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OBSERVATION LI. —— BERNARD et DE TEYRAC
(Journal des Sciences Médicales de Lille, n° 14, 1929, D::239). |
I s’agit d’un militaire de 22 ans de retour du Maroc en août 1927. Aucune maladie pendant son séjour aux colonies.
15 jours après sa rentrée en France, B.. présente un état asthénique avec perte d’appétit ,jamaigrissement. En 8 jours la températur: atteint 3995 ; la prostration, la stupeur, la fièvre font porter le diagnostice de fièvre typhoide malgré un séro-diagnostie négatif.
Pendant un mois, le malade est traité comme typhique sans amélioration, lorsqu'un jour l’un de nous est appelé d'urgence à le voir pour une aggravation brusque.
Nous trouvons un malade sans connaissance, aux yeux hagards, d’une pâleur cadavérique ; il est dans le coma ; les membres retombent inertes sur le lit, les réflexes tendineux sont abolis, pas de signe de Babinski, les pupilles ne réagissent plus. Le signe de Kernig et la raideur de la nuque sont absents,
Le pouls est régulier, petit ; la tension artérielle est de 11 1/2-7 1/2 ; le foie est normal, la rate percutable et
débordant nettement les fausses côtes ; la T° était pro-
gressivement tombée à la normale depuis 3 jours, nous notons de l’hypothermie à 36°7 à 16 heures.
Le retour récent d’un pays impaludé, l’allure anormale de cette fièvre typhoïde, la mégativité du sérodiagnostie nous font évoquer le paludisme de première invasion avec T° continue. Aussi, après avoir prélevé quelques lames de sang, nous conseillons des injections intra-musculaires de chlorhydrate de quinine (1 gr. par jour en deux fois) et des injections d’adrénaline.
L'examen de sang permet de déceler de nombreux hématozoaires.
Dès le lendemain à midi, moins de 24 heures après Ja première injection de quinine, le tableau clinique est complètement changé ; le malade reconnaît ses parents, affirme ne nous avoir pas vu la veille, peut mouvoir ses membres ; les réflexes tendineux ne réapparaissent que 6 jours après. Grâce à la quinine, paludisme de première invasion et coma disparurent pour ne pas revenir.
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OBSERVATION III. — PERSONNELLE (Inédite)
Cirsoldatrau de, régiment étranger, entre à l’hôpital militaire d’O.., le 9 juillet 1929. Se trouvant au dépôt d’isolés de la région, il aurait fait un accès fébrile avec frissons et sueur, C... aurait déjà fait.un séjour au même hôpital durant lss mois de septembre et d’octobre 1928, où il avait présenté un accès algide, brusque à forme très grave avec coma, pouls imperceptible, sueurs profuses. Il a été traité par des injections intra-veineuses de quinine-uréthane et par l’adrénaline.
I] se présente le 9 juillet-1929 à un retour de colonne
dans le Sud. Le faciès est jaune, amaigri. Le malade se plaint d’asthénie très marquée et d’une imappétence complète.
Le cœur et les poumons sont normaux ; la langue est légèrement saburrale, le foie n’est ni hypertrophié ni douloureux ; la-rate est percutable sur plusieurs centimètres, non palpable, indolore.
Le système nerveux est intact.
La recherche de l’hématozoaire dans le sang reste négative.
À cause de ses antécédents, on fait prendre au malade 1 gr. de poudre de quinquina par jour avec, tous les deux
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jours, interruption de 24 heures pendant lesquelles on lui administre O0 gr. 50 de stovarsol. L’appétit revient rapi-' dement et au bout de quelques jours, À malade commenee à se lever.
Le 24 juillet, il présente une brusque élévation de T° à 38°5. Un étalement de sang sur lames ne permet pas de déceler l’hématozoaire.
Le malade se plaignant d’une diarrhée aqueuse et avouant des antécédents dysentériques, on fait pratiquer un examen de selles qui révèle la présence de nombreux kystes amibiens. Un traitement à l’émétine, jusqu’à concurrence de 0 gr. 50, associé au stovarsol, est institué.
La T° baisse graduellement pour revenir à la normale le 30 juillet.
Le 2 août, nouvelle élévation thermique mise sur le compte de la dysenterie, ;
On continue à faire ingérer au malade du stovarsol auquel on ajoute de la pâte de Ravaut.
Le 10 août, nous sommes appelé auprès de C.… qui vient d’être pris brusquement, au pied de son lit, d’une phase d’agitation extrêmement violente. Cette crise a duré près d’un quart d’heure, puis le malade, couvert de sueurs, haletant, s’est endormi d’un sommeil profond.
Le lendemain, on constate ue amnésie complète portant sur les événements de la veille. C... se plaint d’une ogrande asthénie et se. refuse au moindre effort. Il a les yeux hagards et le visage défait. On ne constate pas de morsure de la langue. |
Nous pensons à un cas d’alcoolisme aigu et nous faisons surveiller le malade. