genres. [l conserva le nom de crypturus pour les espèces suivantes : {ènamus tao, brasiliensis, adspersus, vermiculatus, cinereus, noctivagus, variegatus, undulatus, strigulosus, soui, obsoletus, tataupa et parvirostris. Le second genre de M. Wagler fut nommé nothura, et comprit cinq espèces, savoir : {inamus boraquira ,mujor, maculosus, minor et nanus. Le troisième genre, appelé rhynchotus par Spix, n’a qu’une seule espèce, le tinamus rufescens où ynambuguazu de d’Azara.

Les ynambus sont les représentants au Paraguay, au Brésil et à la Guyane, des perdrix de l’ancien continent, comme les colins y sont les vrais rem-

plaçants des cailles. On les à très long-temps con-.

fondus avec les perdrix, parce que les Européens établis en Amérique ne leur donnérent point d’autres noms. Les espèces nommées ynambus vivent au Brésil, et presque exclusivement au Paraguay : d'Azara rapporte que ces dernières ne se perchent jamais. Il n’en est pas de même des espèces de la Guyane, qu’on y connoitroit sous le nom de {inamous, et qui, au contraire, se tiennent sur les branches des arbres.

Privés de moyens de défense , n’ayant comme nos perdrix qu'un vol lourd, saccadé et de peu d’éten-

HISTOIRE NATURELLE

due, ces oiseaux ont reçu en partage des mœurs douces, timides et craintives ; toujours au guet, ils fuient dans les fourrés les plus épais des forêts, ou au milieu des herbes touffues des pampas; et lorsqu'ils sont blottis quelque part, rien ne peut les décider à partir. Leur naturel est par suite fort sauvage, et se refuseroit aux soins de la domesticité; les jeunes ne vivent point en essaims conduits par la mère, et se séparent, au contraire, de fort bonne heure; mais, si leur vol est imparfait, ils peuvent en revanche courir avec une grande aisance, et se soustraire par une fuite rapide aux nombreux animaux de rapine qui les poursuivent. Les ynambus se nourrissent d’insectes, de graines, de petits vermisseaux, qu'ils ramassent à terre. Les femelles pondent deux fois dans une année plusieurs œufs de couleur vert pré. Ces dernières ont à peu près la livrée des mâles, et toutes les espèces se ressemblent par les mêmes teintes du plumage qui ne diffère que par des particularités de détail : leur cri d’appel est sur un ton trainant, mais aigu, et l’on dit que leur chair est blanche et délicate. Les sauvages se servent de leurs plumes pour empenner leurs flèches.

M. Temminck affirme que le choro de d’Azara, que plusieurs auteurs ont pris pour un tinamou , est une poule d’eau, et que l’uru de l’auteur espagnol est le tocro ou perdix guianensis des nomenclateurs.

CS LES RHYNCHOTES.

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