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LES MOENURES OU PORTE-LYRES

Sont une des belles acquisitions que l’ornithologie ait faites, par la découverte de la Nouvelle-Hollande. La seule espèce connue, bien qu’à plumage sombre, porte une queue qui est l’image fidèle, dans les solitudes australes, de la lyre harmonieuse de l'Hellénie , et qui fait de l’être qui la possède un des plus rares er des plus beaux parmi les plus rares et les plus somptueux oiseaux.

Les caractères de ce genre sont : un bee médiocre, à base plus large que haute, droit, grêle, convexe, incliné à la pointe qui est échancrée, et garni de plumes sétacées à sa naissance, La mandibule inférieure est plus courte que la supérieure. Les narines sont ovalaires, grandes, médianes, et recon vertes d’une membrane. Les tarses sont longs, couverts de cinq à six grandes écailles annulées. Ils sont terminés par des doigts allongés, grêles, au nombre de quatre ; l’externe et le médian sont soudés jusqu’à la deuxième articulation ; les ongles qui les terminent sont longs, peu crochus, aussi larges qu’épais, convexes en dessus et obtus. Celui du pouce est le plus grand. Les ailes sont courtes, concaves, à cinq premières rémiges étagées, à sixième, septième, huitième et neuvième égales et les plus longues. Le mâle à quatorze rectrices diversiformes : la femelle n’en à que douze cunéiformes.

La place que le mœnure doit occuper dans les méthodes a été très débattue. M. Cuvier le rangeoit parmi les passereaux, et dit à ce sujet : « La taille » du mœnure la fait rapporter aux gallinacés ; mais » il appartient évidemment à l’ordre des passereaux, » par ses pieds à doigts séparés (excepté la première » articulation de l’externe et du moyen), par son bec » triangulaire à sa base, allongé, un peu comprimé » et échancré vers sa pointe ; les narines membra- » neuses y sont grandes, et en partie recouvertes » de plumes, comme dans les geais. On les distingue » à la grande queue du mâle, très remarquable par » les trois sortes de plumes qui la composent ; sa- » voir, les douze ordinaires très longues, à barbes » eflilées et très écartées ; deux de plus au milieu À » garnies d’un côté seulement de barbes serrées , et - » de deux extérieures courbées en S, ou comme les

(") Manura, Shaw, Latb, Megapodius, Wagler.

HISTOIRE NATURELLE

» branches d’une Iyre dont les baï bes internes, gran- » des et serrées, représentent un large ruban, et les » externes, très courtes, ne S'élargissent que vers » le bout. La femelle n’a que douze pennes de struc- » ture ordinaire. »

Le mœnure lyre a donc été rangé tan{ôt parmi les gallinacés, sous le nom de faisan lyre ou de faisan des bois, et tantôt à la suite des calaos et en avant des hoazins, ainsi que l’a fait M. Vieillot.

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