FORME NORMALE DE L'ÉRYTHÈME POLYMORPHE MALADIE AUTONOME
C’est la forme la plus fréquente et qui appartient généralement aux services de dermatologie. Elle comporte deux types fondamentaux :
type érythémato-papuleux, type vésico-bulleux.
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Elle ne s'accompagne que de symptômes généraux frustes, évolue souvent par poussées successives et peut présenter des récidives saisonnières.
FORME INTENSE ET PYRÉTIQUE DE L'ÈRYTHÈME POLYMORPHE, MALADIE AUTONOME
C’est la forme d’érythème polymorphe que lon observe surtout dans les services de maladies contagieuses. Son éruption, l’état infectieux qui laccompagne entraînent souvent des erreurs de diagnostic. Elle possède une richesse symptomatique bien supérieure à la forme habituelle des érythèmes polymorphes. De par son évolution, c’est une véritable fièvre éruptive à caractères qui lui sont propres, réalisant un tableau clinique personnel au même titre qu’une rougeole, qu’une scarlatine.
On peut lui faire reconnaître une PÉRIODE PODRO- MIQUE et une PÉRIODE EXANTHÉMATIQUE (Lortat Jacob, IVe Congrès des Dermatologistes de langue française, p'u17)
PHASE PODROMIQUE
Elle dure en général un septenaire et débute par une ANGINE ÉRYTHÉMATEUSE parfois très marquée et par lexistence d’un léger CATARRHE OCULO-NASAL. Accessoirement, on note de la courbature, de la rachialgie, des frissons et de l’asthénie. La température, par oscillations ascendantes, atteint généralement son maximum à 39° ou 40° au moment où survient l’exanthème.
PHASE EXANTHÉMATIQUE
Dès que l’éruption apparaît, elle présente généralement une dissémination plus grande dans les formes normales d’érythème polymorphe et peut s'étendre
op
aux membres inférieurs et au thorax, cependant elle conserve toujours les PRÉDOMINANCES RÉGIONALES ÉLEC- TIVES.
Exceptionnellement des éléments peuvent siéger sur la paume de la main et la plante des pieds. Les lésions dermatologiques sont du même type que dans la forme normale : papules, érosions en cocardes, vésicules. Cependant plus fréquentes sont les formes érythémato-papuleuses.
Presque toujours il existe un exanthème le plus souvent intense, se caractérisant par des lésions buccales de type hydroa au niveau du voile, des piliers de la face interne des joues, remarquables par leur confluence et l’aspect fuligineux de lexsudat, l’haleine présente alors une odeur fétide.
L'EXAMEN SOMATIQUE est à peu près négatif.
Cependant les arthralgies sont parfois intenses, la rate est fréquemment augmentée de volume, il est encore possible de noter parfois des souffles extracardiaques et une albuminurie dépassant 1 gramme. Cependant l’état général est très touché. L’érythème polymorphe dans sa forme intense et pyrétique revêt une allure clinique sévère que démentira l’évolution rapidement bénigne. Dans les jours qui suivent le début de la phase exanthématique, de nouvelles poussées éruptives peuvent encore se produire, atteignant de nouvelles zones tégumentaires. Au bout de 5 à 7 jours, l’éruption disparaît et les signes généraux rétrocèdent; la température tombe en lysis, généralement la desquamation plus ou moins intense est précoce. En deux ou trois semaines, en dépit de la possibilité de nouvelles poussées éruptives, tout est rentré dans l’ordre.
EXAMEN DU SANG AU COURS DES FORMES INTENSES ET PYRÉTIQUES D'ÉRYTHÈME POLYMORPHE MALADIE AUTONOME
Il est peu caractéristique. Les hémocultures, pour le plus grand nombre des auteurs, se sont toujours montré stériles.
MinassiaN note une légère leucocytose sanguine avec éosinophilie et polynucléose (compte rendu in Monatschrift f. Prakt. Derm., 1907, T. XLI, p. 428).
LorTAT-JAcoB admet une leucocytose transitoire aux environs de 8 à 10.000 et une légère mononucléose d’ailleurs inconstante.
