LES TOURTERELLES
Forment une petite tribu que caractérisent des formes élancées, sveltes, allongées, un bec mince, peu épais, peu renflé. Les narines sont simples ou recouvertes par une lame cornée, convexe, voütlée. Les ailes sont allongées, subaiguës ; la queue est moyenne, légèrement arrondie, ou presque rectiligne. Les tarses sont longs, grêles, nus, garnis de scutelles en avant, On trouve des tourterelles en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique. La plupart ont des colliers sur la nuque.
SI Espèce européenne.
4° La TOURTERELLE (?), qui vit dans la plupart des bois de l’Europe, a été décrite par Buffon.
& IL
Espèces africaines.
2 La TOURTERELLE BLONDE (3) ou rieuse paroît être répandue à l’état sauvage dans plusieurs parties de l’Afrique méridionale et de l'Asie, Thunberg et Levaillant l’ont rencontrée dans les buissons, où ses ris et ses hou-hou l’indiquent aussitôt. Introduite en Europe, elle y est élevée en cage sous le nom de iourterelle de Barbarie, et c’est bien à tort que Buffon l’a regardée comme une simple variété de notre tourterelle. On en connoît une variété albine. Son plumage le plus oräinaire est blond, avec ur collier noir. Elle est très commune à Java,
(:) Turtur.
() Columba turtur, L. Temm. Pig., pl. 42, ett. 1, p. 305, enl. 394.
(8) C. risoria.L.. Lath. Temm., Pig., pl. #1 , et Gall. I, 323. La tourterelle blonde à collier, Levaill , Afriq.,
pl. 268. Horsfeld, col., res., Frans. XIE, 183, Enl. 161 el 244.
HISTOIRE NATURELLE
où on la nomme puter , et elle y compte plusieurs variétés. On la retrouve dans Inde, dans le pays des Mahrattes ( Proced. , IE, 450), où elle vit en troupes.
3° L’ÉMERAUDINE (1) est encore une de ces espèces pour lesquelles Buffon a commis les plus graves erreurs. Il en a donné une fort mauvaise figure à la pl. 469 des enluminures, bien que Brisson lait décrite sons le nom de tourterelle du Sénégal, adopté par Buffon. Cette espèce viten effet dans une grande partie de l'Afrique, depuis le Sénégal jusqu’au cap de Bonne-Espérance.
4° La TAMBOURETTE (?) du pays des Caffres, imite par son cri, à s’y méprendre, le son d’un tambourin. Vive dans ses allures, de mœurs sauvages, cette tourterelle place son nid sur le sommet des arbres dans les grands bois. Sa taille est de neuf pouces trois lignes. Son plumage est brun terreux en dessus, que relève le blanc du front, un sourcil audessus des yeux, et les parties inférieures qui sont uniformément de cette couleur. Quelques grandes taches bleu noir. à reflets verts, se dessinent sur les couvertures alaires. Le croupion est gris brun, traversé de deux bandes plus foncées. La queue est formée de douze rectrices. Les six du milieu sont roux brun, les latérales, grises à leur naissance, ont du noir à leur sommet, et leur pointe est grise, Les pieds sont jaunes et l'iris est brun.
La femelle diffère du mâle par le blanc sale des parties inférieures.
5° La PEINTE () a la queue longue, foiblement arrondie, et les ailes atteignent le milieu de leur longueur. On voit sur les côtés du cou quelques plumes échancrées dans leur milieu. La tête, la gorge et la nuque sont gris cendré. La partie inférieure du cou, la poitrine et le ventre sont d’un vineux clair. Les plumes échancrées sont noires et terminées de vineux. Le dos, le croupion et les flancs sont gris. Le ventre est blanchâtre. Ses ailes sont brun cendré, Les rectrices latérales sont terminées de cendré. Le bec et les pieds sont plombés. Cet oiseau a de longueur totale de onze à douze pouces.
