EEE LE PÉNÉLOPE SIFFLEUR
Penelope pipile. Lara. (?).
Le siMleur, aussi nommé pipile par Jacquin, de Pipilatio, gloussement, à cause de son cri, a près de vingt-sept pouces de longueur. Son bec est noir; la peau nue des joues bleue, les tempes blanches, et les pieds d’un beau rouge ; une hujÿpe blanchâtre surmonte la tête: le plumage du corps est en entier d’un noir violâtre; le cou et la poitrine sont ponctués de blanc, et les mêmes taches se reproduisent sur les couvertures ; la membrane de la gorge est bleue et poilue , et toutes les rémiges sont tronquées à leur sommet.
Ce pénélope n’est pas rare dans la Guyane, et surtout dans les lieux humides qui avoisinent les grands fleuves. On le retrouve au Brésil, mais avec un plumage beaucoup plus foncé en couleur, et avec des reflets plus vifs de cuivre de Rosette. Cette variété bien distincte n a aussi autour de l'œil qu'un cercle nu, étroit. On doit aussi rapporter au pipile le yacu-apéti des gourranis du Paraguay décrit
(9) Temm., Gallina., t. IX, p. 72 et 693. Vieillot Dictionnaire, t XXXVI, p. 341.
() Temminck, Gallina., t 1, nage 76 et 694. Hocco de Cumana, Bonn. Encycl., pl. 86 fig 2 et3. Crax pipile et crax cumanensis , Jacq., pl. 10 et 11. Yacou, Bajon. Penelope leucoptera, L. Le yacutinga au Brésil, Wied, It, t, IL, p. 15,
par d'Azara. Le nom d’yacou-apéti signifie yacow & taches blanches : on lui donne encore ceux de yucou-, ara et d’yacou-linga; mais tout porte à croire que cet apéli est une espèce distincte caractérisée par ses jambes plus courtes et son bec plus long. L’apéti habite les forêts éloignées des établissements européens, par les 24° à 25° degré de latitude sud, et se réunit par paires où marche en petites troupes, dont le cri peut être rendu par la syllabe pi.
EEE LE PÉNÉLOPE ABURRE.
Penelope aburri. Goupor.
Cet oiseau a été décrit par M. Goudot de la manière suivante :
«L'aburri a de longueur totale deux pieds trois pouces {la queue seule a dix pouces ); le bec est noir brun à la pointe de la mandibule supérieure, qui a un pouce cinq lignes de long; à sa commissure il a huit lignes de large ; la cire est d’un beau bleu de ciel, Piris est gris foncé, la prunelle noire ; l’espace entre l'œil et le bec est couvert de petites plumes serrées noires. Tout le plumage est d’un vert très foncé, à reflets bronzés, à l’exception des plumes des joues et du dessous du bec, qui sont noires ; les plumes acuminées du dessus de la tête sont longues d'un pouce quatre lignes, larges de deux lignes et demie, et obtuses à leur extrémité : l'oiseau les relève en huppe lorsqu'il est agité : les ailes et la queue sont noires en dessous ; les trois rémiges extérieures de chaque aile ont sur une étendue de deux pouces et demi les barbes intérieures de leur extrémité très petites, ce qui leur donne la même forme subulée que M. Temminck avoit déjà observée sur le penelope pipile de Latham ; la quatrième rémige offre aussi ce rétrécissement des barbes intérieures de son extrémité, mais il est moins étroit et seuleme t sur une longueur d’un pouce ; la qneuc est arrondie, ses larges pennes offrent cette mème disposition à leur extrémité. La peau nue du bas de la gorge est peu étendue; elle est semée de quelques petites plumes noires qui la rendent moins apparente que dans les autres espèces ‘e ce genre: elle est jaunâtre , et porte à sa partie inférieure un appendice charnu, pendant, long d’un pouce et demi environ, et de la grosseur d’un tuyau de plume ; sa couleur est d’un blare jaunâtre sur sa longueur; son extrémité est rougeûtre ; il est parsemé de huit ou dix petites plumes linéaires, noires; les plumes du bas-ventre sont brunes ; les tarses, les doigts et la membrane q i les unit sont d’un beau jaune citron; les ongles sont bruns, le tarse est nu; il a deux pouces cinq lignes ; le doigt du milieu a deux pou-
ces sept lignes avec l’ongle (l’ongle seul a six lignes ).
