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LES GOURAS OU COLOMBI-HOCCOS

Se distinguent de tous les autres pigeons, car ils ont les caractères les plus saillants des gallinacés, et au lieu d'être scutellés, leurs tarses sont aréolés, et leurs ailes sont amples et concaves, à troisième rémige la plus longue. Leur bec est droit, allongé, renflé vers le bout, à mandibule supérieure légèrement aplatie à son sommet, et dépassant l’infé-

(*) Hist. nat. des pigeons, in-folio, et tome I de lHist, des gallinacés, 3 vol. in-8.

(2) Zool. Journ., t. I, p. 473, ett. HE, p. 343.

(3) Lophyrus, Vieill,, Less,

rieure. Les fosses nasales sont longues, placées dans un sillon latéral que recouvre un repli membraneux. Les narines sont orbiculaires et petites. Les tarses sont robustes et allongés. Une huppe distique surmonte la tête.

La seule espèce de ce genre a été décrite par Buffon sous le nom de pigeon couronné des Indes (enl. 118) ; c'est le coura (1) on colombi-hocco de Levail- Jant, excessivement commun à la Nouvelle-Guinée, d’où les Malais l'ont introduit aux Moluques sous le nom de gourou-matoutou, aux Philippines et à Java. Forrest (It., p. 86) lui donne le nom de papou manipi; au havre Doréy,où nous avons tué cet oiseau très fréquemment, les Papouas l’appeloient mambruule. Sa chair est blanche, parfumée , et la plus exquise, en fait de volailles, que nous ayons jamais mangée.

Ce goura, d’un riche bleu ardoisé, à huppe remarquablement belle, a les mœurs d’une rare stupidité. Vivant dans l'épaisseur des bois par bande de cinq à six individus, qui se perchent sur les branches les plus basses, et presque ras lerre, il nous arrivoit de les tuer les uns après les autres sans que ceux qu’étonnoit le coup de fusil songeassent à prendre la fuite.

ADN". ———— LES COLUMBI-PERDRIX ().

Tiénnent aux colombes par la forme du bec et par la nature de leur plumage, mais ils ont des rapports avec les perdrix par la forme du corps, leurs ailes courtes et arrondie:, leurs tarses élevés, et ajoutons, réticulés ; par leur queue courte et étagée qu'ils portent basse et pendante, et enfin par leur port et par leurs habitudes, puisqu'ils s’'assemblent en petites compagnies comme les perdrix, qu’ils vivent par terre, et qu’ils se blottissent de même en y faisant leur ponte comme celles-ci ; en un mot, qu'ils ne se posent sur les arbres que pour échapper à un ennemi ou pour y passer la nuit en sûreté.

Cette tribu ne comprend que des espèces américaines.

1° Le COLOMBI-PERDRIX A CRAVATE NOIRE (3) est la tourterelle de la Jamaïyue (enlum. 174); mais

() Colomba coronata, L., Lath. Temm., pl 1.£ophyrus corenatus, Vieill., Gal., pl. 147. Levaill., AL, pl. 280. Less. atlas, pl. 80, fig 2. Temm., Gall. 1, 377. Sonnerat, pl. 104. Wagler, esp. 111.

() Levaillant, Afriq., tome VI, p. 80. Lophyrus, Less., Ornitb.

(3) Levaill , Af., pl. 281 , et tome VI, p. 80. Colomba cyanocephala, Lalh. Temm., Pig. PPS ANAL LD 390. Turtur jamaicensis, Briss., Ornith., pl. 13, fig. 1, t. 1, p. 135.

HISTOIRE NATURELLE

Buffon s’est étrangement mépris sur cet oiseau, qu'il regardoit comme une simple variété de la tourterelle de France. En général, ce grand écrivain, préoccupé de l’idée exclusive qu’il n’y avoit que des espèces types avec des variétés modifiées par le climat, a abusé étrangement des principes qu’il vouloit faire prévaloir, en rapportant aux races d'Europe des espèces complétement distinctes des pays étrangers. La prétendue tourterelle de la Jamaïque n’a rien en effet de l’espèce d'Europe, et s'éloigne même de toutes les autres colombes par des caractères fondamentaux dans l’organisation.

20 Le COLOMBI-PERDRIX ROUX VIOLET (!) habite le Brésil, les iles Caraïbes, et surtout Porto-Rico. Il paroïtroit exister au Paraguay, car on lui rapporte le p geon rouge el jaune de d’Azara Buffon a décrit cette espèce sous les noms de pigeon violet de la Martinique (enl. :62) et pigeon roux de Cayenne (ent. 141).

5° Le MONxTAGNARD (?) a neuf pouces et demi de longueur totale. Son bec est long d’un pouce, mince, et peu renflé à l'extrémité. Les tarses sont grêles ainsi que les doigts. Le sommet de la tête et le derrière du cou sont d’un vert doré, à reflets légèrement pourprés. Le dos et les couvertures supérieures de la queue sont d’un riche violet, à reflets pourpres. Le dessus des ailes et l'origine de toutes les pennes sont brun roux, et l'extrémité de ces dernières est noirâtre. La queue est ro sse. La base du bec, le tour les yeux et les pieds sont rouges. L’iris est brun clair. Le thorax est d’un blanc vinacé pâle, passant au blanc jaunâtre sur le ventre et les flancs. Le mâle se distingue par deux bandelettes blanches, dont l’une passe sous l’œil et se rend sur la région auriculaire, et l’autre qui suit parallèlement la première au-dessous se reporte sur les côtés du cou.

Ce pigeon de la Jamaïque vit sur les montagnes élevées, dans tes forêts, où il construit son nid sur les branches les plus basses. Ce nid est composé dé bûchettes liées entre elles par des filaments de coton, et sa forme est tellement exiguë, que les jeunes oiseaux le quittent de fort bonne heure, et se tiennent à terre, où leurs parents les nourrissent jusqu’à ce qu’ils puissent voler.

4° | a FAGE BLANCHE (3) vit, à ce que l’on suppose, à Surinam. Il a dix pouces et demi de longueur. La face est d’un blanc teint de grisätre. Le tour des yeux est nu, papilleux et rouge. Le haut de la tête, le dessous du cou et la poitrine sont d’une belle couleur

(5) Levaill., Af., pl. 282, et tome VI, p. 82. Columba martinica, Gm. Temm. , Gall. &, 400, et pl. 5 et 6

(2) Columba montana, L. Lath. Temm., Gail.,t.1, p 395, pl. 4. La perdrix de montagne, Edwards, pl. 119.

() Columba erythrothorax, Temm., pl. 7, et Gall, I, 405.

DÉS OISEAUX

vineuse, Une sorte de collerette d’un violet à reflets dorés brille sur la nuque du mâle. Le ventre, la région anale et les plumes tibiales sont de couleur rouille foncé. Le dos, les ailes, les couvertures de la queue et les deux pennes intermédiaires sont de couleur de suie. Les grandes pennes alaires sont noirâtres, bordées de gris ; les pennes latérales de la queue, en dessus, sont noires, depuis leur origine jusqu'aux trois quarts de leur longueur, le reste étant gris. Toutes les rectrices sont, en dessous, noires, avec leur sommet blanc. Les pieds sont rouges, le bec est noir.

3° Le FRONT GRIS (!), ou le pigeon b un à couvertures inférieures des ailes rouges de d’Azara, habite la Guyane, le Brésil, et aussi le Paraguay. Sa longueur est de dix pouces six lignes. Son front et le dessus de la tête sont d’un beau gris, nuancé de bleu chez quelques individus Le dos, les ailes et les couvertures supérieures de la queue sont olive foncé, à reflets légers et pourprés. Les pennes alaires sont gris noirâtre en dehors, et rousses en dedans : la première est la plus courte de toutes, et ses barbes, du côlé externe, sont laillées en pointe La queue est brun olivâtre, avec les trois rectrices de € aque céic terminées de blanc. La gorge est d’un roux clair; la poitrine et le ventre sont de couleur vineuse ; le basventre et les couvertures inférieures sont blancs; le bec est brun, les pieds rouges.

Le mâle a sur le dos une tache de couleur vineuse, à reflets pourprés, qui manque à la femelle, dont les teintes sont en général plus ternes Commune sur les rives de la Plata , cette colombe a reçu des Guaranis le nom de yeruti.

JL.

LES COLOMBI-GALLINES ().

Tiennent des pigeons par la forme du bec et par la nature des plimes , mais ils en différent par le barbillon nu et rouge qui pend sous leur bec, par leurs tarses plus longs, par les formes plus arrondies du corps, par le port de leur queue, qui est courte, et qu’ils tiennent pendante, par l'ampleur de leurs ailes arrondies; caractères, ajoute Levaillant, qui tous, en les rapprochant d’un côté des gallinacés, les pla-

(°) Columba jamaïcensis, Lath. L. Gm. C. frontalis, Temm.,t.I, pl. 10. Gall.,t. 1, p. #11. Col rufaxilla, Act. de la Soc. d'hist. nat.t.1, part. 1 (1792), no 74. Cat. par Richard et Bernard, avec celte phrase. C. supra tota griseo fusca, abdomine sub albido, tectricibus inferioribus alarum saturatè ferrugineis, rectrieibus infinis apice albis. Colomba minor, ventre candido, Brown, Illust.