Cette tourterelle fréquente à certaines époques de l’année les iles de France et de Bourbon, où elle est de passage ; M. Delalande l’a trouvée à Madagasear. M. Temminek en a vu des dépouilles en: voyées des côtes orientales de l'Inde, mais cela n’est pas une raison pour Ja croire de ce pays.
() Columba afra, L. Temm., Pig,, pl. 37,et Gallin: 1,291. Briss., Ornith., pl. 10, fig 1. L'émeraudine, Levaill.,Afriq., pl. 2714. C. chalcospilos, W agler, esp. 83.
2) C. tympanistria, Temm., Pig , pl. 36. Gall. I, 287. Levaillant, Afriq., pl. 272.
(3; C. picturata, Temm., Pig., 1, p. 315. pl. col. 242. C. picturataet Dufrenii, Shaw, gén, Zool. I, 85.
DES OISEAUX
6° La TOURTERELLE MAILLÉE (1) paroit répandue dans üune grande partie de l’Afrique et de l’Asie. Delalande et Levaillant l'ont trouvée au Cap, Olivier en Perse, Savigny en Egypte, et Sonnerat dans l'Inde, aux environs de Surate.
Cet oiseau a dix pouces de longueur. Ses ailes pliées atteignent le milieu de la queue. La tête et le cou sont d’un rose vineux. Les plumes du thorax, profondément échancrées , sont d’un roussâtre varié de lignes noires, simulant des mailles. Le dos est brun, mélangé de roussâtre. Les pennes moyennes des ailes sont cendrées, les primaires noirâtres; le ventre est vineux , et les couvertures inférieures blanc pur. Les rectrices sont noirâtres et blanchâtres dans le reste de leur étendue , celles du milieu exceptées , qui sont brun cendré. Les pieds sont rouge clair et les yeux orangés. La femelle, un peu plus petite que le mâle, a les teintes moins vives Cette espèce niche sur les arbres, et roucoule comme les tourterelles.
& IL
Tourterelles asiatiques.
7° La TIGRÉE (?) , ou à nuque perlée, paroiît être répandue dans les îles de la Sonde et les Mo uques, et sur le continent indien. C’est la dero ou derkuku des Javanais, et la surat turile des Anglois établis aux Indes. Le colonel Sykes l’a rencontrée communément dans le pays des Mahrattes, où elle vit dans les bois des Ghauts. Sa queue est composée de rectrices légèrement alténuées à leur sommet. Sa taille est de dix pouces six tignes de longueur. Le haut de la tête est d’un gris vineux. La gorge est blanchâtre, lavé de rosâtre sur le devant du cou. La poitrine est d’un vineux clair. La nuque est couverte de plumes échancrées, disposées en un demi-collier noir, parsemé de taches quadrangulaires blanches dans le haut , et de taches semblables, mais de teinte terreuse, dans le bas. Le haut du dos est gris brun, mais chaque plume est terminée de jaune d’ocre. Les grandes couvertures sont gris brun, les petites gris de cendre. Les rémiges sont noirâtres, frangées de grisâtre. Les pennes moyennes, le croupion et les couvertures supérieures de la queue, et les pennes moyennes de celle-ci,
(1) Columba senesalensis, Gm. Lath. Turture gutture maculato, Briss., pl. 8, fig. 3. La tourterelle grise de Surate, Sonn.,1t.,p. 1480 ,t. II. La colombe maïllée, Levaill., pl. 270. C, cambayensis, Term , pl. 45 et 1, 329. Egypte, pl. 13, fig. 7. C. egyptiaca, Licht., Cat.
@)C.tigrina, Temm., Pig., pl. 43. Gall., 1, 347. Proceed. , 11, 150. Horsf., Trans., XIII, 1483. la tourterelle grise de la Chine, Sonner., IL.,{pl. 102, C. suratensis, auct. C. risoria, var. Lath.
sont gris brun. Les autres rectrices sont grises à leur base, puis rayées d’une bande noirâtre transversale dans leur milieu, et les trois latérales de chaque côté sunt terminées de blanc. En dessous, la queue est noire dans les trois quarts de son étendue, puis blanche. Le ventre et les couvertures inférieures sont blanc pur. Les flancs semblent lavés de gris et de vineux. Le bec est noir, les yeux sont rouges, les pieds sont jaunes.