« Cette espèce, bien différente des six ou sept déjà mentionnées par les ornithologistes, semble se rapprocher du pinelope pipile de Latham par la forme de son bec, la couleur de sa cire, la coupe subulée des trois pennes externes alaires, comme aussi par la conformation de sa trachée-artère ; mais elle en diffère suflisamment par la membrane nue du bas de la gorge, par l’appendice particulier qu’elle porte, et qu'aucune espèce de ce genre ne présente, la couleur des pieds et la teinte du plumage ; sa taille est aussi plus forte. J'ajouterois l'habitation comme caractère différentiel ; en effet. le pénélope pipile ne se trouve que dans les grandes forêts de l’Orénoque ,'à la Guyane et au Brésil, c’est-à-dire dans les plaines sous l'équateur. Le pénélope ‘burri au contraire paroît propre aux montagnes de la Nouvelle-Grenade, et habite les régions tempérées et froides : son espèce est inconnue dans les grandes vallées chaudes et le long des fleuves, où il est tres rare de la rencontrer.
» Dans les environs de la ville de Muzo (célèbre par sa mine d’émeraudes}, on connoit cet oiseau sous le nom de pavo-ô-quali. Les habitants des environs de Bogota et de la vallée du Cauca le désignent sous celui de pava burri, ou mieux aburri aburrida, ce qui, lorsque la prononciation en est lente, exprime assez bien son cri.
» Le mâle ne diflère point de la femelle; ceux que j'ai ouverts m'ont offert deux cæcums analogues à ceux des penclope paraïoua el pavita (superciliaris ?). La tracuée-artère descendot sans aucun repli jusqu’au poumon; il n’y avoit point de gravier dans le gésier, dont les parois étoient minces et presque entièrement recouvertes par les muscles propres.
» Cette espèce vit solitaire, se perche sur les grands arbres, vole peu, et se laisse facilement approcher à la portée du fusil’: je ne l’ai jamais vue à terre. Les fruits des lauriers, des ardisiacées, des aralies, composent sa nourriture; son nid est formé d’un amas de feuilles sèches déposées entre les fourches des arbres; la ponte est de trois œufs blancs d’un pouce huit lignes de diamètre ; la femelle les couve. Ces oiseaux sont très communs dans les montagnes du Quindiu, entre Ilague et Carthago ; leurs chants sont les derniers qui se font entendre lorsque la nuit arrive; ce sont aussi les premiers qui annoncent l’aube du jour. »
HISTOIRE NATURELLE
SIL LES PARRAKOUAS.
Ortalida. MERREM.
M. Cuvier à adopté le démembrement des parrakouas du genre pénélope, dont ils ne diffèrent que parce que la tête est complétement emplumée, et qu'il n’y à pas de nu autour des yeux.
Le type de ce petit sous-genre est le parakoua de l’enluminure 446, et nous y ajoutons deux espèces nouvelles de la Cclombie.
LE PARRAKOUA.
Ortalida purrakua (1).
Le parrakoua a, pour phrase spécifique et distinciive, les caractères suivants : huppe rousse; plumage fauve olivâtre en dessus, ‘endré olivâtre en dessous ; la région temporale nue, pourprée ; deux lignes nues partant de la mandibule inférieure et de couleur rouge; gorge berbue; rectrices latérales termicées de roux ; bee cendré, pieds rougeûtres, iris fauve.
Le parrakoua est le plus petit des pénélopes, et a sous la gorge une petite bandelette de peau nue et rouge que sépare une ligne de poils. Son nom lui vient des syllabes qu’il articule par son cri. Ce qui le distingue des pénélopes est de ne point avoir de membrane lâche et flottante sous la gorge, mais seulement deux bandelettes étroites et peu apparentes. Ce qui le caractérise aussi est sa trachée-artère recourbée sur toute la surface du sternum, qui est longue de quinze pouces et quelques lignes. On dit que le parrakoua habite les forêts des côtes, et rarement l’intérieur des pays où on le trouve. Suivant les auteurs, il seroit répandu au Brésil, au Paraguay et à la Guyane: il est probable cependant que le ca raguala de M. d’Azara en forme une variété distincte. Cet oiseau, suivant l’auteur espagnol , auroit viugt-denx pouces de longueur totale; le bec et les tarses blanchâtres ; l'œil entouré d’une peau d’un rouge sanguin s'étendant jusqu’au bec; la tête et la moitié du cou d’un gris de plomb; le reste du
() Phasianus momot, L. Phasianus quianensis, Briss. Phasianius parrarua, Gmel. Phasianus garrulus, Humboldt, Obs. zool. Faisan de la Guyane, Buffon, enl. 146 Lecatracaparaka,Barrère, 140. Hannequaw, Bancroft, Yacu carraguata, d’Azara, Voy. : penelope parraqua, Soun.Termm., t. HL,p. 85 et696. Vieillot Dictionn., t. XXXVI, p. 340. AracuanauBrésil, Wied, IE... A, p. 47, et t, IN, p. 374,
DES OISEAUX
dessus du cou, le manteau et les couvertures supérieures des ailes d’un brun noirâtre avec des teintes vertes; la poitrine et le dessous du corps variés de brun et de blanc; le dos et le croupion châtains; les rec rices presque noires , excepté les deux externes qui sont bordées de rougeûtre.