LES COMPLICATIONS DANS LES FORMES INTENSES ET PYRÉTIQUES D'ÉRYTHÈME POLYMORPHE MALADIE AUTONOME
Pour LoRTAT-JAcoB, il n’en existe pas (IV° Congrès des Dermatologistes de langue française, p. 181). Cependant TROUSSEAU, dans ses cliniques médicales, cite plusieurs cas d’endocardite au cours d’érythème polvymorphe (1873). Un peu plus tard, de MorEnEs- MaAHoN décrit comme complications survenant au cours d’érythème polymorphe des pleurésies, des pneumonies, des endocardites (formes graves et compliquées d’érythème polymorphe, 1884).
De nos jours, RAMEL a rapporté au IV° Congrès des Dermatologistes de langue française quelques cas graves et compliqués d’érythème polymorphe maladie. En plus d'observations personnelles, il cite des cas de broncho-pneumonies, de pleurésies, d’endocardites observés par MACKENSIE — une phlébite par GUODE et des névrites notées par CENAS et BuonGio- VANNI.
Pour peu fréquentes qu’elles paraissent, il nous
en —
semble guire possible de ne pas accorder aux érythèmes polymorphes la possibilité de complications viscérales — complications exceptionnelles il est vrai, intéressant le plus souvent l’endocarde, et que l’on ne pourra rencontrer que dans les formes intenses et fébriles d’érythème polymorphe dénotant l’évolution d’un processus infectieux particulièrement sévère.
Les érythèmes polymorphes au cours des infections générales aiguës
Nombreux sont les auteurs qui, depuis Hébra, ont décrit des érythèmes polymorphes au cours des maladies infectieuses les plus diverses : telles que Ja fièvre typhoïde (CARTON-AYCARD, ETIENNE, GALIARD, GANDOLIN, HUTINEL, LESSIEUR, PARKES, etc), l’influenza (POLOTHENOFF, HOFFMANN, HAVKINS, etc...), la variole et la vaccine (M. Morris, Kaposir, MorToN), la gonorrhée (BuscHKkE), la méningite cérébro-spinale (BEZANÇON), les infections septiques à staphylocoques et à streptocoques (SINGER, SACQUEPÉE et LOISELEUR, GANS, LEBET, BUEGER, BARBIER, KYRLE, etc...).
Le plus grand nombre des auteurs américains n’attribuent-t-ils pas au streptocoque et à ses toxines l’étiologie des érythèmes polymorphes ?
Le plus généralement ces auteurs, par une idée préconçue de causalité, rapportent à l'infection préexistante l’origine directe de l’éruption polymorphe consécutive. Le plus souvent la description des lésions cutanées est insuffisante au point qu’il est difficile de reconnaître si celles-ci sont superposables aux érythèmes polymorphes authentiques ou si elles ne font qu'emprunter une ressemblance morphologique.
sr b) ERYTHÈMES POLYMORPHES INTERCURRENTS.
Il faut reconnaître à côté des érythèmes toxi-infectieux évoluant à la manière « d’une dermatose de Hébra », l’existence d’érythèmes absolument conformes aux descriptions classiques.
Erythèmes polymorphes authentiques apparaissant à la suite d’une maladie infectieuse de germe connu, voire d’une altération morbide non infectieuse mais susceptible de retentir par voie sanguine sur l’état général.
RAMEL cite deux observations personnelles d’érythèmes polymorphes dont tous les caractères morphologiques, histologiques et biologiques se superposaient à ceux décrits par HÉBRA.
Or, l’un d’eux était consécutif à une salpingite gonccoccique aiguë chez une jeune femme de 25 ans, l’autre concernait une patiente atteinte de nœvo-carcinome. (Rapport au IV° Congrès des dermatologistes de langue française, p. 72.) Ce sont pour lui des érythèmes polymorphes idiopathiques INTERCURRENTS. Tout se passerait en l’occasion comme si l’érythème polymorphe, maladie autonome, était déclenché par l’ébranlement morbide dû à l’infection ou à l’altération morbide préexistantes. Il compare ces érythèmes polymorphes intercurrents aux HERPÈS FÉBRILES POST- INFECTIEUX, il les considère comme « MALADIES SECON- DES » OU « INFECTIONS DE SORTIE ».