‹ Compléments de BuffonChapitre 81 sur 667 · LE SOUI · texte numérisé non relu

LE SOUI

Tinamus sou. LaTu. (?).

Très commun à la Guyane, le souï est un des tinamus le plus anciennement connus. C’est un oiseau d'un roux fauve uniforme, à teintes légèrement rembrunies ; le dessous du corpstire sur le roux cendré; l’occiput, les tempes, sont noirs; le cou est en dessous d’un olivâtre cendré; le bec est cendré supérieurement, et blanchätre inférieurement ; les pieds sont fauves. Le souï a de longueur totale rieuf pouces : il niche sur les brancues les plus basses des arbrisseaux ; il fréquente les broussailles et même les lieux défrichés de la Guyane.

Sous ce nom commun sont compris les vrais tinamous , les nothures et les rhynchotes des naturalistes modernes. M. Lichteinstein, dans son Catalogue, a fourni quelques nouveaux renseignements sur les espèces connues (5).

LES EUDROMIES (‘.

Par l’ensemble de leurs rapports, ils doivent prendre place entre les pezus et les rhynchotes du docteur Spix, mais ils n’ont que trois doigts, ce qui, sous ce rapport, les place dans les mêmes conditions que les tridactyles. Ils sont bien distincts des tinamous, qui ont un pouce rudimentaire. Mais comme ce nouveau groupe est des plus intéressants, nous

6) Temm., Gall., t. WI, p. 594.

(>) Tinamou souï, Buffon, enl. 829; Temm., Gall., t. II, p 597.

(>) Catalog. no 701 à 707, p. 67 et 68.

(4) Eudromia, Isid. Geoff. Saint-Hilaire, Études Zool. 2e cahier, Mag. de Guérin, t. 2, 1832 ; d'ev bien, dpouowy, course.

transcrirons tous les détails que son auteur en a donnés. « L’eudromie formera , dans cette division des gallinacés, qui correspond aux {efrao de Linné, un genre très remarquable et distinct au premier aperçu. D'une part, en effet, ses pieds, terminés seulement par trois doigts, ne permettent pas de le confondre avec les tinamous, et d’un autre côté il n'offre pas des différences moins tranchées à l’égard des turnix, par son bec qui, loin d’être comprimé, est aussi large que haut, par ses tarses et ses doigts gros et courts, par ses ongles longs et forts, et par les pennes de ses ailes terminées par une pointe aiguë.

» Examiné avec soin, le bec de l’eudromie présente une grande analogie avec celui de plusieurs tinamous. Les narines, placées latéralement près de l’origine du bec et irrégulièrement ovoïdes, occupent le centre d’un enfoncement qui se continue en avant avec un sillon, et qui est borné inférieurement par le bord de la mandibule supérieure, bord qui est à peu près horizontal, et par lequel le bec se trouve ainsi élargi, principalement vers sa base. Dans son ensemble le bec, moins long que la tête, est gros, fort, courbé de haut en bas dans sa seconde moitié, et arrondi à son extrémité.

» Les ailes se terminent en arrière à peu près au niveau de l’origine de la queue, et sont par conséquent courtes. Les rémiges, étagées entre elles et pourvues de barbes assez fortes et résistantes, se terminent en pointe : leur bord interne est légèrement échancré, La queue est. comme chez les tinamous, presque nulle ; mais les plumes de la partie postérieure du dos sont très prolongées, et simulent une queue très développée, ainsi que cela a lieu chez beaucoup de tinamous.

» La jambe est forte, entièrement revêtue de plumes. Le tarse, assez court, robuste, et à peu près carré, est réticulé sur les faces latérales et postérieures. En avant il est recouvert d’écussons qui s’avancent aussi sur les doigts, qui sont courts, gros et bordés d’un étroit repli membraneux. Les ongles sont longs, très convexes en dessus, et assez pointus à leur extrémité quand ils ne sont pas par trop usés. Il n'existe à l’extérieur aucune trace de pouce. Le doigt médian est beaucoup plus long que les doigts latéraux, et de ceux-ci l’interne est plus court que l’externe.

» Ces derniers caractères, joints à la longueur du col, suffisent pour signaler au premier aspect, dans l’eudromie, un genre nouveau et très remarquable, qui, à quelques égards, représente les turnix en Amérique. »

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Puble par Pourrat Fa Parur ,

DES O!SEAUX

L'EUDROMIE ÉLÉGANTE (1).

La seule espèce du genre a été découverte en Patagonie par M. Dessalines d’Orbigny. Par son système de coloration, cet oiseau rappelle, vu par le dos, le plumage des pintades, et par le ventre celui de quelques perdrix. Le fond du plumage est généralement d’un gris cendré, la gorge, le ventre, les ailes et les cuisses exceptés, mais il est varié d’une grande quantité de lignes noires, et d’yeux blancs et aussi noirs. Ainsi, les plumes de la tête et du col sont toutes marquées à leur milieu d’une ligne noire longitudinale. En outre, au bas du cou et sur la poitrine, de petites lignes également noires, mais transversales, viennent s'ajouter aux précédentes. Sur les plumes du dos et des ailes, il existe plusieurs petites taches noirese blanchâtres ou fauves, entourées de noir, et imitan des yeux qui ornent et rendent très remarquable la livrée de cet oiseau.

