DEAR
les différents accidents nerveux qui peuvent se présenter chez des sujets impaludés aux colonies, complications précoces ou tardives dont l’origine risque de passer inaperçue dans un pays où l’on ne trouve pas d’hématozoaires, isi l’on ne prend pas la peine de relever consciencieusement les antécédents du malade, ou si celui-ci n’a Jamais présenté d'accès palustre franc ou typique.
Il arrive fréquemment, en effet, qu’un individu, impaludé au Maroc ou en Algérie, ne présente aucun accès fébrile durant son séjour dans ces régions et qu’il ne se déclanche chez lui d’accès palustre qu’à l’occasion d’un changement de région, d’altitude ou de latitude. Ces faits sont devenus fréquents, surtout depuis l’utilisation de la quinine préventive. |
Nous avons nous-même observé des jeunes soldats qui, impaludés au cours d’une marche en colonne ou d’un séjour dans un poste isolé, ne présentarent aucun trouble immédiat. L'accès palustre ne se déclanchaît que 3 ou 4 mois après, parfois en plein hiver, le plus souvent en: février ou mars, mais à une époque où le moustique ne pouvait propager l’hématozoaire.
Chez chacun d’eux d’ailleurs, la recherche de l’hématozoaire était positive. D’autre part, l’état général déficrent, l’hypertrophie splénique, la mononucléose sanguine attestaient suffisamment que ces organismes étaient impaludés depuis plusieurs mois.
Ces malades faisaient un accès de paludisme primaire, avec frissons, sueurs abondantes, maux de tête violents, température extrêmement élevée, vomissements bilieux, et c’est chez eux surtout que prédominaïent les accidents nerveux.
Si l’on veut bien se rappeler que ces impaludés présentent quelquefois les premiers signes de leur maladie en France; que ce paludisme primaire n’a pas la netteté clinique «et l'allure disciplinée des accès secondaires, on comprendra que l’origine des accidents nerveux constatés puisse demeurer inexpliquée. ;
Nous nous proposons done d'étudier les différents accidents nerveux qui peuvent survenir au cours du paludisme tant primaire que secondaire. Adoptant un plan anatomique, nous ‘envisagerons successivement les accidents d’origine cérébrale, «origine médullaire, les réactions méningées, enfin les complications nerveuses périphériques.
Nous terminerons par un chapitre sur des troubles mentaux, extrêmement fréquents dans le paludisme.