8° La COLOMBE TERRESTRE (1) habite le Bengale, le pays des Mahrattes, les îles Philippines, et quelques autres points de l’Asie. Le mâle a le sommet de la tête, les joues et la nuque d’une belle couleur cendré bleuâtre. Un demi-collier noir, assez large et sans aucun indice de taches blanches, couvre la partie cervicale. Le dos, en haut, les scapulaires et les couvertures des ailes ont une couleur lie de vin. Le devant du cou. la poitrine et le ventre, sont de même couleur, mais avec des teintes moins foncées. Les flancs, le dos et le croupion sont d’un cendré bieuâtre ; labdomen estcend.é blanchâtre. La queue est grise en dessus, noire en dessous jusqu'aux deux tiers , a le reste de sa longueur blanchätre. La rectrice la plus externe est blanche au sommet.
La femelle a un collier comme le mâle. Sa tête et les grandes couvertures sont d’un cendré pur ; le reste du plumage brun cendré, le bas-ventre et les flancs sont blanc pur. Le bec est noir; les tarses sont rouges.
Cette tourterelle a de huit pouces six lignes à neuf pouces. On ignore ses mœurs.
9e La TOURTERELLE A DOUBLE COLLIER (2) vit au Sénégal, au cap de Bonne - Espérance, de même qu'à Java et à Sumatra. Dans la première de ces iles on la nomme puter-genni. Elle a de longueur onze pouces. La tête est grise cendrée. Le cou, la poitrine et le ventre sont de couleur vineuse. Deux colliers se dessinent sur la nuque. Le premier est blanc pur, le deuxième est noir. Le dos, les scapulaires et les moyennes couvertures sont gris tendre. Les petites couvertures sont bleu plombé. Les rémiges sont grises, et les rectrices externes noires se terminent de blanchâtre. Le ventre est blanc, le bec noir, et les pieds sont rouges.
Maugé à rapporté cette tourterelle de Java, où le docteur Horslield la rencontrée également.
410% La TOURTERELLE DE DUSSUMIER (3) a été rapportée de Manille par un voyageur dont elle porte le nom. Elle a onze pouces quatre à six lignes de longueur totale. Son collier est composé de plumes
tr) Columba humilis, Temm., pl. 258 et 259(mâle et fem ). Proceed., If, 150. Wagl., esp. 95.
(@) C bitorquata, Temm., Pig., pl. 40, t.1, p. 301. Horsfield, Trans., XIE, 483.
() C. Dussumieri, Temm., pl. col., 188, !Wagl., esp, 99. PATES
comme gaufrées, et cette espèce est la seule qui présente cette particularité. Un cendré plus ou moins nuancé de vineux couvre la tête et les joues. Cette dernière teinte est plus foncée sur la nuque, sur le devant du cou et à la poitrine; sur le ventre et sur les flancs ce rose vineux passe au blanchâtre. Les plumes du collier sont d’un cendré noirâtre, que termine une zone vert foncé métallisé. Le dos, les scapulaires et les grandes couvertures des ailes sont gris brun cendré. La queue, foncée, a sa rectrice externe noire et frangée de blanc pur. Le bec est brun et les pieds sont rouges.
41° La mina (!) représente notre tourterelle d'Europe, avec laquelle elle peut être prise , au dire du lieutenant-colonel Sykes, qui l’a observée dans le Dukhun ou le pays des Mahrattes , où elle porte le nom de hhulgah. Elle a la tête, le cou, le dos et le thorax d’un rose vineux, plus clair sur le ventre. La région anale et les couvertures inférieures de la queue sont blanc pur. Le dos et le croupion sont ardoisés. Les couvertures du dessus de la queue sont d’un rose vineux à leur sommet. Les scapulaires et les couvertures des ailes sont noirs, largement bordés de marron. Les rémiges et la queue sont brun noirâtre , et les pennes de celle-ci sont également marron sur leurs bords. Les couvertures inférieures des ailes sont cendrées. Le cou, de chaque côté, est maculé de noir, et les plumes se trouvent bordées à leur sommet de bleuâtre très clair. La femelle est d’un vineux moins foncé, elle a les couvertures inférieures de ia queue cendrées, etles quatre rectrices moyennes de la queue terminées de blanc. L’iris est orangé. Le bec et les pieds sont jaunes. Cet oiseau a treize pouces anglois de longueur totale. Elle vit en troupes dans les forêts des Ghauts. Elle a, comme les ptilinopes, les deuxième et troisième rémiges rétrécies.
