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Publiée par Pourral F. a l'art
DÉS OISEAUX
MM. Quoy et Gaimard , en publiant les récoltes qu'ils ont faites dans l'expédition de l’Astrolabe, ont donné la figure d’un jeune oiseau qu’ils se sont procuré dans l’ile de Célèbes, une des Moluques, et qu’ils ont supposé être le jeune âge du mégapode aux pieds rouges (1) de M. Temminck. Ainsi s’expriment ces voyageurs : « Pendant notre séjour à Célèbes, dans le distriet de Manado, nous recûmes de M. le gouverneur Merkus (?) une couvée de jeunes mégapodes. Ils étoient au nombre de dix, tous semblables, et nous nous assurämes que c’étoient des jeunes de l'individu adulte que nous possédions, nommé maléo à Célèbes, et qui nous a paru être le même que le mégapode à pieds rouges de la pi. 414 de M. Temminck. Il étoit facile de reconnoitre que ces individus étoient tous jeunes à la non-apparence du sexe, à leur état ostéologique, et à leurs habitudes , semblables à celles des jeunes gallinacés. Nous nous sommes attachés à toutes ces circonstances, pour ne pas former une espèce nouvelle de ce qui n’est en effet que le jeune âge d’un mégapode. Nous le rapportons cependant avec quelques doutes à l'espèce à pieds rouges, malgré ce que nous ont dit les habitants de Célèbes; car le bee du nôtre, qui est très haut, comprimé et caréné supérieurement avec des narines basales , ne ressemble aucunement à celui du rubripes, qui est assez grêle, courbé à la pointe, arrondi en dessus, et dont l'ouverture des narines est bien plus antérieure. Quoi qu’il en soit, ces jeunes oiseaux avoient près de huit pouces de hauteur dans leur attitude naturelle. Leurs jambes sont bien loin d’être aussi longues qu’elles doivent le devenir un jour. La tête, les joues, le dessous du cou, le ventre, ies plumes des cuisses et les couvertures inférieures des ailes sont d’un fauve vif. Les plumes de l’occiput, qui dans l’adulte se relèvent en huppe, sont courtes et grises. Tout le dessus du corps, les ailes et la poitrine sont d’un brun foncé, tirant sur le verdâtre en dessus du cou. Quelques plumes du croupion ont leurs barbes très écartées, ce qui est un des caractères du jeune âge chez ces oiseaux. Le bec et les pieds sont jaunes ; les ongles médiocres ; les doigts antérieurs sont réunis à leur jonction par une assez large membrane. Le duvet du croupion est jaune. Quelques individus avoient des plumes blanches au ventre. Ces mégapodes vécurent assez long-temps à bord del’ Astro'abe. On les nourrissoit avec du riz. De temps à autre ils faisoient
() Megapodius rubripes? Astrol., p. 239 et pl. 25.
(2) M. Merkus était gouverneur d’Amboine lorsque nous visitâmes cette île avec la corvette la Coquille; ce fonctionnaire hollandois nous invita fréquemment à sa table, mais nous ne fümes pas aussi heureux que nos collègues, et il ne nous procura aucun objet d'histoire naturelle,
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entendre un petit et court roucoulement. Leur attitude la plus ordinaire est celle des cailles.
» Le sternum des mégapodes est celui des gallinacés en général, mais surtout du pénélope à huppe blanche. K lui ressemble tellement, qu’il faut y regarder de près pour en saisir les différences. »
LES ALECTHÉLIES.
Alecthelia. LESSON.
Les alecthélies ont les plus grands rapports avec les mégapodes, mais nous avons dû les en séparer à cause de plusieurs particularités d'organisation. Le nom que nous leur avons donné dérive des mots alector, gallinacé, et d’helios, soleil, pour indiquer qu’ils vivent dans les régions les plus chaudes de la terre, sous la ligne équinoxiale. On ne connoît qu’une seule espèce des Mcluques qui présente les caractères zoologiques suivants : bec petit, comprimé, pointu, à mandibule supérieure prolongée, à mandibule inférieure un peu renflée et plus courte; narines placées à la base du bec, séparées par une arête étroite; la tête et le front abondamment recouverts de plumes jusqu’aux narines ; le tour des yeux garni de plumes courtes et serrées; le doigt interne des trois antérieurs un peu plus court que les deux autres; la membrane qui unit le doigt du milieu avec l’interne, presque nulle; la queue nulle, sans aucune penne; toutes les plumes du corps, moins celles des ailes, composées de barbes lâches, ciliées très finement sur chaque tige.