Les parrakouas, comme presque toutes les espèces de pénélopes, varient beaucoup par lesnuances de leur plumage ; leur étude est loin d’être dégagée d’un grand nombre d’erreurs, quoique M. Temminck soit parvenu à grouper les faits les plus constants dont elle se compose. Le phasianus garrulus de M. de Humboldt paroit être le parrakoua dans son plumage complet, et dont les plumes du ventre sont d’un blanc pur au lieu d’être mélangées de brun.
Cet oiseau a la voix forte, rauque et désagréable ; il vit de fruits et de graines sauvages, court dans les broussailles avec vitesse, et, comme les pénélopes, peut s’apprivoiser aisément.
LE PARAKOUA DE GOUDOT, Ortalida Goudotii (1).
M. Justin Goudot, naturaliste à Santa-Fé de Bogota, nous a adressé la description de cette espèce en ces termes :
« On trouve encore dans les mêmes lieux que le penelope aburri un autre penelope que les habitants appellent pava, et qui me paroît devoir être remarqué par le manque de nudité du dessous de sa gorge. Sa longueur totale est de vingt-trois pouces (la queue seule a neuf pouces); les pattes sont rouges; les tarses ont deux pouces cinq lignes; le doigt du milieu deux pouces quatre lignes (l’ongle seul cinq lignes et demie).
» Le bec est noirâtre, brun à sa pointe ; la mandibule supérieure porte un pouce cinq lignes; la cire et la membrane nue du tour des yeux sont bleues; tout le plumage supérieur est brun à reflets vert foncé (ou mieux d’un verdâtre très foncé) ; les plumes de la gorge sont grises ; le bas du cou, le ventre et le bas-ventre, ainsi que les cuisses, sont couverts de plumes rousses : on ne remarque point de huppe à cette espèce, ni aucune nudité sous la gorge; la trachée-artère dans les deux sexes n’offre aucun repli.
» Cette espèce, que l’on observe dans les montagnes du Quindiu, se trouve dans les lieux fréquentés par les pavas aburridus; on ne la rencontre jamais ailleurs. »
() Lesson, Man. d'Ornith., t. H, p. 217.
IT
LE PARRAKOUA MAILLE.
Ortalida squamata. L.
Cette espèce nouvelle est d’un tiers plus grande que le catruca ; elle a, comme lui, le tour des yeux nu et deux bandelettes de peau dénudée sur la gorge, séparées par une ligne de poils noirs : une sorte de petite huppe peu apparente couvre l’occiput ; la gorge, la tête, les joues et le haut du cou sont de couleur marron; le dos et les ailes sont d’un gris fauve; les plumes de la poitrine sont squameuses, c’est-à-dire taillées en rond, brunes à leur centre et bordées de gris cendré clair; le ventre et les flancs sont de cette dernière couleur ; la queue est longue, étagée, arrondie à son extrémité et de couleur rousse; les tarses sont plombés et le bec est noirâtre, marqué de blanchâtre : cet oiseau est de l'Amérique méridionale.
Gmelin avoit rangé, avec assez Ge fondement, parmi les pénélopes loiseau nommé napaul, ou faisan cornu des Indes, dont Latham avoit fait son
meleagrès satyra, et que MM. Temminck et Vieil-
lot ont placé parmi les faisans. Le napaul , dans les galeries du Muséum, a encore été rangé au milieu des pérélopes ; mais, ainsi que nous croyons l’avoir prouvé (p. 425), cet oiseau doit servir de type à un genre voisin des cogs, et M. Cuvier partage cette opinion.
Depuis, M. Wagler a publié une révision des oiseaux de ce genre (Isis, 1859, cah. XIE, p. 1109), et il admet un grand nombre d’espèces.
LES HOAZINS OU SASAS().
Semblent être placés sur la limite des pénélopes, des tauracos et des pigeons. La seule espèce est le SASA ou HOAZIN décrit par Buffon, et figuré pl. 577, sous le nom de faisan huppé de Cayenne (?).
LES MÉSITES ().
Paroissent devoir former un type curieux par leurs divers points d’analogie avec plusieurs genres d'oiseaux; car l’auteur qui le premier les a fait con-
(1) Opisthocomus,Hoffm. Orthocoris, puis sasa, Vieill Pkhasianus, L.
(2) Opisthocomus cristatus, Vieill., Gal., pl. 193 p. 326.