42° La MULLERIÈNE (?) a été découverte à la Nouvelle-Guinée par le voyageur Muller, qui la rencontra sur les bords de la rivière Dourga. Une calotte purpurine couvre la tête, et se trouve sur l’occiput encadrée par un trait blanc qui se prolonge de la gorge en dessous de l’æil , qui sont de cette couleur. Un large collier noir découpé sur la gorge entoure le cou. Sur la nuque jusqu’au dos règnent des reflets grenats. Le dos et l’aile entière sont gris de cendre. Les parties inférieures sont nuancées de teintes purpurines. La queue est de moyenne longueur et égale. Elle est cendrée brunâtre, mais coupée par le milieu par une large bande blanchâtre. Les pieds sont rouges, le bec est noir.
45° La GLAPISSANTE (5) vit au Japon, et pourroit
(1) Columba meena, Sykes, Proceed., II, 149, () C. Mulleri, Temw., pl. 566 (mâle adulte).
(3) C. gelastis, Temm., pl. col., 590.
HISTOIRE NATURELLE
être prise au premier aspect pour une simple variété de la tourterelle d'Europe. Les différences principales entre ces deux espèces voisines sont que la tourterelle glapissante a la queue plus courte et les ailes plus longues, ce qui lui donne une forme un peu différente. Cette queue, dit M. Temminck, n’a pas de blanc comme cela a lieu à l’espèce de France. Le bout des pennes, et le fond extérieur de la rectrice latérale est cendré bleuâtre, de même que les couvertures inférieures de la queue. Le ventre est nuancé d’une teinte lie de vin : les flancs et le croupion sont d’un bleu cendré assez vif. La poitrine et le dos sont de couleur de terre, et la gorge est isabelle, Elle a de longueur totale douze pouces.
Les Japonois élèvent cette tourterelle en cage, et la nomment {sutsi-harai hato ou pigeon couleur de terre.
44° La BLEUE (!) habite, dit-on, le Bengale. Elle est longue de neuf pouces, et d'un riche azur sur le corps, tandis que les joues et la gorge sont d’un blanc pur, le devant du cou et la poitrine d’un brun fauve nuancé de vineux. Un cercle nu entoure les yeux, il est rouge comme les pieds.
45° La TOURTERELLE DE BANTAM (?) a été décrite par Buffon sous le nom de tourterelle rayée des Indes, et figurée par Edwards, pl. 16. C’est la peitte tourterelle de Quéda de Sonnerat, dans son Voyage aux Indes (t. II, p. 477 ). Elle est commune dans toutes les îles de la Sonde et des Moluques. A Java on la nomme berkulut , et à Sumatra katitiran. Dans cette dernière localité on en connoît quelques variété de taille. Ses proportions les plus ordinaires sont de sept pouces à huit. Son bec est noir, son plumage cendré en dessus, avec des taches lunulées brunes sur le dos et sur les ailes. Le cou et la poitrine rayés sur les côtés. Le blanc et le thorax d’un blanc vineux.
Cette espèce se tient dans les forêts de palmiers. Ses habitudes sont mélancoliques et solitaires.
$ IV
Tourterelles américaines.
16° La GEOFFROY (3) vit au Brésil. Elle a le plumage bianchâtre , relevé sur les épaules par cinq ou six taches violettes luisantes, à reflets verts, et par sept ou huit taches couleur tabac d’Espagne sur l’extrémité de ces mêmes ailes, qui sont noirâtres. Son bec est noir; les pieds sont rouges.