() Levaillant, Af,, t, VI, p. 70.

cent naturellement entre les colombes et les gallines, comme pour marquer et former le passage entre ces deux familles. De plus, le colombi-galline type vit, comme les gallinacés, par petites troupes composées de toute la famille et du père et de la inère; et ceux-ci rappellent leurs petits aussitôt qu’ils en sont séparés. Ils se tiennent et vivent à terre, où ils trottent à la manière des perdrix; mais toute la petite bande se juche sur les buissons et sur les grosses branches basses des arbres, pour passer la nuit ou pour se cacher lorsqu'elle est poursuivie par un ennemi quelconque.

Les espèces de ce groupe sont, 1° le COLOMBI-GAL- LINE (!) A BARBILLONS, que Levaillant a découvert au pied des monts Hérisies, dans le pays des Nanaq'ois, au cap de Bonne-Espérance , et qui a la taille d’une perdrix, c’est-à-dire dix pouces de longueur environ. La tête, le cou et la poitrine sont d'un gris ardoisé; les scapulaires et toutes les couvertures sont d’un beau blanc. La queue, qui est légèrement étagée, est brun roussâtre en dessus, noirâtre en dessous. Le bec est rouge à sa base, et noir à sa pointe; les pieds sont rouge vineux ; l'iris a un double cercle, Pun jaune, l’autre rouge. La femelle, plus petite que le mâle, a des couleurs plus ternes, et est dépourvue de pendeloques ; elle n’a pas non plus ses couvertures alaires supérieures lisérées de blane.

La femelle pond par te re, dans un nid composé d'herbes sèches et de büchettes. Le mâle et la femelle couvent alternativement les œufs, qui sont au nombre de six à huit, blanc roussâtre. Les petits, à peine couverts de duvet, courent aussitôt après leur naissance, et se nourrissent d'insectes ; plus forts, ils y joignent des grains et des fruits, et ne se séparent de leurs père et mère qu’au moment de s’accoupler.

2° L’oricou (?) appartient sans doute à cette tribu. C’est un pigeon que l’on a supposé venir des îles des Amis, dans la mer du Sud, et qui a douze pouces de longueur environ. Son plumage est d’un blanc uniforme, avec la queue grise à la base et noire au bout. Les grandes et moyennes pennes des ailes sont gris blane à leur origine, et noires à l’extrémité ; les tarses sont rouges et nus, le bec est noir.

Ce qui caractérise cette espèce est l'existence de prolongements charnus, adhérents à la peau dénudée qui recouvre le devant du cou, et sur laquelle ils s'élèvent en trois barbillons, dont un s'attache à la base de la mandibule inférieure, et forme plusieurs plis sur le cou; les deux autres s’attachent sous les yeux. Ces barbillons sont rouges, bordés de

{) Levaill., Af., pl. 278, t. VI, p. 70. Columba carunculata, Temm., pl. 11,etGall.,t.1, #15. Levaill., Af., pl. 278.

(2) Columba auricularis, Temm., pl. 24, et Gall, t.E, p. 236. C. Temmincrii, Wagl., esp. 40, Vieill., Encyel., t. Il, p. 384, pl. 238, fig. 2.

bleu, tandis que la peau du cou et le tour des yeux sont rouge vif. Enfin une carnosité, arrondie comme une cerise, surmonte le bec à sa base ; elle est rouge et tuberculeuse.

Une variété de ce pigeon n’a de noir que sur la queue : chez d’autres, le plumage est tacheté de gris et de noir ; mais cela tient peut-être au jeune âge des individus.

LES NICOBARS ().

Ont le bec assez épais, voüté, convexe, renflé à la pointe, comprimé sur les côtés. Les narines sont latérales, percées en fente au-dessous d’une peau nue qui est renflée, caronculiforme, et dilatée sur la base du bec. Les plumes du cou sont longues, étroites et contournées. Les ailes sont aussi longues que ‘la queue ; celle-ci est très courte et arrondie. Les tarses sont courts, forts et garnis d'écailles.

La seule espèce de ce groupe est le colombi-galline à canail(?), ou le pigeon nicobar, décrit par Buffon d’après Edwards et Brisson, et ligurée enluminure 491. C’est un oiseau commun dans toutes les Moluques et à la Nouvelie-Irlande, où les nègres le nomment manico.

LES COLOMBICOLINS (.

Sont les plus petites espèces du genre pigeon. Leur bec est mince, renflé à l'extrémité; les fosses nasales sont profondes, couvertes d’une membrane médiane, à narines percées en avant. Les tarses sont allongés, assez robustes, scutellés et nus; les ailes sont médiocres, la queue est moyenne et arrondie.

4° La PYGMÉE (f), qui vit au Brésil et au Paraguay, se trouve figurée, pl. 245, fig. 4 des enluminures, sous le nom de petite tourtere le de Saint-Domingue. C’est le pigeon nain de d’Azara.

2° Le cocorzin (5) habite le Pérou, et est très commun aux alentours de Lima. On le retrouve à Saint-Domingue, à Porto-Rico, et dans la plupart

(") 12e race, Less., Ornith.

(2) Levaill., Af., pl. 279 Columba nicobarica, Lalh, Temin., pl. 2. Gall. F, 383.

(3) Chœmepelia , Swainson? Zool. Journ., t.

(4) Columba minuta, Lath. Temm , pl. 46. Gall., t. 1, p. 432.

(5) Columba passerina, Lath. Temm., pl. 13 et 14, et Gall., 1,425. Vieill., Gal., pl. 196.

Ill,

HISTOIRE NATURELLE

: des autres îles caraïbes, Buffon l’a décrit sous le nom de pelite tourterelle de la Martinique, enl, 245, fig. 2.

5° Le TALPACOTI (1), le pigeon rougeûtre de d’Azara , Vit aussi bien au Brésil qu'au Paraguay. C’est ure espèce qui n’a que six pouces et demi de longueur, un bec très mince, non renfié vers la pointe, avec lPextrémité de la mandibule supérieure un peu recourbée. Le haut de la tête et la nuque sont d’un gris bleu qui s’éclaireit sur le front. Tout le corps est généralement d’un roux foncé, nuancé de légères teintes vineuses. Les moyennes et grandes couvertures des ailes ont quelques petites taches d’un beau noir sur leurs barbes extérieures, tandis que les intérieures sont d’un roux uniforme. Les rémiges et les pennes secondaires sont d’un brun noirâtre; les couvertures inférieures des ailes et les flancs sont noirs. Les pennes moyennes de la queue brun roussàtre, les latérales noires, et la plus externe, de chaque côté, est rousse à la pointe. Le bec est brun rougeâtre, et les pieds sont rouge orangé.

4° Le ricui (?) habite le Paraguay, où il vit par paires et par bandes. Il place son nid dans les buissons ou sur les basses branches des arbres. Ce nid, formé de bûchettes, est très évasé, et ne contient que deux œufs blancs.

Les dimensions de cette petite colombe sont de sept pouces trois lignes. Le front, les côtés de latête sont blanchâtres. L’occiput , le cou et :e corps sont bruns. Les couvertures supérieures des ailes sont de la même couleur, avec des petites taches d’un bleu d’émail. Les parties infé:ieures sont blanchätres, teintées de vineux sur la poitrine, et légèrement nuancées de brun sur le devant du cou et sur les côtés du corps. Les couvertures inférieures des ailes sont noires. Les pennes d’un brun noirâtre, et la plus externe de chaque côté de la queue est blanche. Les deuxième, troisième et quatrième sont terminées de blanc. Les pieds sont rouge violet obscur ; l'œil est bleu , entouré d’un espace nu et bleuâtre.

3° Le HOTTENTOT (?), que Levaillant a figuré sous le nom de colombi-caille, habite le pays des grands Namaquois , où il semble être de passage. Le mâle est en dessus d'un beau roux cannelle; mais chaque plame est terminée de brun. Le front, le sommet de la tête et la gorge sont d’un beau blanc. Les côtés du cou et la poitrine couverts de plumes écailleuses sont généralement d’un gris vineux clair. Les plumes écailleuses sont noires et lisérées de blanc. Le

(:) Columba talpacoti, Temm., pl. 12, et Gall. , t. II, p. 421.

(2) Columba picui, Temm., Gall. t. I, p. 435. Le picui, Azara, Voy.,t. IV, p. 136.

