‹ Complications Nerveuses Des Érythèmes PolymorphesChapitre 10 sur 17 · OL · texte numérisé non relu

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zinski et de Guillain sont facilement retrouvés. Les réflexes tendineux sont normaux ainsi que les réflexes cutanés, pas de Babinski. L’hyperesthésie cutanée est légère, la raie méningitique peu nette. Les pupilles sont égales, réagissant bien à la lumière et à la dis-

tance.

TABLEAU DES PONCTIONS LOMBAIRES Date Aspect Albumine Lymphocytes Sucre

26 Novembre 1931 .. clair 1ET 95 0 gr. 60 27 Novembre 1931 — 0 gr. 71 145 mes ler Décembre 1931. — 0 gr. 60 190 —

4 Décembre 1931... — 0 gr. 45 HS —

12 Décembre 1932.. — (Obsre El: 6 —

Il n’y a pas de paralysie oculaire.

L'enfant est assez présent, répond aux questions et se plaint sans cesse de la tête. Depuis la veille, il y a eu trois ou quatre vomissements survenant sans effort. La constipation est opiniâtre.

La température se maintient toujours à 39°, le pouls bien frappé bat à 110.

A côté de ces signes méningés nets, qui attirent d'emblée lattention, on est frappé, dès le premier examen, par une éruption qui siège à la face et aux membres sur la face d’extension. Cette éruption symétrique, surtout nette à la face dorsale des pieds, des mains, et aux pourtours des chevilles et aux poi-

gnets, est formée d’éléments éruptifs érythématopapuleux réguliers, arrondis, rouge sombre, veloutés, s’effaçant à la pression du doigt, de 1/2 à 1 em. de diamètre. Cette éruption reste discrète, et les éléments bien séparés les uns des autres rappellent en tous points certaines éruptions d’érythème polymorphe de type érythémato-papuleux.

Au niveau de la gorge, on ne trouve aucun élément éruptif. Celle-ci est uniformément rouge. La langue sèche, rôtie, est dépouillée ; les gencives sont tuméfiées, sanguinolentes, ainsi que les lèvres qui ont des fissures recouvertes de croûtes noirâtres sanglantes.

Les articulations sont normales, non douloureuses.

Par ailleurs, l'examen reste négatif.

Le ventre est indolore, le foie et la rate ne sont pas augmentés de volume.

Les urines ne contiennent ni sucre, ni albumine.

Poumons et cœur normaux.

Devant ce tableau, on pratique une ponction lombaire qui confirme le diagnostic de méningite.

Le liquide céphalo-rachidien est clair, hypertendu, s’écoulant en jet; il contient : albumine, 1 gr. par litre ; sucre, 0,60 ; 95 éléments cellulaires à la cellule de NAGEOTTE ; il s’agit exclusivement de lymphocytes. Pas de germes à l’examen direct. Les cultures restent stériles.

B.-W. négatif dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sang.

Une numération globulaire donne :

Globules rouges : 3.300.000 ;

Globules blancs : 9.800, dont petits et moyens mononucléaires 28 % ; grands monos, 5 % : polynucléaires neutrophiles, 66 % ; éosinophiles, 1 %.

L’échelle à lhémoglobinomètre est à 80.

Le temps de saignement est de 2 minutes. Le temps

de coagulation est de 5 minutes, la rétraction du caillot est normale.

L'épreuve du lacet est négative.

L’urée sanguine est de 0 gr. 31 par litre.

On pratique, en outre, des hémocultures sur bouillon simple, et bouillon ascite, et on inocule deux cobayes et trois singes avec du sang du malade et avec le liquide céphalo-rachidien.

La cuti-réaction est négative.

Le 27 novembre, l’état reste stationnaire. La température se maintient au-dessus de 39°. Les signes méningés et l’état infectieux persistent.

Il n’y a pas de nouvelle poussée éruptive.

On pratique une ponction lombaire, le liquide est envoyé à la Salpétrière, dans le service du Professeur GUILLAIN, pour examen.