(1) Columba cϾrulea, Teram., Gall., j, 290.
() C. bantamensis, Sparm., Mus. Carlson. , pl. 67. Raffles, Trans., XIII, 319. Horsfield, ibid,, 183. C. malascensis, Temm., pl. 47, et Gall.,t.1, p. 339. C. striata, Wagl., esp. 106. Turtur indicusstriatus, Briss. C. Malaccensis, Bantamensis et striata, Latham, Indes.
Ë) Columba Geoffroyii, Temm. , Pig., pl. 37, ett. I, p. 297, 476.
DES OISEAUX
47e La JASEUSE (1) vit dans les forêts du Brésil, qu’elle fait retentir de son roucoulement doux et so- ‘nore, agréablement modulé sur quatre tons que les Portugois expriment dans leur langue par les syllabes hum - s0 - fico. On la nomme dans sa patrie palumba margosa, à cause de l’amertume de sa chair. Sa taille est longue de douze pouces huit lignes. Son plumage est gris foncé, mais avec du roussâtre au front, du violâtre sur les joues, du gris pourpré sur la tête, le cou et la poitrine, du verdàtre sur les petites couvertures des ailes, du bleu ardoisé clair sur le bas-ventre. La nuque est recouverte de plumes échancrées, marquées de deux petits ovales d’un riche violet, formant par leur ensemble une plaque émaillée. Les tarses sont grêles, foibles et rouges.
18° La viNEUSE (?) habite la Guyane. Elle a dix pouces de longueur totale, le bec noir, les pieds rouges. Son plumage sur la tête, le cou et les parties inférieures est d’un rose vineux pourpré. Les ailes, le dos et la queue sont d’un fauve noirâtre.
49° La SYLVESTRE (3) a été décrite par d’Azara sous le nom de pigeon sauvage. Elle niche pendant l'été dans les grands arbres de la lisière des forêts au Paraguay, et paroit se réfugier au Chili pendant l'autre portion de l’année, car sans doute c’est d’elle que parle Molina sous le nom de colombe à ailes noires (4). Sa taille est de douze pouces. Son bec est très noir, et le pourtour des yeux est cendré, encadré de rouge grenat. Sa queue est arrondie. La tête, le cou et les épaules sont d’un rouge violet. L'occiput est teinté de roux violâtre , à reflets dorés. Le dos et ies parties inférieures sont d’un bleu lavé de roussâtre. Les ailes et la queue sont noires, mais les pennes de celle-ci, au nombre de douze, sont terminées de blanc.
20° La ROUSSETTE (5) vit à Cayenne. Elle a onze pouces six lignes de longueur totale. Le bec de couleur grise et les pieds colorés en rouge. Son plumage est violet, la gorge, les rémiges et les rectrices exceptées, qui sont grises ; tandis que le bas du dos est d’un gris lavé de bleuûtre. Le mâle à les plumes de l’occiput d’un vert brillant. Les femelles ont les teintes moins vives. Commune à la Guyane francoise. On dit que cette espèce se rencontre encore
() Columba locutrix, Wied, b., 1. If, p. 392. Temm., pl. col. 466. C. plumbea, Vieill.
(2) C.vinacea, Temm., pl. #1, Gall, I. 303. C. bicolor, Vieill.
(3) C. Sylvestris, Vieill. Nouv. Dict. XXVI, 366. Wagler, esp. 54. C. melanoptera, Lath. Temm., t. I, p. 359. Azara, pax., 319.
() Molina, Chili, p. 324. Caudä cuncatä ; corpore cærulescente, remigibus nigris.
(5) C. Rufina, Temm., Gall. ,t.1, p.245. Le pigeon ramier de Cayenne, Bonnat , Encycl,, p. 234, esp. S,
aux îles de Cuba, de Saint-Domingue et de la Jamaique.
