‹ Compléments de BuffonChapitre 95 sur 667 · LIVRE VIEIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIEIL

LES MUSOPHAGÉES.

La plupart des auteurs n’admettent qu’un seul genre dans la famille des musophagées; M. Temminck, entre autres, là caractérise ainsi qu’il suit : Bec court, fort. large, à arête élevée, souvent très haute, toujours arquée, échancrée à la pointe ; extrémité de là mandibule inférieure formant un angle; nariues basales près de l’arête du bec, fermées en partie par la substance cornée, souvent couvertes et cachées par les plumes du front; pieds robustes ; tarses de la longueur du doigt du milieu ; les latéraux égaux, l'extérieur reversible, tous entourés d’un rudiment qui unit trois doigts à leur base, les quatrième et cinquième rémiges les plus longues.

La place des musophages n’est point encore fixée : M. Cuvier les a rangés à la suite des grimpeurs, tout en les regardant comme des oiseaux qui seroient plus convenablement classés avec les gallinacés et près des hoccos. M. Temminck n’a point isolé son genre Mu ophaga des oiseaux zygodactyles, et il l’a laissé avant les indicateurs et les autres coucous. M. Vieillot ne s’est pas beaucoup éloigné de celte classification en le maintenant dans sa septième famille, frugivores, de la première tribu des zigodactyles, de son deuxième ordre des sylvains. M. de Blainville ayant eu occasion de disséquer un {ouraco Pauline, mort à Paris, a publié, dans le cahier de mars 4826, du Bulletin de la Société philomatique, une description anatomique, par laquelle il établit des points de comparaison de ces oiseaux avec Îles gal inacés, les pigeons, et dans lequel il conclut à leur éloignement de ces genres et à leur maintien parmi les grimpeurs.

Ces oiseaux vivent de fruits, surtout de ceux du bananie ou ms : ; ils se perchent sur les arbres des régions les plus chaudes de l'Afrique.

LES TOURACOS().

Sont , dit Levaillant, qui le premier les a le mieux fait connoître, des oiseaux qui volent d'une manière lourde, en battant des ailes, et qui se reposent à des

{) Corythaix, llig., Cuv. Opæthus, Vieill, Cuculus, L.

distances très rapprochées , en sautant de branches en branches avec une grande agilité. Leur nourriture consiste principalement en fruits, et les femelles nichent dans les trous d'arbres. Les mâle et femelle restent appariés, et couvent alternativement leurs petits.

Buffon a connu, 4° le rourÂco Lori(!), qui est représenté enlumin. 691, qui vit au cap de Bonne- Espérance, et qu’il nomme coucou huppé vert de Guinée.

2° Le TOURACO À DOS POURPRE (?), du midi de l’Afrique, a le manteau et le dessous du corps vert pré doré; les ailes et la queue d’un riche bleu violet ; le bas-venire et le croupion pourprés, les rémiges rouges en dessus et marron en dessous. Sa huppe forme sur la tête une touffe relevée en houppe et inclinée sur l’occiput. Les plumes très effilées qui la composent n’ont pas de frange blanche comme celles de la huppe du lori; le bec est rouge et les pieds sont noirs.

Selon Buffon, ce touraco se trouvoit au cap dé Bonne Espérance ; mais Levaillant dit ne l'avoir pas renconiré.

5° Le TOURACO PAULINE 3) a été vu vivant à Paris à diverses fois. M. Vieillot décrivit et fit peindre le premier l'individu qui a été conservé en vie dans la capitale, et que possédoit madame Pauline de Ranchoup. Après la mort de cet oiseau, sa dépouille a été déposée dans la galerie du baron Laugier de Chartrouse. Telle est la description de l’ornithologiste françois : « La huppe, dont quelques plumes sont terminées de blanc, est rouge, et présente la même forme que celle du touraco lori, c’est-à-dire qu'elle est composée d’un grand nombre de plumes eflilées et très déliées, qui s'élèvent de chaque côté, s'appliquent les unes contre les autres, et se réunissant à leur sommet pour former une sorte de crête qui imite un casque antique, Ce casque s'étend jusque sur le baut du cou, dont les plumes présen-

(9) Corythaix persa, Vicill. Cuculus persa, L.

() Corythaix purpureus, Cuv. Opœthus Buffoni, Vieill. Encyel. EH, 1297. Levaill., pl 17.

(6) Opœthus erythrolophus, Vieili., Gall, pl. 94. Nouv. Diet. d'hist, pat., t. If, p. 308. Encycl., t, IN, p, 1290. Musophaga paulina, Temm., pl. 23,

tent les mêmes formes et prennent la même direc tion que celles de la tête et de la nuque. Les plumes qui recouvrent les narines, le cou en entier, le dos, les couvertures supérieures et les pennes secondaires des ailes, les plames du dessus de la queue, ses pennes, la gorge et la poitrine, sont d’une couleur de cuivre très lisse et lustrée. Le ventre, d’un vert de cuivre un peu terne, a des reflets vert bleuâtre. Les pennes primaires et les intermédiaires sont d'un beau rouge en dehors et d’un rouge très clair en dedans. Une grande plaque blanche entoure l’œil, s’étend d’un ceôlé jusqu'au bec, de l’autre jusqu'aux sourcils, et remonte sur le front, où elle prend une lésère teinte rouge. L’œil est grand, rougeûtre et très brillant. On remarque des pelits points pourprés sur les paupières. La queue est arrondie à son extrémité.

