CHAPITRE VI
Troubles mentaux du paludisme aigu
Les troubles psychiques du paludisme aigu peuvent se manifester soit durant l’accès fébrile, soit ’é à la fin de l’accès.
Troubles psychiques dans l'accès fébrile
Ils consistent en une confusion mentale hallucinatoire d’acuité variable : tantôt subdélire sans perte totale de la conscience, tantôt délire onirique, lé plus souvent professionnel. tantôt enfin délire: aigu (actes désordonnés, cris, agitation thermique se terminant souvent par la mort dans le coma).
Ces formes aiguës de délire s’observent non seulement dans les accès simples, mais aussi et surtout dans les accès pernicieux.
Troubles psychiques post-fébriles
Le délire paludéen post-fébrile survient soit au moment de la chute de température, soit plus tard, lors de da terminaison de l’accès lui-même. À
11 s’agit en général de confusion mentale aiguë avec stupeur, désorientation, hébétude, ou bien d’une confusion mentale asthénique, avec pseudodémence et dépression mentale et physique. Le malade peut aussi présenter des idées fixes qui ne sont autres que des reliquats du rêve délirant resté implanté dans la conscience.
Troubles mentaux du paludisme chronique
Il vaudrait peut-être mieux parler des suites éloignées du paludisme au point de vue psychiâtrique. Cette question, d’ailleurs très embrouillée, non seulement par l'intervention fréquente des as$ociations étiologiques (alcoolisme, maladies coloniales, ete...) mais encore et surtout par l’intervention habituelle du facteur étiologique de la prédisposition héréditaire et constitutionnelle, est à peine envisagée dans les ouvrages de pathologie exotique
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ou psychiâtrique ; elle a fait l’objet au 17° Congrès français de Médecine (Bordeaux, 1923) d’un rapport de M. HesxarD auquel nous avons fait de larges emprunts.
I. — Une première catégorie comprend Les états psychopathiques transitoires dont le retour intermittent, parfois à très lointaine échéance, apparaît comme un écho des troubles psychiques primitifs.
. . On peut distinguer parmi ces syndromes intermittents : |
a) des épisodes confuso-oniriques, qui se présentent habituellement sous l’aspect de reproductions d’un épisode aigu antérieur souvent contemporain de la période d’activité de la malaria ;
b) des crises neuro-psychopathiques poly-
= morphes. Il s’agit de syndromes psychiques, paroxystiques, apyrétiques ou fébriles, mais dont le terrain psychique est préparé par la névrose ou un certain decré de débilité ou de déséquilibre mentaux (paludisme mental associé).
IT. — Une deuxième catégorie correspond à des syndromes psychopathiques palustres prolongés.
Ces syndromes ne s’observent pour ainsi dire jamais chez les impaludés rapatriés et traités, maïs
ne sont pas exceptionnels chez les impaludés chro-
niques des pays à endémie palustre.
On peut: distinguer parmi ces syndromes TU
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a) des simples névroses rebelles, atteignant
des sujets sérieusement anémiés ou cachectiques qui longtemps après le début de leur malaria, restent des épuisés physiques ou bien des amnésiques, petits confus mentaux, des anxieux (VINCHON) ;
b) à un degré plus avancé, il s’agit de dépression psychopathique durable, délirante, impulsive, anxieuse ;
e) dans d’autres cas, il s’agit de délire à teinte dépressive, reliquat du délire onirique de la période aiguë.
d) Enfin il peut s’agir d’états confusionnels
prolongés et chroniques, parfois de très longue durée, qui peuvent se compliquer . de symptômes nerveux organiques classiques tels que :
la psycho-polynévrite palustre (Comse- MALE) ;
la pseudo-paralysie générale palustre qui peut réaliser assez fidèlement, de façon temporaire, le tableau approximatif de la maladie de Bayÿle.
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» Des Nous ajouterons en terminant, que le paludisme $ peut laisser comme séquelles des ébats démentiels # simples, à forme | épressive et amnésique dans & l’étiologie desquelles la part de l’hématozoaire est E souvent accessoire ; et surtout des arrêts de déveee loppement psychique plus ou moins graves avec ou 3 sans symptômes de dystrophie pluri-glandulaire E. {infantilisme palüstre étudié par De Baux, 1910).
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Conclusions
I. — Les complications nerveuses du paludisme sont très fréquentes dans les pays à endémie palustre. Elles sont cependant intéressantes à connaître même en France à cause du nombre de jeunes gens envoyés en pays impaludés, et qui peuvent présenter les premières manifestations de leur paludism 2 après leur rentrée au foyer. On peut ainsi se trouver devant des tableaux cliniques à prédominance symptomatique nerveuse dont le diagnostic restera en suspens (si l’on ne pense pas à ces paludismes de première invasion à l’aspect si différent des accès secondaires.
II. — Les complications nerveuses du paludisme peuvent intéresser l’encéphale et donner lieu :
a) à des complications paralytiques cérébrales hémi ou monoplégies de l’accès aigu qui sont souvent éransitoires et curables ; hémi ou monoplégies d'apparition plus tardive (phase chronique de l'infection palustre) qui sont, elles, trop souvent définitives ;
b) à des complications cérébelleuses, vérita- = bles pseudo-scléroses en plaques palustres ;
c) à des syndromes épileptiformes, syndromes convulsifs qui peuvent tenir place de l’accès fébrile.
TITI. — Les complications méningées sont très fréquentes : 1° dans l’accès aigu palustre réalisant :
a) soit de méningisme palustre avec hyper- Jymphoeytose et hyperalbuminose rachidiennes plus ou moins prononcées, sans grand signe clinique d’atteinte méningée ;
b) soit la méningite aiguë palustre simulant la méningite cérébro-spinale ;
2° dans le paludisme chronique la méningite ne serait pas rare et se traduirait cliniquement par quelques petits signes méningés (céphalée permanente, constipation, douleurs radiculaires).
Parfois, il n’existerait aucun signe méningé dlinique malgré la réaction albumino-cytologique du Bree
IV. — Les myélites palustres authentiques sont rares. Elles sont plus ou moins durables et peuvent
laisser après elles des paraplégies spasmodiques.