24° La BRUNETTE (!) représente la roussette au Brésil. On la trouve à Bahia, et les différences qu’elle présente avec la suivante sont : un bec plus court; des proportions entre la longueur des ailes et de la queue différentes; le croupion et les rectrices unicolores.
Cette espèce a le plumage coloré en vineux. Les ailes, le dos, le croupion et la queue sont fauve brunâtre, lavé d’olivâtre ; le menton est blanchâtre, le bas - ventre cendré; la queue allongée et arrondie ; les ailes courtes, atteignant à peine la moitié de la queue. Le mâle a les scapulaires moyennes couvertes de taches violettes remarquables. Sa longueur est de douze pouces et demi.
220 L’AURICULÉE (?) est commune aux environs de Buénos-Ayres et dans quelques autres points du Paraguay, et on la retrouve à la Martinique: elle vit en troupes d’une cinquantaine d'individus, ou parfois en familles isolées ou même par couples, qui se perchent sur les moyennes branches des grands arbres. Son plumage est brun roussâtre , que relève un collier d’un violet doré. Les ailes sont tachetées de noir. La gorge est blanche, et les parties inférieures sont cendrées. Les deux rectrices intermédiaires sont brunes, les autres sont terminées de noir et ont leur extrémité blanche. Le mâle a sous les oreilles des plumes bleues chatoyantes en or. Onen connoît une variété qui a des taches bleues sur les ailes.
Cette colombe à de huit à neuf pouces de longueur, les orbites bleus, le bec noir, les pieds rouges, et quatorze rectrices à la queue.
2°0 La DOMINICAINE (5) que Buffon a figurée, enlum. 487, sous le nom de fourterelle de Saint-Dominque, habite l'ile de Siint-Domingue. Elle a onze pouces de longueur, le bec noir et les pieds rouges. Sa queue est cunéiforme, et déja établit le passage des tourereiles aux colombi-turtures. Son plumage est gris, avec le sommet de la tête blanc, des taches sur le crâne, un sourcil et un collier noirs. La poitrine est teintée de vineux.
24° La BRUYANTE (4) habite le Brésil, sur Jes bords de ia rivière des Amazones, ct lorsqu'elle vole elle bat les ailes avec bruit. Son bec est noir, ses pieds sont rouges. Sa queue est assez longue, formée de
(r) Columba infuscata , Licht., Cat., n. 682, p.66. Wagler, esp. 65.
(>) C. aurita, Remm., pl. 24 (mâle), 25 bis(jeune). Gall., t.1. p.247. Azara, pax. 322. C. leucoptera, L. Gm. C.indica, Briss. C.martinica, Lath.
(@) €. dominicensis, Lath. Temm., Pig., pl. 51, p. 361 dut. 1 des Gall. C. annulata, Wagler.
(4) €. strepitans, Spix, Braz, , pl, 75, fig. 4. Wagler, esp. 109,
douze rectrices. Le pourtour de l’œil est dénudé. Le front, les joues et les parties inférieures sont blanches, légèrement lavées de rose sur la poitrine. Les petites couvertures sont striées en long de noir violâtre ; les grandes couvertures sont blanches, frangées de brun. Les parties supérieures sont cendrées. Les rémiges sont noirâtres, et les rectrices sont blanches, les deux du milieu exceptées, qui sont grises , et les deux suivantes, dont le b'anc est luimême lavé de gris.
25° La COLOMBE A MOUSTACHES BLANCHES (!) habite l'Amérique méridionale, et a onze pouces et demi de longueur totale. Elle a le bec et les pieds rouges. La gorge et un sourcil au-dessus des yeux sont blancs ; l’occiputet le devant du cou sont verts, à reflets violets irisés ; la poitrine et le ventre rose vineux ; le dos et les tectrices alaires bruns, avec les rémiges rousses.
26° La COLOMBE BOLIVIENKE (2), dont le nom indique la patrie, habite les hautes montagnes. Elle se distingue par sa couleur générale isabelle vineuse, moins foncée en dessous qu’en dessus et sur la tête. Ses ailes et sa queue passent au brun noir. Les couvertures inférieures sont brunes Le fouet de l'aile et le menton sont blancs. Le bec et les pieds sont bruns. Elle a sept pouces cinq lignes de longueur.