Ce touraco habite la Sénégambie.

4° Le rouraco Gris(!) est une espèce fort commune au Sénégal, et qui n’a ni la grâce ni la beauté de plumage des espèces précédentes. Les plumes de l’occiput et de la partie supérieure du cou sont longues et étroites, et présentent la forme d’une huppe iombante sur la nuque. Le dessus de ia tête, le cou, le dos et le croupion sont bruns. Les plumes du bas du cou ont leurs bords d’un gr s blanc, et celles du dos d’un gris cendré. Les pennes des ailes présentent le même fond de couleur, et leur bordure extérieure est ardoisée, de même que leurs couvertures supérieures. La gorge, la poitrine, le ventre, les jambes et les couvertures inférieures de la queue sont blancs, avec un trait longitudinal brun sur le milieu de chaque plume, dont les bords sont gris cendré. La queue est semblable aux ailes.

LES MUSOPHAGES (©).

Réssemblent aux touracos, dont ils ont les mœurs, es habitudes, et les mêmes lieux pour patrie. Leur bee est robuste, conique, comprimé sur les côtés vers la pointe, à arête élargie vers la base, s’avançcant sous forme de disque sur le front; les mandibules sont dentelées sur les bords; les narines, de forme ovalaire, sont ouvertes, basales ou médianes ; le tour des yeux est nu. Les tarses sont garnis de scutelles en avant, et sont réticulés en arrière. Les ailes courtes ont leur première et deuxième rémige brèves, mais les cinquième et sixième les plus longues. Leur queue, élargie et longue, est formée de dix rectrices.

c) Musophaga variegata, Vieill., Encycel., t. IT, p- 1296. Gal., pl. 48. Levaill., pl. 26, Phasianus africanus, Lath.

(°) Musophaga, Xsert. Lath,

HISTOIRE NATURELLE

Le musophage géant a la base de la mandibule: supérieure qui n’entame point les plumes du capistrum, et les narines sont percées près du front.

Les deux espèces connues sont :

4o Le MUSOPHAGE VIOLET (1) habite la Guinée et la Sénégambie, notamment le district de Podor. IL fréquente les plaines et les bords des rivières de la province d’Acra , où il recherche principalement les fruits du bananier ou musa. La base de la mandibule supérieure s’avance au-dessus du front, et s’élève sur le sommet de la tête, de manière qu’elle cache sa liaison avec le crâne. Cette forme n’est point apparente sur les individus conservés dans les collections. Cette mandibule est terminée par un petit crocliet et une dentelure plus srande et plus profonde, dans laquelle s’emboîte l'extrémité de l’inférieure. Une peau nue et rouge, qui s’avance sur le côté de la mandibule inférieure, de quatre lignes environ, couvre les lorums, et s’étend un peu au delà du pourtour des yeux. L'iris est brun; les paupières sont pourpres. Des plumes courtes, duveteuses, revêtent la tête et la nuque. Elles sont, ainsi que tout le plumage, du violet à reflets pourprés le plus riche; cependant il y à du vertsur les ailes, et le rouge du dessous du corps est moins intense. Une bande blanche part des yeux et passe au-dessus des oreilles. La queue est cunéiforme et assez longue. Les pieds sont très robustes.

20 Le MUSOPHAGE GÉANT (2) est rare sur la côte d'Afrique, où il vit. Il a viugt-cinq pouces de longueur, et la taille d’un jeune faisan. Son bec est robuste, de couleur jaune, très comprimé sur les côtés, à arête un peu vive, et par suite bifurquée près de la base. Les tarses sont forts et bruns ;une huppe, composée de plumes larges, bleu indigo, surmonte la tête; un bandeau vert couvre le front; le cou, le dos, la poitrine, sont d’un vert d’aigue marine uniforme, qui s'étend également sur les rémiges, dont les tiges sont brunes et luisantes. Le dessous du corps est bleu noir. Le ventre, à partir du thorax, les flancs, sont d’un vert olive vif. Le bas-ventre, la région anale et les couvertures inférieures de la queue sont roux-brun foncé. La queue est longue, cunéiforme, à larges rectrices; les moyennes, bleu de ciel à leur première moitié, puis d’un bleu indigo; les externes sont jaune serin à leur moitié : toutes sont jaune olive à leur portion supérieure, et brunes dans le reste de leur étendue.

Notre description a été faite sur un bel individu conservé dans la collection de M. le duc de Rivoli.

(*) Violet-plantain entar, erd. Isert, Voy.: Musophaga violacca, Lath., pl. 425. Levaill., pl. 18. Vieill., Encycl., I, 4295. Less., Atlas ornith.

(2) Musophaga gigantea, Vieill., Encyel., t. IN, p. 14295. Levaill., Guépiers, pl. 16 (Atlas, pl. 15). M, cristata, Vieil., An, d’Ornith.

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DES OISEAUX

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