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LE MOENURE PORTE-LYRE

Vit presque exclusivement dans les forêts d'Eucalyptus et de Casuarinas, qui couvrent la chaîne des montagnes Bleues à la Nouvelle-Galles du Sud, et les ravins qui la coupent. Nommé faisan des bois par les colonistes, il chérit les cantons les plus rocailleux et les plus retirés. ET sort le soir et le matin, et reste paisible, perché sur les arbres, dans le milieu du jour. Nous restämes des heures entières à la chasse de cet oiseau que nous ne pûmes atteindre, car il devient de jour en jour plus rare.

Le n'âle a son plumage généralement gris, tirant au brun sur les parties supérieures, et au cendré sur les inférieures. La gorge, les couvertures supérieures et les pennes alaires sont toutefois de couleur rousse. Une petite huppe se fait remarquer sur la tête ; mais ce qui distingue ce sexe est la coupe des rectrices : dix d’entre elles sont gar ‘ies à leur origine d’un épais duvet, et portent de très longues barbes, presque dénuées de barbules, et éloignées les unes des autres dans toute leur étendue. Les intermédiaires n’ont de barbes que d’un côté.Celles ci sont courtes, serrées, excepté à leurextrémité , où elles s’écartent et sont privées de harbules. Ces deux pennes sont les plus longues de toutes, et se rencontrent en arc à leur extrémité. Les deux latérales ont, lorsqu’elles sont relevées, la convexité de leur extrémité du côté opposé à celles des précédentes. Leurs barbes sont courtes à l’extérieur, longues à l’intérieur, d’un gris brun en dessus, blanches en dessous, serrées depuis la tige jusqu’au tiers de leur longueur; ensuite moins pressées , et finissent par s'éloigner les unes des autres. Alors leur couleur se mélange de brun foncé, de brun roussâtre, dont une partie affecte la transparence du cristal. Seize bandes larges et alternatives indiquent ces deux teintes. Enfin ces plumes sont terminées de noir velouté, frangé de blanc. L'iris est couleur de noisette, les orbites sont nus; les pieds noirs. Le mœnure a trente-sept à trente-

() Maæœnura Novæ-Wollandiæ, Lath. FI. lyra, Shaw, Mise , pl. 577. Le mœnure Parkinson, Vieill., Ois. dorés, pl 14ct 145. Gal., pl. 499, p. 323. Lesson , Atlas, pl 88 (ALlas, pl, 12).

DES OISEAUX

huit pouces de longueur, dont quinze du bec à l’origine de la queue.

La femelle diffère du mâle en ce qu’elle est un peu plus petite, et en ce que sa queue n’esi composée que de douze pennes, toutes semblables et analogues à celle des autres oiseaux, c’est-à-dire à barhes égales sur le rachis. Les plumes de la tête sont plus courtes, et son plumage est généralement d’un brun sale foncé, à l'exception du ventre qui est cendré. Les plus longues des rectrices ont dix-sept pouces, tandis que les plus externes n’en ont que dix. Toutes sont étagées. Les jeunes mâles ne diffèrent pas des femelles la première année.

LES YACOUS.

Penelope. LaTn.

La plupart des auteurs ont adopté pour le nom françois du genre penelope le mot marail. Cependant celui de yacou, que lui donne Buffon en changeant un peu la dénomination de yacuhu, consacrée par les travaux d’ornithologie de d’Azara, mérite la préférence comme s'appliquant à plusieurs espèces. Il à d’ailleurs été adopté par M. Vicillot dans le Nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle. Les vacous sont indifféremment nommés qguans, marails ou marayes, jacous, jac, jacu, ja uhu et yacuhu ; ils formoient pour Merrem les genres penel: pe et ortalida, que Linné, Latham Temmincek, Vieillot, réunirent en un seul, et que M. Cuvier a séparés de nouveau : toutefois les caractères qui distinguent les marails, penelope, des parraquas, ortalida, ne tiennent qu’à quelques particularités d'organisation, et nous mentionnerons ici ces deux genres à la suite l'un de l’autre.

Les yacous appartiennent à la cinquième classe, Gallinæ, du Systema nature ; au vingt-unième ordre de M. de Eacépède ; aux rasores gall nacei d'Illiger; aux gallinacis alectrides de M. Duméril; au quatrième ordre du Règne animal de M. Cuvier ; aux sylvains tétradactyles, famille des alectrides, de M. Vieillot ; au dixième ordre de M. Temminck, aux passerigalles alectrides de M. Latreille, aux gallinacés cracidés de M. Vigors et de notre Manuel.