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L’ALECTHELIE DE D’'URVILLE.
Alecthelia Urvillii (1). sd
La longueur totale de cet oiseau , du bout du bec à l’extrémité des ailes, est de cinq pouces quatre lignes; les tarses ont quatorze lignes, le doigt du milieu dix, celui de derrière huit, les ongles cinq, le bec six.
Ramassé dans ses formes, très recouvert de plumes lâches et peu serrées, l’alecthélie présente sur l’occiput un faisceau de plumes allongées, qui revétent cette partie d’une manière très épaisse. La teinte générale de cet oiseau est brune fuligineuse , plus foncée en dessus; le ventre et la gorge sont d’un brun légèrement roussâtre; la gorge est cendrée; les ailes sont concaves, arrondies, à pennes entière ment brunes, les deuxième, troisième et quatrième étant égales ; le dessus est brun et parsemé de lignes
(:) Lesson, Zool, de la Coq., pl. 37.
en zigzag ou irrégulières, peu prononcées, d'un jaune roux; les rectrices de la queue sont remplacées par des plumes très lâches, composées de barbes très fines , hérissées chacune de barbules très ténues, très rapprochées, présentant beaucoup d’analogi avec celles du casoar (n° 6, pl. 67, Atlas de Péron), et qui, implantées dans le croupion de la même manière, ne composent la queue de cet oiseau que d’une touffe plumeuse. Nous remarquerons à cet effet que, comme chez le casoar, toutes les plumes de cet oiseau, moins celles des ailes, sont composées de tiges multiples, très grêles et très molles, et garnies de barbules égales et très fines, plumes qu'on pourroit appeler mullirachidées.
Le bec est grisâtre de même que les pieds; le doigt interne est un peu plus réuni à celui du milieu que l’externe. Les ongles, légèrement recourbés, aigus, convexes en dessus, concaves en dessous, sont bruns. L’iris est rougeûtre.
Cette espèce, qui provient de l'ile de Guebé, placée immédiatement sous l'équateur, est sans doute propre aux terres voisines, telles que la grande et belle île d’Halamira ou de Gilolo, si peu connue et si peu étudiée par les naturalistes, de même que toutes les grandes terres de la domination hollandoise aux Indes orientales.
LES MÉGALONYX ().
Nous les avons le premier reconnu fermer un genre très caractérisé; ils ont un bec médiocre, convexe, comprimé sur les côtés, à mandibule supérieure légèrement recourbée à la pointe, qui est finement dentée. L’inférieure est un peu plus courte, légèrement renflée en dessous. Les fosses nasales sont entièrement recouvertes par une lamelle convexe, sûr le bord inférieur de laquelle s’ouvrent en fente oblique les narines. La commissure ohlique est très fendue, et les bords du bec sont lisses. L’espace en devant de l’œil est couvert de poils roides. Les ailes sont très courtes, concaves, dépassant à peine le croupion. Les rémiges sont faibles, la première très courte, la deuxième moins longue que la troisième, les quatrième, cinquième, sixième el septième égales. La queue est moyenne, arrondie, formée de douze reetriees foibles, dont les deux plus externes sont les plus courtes. Les tarses sont, proportionnellement au corps, robustes, garnis de larges scutelles, terminés en avant par trois doigts presque égaux. Le pouce très robuste, muni d'un ongle puissant ; les ongles sont recourbés, pointus, et très comprimés sur les côtés.
(1) Megalonyx, Less., Cent. Zool., pl. 66, ». 200, et Ilust, de Zool., pl. 60. Pteroptochos, Kittlitz. Hylactes, King. Leptonyx, Swainson,
HISTOIRE NATURELLE
Les trois espèces connues de ce genre habitent le sud de l'Amérique : on ignore quelles sont leurs mœurs.