() Mesites, Isid.-Geoffroy Saint-Hilaire. Ac. des sc. (9 avril 1838).
noître les dit analogues par les pattes aux pigeons, par les ailes à la plupart des gallinacés ordinaires, et par la forme caractéristique du bec et la coupe des narines aux héliornes ôu grébifoulques. De ces analogies découle le nom de mésite, qui rappelle les rapports mixtes et le rang transitorial que espèce type devra occuper entre plusieurs genres d'oiseaux fort disparates.
LA MÉSITE VARIÉE (1).
Elle est la seule espèce du genre qui vit à Madagascar , où l’a découverte M. le chirurgien de la marine Bernier, et rappelle par son port la plupart des pigeons, mais surtout les collombi-gallines à cause de l'élévation notable des tarses. C’est surtout à la colombi-galline poignardée qu’elle ressemble le plus par les formes, bien que sa taille soit un peu inférieure. Les tarses sont assez analogues par Ja longueur, bien qu’un peu plus grêles et à plaques tibiales plus larges. Les doigts sont taillés sur le même modéle , et comme aux autres passereaux,
c’est l’interne qui est le plus long. La queue, for-
mée de douze pennes, longues et très larges, dont les externes sont plus courtes, a la forme large et arrondie des colombi-gallines. Les ailes ont une grande ressemblance avec la coupe de celles des pénélopes et des parraquas. Comme chez ces derniers l’extrémité des ailes dépasse à peine l'origine de la queue. Les cinquième, sixième et septième rémiges sont égales entre elles et plus longues que toutes les autres. Quant au bec, il ressemble singulièrement à celui de lhéliorne du Sénégal, et comme chez ce dernier les narines s’ouvrent en fentes longitudinales presque linéaires , et se trouvent placées à quelque distance de la base du bec et assez rapprochées de la commissure , à laquelle elles sont presque parallèles. Les couleurs de la tête ont aussi de l’analogie avec celles qui colorent les plimes de ces parties chez lhéliorne. Mais l’œil de la mésite est entouré d’une peau nue, tandis que cet organe a son pourtour emplumé chez l’héliorne sénégalien.
Les caractères zoologiques fort curieux de ce nouveau genre sont donc les suivants : le bec est presque aussi long que le reste de la tête. IL est
(1) Mesites variega, ibid. taille, 0 m., 297,
HISTOIRE NATURELLE
presque droit, et comprimé. La mandibule supérieure est sans aucune trace de crochet ni d’échancrure, et sa pointe terminale est mousse L'inférieure présente en dessous un angle au point de jonction avec ses deux branches. De chaque côté de la mandibule supérieure, un espace membraneux commence à peu de distance de la base du bec, et se prolonge jusqu’au milieu de sa longueur. Au dessous de la partie antérieure de cet espace, très près de la commissure du bec, et parallèlement à elle, est une ouverture linéaire ou la narine. La jambe est emplumée dans la presque totalité de sa longueur, mais elle est nue et écailleuse sur une très petite étendue, immédiatement au-dessus de l’articulation tibio-tarsienne. Les tarses sont médiocres, écussonnés, terminés par quatre doigts non réunis à leur base par des membranes interdigitales, mais seulement bordés près de leur origine. Le doigt médian est plus long que les latéraux, et parmi ceux-ci linterne est un peu plus long que l'externe. Celuici est uni au médian à sa base, mais sur une très foible portion. Le pouce est presque égal en longueur au doigt antérieur interne. Les ongles sont assez petits, comprimés , très peu recourbés. La queue est formée de douze rectrices très larges et longues, parmi lesquelles les externes sont un peu plus courtes. Les couvertures c :udales sont fort développées. Les ailes sont courtes, subobtuses, et dépassent à peine l’origine de la queue. La première rémige est extrêmement brève, la seconde très courte encore, mais les cinquième , sixième et septième sont égales et les plus longues de toutes. Le plumage est de sa nature mou, les pennes sont peu résistantes, à barbes lâches, foiblement adhérentes, et les plumes du corps, fort longues, se trouvent être très molles et désunies sur leurs tiges grêles et souples.
La mésite variée a le dessus de la tête et du corps, les ailes et la queue d’un roux feuille morte ; le ventre est roux, avec des raies irrégulières noires. Elle porte un plastron jaune clair, avec des taches elliptiques noires placées dans le sens transversal. La gorge est blanche ; les côtés de la tête et du cou sont marqués pir une raie jauae clair qui passe immédiatement au-dessus de l’œil. Au-dessous de eet organe est un espace nu qui le déborde en avant comme en arrière ; plus bas encore se dessine une bande irrégulière jaune, et puis entin une tache noire qui sépare celle-ci à la gorge.
À \ fl Re 1 ) si in
) / CS / CLS € 22 FC c CTAMLCALTIEC 2 7 ATCUCOU LC FPE
Luble ‘par Pourrat À a Paru
DES OISEAUX. 267