Les caractères du genre pénélope sont : le bec médiocre, nu à la base, entier, convexe en dessus, plus large que haut, presque dr it, fléchi à la pointe ; lorum et base du bec nus ; une peau nue sous la gorge, susceptible de se renfler; narines percées dans la cire vers le milieu du bee, à demi fermées ; tarse grêle, plus long que le doigt intermédiaire ; cinquième et sixième rémiges les plus longues ; on-

gles courbés, forts, comprimés, pointus ; queue composée de douze rectrices.

Les pénélopes sont des oiseaux essentiellement américains et confinés dans les régions inter-tropicales et tempérées, où ils ne dépassent point au sud le Paraguay. Leurs mœurs sont peu connues ; toutes les espèces se ressemblent par les teintes du plumage, au point qu’il est nécessaire d'employer une minutieuse comparaison pour les distinguer. Ces oiseaux sont monogames, ou du moins vivent en petites familles, et tiennent des gallinacés par toutes leurs habitudes et les formes corporelles ; cependant ils en diffèrent par une particularité assez remarquable, qui est d’avoir le pouce placé au niveau des doigts antérieurs, tandis que toutes les autres espèces de gallinacés sans distinction ont ce doigt plus élevé que les autres. On dit aussi, et c’est M. Vieillot qui rapporte ce fait, que les yacous boivent à la manière des pigeons.

D'Azara est le seul ornithologiste qui ait donné des détails assez précis sur les mœurs et sur les habitudes de ces oiseaux. [l rapporte que les yacous ont un vol bas, l'orizontal, et de peu de durée : c'est aussi Ce que nous avons eu occasion de reconnoitre dans les forêts des environs de Sainte-Catherine, au Brésil. [ls se perchent sur les branches les plus basses, se tiennent dans les brousvailles, et lorsqu'ils marchent ils s’aident de leurs ailes, ce qui accélère singulièrement leurs mouvements. Comme les ménures, avec lesquels ils ont ce point d’analogie, ils se cachent pendant le jour dans les arbres les plus touffus, et sortent de préférence le soir et le matin; C’est à cette époque de la journée qu’ils se rendent sur la lisière des bois, sans jamais s’envoler dans les lieux découverts. Leur nourriture consiste en grains, en bourgeons, en fruits, en pousses d'herbes. Leur cri imite la syllabe po, articulée d’une manière aiguë, mais basse, sans ouvrir le bec, et comme par les narines ; ils portent la queue un peu baissée et ouverte, et lorsqu'ils marchent elle s’élargit un peu à chaque mouvement. La femelle pond un petit nombre d'œufs, et rarement la ponte est de plus de huit. Leur manière de boire consiste à prendre une gorgée d’eau dans la mandibule inférieure, et à lever la tête absolument à la manière des poules ; ils dorment appuyés sur leurs jambes pliées, et la tête sur la poitrine; ils construisent leurs nids avec des büchettes , et le placent sur un arbre touffu. Ces oiseaux peuvent aisément être élevés en domesticité ; ils se nourrissent de maïs et de blé, mais on dit que les grains de riz sont rejetés sans avoir été nullement élaborés par la digestion. Leur chair est délicieuse, et seroit une précieuse acquisition pour nos cuisines. Leur queue longue, arrondie et étagée, leurs ailes courtes et arrondies, leur cou svelte, rappellent les formes générales des

faisans, dont ils sont les représentants dans le Nouveau Monde.

\ Jer VRAIS PÉNÉLOPES.

Le caractère particulier des pénélopes est d’avoir le tour des yeux et une partie de la gorge nus. On en connoît cinq espèces, qui sont : les penelo es cri-tala, marail, obscura, superciliaris, pipile et aburri.

LE PÉNELOPE GUAN.

Penelope cristata. LarTu.(t).

Le guan mâle à la huppe et le corps d’un vert roussâtre , brillant de cuivre de Rosette; le croupion et l’abdomen châtains; le cou et la poitrine tachetés de blanc; la région temporale nue et de couleur violâtre ; la george et la membrane longitudinale rouges et poilues. La femelle n’a presque pas de huppe ; le bec est fauve ; les iris orangés, et les pieds rouges. |

Cet oiseau a de vingt-huit à trente pouces, et se trouve dans presque toute l'Amérique méridionale entre les tropiques.