(3) Columbo hottentota, Temm., pl. 45,et Gall.,t.H,

(4) P. 429. Le colombi-caille, Levaill., Afriq., t, VI, pl. 283. C. gularis, Wagler, esp. 90.

ventre en entier, et les cuisses sont roux clair. Les pennes alaires sont rousses sur leurs barbes externes , et brunes sur celles qui sont cachées. La queue est très courte, roux cannelle en dessus, gris noirâtre en dessous. Le bec est brun jaunâtre. Les yeux et les pieds sont roux. La femelle, plus petite que le mâle , a les couleurs moins brillantes.

On regarde comme des colombi- gallines les deux espèces suivantes, ainsi que la colomba-cobocola et griseola, Spix (pl. 75,f. 2), qui nous sont inconnues.

4° La COLOMBE POIGNARDÉE (1!) ou la lourterelle ensanglantée, de Sonnerat, habite les îles Philippines. C’est une des belles races d’une famille où tant d’espèces sont remarquables par l'éclat et le luxe de leur plumage. On en connoit une variété à plumage blanc, ayant la tache rouge au milieu de la poitrine : « El semble, dit Sonnerat, que ce bel oiseau ait reçu un coup de poignard, et que son propre sang ait teint ses plumes autour de l'endroit où il a été frappé. »

La colombe poignardée la plus commune est grise. Elle a environ dix pouces de longueur. Le front et le haut de la tête sont gris cendré. L’occiput et la partie postérieure du cou sont d’un violet foncé, à reflets verts, le dos, les scapulaires, les petites couvertures des ailes, ainsi que les côtés de la poitrine, sont gris ardoisé. Toutes les plumes de ces parties sont lisérées de vert brillant et métallisé. La gorge, les côtés du cou et la poitrine sont d’un blanc pur, avec une tache rouge semblable à celle qui résulteroit d’une plaie saignante, placée au milieu de celleci, et presque vis-à-vis le cœur. Le ventre et les flancs, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, sont couleur de chair. Les couvertures moyennes des ailes sont marquées dans leur ensemble par trois bandes transversales cendrée:, séparées par deux bandes roux pourpré. Les rémiges gris brun cendré sont finement lisérées de roussâtre. Les deux rectrices intermédiaires sont gris brun. Toutes les latérales grises à leur naissance, sont traversées d’une bande noire vers leur milieu, et terminées de gris cendré. Le bec, les yeux et les pieds sont rouges. Sonnerat, qui a découvert cette colombe dans l’île de Luçon, ne dit rien de ses mœurs.

20 La COLOMBE GRIVELÉE ou JAMIESON(?), que MM. Quoy et Gaimard n'ont fait qu'entrevoir, à la maison de campagne du docteur Jamieson à Regent’s-

(‘) Columba cruentata, L. Lalh. Temm., pl, 8 et 9, Gall., t. I, p. 407. Sonnerat, Voy. à la Nouv.-Guinée, pl. 20 et 21, et pag. 51 et 52. C. sanguinca, Lath.

() Columba Jamiesonii, Quoy et Gaim., Zool. Uranie, p. 123, en note. C. picata, Lalh., suppl. C armillaris, Temm., Pig., pl, 6.t,1, p. 97. Wagl,, esp, 42,

II

Vill, dans la Nouvelle-Galles du Sud, est moins grosse qu’une poule, dont elle a le port et la marche rapide. La tête, les ailes, le dos et la queue sont ardoisé clair. La poitrine et le ventre sont blancs ; marqués de taches triangulaires ardoisées. Deux lignes blanches vont du cou au ventre, et circonscrivent le plastron ardoisé.

RS Mr:

LES COLOMBARS (1).

Ont le bec court, épais, assez robuste, convexe, renflé à l’extrémité, comprimé sur les côtés. Les fosses nasales ont cela de particulier d’être recouvertes en entier par une membrane. Leurs ailessont moyennes ; la queue est assez courte, plus ou moins cunéiforme. Les tarses sont robustes, courts, scutellés, emplumés jusqu’au talon, à doigts réunis parla base.

Les colombars vivent exclusivement dansles contrées les plus chaudes de l'Asie et de l'Afrique, ils se nourrissent de fruits; ce sont :

1° Le COLOMBAR COMMANDEUR (2) a plutôt été indiqué que décrit par Buffon sous le nom de pigeon de Saint-Thomas. Cet oiseau a douze pouces et demi, Le mâle a la tête gris bleu clair. Le cou est jaune en devant et un peu en arrière, où cette couleur est séparée de celle du dos par une bande transversale gris bleu cendré, Le dos est vert pomme sale, passant au gris sur le croupion. Une tache brun pourpré existe sur les petites couvertures du poignet de l'aile. Les pennes alaires sont noires; les primaires sont frangées sur leur bord externe de jaune b'anchâtre, et les dernières de jaune olivâtre. Le ventre est gris bleuâtre ; les plumestibiales sont jaune paille. Les couvertures inférieures de la queue sout rousses etterminées de bleu. Le dessus des deux pennes intermédiaires de la queue est vert comme le dos. Les

latérales sont grises à leur sommet; [es tarses sont nus et rouges.

La femelle a du vert jaunâtre sale à la place du plastron jaune du mâle. La nuque est olive foncé, et la bande transversale du dos est d’un gris clair. Les épaulettes sont d’un pourpre passant au lilas. Les scapulaires sont d’un vert grisâtre. Le ventre est verdâtre. Les pennes latérales de la queue sont grises dans loute leur longueur, et les deux moyennes sont vertes. Les plumes du bas-ventre sont jaunes à leur

pointe. Les jeunes sont plus ou moins grisätres en dessus , et olivâtres en dessous.

(") Levaillant, Afriq. Vinago, Cuv. Treron, Vieillot. () Columba militaris, Temm., pl. 1, et Gall.,t, Ï, p. 39. C. Sancti-Thomæ, Lath. Gm.

Macé, voyageur du Muséum, a observé cet oiseau au Bengale.

2 Le MaITSOU (1) a été figuré par Buffon , enl. 5, sous le nom de pigeon ramier vert de Madag1scar. C’est à tort que Buffon le confond avec le fournin,0 ménarabou (?), qui est une espèce bien distincte.

5° Le COLOMBAR AROMATIQUE (5) a été figuré par Buffon sous le nom de pigeon vert d’Amboine, enl. 165. C’est un oiseau de Java, de Sumatra et de l’île de Tanna, qui vit des fruits du figuier religieux. On rapporte à cette espèce le pigeon Pompadour, figuré par Brown(#), comme propre à l’ile de Ceylan : on n’en sépare pas non plus le pigeon à bec recourbé de Sonnini. Le colombar aromatique porte à Java le nom de bouron-jouane : il se tient sur la lisière des grands bois. A Sumatra on le nomme pounai ubar (5)

M. le comte de Bacarmé a communiqué à M. Temminck les détails suivants : « L’aromatique se nourrit des fruits du figuier des Indes et des Pagodes. Il devient très gras, et est un manger délicat, qu'il est facile de se procurer dans toutes les parties de l'ile. Les œufs, au nombre de deux, sont blancs et placés sur quelques bûchettes croisées dans un buisson, ou sur un arbre peu élevé. On trouve ce nid dans les massifs des diverses espèces d’arbrisseaux épineux. »

4° Le coLomBar A cOU BRUN (6) habite l'ile de Java; confondu avec l'espèce précédente, M. \\agler, qui a eu. occasion de le voir en nature, le regarde comme distinct. La tête, le cou et la poitrine sont roux canpelle, Le hautdu doset les couvertures des ailes sont brun pourpré. Le ventre et le croupion sont gris bleu, les cuisses jaunes, ainsi que les bords de toutes les grandes couvertures des ailes. La queue est noire en dessous, et terminée de blanc sale. Ce colombar habite la côte orientale de Bornéo et la presqu’ile de Malacca. Deux individus ont été tués à Pontianak.

5°. Le COLOMBAR UN'COLORE {7) vit dans les îles de Java et de Timor. Il a dix pouces six lignes de longueur ; tout le corps d’un beau vert clair, les rémiges primaires noires ; les moyennes frangées de jaune. Les. deux rectrices sont totalement vertes : les sui-

() Coluwmba australis, Lath. Linn. Temm , pl. 3,et Gall. 1,43,

() Columba-madagascariensis, Lath.

(3) Columbaaromatica, Lath, Linn, Temm., pl. 5, 1. 1, p. 50 à 55. Brown, Illust., pl. 20.

(8) Ilust., pt. 19, et p. 43,

{5} C: curvirostra, Latb. sir Raffles, cat. 13,318.

(6) Columba falvicollis, Wagler, esp. 8.C. aromatica, var. D. Ind., p. 53. Pig., pl. 6. C. cinnamomea, Temm., pl. col., texte.

G) Columba psittacea, Temm., Pig., pl. #. Gall. I, 47,

HISTOIRE NATURELLE

vantes, vertes sur leurs barbes externes , ont toutes les autres grises à leur origine, noires au milieu et blanches dans le reste de leur étendue. Les couvertures inférieures de la queue sont vertes, avec l’extrémité blanche. Le bec de teinte de corne a la portion charnue de sa base rouge. Les pieds sont bleu noirâtre. Les jeunes ont des plumes gris cendré sur le corps, le bout du fouet de l'aile et les grandes couvertures gris noirâtres.