{° Le MÉGALONYX BRUN (!)est le type du genre. C’est un oiseau des plus curieux, dont le principal caractère est d’avoir de grands ongles, d’où le nom de megalonyx. 1 habite l'extrémité méridionale de l'Amérique, au Chili. El doit appartenir à la famille des mégapodes ; et à sa queue et à sa taille près, il rappelle par la frme de son bec, celle de ses ailes, ses larses et la couleur de son plumage. le beau mépnure qui vit relégué dans la zone tempérée australe de la Nouvelle-Hollande. Toutes ses plumes sont bibarbulées, c’est-à dire que chaque barbe est elle-même frangée très finement par des barbules petites, molles, plus longues dans la partie duveteuse, et se raccourcissant et donnant à l’extrémité de chaque barbe un aspect capillacé. Le plumage, par conséquent, est au toucher d’une grande souplesse et très soyeux.
Le bec de cet oiseau est plus court que la tête, droit, conique , robuste. La mandibule supérieure est légèrement plus longue que l’inférieure, terminée en pointe obtuse, et munie d’une dent sur le côté. L'arête est droite à sa base, entamant les plumes du front, dilatée vers le milien où elle se renfle légèrement pour se courber. La mandibule inférieure est droite, mince , à branches séparées par un intervalle membraneux jusqu’au-delà du milieu. Sa face intérieure est légèrement renflée, et s’amincit en
. pointe aiguë. Ses côtés sont droits et ses bords lisses,
mai- recouverts par ceux de la supérieure qui sont arrondis ; la commissure est fendue jusque sous l’œil, et se teruine en s’obliquant vers en bas Le tour de l’œil est dénudé. Des cils allongés , roides, bordent les paupières; ils sont cylindriques à leur base et filiformes au sommet.
Les narines sont remarquables par leur conformation ; elles sont amples, creusées sur les côtés du bec dont elles occupent la moitié supérieure. Les plumes du front avancent sur leur portion basale, et quelques unes simulent des soies. Une plaque voütée, convexe, recouvre en entier la fosse nasale, et la narine consiste en une simple fente très étroite, très peu discernable, ouverte sous le bord inférieur de la voûte cornée. Cette singulière disposition a la plus grande analogie avec celle qu’on remarque chez les chionis, les attagis et les thinochores, et semble destinée à protéger le sens de l’odorat de certains oiseaux du sud de l’A mérique, que le climat ou leurs habitudes influenceroient défavorablement sans cette conformation.
Les ailes très courtes et la queue imparfaite du
(°) Megalonyx rufus , Less., Cent. Zool., pl. 66, p. 200.
DES OISEAUX
mégalonyx annoncent que cet oiseau vole très mal, tandis, au contraire , que les tarses d’une rare vigueur, terminés par des doigts robustes ct par des ongles disproportionnés avec la taille de loiseau, indiquent que sa marche est des plus rapides, car sa plante du pied calleuse et ses ongles usés par le bout témoignent de-sa fixité sur un sol ca Ilouteux et desséché. Les ailes ne vont point jusqu’au croupion ; elles sont très concaves, épaisses, et les rémiges secondaires sont aussi larges que les primaires. De ces dernières, la première est très courte, la deuxième moins longue que la troisième, celle - ci que la quatrième et la cinquième, les sixième, septième, huitième et neuvième sont égales et les plus longues ; toutes les secondaires sont égales et seulement un peu plus courtes que les primaires. La queue est médiocre, pointue, composée de dix rectrices foibles, arrondies au sommet, et successivement étagées, c’est-à-dire que les latérales sont les plus courtes.
Les tarses sont puissants, très gros proportionnellement à la taiile de l'oiseau, un peu plus longs que les doigts antérieurs. Ceux-ci sont presque égaux, robustes, et l’externe est fortement soudé au médian à la base. Le pouce est aussi très robuste, Des squamelles solides revêtent cireulairement le tarse et le dessus des doigts, tandis que la plante des pieds est très rugueuse.
Le tarse a de longueur dix-huit lignes; les doigts antérieurs, les ongles compris, quinze à seize lignes, et le pouce quatorze lignes ; mais les ongles, surtout celui du pouce (sept à huit lignes) sont très grands, très peu recourbés, très forts, comprimés sur les côtés, convexes en dessus, concaves en dessous, et à pointe usée. De cette longueur inusitée des ongles, nous nous sommes servis pour en faire le principal caractère du genre megalonyx, bien que ce nom ait déjà été donné à un mammifère fossile, dont la plupart des auteurs n’ont point adopté la désignation générique.