LES COLOMBI-TURTURES ().
Se distinguent de toutes les autres tribus de colombes par leur queue fort longue, cunéiforme ou flabellée, composée de rectrices très étagées entre elles. Leur bec est mince, droit, renflé à l'extrémité, Les fosses nasales sont revêtues d’une membrane, et à leur milieu les narines s’ouvrent en travers. Les tarses sont courts, foibles, et garnis en avant de scutelles.
RE
Espèces américaines.
4° La COLOMBE VOYAGEUSE () a été mentionnée par Buffon sous le nom de pigeon de passage, et sa femelle, regardée comme espèce, est figurée, pl. 176
() Cotumba mystacea, Temm. , Pig.,pl.56,etL1I, p. 275. Wagl., esp. 66.
(2) C. boliviana, Orbigny. Favorite, pl. 75.
() Macrouræ, Lath. Ectopistes, Swains. Columbina, Spix.
(& Columba migratoria (mäle\, et canadensis (fem.), Lath. Catesby, pl, 23. Wilson, Am. ornith , pl. 44, fig.1. Temm., Pig. pl. #8 et 49; et Gall., t, I, p. 346.
HISTOIRE NATURELLE
des enluminures, sous le nom de tourterelle du Canada. Cette colombe, à plumage cendré, à occiput vert doré brillant, a des taclies ovalaires sur le milieu de l'aile, la poitrine rousse et le ventre blanc. La femelle est grise en dessus, blanchâtre en dessous, et la poitrine blanche jaunâtre. Sa taille est longue de seize pouces. Le bec est noir, le pourtour des yeux et les pieds rouges, le cou gris cendré, à reflets cuivrés. La queue est de la longueur du corps, et les deux rectrices moyennes sont noires, tandis que les autres grises cendrées, sont tachetées de noir, et blanches à leur sommet.
Comme dans le nord de l'Amérique, cet oiseau est célèbre par les ressources qu’il fournit aux contrées qu’il fréquente, M. Audubon (1) s’exprime à peu près en ces termes à son sujet : « Cette colombe est remarquable par les particularités de ses mœurs et par le nombre prodigieux des individus qu’on rencontre, traversant par grandes bandes les vastes espaces de l'Amérique du Nord. Son vol, très soutenu et très rapide, et sa vue excellente, lui donnent les moyens de se transporter promptement à de grandes distances pour trouver sa nourriture. À l’époque de la migration, qui dépend, non pas de la température, mais bien de la nécessité d’avoir des vivres, on les voit se succéder dans les airs par troupes pressées et innombrables, qui, littéralement parlant, obscurcissent le jour, et produisent dans l'air un bruissement continuel par les battements répétés de leurs ailes. » M. Audubon en a vu d'immenses légions sur les rives de l’Ohio, dont les évolutions présentoient un rare coup d'œil. Lorsqu'un faucon poursuit l’arrière-garde, on voit ces colombes se serrer en phalange compacte , qui s'élève, s’abaisse et tourbillopne dans les airs avec vélocité pour fuir l'ennemi. Les colons américains en tuent des millions dans les endroits où ils passent , et plus encore dans les lieux de halte nocturne, qui sént assez communément des bois de haute futaie. M. Audubon a assisté à ces chasses de nuit, et il déclare avoir vu des arbres de deux pieds de diamètre rompus à peu de distance de leur base par le poi !s des pigeons qui les surchargeoïient en se suspendant aux branches comme des essaims d’abeilles. Le sol étoit assez uniformément couvert d’une couche de leurs excréments épaisse de plusieuis pouces. Les pigeons arrivoient se percher par miliers d'individus, et, malgré le carnage qu’on en faisoit, il en arrivoit toujours davantage. Des fermiers viennent de plus de dix milles de distance avec leurs voitures, leurs chevaux , des fusils, des munitions et des centaines de pores. On engraisse ces derniers avec les débris de pigeons, dont les chairs sont salées, comme pro-
() Edinb., Journ. ofscience, n. 42, p.257 (avril 1827). Bull., t, XIL. p. 125.