6° Le 303ov (1) a été figuré par Buffon ( enl. 438) sous le nom de pixeon vert des Philippines. C'est une espèce qu'on rencontre à Java, à Sumatra, aux Philippines , et aussi, dit-on , à Pondichéry. C’est le pounai des naturels de Sumatra, le kale ou jowan des habitants de Java. Le premier nom sert à désigner le mâle, et le second la femelle.

7° Le COLOMBAR A QUEUE ÉTAGÉE (?) habite les monts Himalayas. Il a de longueur quinze pouces ang'ois. Le corps est en dessus olivâtre, jaune verdâtre en dessous. Le front et la poitrine sont dorés; les tectrices des ailes et la région inter-scapulaire sont d’un pourpre vineux. La queue est étagée.

8° Le COLOMBAR ODORIFÈRE (3) provient de la grande ile de Sumatra , où sir Raffles ne paroît pas l'avoir rencontré ; mais il vit aussi à Java et à Banda, l’une des Moluques. C’est le plus petit des pigeons de cette tribu. car sa taille est en longueur de sept pouces six lignes.

Le mâle est cendré clair sur la tête, le cou, la nuque et sur les flancs. La poitrine est recouverte par un large plastron de couleur rousse. Le ventre est vert, et le bas-ventre, ainsi que les couvertures inférieures de la queue, sont brun marron. Le dos est de cette couleur, ainsi que les scapulaires et une partie des couvertures des ailes. Les rémiges sont noires, et les secondaires sont lisérées de jaune clair. Le croupion et la plus grande partie des pennes caudales sont noir ardoisé, et les dernières seulement ont l'extrémité cendrée. Les pieds et le tour de l’œil sont rouges; la base du bec est bleue et sa pointe verdâtre.

La femelle a sur la tête une calotte de couleur de plomb, le menton et la gorge gris clair ; le devant du cou et la poitrine d’un vert clair; le ventre et les flanes vert clair, nuancé de gris. Les cuisses, l’abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont blanc sale, marquées de grandes flammèches vertes. Le cou en devant, le corps et les ailesen dessous, sont vert grisâtre sombre ; les grandes cou-

(} Columba vernans, Lath. Linn. Temm., Pig., pl. 10 et 11. Gall. 1, 70. Horsfield. cat. 13 , 182. Sir Raffles, cat. XII, 347.

(2) Vinago sphenura, Vigors, Proceed. 1, 173.

(3) Columbaolax, Memm., pl. col. 241 (mâle) Pigeons, pl. 5, et Gall., t. ILE, p. 441.

DES OISEAUX

vertures des ailes et les pennes secondaires sont étroitement lisérées de blanc jaunâtre. Les rémiges sont noires , et les pennes latérales de la queue sont grises noirâtres à la base, noir plein au milieu et terminées de gris clair.

95 Le COLOMBAR A FRONT NU (!) habite le Loango et Angola, sur la côte occidentale d'Afrique. Lenom qu’il porte lui vient de ce que la peau, jaune orangé de la base du bec, se prolonge sur le coronal en y formant une plaque dénudée analogue à celle du front des foulques. Long de onze pouces, ce colombar a la tête, le cou et toutes les parties inférieures d’un beau vert clair. Le haut du dos est gris cendré, et le bas vert foncé. L’aile a au poignet une tache violette. Les rémiges sont noires et bordées d’un liséré blanc jaunûtre, les primaires exceptées. Lesdeux rectrices moyennes sont vertes ; et les latérales, gris clair dans leur plus grande étendue, sont gris foncé et terminées de gris clair. Toutes ces pennes ontleur dessous noir, mais leur sommet et gris. Les couvertures inférieures de la queue sont roux cannelle avec du blanc à leur pointe. Les plumes tibiales sont jaunes, les pieds sont orangés.

40° Le WaaLia (?), répandu dans une grande partie de l'Afrique, au Sénégal , comme en Abyssinie et au Cap, émigre suivant les saisons. Il quitte par grandes troupes, à l’époque des pluies, les parties basses de l’Abyssinie pour se rendre dans les contrées plus méridionales où il niche. Il se tient perché sur les grands arbres, et garde un profond silence pendant les heures les plus chaudes du jour. Levaillant l’a retrouvé au cap de Bonne-Espérance, où il vit par paires , et il choisit les creux d’arbres pour y placer son nid , où il pond quatre œufs d’un bianc isabelle.

Le mâle a onze pouces et demi de longueur, et son bec est très épais. La tête, le cou et la poitrine sont d’un gris nuancé de vert clair, tandis que toutes les autres parties du corps en dessus sont d’un vert jaunâtre. Les petites couvertures du poignet sont d’un violet tendre; les grandes couvertures, les rémiges sont noires, bordées de jaune. Le ventre est d’un jaune luisant ; le bas-venire et les plumes du tarse sont d’un blanc pur. Les couvertures inférieures de la queue sont d’un roux marron que borde un roux très clair. Les quatorze rectrices, gris bleuâtre en dessus, sont noires en dessous et terminées de gris clair. Les yeux sont orangés, et les tarses rouges.

La femelle est d’un vert olivâtre assez clair et

{") Columba calva, Temm., Pig., pl. 7, Gall. I, 63.

(2) Le pigeon Waalia, Bruce, Atlas, pl. 38. Le colombar à épaulettes violettes, Levaill., Af., pl. 276 (mâle) et 277 (fem.). Columba abyssiniea, Lath. Temm., Pig., pl. 8 et 9, et Gall. F, 65. Lesson, Ornith. , pl. 80, fig. 1. Vieillot, Gal., pl. 145.

uniforme , sans jaune sous le ventre, ni blanc sur le bas-ventre. Au reste , ses ailes et sa queue sont semblables à celles du mâle, mais les couleurs en sont moins vives. Sa taille est aussi plus petite.

41° Le COLOMBAR DE CAPPELLEN (1) vit à Sumatra et à Java, où l’a découvert le voyageur Reinwardt. Son nomrappelle celui de M, Vander Cappellen, gouverneur général des Indes hollandoises à Batavia. Le mâle à le front cendré; la tête, le croupion, le ventre et les flancs d’un vert clair, comme saupoudré de gris cendré. La nuque, le dos, les ailes, sont d’un beau vert foncé. Une plaque jaune mordoré couvre le thorax ét le bas du cou. Les quatre rectrices moyennes sont vert jaunâtre; les rémiges primaires sont noires, et les secondaires frangées de jaune d'or, ce qui forme des bordures très vives et continues lorsque l’aile est pliée. Les rectrices latérales, grises à leur naissance, sont noir mat, et terminées de gris clair. Les couvertures inférieures sont marron foncé. Les pieds sont rouges, le bec est bleuâtre. Les dimensions de cet oiseau sont de treize pouces.

La femelle à des teintes plus cendrées, la plaque thoracique vert jaunâtre. Le noir et le cendré de la queue sont nuancés de vert. Quelques taches blanches apparoissent sur le ventre, et les couvertures inférieures sont d’un blanc nuancé de roussâtre et tacheté de vert.

42° Le COLOMBA DE SIÉBOLD (?) habite le Japon, où l’a découvert le voyageur dont il porte le nom. Il habite les bois des montagnes, et porte les noms de jamo hato ou pigeon de montagne, et celui d’awo halo ou pigeon vert,

Long de douze pouces six lignes, le mâle a le front et une partie de la face d’un vert jaunâtre. La nuque et les côtés du cou sont d’un vert clair. Le manteau et les flancs sont vert cendré Le dos, le croupion, les quatre pennes du milieu de la queue et les grandes couvertures des ailes, sont d’un vert foncé. Les petites et les moyennes couvertures d’un pourpre cendré. La gorge, le devant du cou et la poitrine sont jaune citron . le milieu du ventre est blanc pur. Les plumes tibiales, le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue sont blanc lavé de jaunâtre, à mèches vert foncé.

La femelle n’a pas de pourpre aux ailes ; elle est vert foncé en dessus, vert clair sur le cou et la poitrine. Ce colombar a le bec plus grêle et moins renflé que toutes les autres espèces.

45° Le COLOMBAR A QUEUE POINTUE (3) habite l’île de Java. Il est caractérisé par sa queue étagée, dont les deux rectrices du milieu acuminées dépassent d’un pouce les deux pennes qui les avoisinent; et

(:) Columba Cappellei, Temm., pl. col, 143.

(2) Columba Sieboldii, Temm., pl. 569.

(3) Columba oxyura, Reinw. Temm., pl. 240.

celles-ci, arrondies, sont plus longues que les suivantes, qui diminuent graduellement de longueur. Le tour de l’œil est nu, violâtre. Les tarses sont rouge desaturne. Le bec, d’abord noir profond, est jaune à sa pointe. Le plumage en entier est vert pré ; une écharpe rouille traverse la poitrine. Les ailes ont leurs couvertures vert noir, les rémiges noires. Le bas-ventre est coupé de jaune d’or. Les cou\ertures inférieures vertes, sont frangées de jaune brillant. Lesrectrices, noir mat en dessous, sont largement terminées de blanc gris.

La femelle ressemble au mâle ; seulement le vert de son plumage est plus terne, et le jaune du ventre tire au verdâtre, L'un et l’autre ont treize pouces de longueur totale.

LES PTILINOPES (, OU LES KURUKURUS.

Ont de grands rapports avec les colombars. Leur bec est légèrement renflé : les narines sont médianes, obliquement percées sur le bord extérieur de la membrane qui recouvre les fosses nasales. Les tarses sont courts , robustes, épais, emplumés jusqu'au milieu. Les ailes sont aiguës; la queue est arrondie et flabellée. Toutes les espèces sont des îles indiennes de l’est ou de l’océan Pacifique, et ont entre elles un air de famille qui en constitue une tribu très naturelle.

4° Le TURGRIS (?) est l’espèce la plus anciennement connue de cette tribu. Buffon l’a confondu avec une autre colombe, sous le nom de turvert; et puis Daubenton l’a fait représenter dans les enluminures, sous celui de tourterelle de Batavia (n° 214). L'occiput est noir profond tranchant sur le gris tendre des parties environnantes. La gorge est jaune, et le corps vert à reflets dorés. Le croupion est jaune, et les couvertures inférieures de la queue sont d’un rouge de sang fort vif. Le turgris, long de huit pouces, habite les grands bois de Java, où il est nommé jowan-bondol.

2% Le VRAI TURVERT (3), que Buffon a figuré, enluminure 142, sous le nom de fourterelle à gorge pourprée d'Amboine, est vert cuivré, avec du pourpre vif sur le cou, des taches jaunes à l'extrémité

‘ () Ptilinopus, Swains., Zool.Journ. i. 1, p. 473. Alæ mediocres, remigum pinnâ primà apicem versus Contracta, terlià quarlâque longissimis, rostrum gracile, tarsi plumosi.

(2) Columba melanocephala, Linn. Lath. Temm. Gall., pl. 30, et t.1, p. 263. Horsfield, cat., Trans., XII, 183: the black-capped pigeon, Penn. ind., pl. 7.

L (3) C.viridis, Gm. Lath, Turtur viridis amboinensis,

des rectrices latérales. Son bec est rouge, et il a huit pouces de longueur. Les tarses sont à demi vêtus.

5° Le JaMBOu (1), connu à Java, à Sumatra, où on le nomme poonai jambu , et à Malac, d’où l’a rapporté M. Dussumier, varie singulièrement suivant les âges. Le mâle a le dessus et les côtés de la tête d’un rouge violet, la gorge noire, et la poitrine est marquée d’une large tache rose clair. Le ventre est blanc, le reste du plumage vert. La femelle a le corps, le cou, la poitrine vert, le front, la gorge brunâtre, le ventre blanchâtre. Sa taille est de neuf pouces et demi de longueur. Le bec et les pieds sont rouges; l'iris est jaune.

4° Le BLEU VERDIN (?), que les Papous nomment manasope, habite les forêts profondes et encore vierges de la Nouvelle-Guinée. C’est dans les environs du havre Dorery que nous nous en procurâmes plusieurs individus. Leur roucoulement sourd se faisoit entendre fréquemment sur les grands arbres, au milieu des lianes qui les enlacent, et tout indique que l'espèce y est commune.

Cet oiseau a de longueur totale, du bout du bec à l'extrémité de la queue, huit pouces six lignes; le bec est mince et noir; l'iris d’un rouge brun; les tarses courts, et presque entièrement emplumés ; les doigts, garnis d’un rebord membraneux, sont d’un jaune orangé vif, la tête, le croupion, le dessus du corps, desailes et de la queue, sont d’un vert préagréable; une large calotte d’un beau bleu indigo couvre l’occiput ; des taches bleues allongées occupent le centre des plumes sub-alaires, qui sont bordées d’une ligne étroite jaune; la partie interne et cachée des mêmes plumes est brune; les rémiges sont entièrement brunes, et bordées, à leur portion extérieure, d’une ligne d’un jaune serin; la queue est carrée etrectiligne; les pennes qui la composent, au nombre de quatorze, sont brunes, à extrémité blanche en dessous, d’un vert analogue à celui du dos en dessus, passant au noir au milieu, chacurie d’elles se terminant par une tache blanche. Les deux plus extérieures sont brunes, bordées de jaune extérieurement ; ainsi que les deux ou trois suivantes. Leur tige est brune. La gorge, jusqu’à moitié du cou, est gris cendré. La poitrine est d’un vert grisâtre. Le ventre et les flancs sont d’abord d’un vert mêlé de quelques

Brisson ,t. 1, p.152, pl. 15, fig. 2. Colombe à gorge pourprée, Temm., t. I, p. 374et 473.

() Columbajambos,L. Lath.Temm.,Pig., pl. 27 et 28. Gall. 1,257. Le jambu, Maud. Wagl., esp. 28. Raffles, cat. XIE, 316. Col. jambu, Gm.

(2) Columba cyanovirens, Less. Zool. de la Coq., p. 712, et pl. 42, fie. 1. Man, II, p. 469. Viridis,occipite cæruleo, maculis cyaneis super alas , abdomine luteo albido , remigibus brunneïs, luteo marginatis , rostro nigro, pedibus aurantiacis.

DES OISEAUX

petites bordures jaunes, puis une large plaque blanc jaunâtre la recouvre, et s'étend de chaque côté en formant une sorte de ceinture. Les plumes qui re vêtent les cuisses sont vertes ; celles de l'anus sont blanches et jaune pâle. Les tectrices du dessous de la queue sont jaunes, mélangées de vert.

50 La VERTE (1) est plus petite que la précédente, dont elle est peut - être le jeune âge ou le sexe femelle. Son bec est blanchâtre, ses pieds de couleur orangée. Son plumage est entier d’un vert pré, mêlé de quelques nuances bleues sur les ailes, mais a calotte indigo n’existe pointcomme chez la précédente. Les autres différences sont : le front cendré comme la gorge; une tache rouge ferrugineux au milieu de la poitrine ; des plumes gris blane sur les grandes couvertures des ailes; l'abdomen uniformément vert, mêlé de jaunâtre. Au reste, la disposition des teintes générales du corps, des ailes et de la queue, ainsi que leurs couvertures inférieures, sont analogues à ce que l’on remarque chez l’espèce précédente. Elle vit à la Nouvelle-Guinée, dans les forêts du havre Dorery.

6° La MONACALE (?) habite l'ile de Célèbes. Longue de sept pouces, elle a le front, le sommet de la tête, la région du lorum et le milieu de la poitrine d’un riche azur. Une bande jaune d’or entoure le bleu de l’occiput , et le devant du gosier est de même jaune; le bec est noir; les tarses sont rouge cramoisi. Le plumage est vert foncé; mais le bas-ventre et les couvertures inférieures sont jaunes d’or, et les rémiges secondaires, de même que les grandes couvertures, sont frangées de ce même jaune. Les rectrices, gris cendré sur leurs barbes internes, sort tachées de vert bleuâtre vers l'extrémité des pennes latérales.

T° L'HYOGASTRE (?), autre colombe de l’île Célèbes, a huit pouces de longueur totale. La tête, les joues et le menton sont gris cendré, L’occiput, le cou, tout le dos, la poitrine et les flancs sont d'un vert foncé très brillant. Les ailes et la queue sont d’une teinte verte, un peu plus foncée que celle du dos. Les premières ont quelques unes des grandes couvertures terminées par du cendré pur, et les pennes sont finement lisérées de jaune. Les rectrices ont une tache verdâtre cendré à leur sommet. Le milieu du ventre est pourpre noir. Le bas-ventre et les couvertures inférieures sont jaune d’or. La queue en dessous est noire, terminée de blanc gris.

{") Columba virens , Less., Ornith. C. cyanovirens, femelle? Lesson, Zool. de la Coq., pl. 42, fig. 2, texte, p. 713. C.omnino viridis, fronte et gulo cinereis, maculà rubrà pectori, plumis griseis sub alas, axi plumis albo et luteo variegatis, rostro suh albido, et pedibus aurantiacis.

(2) Columba monacha, Reinw., Temm., pl. col, 253.

() Columba hyogastra, Reinw., Temm., pl. coi, 252,

Le bec est gris à sa pointe. Les tarses sont orangés.

8° La NaInE (!) habite les forêts du pourtour de la baie Lobo à la Nouvelle-Guinée. Elle à au plus cinq pouces de longueur. Le bec est pâle; les tarses sont rouge carmin. Son plumage est vert bronzé mat, que relèvent une écharpe gris de lin sur les côtés du thorax. une plaque rouge de sang sur le ventre; le jaune d’or du bas-ventre et des couvertures inférieures de la queue, et le même jaune bordant les plumes vertes des flancs, et toutes les penues des ailes, les primaires exceptées. Les plumes des tarses sont blanches.

La femelle n’est pas connue.

9° La MIGNONNE (?), ainsi que l’indique son nom, est une des gracieuses espèces du genre, et comme la précédente, elle vient de la baie Lobo à la Nouvelle-Guinée, explorée par les naturalistes Maklot et Muller. Verte sur les parties supérieures du corps, sa tête est pourpre rubis ; sa gorge et le devant du cou sont neigeux, les côtés du cou et le thorax gris de perle. Une ceinture gris blanc, relevée d’une seconde pourpre noir, traverse le ventre ; celui-ci et les couvertures inférieures sont orangé. Les plumes tibiales sont vertes ; la queue, arrondie, est noire en dessous, terminée de blanchâtre ; les tarses sont rouge carmin, et le bec est roussâtre.

La femelle ne diffère du mâle que par moins d’éclat dans la nuance pourpre de l’écharpe du ventre, dans la teinte foncée qui le relève , et dans la teinte verdâtre des flancs.

10° La PERLÉE (3) h1bite les bords de la baie Lobo à la Nouvelle-Guinée. Le nom qu’elle porte lui vient des sortes de perles purpurines semées en trois rangées régulières sur le vert des petites couvertures des ailes. Le manteau, les ailes, le croupion et la queue sont vert noir. Les petites rémiges sont lisérées de jaune. Le dessus de la tête, les joues, la nuque et le derrière du cou sont olive, que relève le blanc neigeux de la gorge et du devant du cou, se prolongeant en collier, lavé de gris sur le derrière de cette partie. Le cou en avant et la poitrine sont fauve orangé ; le ventre est lavé de vert, passant au jaunâtre sur la région anale et les couvertures inférieures de la queue, Le bec noir a sa.pointe blanche; les tarses sont orangés. Cette jolie colombe a dix pouces de longueur. Le tour des yeux est rouge.

41° Le KURUKURU (4) est le type d’une race dont les variétés méritent le nom d'espèces, et dont toutes ces espèces n’ont été distinguées que dans ces derniers temps. Le kurukuru type vit à Timor, aux iles

3) Columba perlata, Temm., pl. 559 (mâle adulte). ÿ) Columba purpurata , L., Lath.; Temm. et Gall., t. I, p. 280.

e) Columba pulchella, Temm., pl. col. 564 (mâle). ) )

des Amis et de la Société, et dans quelques autres archipels de la mer du Sud. Cette colombe a huit pouces six lignes de longueur ; sa queue a quatorze pouces. Le sommet de la tête est d’un beau rouge rosé, encadré d’une bordure jaune ; l’occiput, le cou et la poitrine sont gris cendré, nuancé de verdâtre plus foncé sur le derrière du cou. Les parties supérieures du corps sont d’un beau vert lustré, tacheté de vert plus foncé sur les grandes couvertures des ailes, tandis que les moyennes sont frangées de jaune. Les rémiges ont leurs barbes externes vertes, et les internes noires. La queue est terminée par une bande blanche nuancée de vert; le ventre est mélangé de jaune et d’orangé ; le bas-ventre et les couvertures inférieures sont jaunes ; les tarses sont noirs.

Une variété, rapportée de Timor par Maugé, a la tête rubis, la queue verte, bordée de jaune; la gorge de cette dernière couleur ; le thorax gris jaune; le milieu du ventre vineux; le bas-ventre orangé.

Kouroukourou est le nom euphonique de cette colombe à Tongatabou, et Latham dit qu’elle vit principalement de fruits de bananier.

420 Le KURUKURU DES MARIANNES (1), rapportée des îles dont elle conserve le nom par l’expédition Freycinet, a une calotte pourpre vif, encadrée de jaune doré pâle. Les ailes, le dos et le cou sont verts, avec des taches bleues. La gorge est blanchâtre, les joues sont grises , le thorax et le devant du cou gris roux, le milieu du ventre rose vineux, le ventre et les couvertures inférieures de la queue orangée ; la queue est blanche en dessous.

Cette colombe habite les îles Mariannes, où MM. Quoy et Gaimard, qui s'expriment à son sujet en ces termes (Zool. Uranie, p. 54), la trouvèrent très communément : « Dans nos promenades nous la distinguions sans la voir à ses roucoulements si plaintifs , qu’ils ressembloient à de vrais gémissements.» Les Mariannois la nomment totot , et les Papous manobo. Elle fait sa principale nourriture du fruit rouge d’une orangine épineuse (/imonia trifoliata), qu’elle transporte partout, et qu’elle contribue, par ce moyen, à multiplier d’une manière fort incommode.

La description que donne M. Swainson de sa ptilinope regina (?), qu’il supposoit provenir de l’Australie, s’accorde assez avec les individus rapportés des Mariannes par les compagnons de M. de Freycinet; cependant elle s’en éloigne par plusieurs dis-

(‘)Columba roseicapilla, Less.,Ornith. C. purpurata, mus. de Paris. Ptilinopus purpuratus, Var. regina, Swains., Zool. Journ., t. 1, p. #76.

(2) Viridis, vertice purpureo roseo margine semi-lupari aureo, fascià latâ abdominali aurantiacâ, tegminibus inferioribus flavis, pennis colli rigidis apice furcatis.

HISTOIRE NATURELLE

semblances trop légères pour autoriser à en faire une espèce distincte.

Le kurukuru des Mariannes se trouve aussi à Ti= mor et dans le nord de la Nouvelle-Hollande.

45° Le FORSTER 1) habite les îles des Amis, surtout l’ile de Tonga-Tabou, et même celles de la Société à Ulietéa, suivant Latham. Son plumage est généralement teinté de nuances vertes différentes. Le ventre est traversé par un ceinturon vert très foncé ; les ailes n’ont point de bordures jaunes, et le menton lui-même ne présente pas cette dernière couleur. La nature du plumage est soyeuse, et les plumes de la poitrine ont une échancrure à peine marquée. Le sinciput est violet pourpré foncé, sans bande jaune à l’entour ; les pieds brun rougeûtre, et le bec est noir.

14° Le KURUKURU D’O-TAïTI (2?) pourroit bien être la belle tourterelle verte dont Bougainville fait mention dans la relation de sa relâche à O-taiti. La taille est un peu plus torte que celle des autres kurukurus, car il a neuf pouces six lignes de longueur totale. La calotte qui revêt la tête est d’un rose très pâle, que circonscrit une raie assez large d’un jaune à peine marqué ; le cou en entier, jusqu'aux épaules, et tout le dessous du corps, sont d'un gris de cendres uniforme, teinté de verdâtre sur la poitrine. Le menton, la gorge et le devant du cou passent au blanchâtre. La région anale et les couvertures inférieures de la queue sont jaune vif; le manteau, le dos, le croupion et les ailes sont d’un vert doré, à teintes rousses. Les rémiges sont brunes en dedans. La queue est assez régulièrement rectiligne; chaque rectrice est d’un vert métallique en dehors du rachis, brune en dedans, et terminée par une large raie blanchâtre, bordée de brunâtre. Le bec plombé est blanc à la pointe ; il est recouvert pendant la vie de l'oiseau par deux petites caroncules orangées qui surmontent les narines. Les tarses sont orangés.

Nommée ouba, cette colombe fréquente les coteaux boisés et les plus déserts de la presqu’ile de Matavai, à la Nouvelle-Cythère. Les O-taïtiens se ser voient de ses plumes comme objets de parure. Le nom d’ouba , que les naturels nous donnèrent pour désigner cet oiseau , se rapporte parfaitement à celui d'oupa ou oupara que cite Temminck, sur l'autorité de Forster, sans doute (Gall.,t. 1, p.285). Nul doute que ce kurukuru ne soit la variété indiquée par Temminck, page 284 de son ouvrage.

{) Columba Forsteri, Desn., Dict. sc.nat., t. XLI, p. 341. C. porphyracea, Forster. C. purpurata , Lath, Temm., Pig., 35. Zbid., Trans. soc. linn., XIII, 130. C. porphyra, Wagier, esp 31. C.viridissima, Temm., texte de la colombe à diadème. Pigeons, pl. 34, et Gall. 1, 283.

@) Columba taïtensis, Less., Zool. de la Coq,,t.I, p. 297.

DES OISEAUX

45° Le KURUKURU A VENTRE JAUNE (1), ou & diadème, vit à Célèbes et à Banda, deux des Moluques les plus riches en objets nouveaux d'histoire naturelle et les moins explorées.

Cette gracieuse colombe a le sommet de la tête d’un gris de perle, de nuance douce , encadré d’une bandelette jaune ; le menton lui-même est de cette dernière couleur. La nuque et la poitrine sont d’un gris nuancé de verdâtre, et les plumes de cett® dernière partie ont une forte échancrure. Sur le milieu du ventre existe aussi une plaque grise, mais tout le

reste du dessous du corps est d’un jaune légèrement :

orangé très brillant. Les cuisses, le dos, les ailes et Ja queue en dessus sont d’un vert foncé très brillant. De grandes taches blanc verdâtre se dessinent sur la pointe des scapulaires , et les grandes couvertures sont frangées de jaune.

16° La pouxioPOu (2?) habite l'ile d'O-taïti, où Îles insulaires lui donnent le nom qu’on lui a conservé. Ses dimensions sont de neuf pouces et demi. Le sommet de la tête est d’une belle couleur violette ou lilas. Les joues et l’occiput sont vert clair. La nuque et le derrière du cou sont colorés en brun roussâtre. La gorge et le cou, en devant, ont des plumes blanches avec un peu de violet à leur milieu. Le dos est vert, ainsi que la queue ; mais celle-ci est lisérée de vert plus clair, et les trois pennes , les plus externes de chaque côté, sont terminées de noir. Les petites couvertures supérieures, ou pli de l’aile, ont une belle tache bleu violacé; les autres plumes des cou vertures sont bleues, frangées de vert à leur postérieur, et quelques unes des plus grandes ont un cercle roussâtre entre le bleu et le vert. Une écharpe bleu foncé traverse la poitrine; les plumes des flancs sont vertes, frangées de blanc; le ventre est neigeux.

Les plumes qui recouvrent les tarses sont verdâtres ; ceux-ci sont rouges. Le bec est de couleur de corne.

470 La PORPHYRE (3) habite les îles de la Sonde et des Moluques. Sa taille varie de dix à onze pouces, et les deux sexes se ressemblent , avec cette différence que les femelles ont moins d'éclat dans le plumage. La tête, le cou, le haut du dos et la poitrine sont d’un pourpre très vif, plus pâle sur la tête, plus foncé et prenant une teinte de laque sur le cou. Un large collier blanc couvre la poitrine, et une bande plus étroite, souvent nuancée de rose, sépare la couleur pourpre de la nuque, du vert qui règne

(1) Columba xanthogaster , Wagler , esp. 29 (1829). Nouv. esp., Quoy, Bull, t. HE, p. 228 , en note (1824). C. purpurata, Temm., pl. col. 254; et puis C. diademata, texte(1836).

(2) Columba superba, Temm., Pig., pl. 33.

(3) Columba porphyrea, Reinw.in Temm., pl. col, 106, C. rose collis, Wagler, esp. 27. Stephens, t. XIV.

sur le dos. On aperçoit du noir plus ou moins teint de verdâtre au-dessous du ceinturon blanc. Le milieu du ventre et les flancs sont cendrés ou nuancés. suivant l'âge des individus, de cendré, de vert et de jaunâtre. Une partie de l'abdomen est jaune, et les couvertures dü dessous de la queue sont vertes ‘au centre et bordées de jaune pur. Tout le dos, les ailes et les deux pennes du milieu de la queue sont d’un vert foncé ; les pennes latérales sont vert bouteille, et terminées de gris verdâtre. Le bec est jaunâtre à sa pointe; les doigts sont rouges.

Les jeunes de l’année ont la tête, le cou, la poitrine et toutes les parties supérieures d’un vert foncé. Les p umes du dos et des ailes ont une teinte plus foncée que chez l’adulte, et sont terminées par un croissant jaune. Le ventre est jaune verdâtre clair. On n’aperçoit aucune trace du collier blanc et des teintes noires que possède l’adulte. Les individus de passage, ou ceux en mue, sont tapissés de plumes pourprées et vertes. Le cercle rose et le collier blane n'existent que chez les vieux individus.

48° L’ELPHINSTONE (1) provient du pays des Mahrattes, sur le continent de l’Inde; ce qui nous porte à croire qu’elle pourroit bien ne pas appartenir à cette tribu. M. Sykes dit qu’elle a de grands rapports avec le porphyre et certains colombars. Elle a dix pouces trois lignes (angl.) de longueur, sans y comprendre la queue, qui en a cinq et demi. Cette colombe , rare dans son pays, vit dans les forêts des Gnauts ; elle est solitaire et se nourrit de fruits. Les deux sexes se ressemblent, et leur vol est très rapide. Brune en dessus, elle est en dessous, sur la tête et le cou, cendrée. L’occiput est noir, et les plumes ont leur extrémité marquée par une gouttelette blanche ; le manteau est rubis; le cou, le thorax, sont vert émeraude ; le croupion est cendré, à teintes luisantes; les deuxième, troisième , quatrième et cinquième rémiges sont échancrées à leur bord externe ; les yeux sont jaune ocreux.

49° La MENTONNIÈRE (?) a été tuée auprès de Manado, dans l’ile de Célèbes. C’est une belle espèce, fort grande, ca: elle a près d’un pied de longueur. La tête, la gorge et la poitrine sont cendrées ; une large tache marron occupe le dessous du bec; le dessus du cou est cendré clair. Tout le dos et les ailes sont d’un vert magnifique, passant au vert émeraude sur les pennes secondaires et sur celles de la queue. Les grandes rémiges sont noires à la pointe, verdàtres sur leurs bords externes, tandis que les secondaires sont lisérées de jaune. La première des grandes. pennes est la plus courte, falciforme, et finissant

(1) Ptinilopus Elphinstonii, Sykes, Proceed., Il, 449,

(2) Columba qularis, Quoy et Gaim., Astrol., pl. 29, t. 1, p. 247. GC. capite alboviridi, corpore desuper smaragdino , collo pectoreque griseis, abdomine rufo, gulà& brunneo maculatä.

brusquement en pointe. Les couvertures inférieures sont verdâtres, et le reste de l’aile est brun. Le ventre est d’un fauve mêlé de gris et de verdûtre. Le dessous de l'abdomen, les cuisses et les couvertures inférieures de la queue sont d’un roux vif. La queue est assez longue, formée de douze pennes arrondies , brunes en dessous et blanches vers leur pointe. Les tarses sont emplumés et de couleur cendrée; les pieds sont rougeûtres et assez forts; le bec est jaune et médiocre. Au croupion et sous les ailes on remarque de longs poils blancs très déliés et rares , indice de vieillesse que semble encore confirmer l’usure des ongles.

20° La vLouvLou (1) vit aux îles Sandwich : longue de dix pouces quatre lignes, elle a la tête, le cou, les scapulaires, le dessus de la queue et les flancs d’une gracieuse couleur verte, comme veloutée ; la gorge est marquée d’une bande longitudinale blanc pur. Le jaune verdâtre du ventre est séparé du vert de la poitrine par deux lignes étroites, transversales, l’une blanche et l’autre noire. La région anale et les couvertures inférieures de la queue sont jaunes; la queue en dessous est grise; les rémiges grises en dehors dans une partie de leur longueur, sont noirâtres dans le reste. Une bande grise, large, traverse les couvertures des ailes. Le bec est noir, et les doigts sont gris.

Cette colombe présente quelques particularités assez remarquables. Les couvertures des ailes s'étendent jusqu'à l'extrémité des pennes, qui sont courbées en forme de sabre dans les trois quarts de leur longueur, et fortement échancrées à leur pointe.

24° L'ÉRYTUROPTÈRE (2?) habite les îles de la mer du Sud. On la trouve aux Nouvelles-Hébrides, et aussi, assure-t-on, dans l’archipel de la Société. Elle a neuf pouces et demi de longueur totale. Le front, la gorge, le devant du cou et la poitrine sont d’un beau blanc. Un prolongement, aussi blanc, se dessine derrière l’œil , et s'étend jusque sur l’oreille. Le dessus du corps est d’un violet pourpré, changeant et très brillant ; les grandes couvertures des ailes et les rémiges sont noires; le ventre est noir, à reflets pourprés ; la queue, égale, est grise à son origine, et terminée par une bande noire; les pieds sont orangés , et bec est noir. Quelques individus n’ont pas de blanc sous la gorge et sur la poitrine.

930 La CENDRILLON (5) vit à Timor ; elle a quatorze pouces, un plumage sans aucun éclat métallique. La tête, les joues, les côtés du cou, la nuque et le haut du dos sont gris bleuâtre ; les ailes, le dos, sont

(‘) Columba holosericea, Temm., Pig., et Gall, t. I, p. 269.

(») Columba erythroptera, Lalth. Temm., Pig., Gall., t. 4, p. 273.

() Columba cineracea, Temm., pl.-col, 563,

HISTOIRE NATURELLE

couleur de cendres; les rémiges et les rectrices brun cendré, Le menton, le devant du cou, la poitrine et le ventre sont de couleur lie de vin claire ; le basventre, les cuisses, les couvertures du dessous de la queue sont d’un gris jaunâtre terne. Le bec est noir, et les tarses sont bleus : ceux-ci sont presque totalement emplumés, et les doigts sont très épatés.