Le mégalonyx brun a près de neuf pouces de longueur totale. Son bec, long de huit lignes, et ses tarses sont noir mat; le dessus de la tête, du cou, le manteau, les ailes et les rectrices sont brun roux, uniforme, passant au roux ferrugineux sur le croupion et les couvertures supérieures de la queue; mais de nombreuses raies blanchâtres traversent le croupion, et sont dues à ce que les plumes abondantes de cette partie sont frangces de blanc à leur sommet.
Un sourcil blanc surmonte l'œil. Le milieu de la joue est brunâtre. Le menton est | lane, et cette couleur s'étend sur les côtés du cou, en formant deux épaisses moustaches. Le reste du cou, et devant comme sur les côtés et le haut de la poitrine, sont roux ferrugineux. Le ventre, les flancs et les cou-
vertures inférieures de la queue sont rayés de brunâtre, de blanchâtre , par zones égales et souvent en chevron.
Le mégalonyx doit avoir des hahitudes terrestres presque exclusives. Sa marche doit être rapide, et il doit gratter dans le sol pour y chercher sa nourriture. On ignore complétement quelles sont ses mœurs et son genre de vie. Il paroît habiter le sud du Chili, dans le pays des Araucans et des Puelches.
29 Le MÉGALONYX MOYEN (1) a huit pouces et demi de longueur totale, en y comprenant la queue pour deux pouces et demi. Le bec n’a que sept lignes et demie , et les tarses treize lignes. Le dessus de sa tête est rouge cannelle. Le derrière du cou et le manteau brun roussâtre uniforme. Le dos est brun roussâtre ; les plumes du croupion, épaisses et touffues , sont fauve ondé de noir. Les ailes sont de couleur cannelle; leurs couvertures ont quelques larmes fauves ou blanches, relevées d'un point noir. Les rémiges sont brunes en dedans et fauve vif sur leurs barbes externes. Un sourcil blanc surmonte l'œil. Un trait noir traverse la joue et va se perdre sur les côtés du cou. Le menton et le devant du cou sont blanes. Tout le dessous du corps est de teinte claire, passant du blanc sale au blanc lavé de jaunâtre , que relèvent sur les côtés du cou la poitrine, les flanes , le ventre et les couvertures inférieures de la queue des bariolures brunes, plus foncées en noir, et relevées de fauve doré sur le bas-ventre. Les rectrices sont uniformément cannelle et leur tige est noir lustré. Le bec, les tarses , les ongles compris, sont d’un noir mat.
Nous avons vu quatre à cinq individus de cette espèce, que M. Bégué, chirurgien de la marine, a rencontrée assez communément aux alentours de la ville de Valparaiso , au Chili.
3° Le MÉGALONYX ROUSSE GORGE (?), figuré par M. d’'Orbigny, est de la taille de notre mégalonyx moyen. Le front est gris bleuâtre. Le dessus de la tête, du dos, est roussâtre brunâtre. Un large plastron roux vif part du front, encadre les yeux; il est interrompu par une touffe de plumes grises qui couvrent le méat auditif, et se continue sur les côtés du cou jusqu’au haut du thorax. Les jugulaires et les flancs sont de ce même gris bleuâtre. Le bas-ventre est roux, ainsi que le croupion. Le milieu du
() Megalomix medius, Less., Ilust. de zool., p. 60, M. corpore cinnamomeo, colli parte posteriori et &orso brupneis,uropygio rufo et nigrescenti undulato, mento thoraceque albo lutescenti, abdomine atque lateratibus nigro lineatis, superciliari albo (Less., Journal de l’Institut, no 72: 27 septembre 183%: Hab. Valparaiso, in republicà Chiliorum. Megalonyæ albicollis, Orbigny. Pteropterkos alhico!lis, Kitliz, pl 3.
(2) Megalonyæx rufo-qularis, d'Orbigny (Voy., Ois., pl. 7,fig. 3 et 4, %e livre.) Pteroptochos rubecula, Kittiitz, pl. 2.
ventre est blanc pur, mais chaque plume est cerelée de brun. La queue est rousse ainsi que les ailes. Le bec et les tarses sont bruns. Le texte descriptif n'ayant pas encore paru, nous ignorons de quel point de l’Amérique méridionale provient cet oiseau.