LE MÉGAPODE LA PEYROUSE
Megapodius La Peyrouse (1).
Ce mégapode paroît être le plus anciennement connu et être le {avon des Philippines. On ne le trouve pas plus dans l'archipel des Mari: nnes que dans la petite ile de Tinian. On dit qu’autrefois il y étoittrès commun, et élevé dans une sorte de demidomesticité. Son plumage est roux; le bec noir, blanc au sommet ; le cou nu, jaunâtre, et les tarses jaunes. Ila de longueur totale neuf pouces et demi. Les habitants des îles Mariannes l’appellent sasségniat.
LE MÉGAPODE FREYCINET.
Megapodius Freycinel ().
Cet oiseau est nommé blévine par les habitants de Guébé, et mankirio par les Papous, suivant MM. Quoy et Gaimard. Le nom que les naturels de Waigiou nous donnèrent est manesaqué. Ce mégapode est très commun dans cette île, et il paroît que les habitants le prennent aisément, car ilsen apportoient beaucoup à bord et nous les donnoïent pour peu de chose. Sa chair est dure, coriace, et n’a rien d’agréable.
Cet oiseau, de la taille d’une petite poule, est entièrement noir ; la tête est revêtue de plumes rases; le bec est fauve . blanc au sommet ; le cou est presque nu et noirâtre ; les pieds fauves. Sa longueur totale est de treize pouces. I] se tient dans les lieux humides, vole peu et en effleurant laterre. La femelle pond des œufs très gros, rougeâtres.
On le trouve à Banda , d’où l’a rapporté M. Reinwardt; à Guébé et à Waïgiou, où MM. Quoy, Gaimard, et moi l’avons observé.
{) Quoy et Gaimard , Zoo!l. de l'Uranie, pl. 33, p. 127.
() Quoy et Gaïimard, Zool. de l'Uranie, pl. 32, p. 125. Temwm., pl. 220.
LE MÉGAPODE DUPERREY.
Megapodius Duperreyi (!).
Cet oiseau est à peine de la grosseur d’une perdrix : ses tarses sont moins élevés que daus les deux espèces précédentes . il est aussi mieux proportionné dans ses formes. Sa longueur totale du bout du bec à l'extrémité des ailes , qui sont plus longues que la queue , est d’un peu moins d’un pied; les tarses sont forts, recouverts d’écailles, et longs de vingt lignes ; le doigt du milieu, y compris l’ongle , a dixsept lignes ; celui de derrière en a quatorze, et l’ongle postérieur à lui seul en a sept; le bec, légèrement renflé vers son extrémité, long de huit lignes, est de couleur jaurnâtre; les narines sont ovalaires, recouvertes d’une membrane garnie de très pelites plumes rudimentaires ; le tour des yeux est nu, mais moins que dans les deux autres espèces ; le cou est très fourni de plumes ; l'iris rougeâtre ; une huppe très épaisse recouvre la tête; les plumes qui la composent se redressent vers l’occiput; les ailes sont concaves, plus longues d’un pouce que la queue, et terminées en pointe, dout la cinquième rémige est la plus allongée ; queue ovalaire, pointue , très courte, composée de dix pennes petites; les jambes sont grisâtres, et emplumées jusqu’au tarse; les ongles, légèrement courbés , aigus au sommet, planes inférieurement , sont bruns.
La huppe de notre mégapode Duperrey est de couleur brun fauve; le cou, la gorge , le ventre et leparties latérales . sont d’un gris ardoisé ; les plumes du dos et des couvertures des ailes sont larges et d’un brun roux jaunâtre assez vif; le croupion, le dessus de la queue et les plumes anales sont d’un rouge ocracé; les rémiges sont fauves en dehors, brunes en dedans, à tiges brun roux.
Le doigt dä milieu est réuni au doigt interne par un rebord membrareux, qui manque me ce dernier et l’externe. +
En comparant notre mégapode au mém le la Nouvelle-Hollande, on ne peut se dispenser de reconnoître qu’il lie ce dernier genre aux gallinacés, en formant un passage très naturel. En effet, si on examine la place que les narines occupent, la forme générale du bec et des pieds, la nudité du tour des yeux, la membrane qui réunit les deux doigts externes, mais qui manque entre celui du milieu et l’interne ( ce qui est l'opposé chez le mégapode). la même longueur des doigts entre eux, une analogie de forme dans les ongles, la plus grande longueur du postérieur, la concavité et la petitesse des ailes;
(‘) Lesson, Zool. de la Coq., pl. 33.
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HISTOIRE NATURELLE
tous ces caractères en effet coïncident pour assurer ce passage, si on en exceple l’éclat extraordinaire et la forme luxueuse de la queue de la lyre ou mépure, sans analogues parmi les autres oiseaux : le mégapode appartiendroit ainsi à un petit groupe naturel , les ‘yriferi de Vieillot, ou à sa vingt-septième famille, dont le nom seulement, devenu impropre, seroit à changer.
Le mégapode Duperrey habite les forêts ombreuses de la Nouvelle-Guinée, sur le pourtour du havre de Doréhy. Cet oiseau est craintif, court très vite dans les broussailles, à la manière des perdrix dans les blés, et pousse un petit gloussement. Il a été tué par M. De Blois de La Calande dans une chasse que nous fimes avec cet officier ; et, bien qu’il soit rare, on en vit cependant plusieurs individus.
Nous n’observâämes le mégapode Freyeinet ( mecapodius Freyc net que dans l’île de Waigiou. C'est en vain que nous essiyâmes d’en conserver en vie dans des cages ; ces oiseaux mouroient bientôt. Leur chair est noire, très dure. et peu agréable à manger, quoique possédant un fumet que la cuisson développe. Les Papous nous en apportoient journellement à bord , et les nommoïient, ceux du havre d'Offack du moins, manesaqué.