« Les pennes des ailes présentent, dans leur portion interne, un grand nombre de raies blanches transversales sur un fond noir, et dans leur portion externe une série de petites taches quadrangulaires tour à tour noires et blanches. Le ventre, le croupion et les cuisses ont, sur leur fond fauve, un grand nombre de rayures noires. La gorge est blanche, et deux lignes de même couleur existent, l’une entre l'œil et le bec (ligne qui n’est pas toujours très distincte), et l’autre immédiatement au-dessus de l'œil. Celle-ci se prolonge ordinairement en arrière à quelque distance au-dessous de l’œil. Le bec est brun ; les pieds sont bleuâtres et les yeux d’un gris bleu. Les ongles sont noirs. Enfin, à tous ces caractères et couleurs, il faut y ajouter l'existence d’une huppe, située à la partie postérieure de la tête, et composée de plumes très étroites et comme lancéolées, noires sur leur ligne médiane et cendrées latéralement ; quelques unes d’entre elles, très allongées, ne sont pas tout-à-fait droites, mais se recourbent un peu en avant. Les individus adultes ont un pied de hauteur, et le bec est long de onze lignes ; les tarses ont un pouce huit lignes; le doigt médian, y compris l'ongle, un pouce trois lignes; les longues plumes de la huppe deux pouces et demi.

» Les jeunes ressemblent aux vieux individus, à cela près que leurs teintes sont plus claires, et que les taches ocellées sont moins nettes et moins tranchées. ».

L’eudromie se trouve dans tous les terrains sablonneux et arides qui entourent le grand bassin des Pampas, mais non dans ce bassin lui-même. On la rencontre depuis le trente-huitième degré de latitude sud jusqu’au quarante-sixième, et très proba-

(") Eudromia eleyans, d'Orbigny et Isid., loc. eit., pl TL.

If, ;

blement aussi depuis la mer jusqu’à la chaine des Cordilières. Elle ne commence à être commune que dans les terrains déserts qui se trouvent au sud du Rio-Negro en Patagonie.

Cet oiseau semble fuir, non seulement les lieux habités, mais encoreles lieux habitables. La localité où M. d’Orbigny l’a vu répandu le plus abondamment, éloit un terrain sec, aride, presque sans végétaux , et éloigné de plus de dix lieues des points où l’on rencontre de l’eau douce. En un mot, il fuit les lieux humides, et rechercie les terrains sablonneux les plus déserts et les plus arides,.

Dans la saison des amours, les eudromies, qui ordinairement vivent par pelites troupes, se divisent par couples. Elles construisent, dans une touffe d’herbe ou au pied d’un buisson, un nid composé de tiges de graminées, et y déposent une douzaine d'œufs d’un vertteudre Les jeunes suivent la mère pendant assez long-temps.

La nourriture de ces oiseaux consiste en petits fruits et surtout en graines. Ils courent avec une extrême agilité. Leur vol est au contraireassez lourd et bruyant. Ils ne volent jamais très loin, et il est rare qu'ils s’élèvent à plus de trente pieds au-dessus du sol. Lorsqu'ils courent ou s’envolent, et aussi lorsqu'on les surprend, ils font entendre un sifflem ntaigu. {ls paroissent en général très craintifs, et évitent toutes les autres espèces.

La chair des eudromies est très délicate, aussi les chasse-t-on.On les élève quelquefoisen domesticité ; mais, quelque apprivoisées qu’elles soient, elles s échappent dès qu’elles en trouvent les moyens} Outre l'homme, elles ont pour ennemis les renards, divers oiseaux de proie, et surtout les caracaras, qui en détruisent un grand nombre. Les Espagnols ont donné à cette espèce d’oiseau le nom de perdix de Copela, et aussi celui de martinete. Les Araucanos du Sud l'appellent vuari, etles Patagons cunio. Dans quelques autres localités il est désigné par le terme yulmis.

LES TINAMOTES().

Ontun bec robuste, presque droit, assez semblable à celui des outardes. Les ailes sont médiocres et arron lies, à troisième à quatrième rémiges les plus longues. Les pieds n’ont que trois doigts, et la queue est courte. La seule espèce de ce genre est le TINA- MOTE DE PENTLAND(?) qui a été observée sur les Andes. Son plumage est brun cendré rayé de brun sale. Le bas-ventre et les plumes tibiales sont rousses. Le menton est blanchâtre. Cet oiseau a quinze pouces anglois de longueur.

(} Tinamotis, Vig., Proceed. II, 79, ) T, Pentlandii, ibid,

HISTOIRE NATURELLE

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