25° La METALLISÉE (!) appartient peut-être à la section des tourterelles ; c'est une colombe de Timor, à plumage ardoisé uniforme, à teintes métalliques et à reflets chatoyants. Les rémiges et les rectrices sont d’un noir mat. Le ton ardoisé des plumes est lustré de vert pourpré et d’opale chatoyante, suivant les reflets de la lumière. Les pattes sont carmin; le bec est rouge, puis jaune à sa pointe. Les narines et le tour des yeux sont vermillon. Sa longueur totale est de quinze pouces. Les tarses semblent être à demi vêtus.

LES TÜURVERTS ().

Ont le bec allongé, grêle, légèrement convexe à sa pointe. Les fosses nasales, percées en rainure longitudinale, sont recouvertes par une membrane, sous laquelle s'ouvrent, en scissure oblique et au milieu du bec, les narines. Les ailes sont allongées et pointues ; la queue est médiocre et légèrement arrondie ; les tarses sont assez longs, grêles, scutellés, complétement nus, terminés par des doigts foibles. Le nom de turvert est emprunté à l'espèce la plus anciennement connue.

40 Le TURVERT MALAIS (5), commun à Timor, à la Nouvelle-Guinée, à Sumatra , où les naturels lui donnent les noms de limorn-an et de pounaïi-tanna, à Java, où on l’appelle delimu ou qlimuken; le turvert semble être répandu sur toutes les terres où la race malaise s’est établie ou s’est avancée. Buffon l’a décrit sous le nom de turvert, et l’a figuré sous celui de tourterelle de Java, en]. 177.

2° La COLOMBE PAMPUSAN () est assez rare à

() Columba metallica, Temm., pl. col. (mâle).

(1) Peristera, Swains., Zool. Journ., t.lI, p. 360. Rostrum gracile, subemarginatum. Alæ rotundatæ, remige primâ brevi, abrupté attenuata, secundà et quintà feræ æqualibus; tertià et quartà æqualibus longissimis, caudà rotundatà, pedes fortes nudi, subelongati, tarsis squamis anterioribus imbricatis, lateralibus nullis.

(5) Columba javanica, Lath. Temm., Pig , pl. 26. Horsfield, res in Java, Trans. soc. linn., t. XIII, p. 183. Raffles, cat., ibid., p. 31. Temm., Gall I, 252. C. cyanocephala, Gm. C. cœruleo capilla, ala capilla et indica, Lath. C. chrysochlora, Wagler, esp. 79.

() Columba pampusan, Quoy et Gaim., Ur., pl, 30,

DES OISEAUX

Guam, l’une des îles Mariannes. Elle est longue de dix pouces. Son plumage est généralement roux, mais avec des reflets différents. La tête est petite, d’un roux tirant au rougeâtre. Le cou, la poitrine et le ventre sont simplement roux. Les plumes du dos reflètent un brillant métallique un peu verdàtre. Les scapulaires et les couvertures supérieures et inférieures de la queue sont bordées d’un roux vif. L’extrémité des grandes pennes est brun clair. La queue a douze rectrices. Elle est assez longue, rougeâtre, avec une large ligne noirâtre à l’extrémité. Le bec, long de neuf lignes , est noir, mince, effilé, un peu courbé à la pointe, qui a une teinte cornée. Les jambes sont longues et rousses. Le tarse a un pouce de long.

M. Temminck, par une détestable manie de changer les noms, a figuré l'oiseau , rapporté des Mariannes par MM. Quoy et Gaimard, sous le nom de colombe Rousseau (1).

3° La COLOMBE CENDRÉE (?) ou souris vit au Brésil, et n’a que sept pouces de longueur; sa queue est légèrement étagée. Le mâle a le front, la gorge, le dessous du cou, la poitrine et le ventre en entier d’un blanc légèrement teint de gris bleu. Le dessus de la tête, le derrière et les côtés du cou, ainsi que le haut du dos, sont d’un gris bleu plus foncé. Le manteau, les couvertures des aies, le croupion et les deux pennes intermédiaires de la queue, ainsi que l’origine des latérales , sont gris de souris. Les grandes pennes alaires gris brun; les pennes latérales de la queue noires extérieurement dans les trois quarts de leur longueur. Le bec jaune et les pieds rouges.

La femelle a la gorge, le ventre et les flancs blanc nuancé de cendré. La poitrine et les côtés du cou sont brun cendré. Les parties supérieures brun foncé, avec des taches pourpres sur les ailes.

4° La COLOMBE LONGuP ($) est remarquable par l’élégante huppe de plumes déliées qui partent de l’occiput. Elle a été découverte dans les montagnes Bleues de la Nouvelle-Hollande. Longue de douze pouces , elle a la tête, le devant du cou, la poitrine et le ventre d’un gris cendré. C’est à l’occiput que sont implantées les plumes de la huppe qui se dirigent en arrière. Cette huppe est cendré noirâtre, et les plumes sont eflilées. La nuque est cendré vineux. Les plumes du dos et les petites couvertures des ailes sont brun cendré, rayées d’une bande noire à leur extrémité, et terminées de cen-

p. 121. C. corpore rufo, caudà transverse nigro fasciatà, rosiro nigro, pedibus rufulis.

{1) Columba æanthonura, Temm., pl. 490.

(2) Columba cinerea, Temm., pl. col. 260 (fem.), Zool. Journ., t. IE, p. 360 Gall., t. I, p. 299.

(3) Columba lophotes, Temm., pl, col. 142. Trans. soc. linn., t. XIIT, p. 10.

il,

dré roussâtre. Les grandes couvertures sont terminées par une large plaque vert brillant et métalli que , et sont lisérées de blanc pur. Les pennes secondaires sont, ainsi que les rémiges, d’un gris cendré très foncé , mais ces pennes ont une grande tache d’un pourpre brillant, à reflets métalliques, disposée sur leurs barbes externes, aussi lisérées de blanc pur. Les rectrices sont d’un noir lustré, à reflets verts et violets, et sont terminées de blanc. Le bec, fort petit, est noir, et les pieds sont rouges.

5° La COLOMBE A MASQUE BLANC (!) habite l’intérieur du cap de Bonne-Espérance. Elle est caractérisée par un masque blanc qui lui enveloppe le front, les joues et la gorge, pendant que le cou, la poitrine et le manteau, ainsi que le croupion, sont d’un brun roux, jouant au pourpre , au vert, ou au bleu d’acier poli, suivant les incidences des rayons lumineux. Le dessous du corps est roux uniforme. Les rémiges sont noirâtres, frangées de gris bleuâtre. La femelle ne diffère du mâle que par ses couleurs moins nettes.

Cette colombe vit exclusivement dans les grands bois. Il est fort difficile de la tuer , parce que, se tenant toujours à terre, on l’apercçoit difficilement à travers le fourré. Lorsqu’on l’a fait même partir, on l’entend souvent s'envoler avec grand bruit sans pouvoir la découvrir, car elle ne se perche guère que sur les branches basses des arbres ou dans les buissons, entre les ramifications desquels elle place son nid, qui est plat, et ne contient jamais que deux œufs blanc fauve.

La COLOMBE A NUQUE VIOLETTE (?) a été rapportée de l’ile Saint - Thomas par Maugé. Longue de neuf pouces, cette espèce, qui a de grands rapports de conformation avec la colombi-galline roux violet, a en effet toutes les parties supérieures d’un riche pourpre foncé ; les grandes rémiges rousses ; la nuque revêtue d’une sorte de collier d’un riche violet, à reflets dorés. Le front, la gorge, le ventre, les flancs et les couvertures inférieures sont blanc pur. La poitrine est légèrement nuancée de violet pourpré, à reflets bronzés. Les yeux sont entourés d’un espace dénudé et rouge vermillon. Le bec et les pieds sont rougeûtres.

7° L’OREILLON BLANC (3) vit aux îles Philippines. Un cendré pur couvre le front et le sommet de la tête, et prend une teinte olivätre sur l’occiput. Une bande noire part de l’angle du bec et s'étend sur les yeux. Quelques plumes d’un blanc éclatant couvrent le méat auditif. Toute la nuque et les côtés du cou ont des reflets verts ou métalliques, très

(1) Columba larvata,Temm., Pig., pl. 34, 1, p.266. Levaillant, Afrique, pl. 260.

(2) Columba violacea, Temm., Pig., pl. 29; et Gall. à {. I, p.260.

() Columba leucctis, Temm., pl. 891,

éclatants. Ces couleurs chatoyantes sont nuancées de pourpre métallique. La gorge est rousse ; la poitrine et le ventre sont roux olivâtre, ayant des reflets métallisés. Les ailes et le dos sont d’un olivâtre à légers reflets verts. La queue a des teintes pourprées ; elle a une zone noire presque à son sommet, etest terminée de cendré. Les couvertures inférieures sont gris cendré. Le bec est noir, et les pieds sont rouges. Ses diménsions sont neuf pouces six lignes. On la trouve principalement aux environs de Manille, dans l’île de Lucon.

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