RECTRICES NULLES
LE TINAMOU ISABELLE.
Tinamus rufescens (1).
Cet oiseau, figuré dans les planches coloriées, n° 412, est l’ynamiu-quazu de d’Azara, n° 326, ou la grande perdrix des Espagnols. Sa longueur est en général de quinze pouces et demi; mais quelques
| individus n’en ont que quatorze : le sommet de la
tête est parsemé de quelques taches noires, oblongues, et bordées de roux clair; l’orifice de l'oreille est couvert d'une tache noirâtre; la gorge est blanche; le cou, la poitrine et le ventre sont d’un roux clair; le dos, les couvertures des ailes, et les longues plumes qui recouvrent les dernières vertèbres dorsales, sont d’un gris noirâtre. et rayées transversalement de blanc et de noir ; les rémiges, le bord
(9) Temm., Gall., t. II, p 552: cryptura quazu, Vieillot, Nouv. Dict.,t. XXXIV, p.103 : rhynchotus rufescens, Wagl., sp. 1,
DES OISEAUX. 937
extérieur de l'aile, et l'aile bâtarde, sont d’un fauve rougeâtre ; le bec, qui est long , et dont la pointe est foiblement courbée, a une teinte d’un brun bleuàtre: les pieds sont d’un roux pâle.
Cet oiseau habite le Paraguay et le Brésil ; c’est le rhynchotus fasciatus de M. Spix, Arium Spreies novæ, tome IT, page 60, pl. 76. La femelle adulte a le plumage du mâle, seulement elle est un peu plus petite de taille et moins claire de teinte; les jeunes ressemblent à leur mère, et ont seulement des lignes plus fines sur le corps.
On ne le trouve que dans les pâturages gras, où il se cache dans les herbes hautes, dont on parvient difficilement à le faire envoler. Il va ordinairement au clair de la lune dans les blés et les maïs nouvel- Jement semés, où il ramasse les grains non recouverts de terre. On entend de fort loin son cri, qui est un sifflement triste et un peu tremblant. On élève difficilement ces tinamous, et ils sont toujours fa rouches ; ils cachent dans quelque touffe d’herbe leur nid, dans lequel la femelle pond sept œufs, d’un violet brillant, dont les diamètres ont de vingt à vingt-sept lignes, et qui sont d’une égale grosseur aux deux bouts. On ne rencontre pas la famille réunie en troupe, mais dispersée à environ quarante pas. La chair de ces oiseaux passe pour être fort bonne, et à Monte-Video on les chasse avec des chiens qui font lever, suivent et prennent à la seconde ou troisième remise ceux qu’on n’a pas tués à coups de fusil; on les prend aussi avec des piéges.
Le Muséum en possède trois beaux individus, recueillis au Brésil par M. Auguste de Saint-Hilaire.
M. Wagler a distingué cette espèce, à l'exemple de Spix, en en faisant le type du genre rhynchotus. Les caractères qui séparent ce nouveau genre des tinamous sont peu distincts, et le plus s:illant sans contredit se trouve être celui fourni par la queue, qui n'est pas composée de vraies rectrices, mais de nombreuses plumes molles, longues, larges et retombantes.
LES NOTHURES.
WAGLER.
L'YNAMBUI D’AZARA.
Tinimus macu'osus (!).
Cet oiseau, de la taille d’une petite perdrix grise, est long de neuf ou dix pouces. Son plumage est en dessus d’un fauve roux, avec quelques unes des plumes linéolées de noirâtre et de jaunâtre clair; les
() Temm., Gall., LIN, p.557 et 748 : tinamus major, Spix, pl. 80 : notura major, Wagl., sp. 1,
deuxièmes rémiges sont striées de roux et de noir; la gorge est blanche, le cou et la poitrine rayés de taches noires longitudinales ; le bec est fauve, l'iris orangé, et les pieds sont fauves.
Ce tinamou a pour habitude de se tapir, lorsqu'il est inquiété, de manière qu’on peut le prendre presque à Ja main. Il est très commun aux environs de Monte-Video et de Buenos-Ayres ; on dit qu’il se rencontre aussi dans les forêts du Brésil : son cri est lent, mélancolique et désagréable ; la femelle por d huit œufs violets : sa chair n’est point bonne. Son nom guaranis signifie petit ynambu.
LE TINAMOU BASSET.
Tinamus medius (1).
MM. Delalande et Auguste de Saint-Hilaire ont rapporté les individus de cette espèce du Brésil qu’on voit au Muséum de Paris.
Ce tinamou est remarquable par le peu de hauteur de ses tarses. Son plumage est en général sur la tête, le cou et tout le dessous du corps, d’un gris plombé uniforme ; tout le dessous de la gorge est blanchâtre ; le manteau et les ailes sont d’un roux assez vif; les couvertures inférieures des cuisses et de la queue sont grises, maillées de brun et bordées de blanc ; le bec est d’un jaune clair : sa taille est celle du râle d'Europe.
Près du tinimus medius doit sans doute se placer le finanus botaquira, figuré pl. 79 par M. Spix , et décrit par Wagler dans son genre nothura, sp. 1.
Ilest très difficile d’isoler nettement les not!urcs ou tinamous nommés boraquirat, major, mrdius et minor, et M. Wagler nous semble à ce sujet avoir fait quelque confusion.
LE TINAMOU CARAPÉ,
Tinamus nanus (?).
Le nom d’ynambu carajé ou nain est donné par les Guaranis à cet oiseau, que d’autres, suivant d’Azara, n° 528, appellent yn:mbu-yaru, c’est-à-dire grand-père de l’ynambu. C’est le cryptura nana de M. Vicillot, et le nothura nana de M. Wagler. Ce petit gallinacé n’a que six pouces de longueur ; ilest remarquable par les plumes longues et courbées du
tr) Spix, pl. 81 : tinamus brevipes, Natt., Mus. de Vienne : tinamus plumbeus, Galeries du Muséum nothura medius, Wagl.
(2) Temm., Gall. t. HI, p. 600, pl. 316, le mâle adulte ; tinamus minor, Spix, pl. 81.
croupion qui remplacent la queue, et se courbent en arc sur l'extrémité des ailes qu’elles cachent. Le mâle se distingue de la femelle par ce faisceau , qui a l'apparence d’une houppe soyeuse ; le sommet de sa Lête est bordé de roux et de gris sur un fond noir ; la gorge, les joues, le milieu du ventre et les cuisses, sont blanchâtres ; des bandes transversales brunes, noires et blanches, couvrent les flancs : il y à au bout des plumes du dos et du croupion des taches rousses, noires et grises, de forme irrégulière. La femelle, qui n’a que cinq pouces, a plus de roux , et les taches du dos sont moins grandes.
Cette espèce se tient ordinairement dans les campagnes et les pâturages bien fournis d'herbes, et elle ne pénètre jamais dans les bois. On parvient difficilement à la faire envoler, et elle se cache de nouveau à peu de distance; après quoi elle se laisseroit plutôt écraser que de s’envoler de nouveau : cependant sa démarche est aisée, mais moins vive que celle des autres. Elle fait entendre, dans les mois d’octobre et de novembre, un cri qui exprime la syllabe pi.
Le Muséum en possède un bel individu, rapporté du Brésil par M. Auguste de Saint-Hilaire. La femelle ou le jeune est de taille plus petite, et sans développement de plumes uropygiales.
LES CRYPTURES.
AUCT. WAGL.