Ce liquide contient : albumine, 0,71 ; glucose, 0,60 ; 145 lymphocytes par mm$ à la cellule de NAGEOTTE. La réaction de PaNDpy est positive. La réaction de WEICHBRODT est négative. Le B.-W. est négatif et le benjoin colloïdal est normal.

On ne trouve pas de germes dans le liquide céphalorachidien.

Le 29 novembre, la température baisse entre 38° et 39°, l’état général est bon; l’enfant très éveillé ne souffre plus de la tête ; les contractures restent cependant intenses ; le pouls est à 85, l’éruption commence à pâlir et à desquamer aux extrémités des membres.

Le 30 novembre, la température est revenue normale, les signes méningés s’amendent ; aux mains, la desquamation se fait par larges lambeaux et prend le type scarlatiniforme.

Le 1” décembre, l’amélioration persiste ; la ponction lombaire ramène un liquide clair, non hypertendu, contenant albumine, 0,60 ; mais encore 190 Iymphocytes par mms.

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Les 2 et 3 décembre, l’état général reste bon, la desquamation commence au niveau de la plante des pieds.

Le 4 décembre, les signes méningés ont en partie disparu, il ne reste plus qu’une ébauche de signe de Kernig et une légère raideur de la nuque.

Aux jambes, chaque élément éruptif est remplacé par une surface desquamée rouge vif, taillée à l’emporte-pièce, de 1 em. à 1 cm. 1/2 de diamètre. Les doigts ont desquamé complètement et la desquamation ici rappelle en tous points celle de la scarlatine. Au poignet, la desquamation est localisée à l’emplacement des anciennes papules ; quelques vestiges violacés d'éléments éruptifs non desquamés persistent aux jambes et aux avant-bras.

La ponction lombaire ramène un liquide clair, ne contenant plus que 0,45 d’albumine et 11,5 lymphocytes.

Le 7 décembre, tous les signes méningés ont disparu ; les mains sont complètement dépouillées ; sur les poignets et sur les membres inférieurs la desquamation se localise aux GE EUE éruptifs et se fait en fines croûtelettes.

Le 12 décembre, toute trace d’éruption a disparu, une dernière ponction lombaire montre un liquide sensiblement normal ; albumine, 0 gr. 30 ; 6 lymphocytes par mmé.

Le 22 décembre, l'enfant sort de l’hôpital complètement guéri.

Depuis cette époque, cet enfant que nous avons eu l’occasion de revoir ces jours derniers, ne s’est nullement ressenti de cette affection.

Expérimentation

Les nombreux examens de laboratoire pratiqués au cours de la maladie, en dehors des ponctions lombaires et peut-être des inoculations aux singes n’ont donné que des résultats négatifs.

Les Hémocultures faites en bouillon simple et en bouillon ascite les deux premiers jours de l’hospitalisation du malade au maximum de la température, régulièrement repiquées sur les différents milieux usuels n’ont jamais décelé la présence d’un germe.

Les cobayes inoculés avec le sang et le liquide céphalo-rachidien du malade n’ont présenté dans les jours qui suivirent

ni température,

ni perte de poids.

Sacrifiés pour passage le 27 février 1932, on ne trouve à l’autopsie rien d’anormal.

Pas de ganglions.

Rate, foie, poumons, péritoine sont normaux.

Il n'y a pas de bacilles acido-résistants dans les frottis d’organe.

On fait un passage sur deux séries de cobayes. Série À. — Cobayes 1, 2, 3, 4: inoculés chacun sous

la peau avec 1 ce. d’émulsion en eau physiologique de rates prélevées sur les deux cobayes inoculés avec le sang du malade le 28 novembre

Série B. — Cobayes 1, 2, 3, 4 : inoculés chacun sous la peau avec 1 cc. d’émulsion en eau physiologique de rates prélevées sur les deux cobayes inoculés avec le liquide céphalo-rachidien du malade, le 28 novembre 1931.

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