DES OISEAUX
visions. La chasse terminée, les loups, les renards, les ours, les opposums, les aigles, les vautours, viennent encore butiner au milieu de ces amas de débris.
La colombe voyageuse place son nid dans les forêts de haute futaie, et il est des arbres qui reçoivent un nid sur chacune de leurs branches : il est formé de quelques rameaux desséchés, e oisés en différents sens, et supportés par les fourches des branches. La femelle y pond deux œufs blancs, qu’elle couve avec soin, et pendant qu’elle remplit ces fonctions, le mâle pourvoit à sa nourriture avec la plus tendre sollicitude.
2° La COLOMBE de la CAROLINE (1), également du nord de l'Amérique, a été décrite par Buffon sous le nom de tourte ou tourterelle de la Caroline, enluminure 173 (femelle ). Cet oiseau habite l’État de New-York, la Caroline du Sud, les îles Caraïbes, et Porto-Rico notamment, aussi bien que le Brésil.
5° La COLOMBE ZÉNAÏDE (?) habite la Floride ; son plumage est roux cendré, vineux en dessous. Le pourtour des yeux est bleu. En avant des oreilles existe une tache améthyste. Sa queue est courte, égale, formée de douze rectrices barrées de noir, mais les trois plus extérieures de chaque côté terminées de gris. Cette espèce ressemble beaucoup à la colombe précédente,
4° La COLOMBE ÉCAILLÉE ($) a été rencontrée dans la province de Bahia , au Brésil. Elle paroïit être le picui pinima de Marcgrave (Hist. bras., 204). Elle est longue de sept pouces et demi, avec le bee noir, les pieds rouges, quatorze pennes à la queue. Tout le plumage semble couvert d’écailles noires, chaque plume se trouvant terminée par une bande plus ou moins large de cette couleur. La coloration générale est un gris vineux plus ou moins clair. Le dessus du corps est gris brun terreux.
5° La COLOMBE TOURTELINE (f) vit dans la province de Goyas, au Brésil. Son front est cendré. Le devant du cou et la poitrine sont lie de vin clair. La gorge etle ventre sont blanchâtres. Les parties supérieures, d’un brun noisette, sont marquées sur les pennes secondaires de trois ou quatre taches violet foncé, et de trois taches blanches, toutes encadrées de roux clair. Les rectrices latérales sont noires à sommet
{) Columba carolinensis, L. Lath. C. marginata, L. Lath. Temm., pl. 50 (mâle). Gall., t, 1. p. 355 et 488. Turtur americanus, Brisson. t. I, p. 101.
(2) C.zenaïda, Ch.Bonap. Journ. ofthe Ac. of Philad., t. V, p.28 (1825). Bull., {. X, p. 400. Zool. Journ., t. IE, p. 53.
(3) C. squamosa, Temm., Pig., pl. 59. Gall. t. I,
(4) Columbina campestris, Spix, av. Bras., pl 75, fig. 2. Wagl., esp. 110.C. venusta, Temm., pl, col. 341, fig. 1.
blanc. Les tarses sont jaunes. Elle a six pouces de longueur.
Go La COLOMBE MÉLANOPTÈRE (1) Mabite au Paraguay et au Chili. Elle a douze pouces de long, le bec noir et douze pennes à la queue , qui est cunéiforme. L'occiput est roussâtre, à reflets pourprés et dorés. Le dos et les parties inférieures sont d’un bleu roussâtre : les ailes et la queue sont noires, mais celle-ci est terminée de blanc.
KRTE
Espèces africaines.
7o La TOURTELETTE (?) a été figurée dans son état adulte sous le nom de tourterelle à cravate noire du cap de Bonne- Espérance (enlum. 140). Le jeune mâle est représenté par M. Temminck, et Levaillant a donné les deux sexes et le jeune.