Cet oiseau est nommé yacou par rapport à son cri, qui exprime parfaitement bien ces deux syllabes; ses habitudes sont douces et timides, et on peut l’apprivoiser aisément Il se perche sur les arbres les plus élevés des forêts , et lorsqu'on le conserve en domesticité, c’est toujours sur le faîte des maisons qu'on le voit se tenir de préférence. On le trouve au Brésil, à la Guyane, au Mexique, et Île plus souvent dans l’intérieur des terres. Sa chair est délicieuse.

EE —

LE YACOU MARAIL.

Penelope Marail. Gu. Lau. (?).

Le marail mâle a vingt-trois ou vingt-quatre pouces de longueur totale, Sa huppe et le plumage

() Meleagris cristata, L. Gallopavo brasiliensis, Brisson. Le yacou, Buffon. Dindon du Brésil, Encyclop., pl. 84, fig. 2. quan ou quan, Edw , gl.13. Penelope quan, Temm.,t HE, p. 46 et 692. Iacupema, Mareg.; Vieillot, Nouv. Dictionn., t XXXVI, p. 337.

(2) Temm., Gall., 1. HE, p. 56. Faisan verdätre de Cayenne, enl. 338. Le marail, Butfon. Maraye, Bajon Phasianus cinereus cervice sanguine&, Barrère, Fr. Equinox. Vieillot, Dictionn.,t. XXXVE, p. 338. Jacupemba des Brésiliens, Wied, t. K, p. 98.

HISTOIRE NATURELLE

du corps sont d’un vert très foncé, brillant de teintes de cuivre de Rosette; les faces orbitaire et temporale sont nus et d’un rouge pâle; la gorge et la membrane longitudinale sont de couleur rouge et poilues ; le cou et la poitrine sont tachetés de blanc; la huppe de la femelle est à peine prononcée ; le bec est fauve et les pieds sont rouges.

Plusieurs auteurs ont confondu le maraïil avec le guan ; il s’en éloigne toutefois par un grand nombre de caractères. Sa queue est longue et étagée . et s’étale lorsque l'oiseau vole ; les ailes au contraire sont courtes, concaves et arrondies ; aussi son vol est-il bruyant, embar assé et peu étendu. La femelle fait son nid sur les arbres, et y pond de deux à cinq œufs. Les marails ont des mœurs douces et paisibles, se réunissent le plus souvent par paires, et parfois en petit-s troupes, qui cherchent pour leur nourriture les fruits sauvages. La trachée-artère parvenue au bord pharyngien du sternnm se recourbe sur cet os pour former une anse recouverte par la peau seulement, et se divise en deux branches.

De cette conformation de la trachée-artère il résulte que le marail fait entendre un cri rauque, surtout au lever du soleil, et que le mot ma-raye rend assez bien. Dans le jour ces oiseaux se tiennent perchés sur les arbres dans les bois les plus isolés de la Guyane. Les créoles estiment beaucoup sa chair, qui est très délicate : pris jeune, on peut facilement le conserver en domesticité.

LE PÉNÉLOPE YACUHU.

Penelope ob:cura. TILL. (').

Le vacuhu, qui vit au Paraguay, a de longueur totale vingt-huit pouces, et la queue à elle seule en a onze. Sa tête est sans huppe; l’occiput et le cou sont teints de noir en dessus; le devant du cou, le dos et les ailes sont noirâtres et tachetés de blanc; le cronpion, le ventre et les flancs sont marron; la queue et les rémiges sont brunes; le bec est noir, les iris sont rouges, les pieds fauves, la région oculaire noire, la gorge et la membrane longitudinale rouges. Le mâle et la femelle ne diffèrent point entre eux.

Cet oiseau a été décrit par M. d’Azara comme appartenant au Paraguay; son nom guaranis signifie yacou à cou voir. Sur les rivages du fleuve de la Plata, on Pappelle pabo di monte, ou dindon de montagnes ; cependant il se tient de préférence dans le voisinage des rivières et des lacs. Son cri imite assez bien la syllabe yac ou le mot yacu.

(") Temm., Gall., t. HE, p. 68 et 693. L'yacuhu, d'A: i Zara, It. Vieillot, t. XXXVI, p. 343.

DES OISEAUX. 263

Cet oiseau ne diffère que légèrement des pénélopes guans et marails.

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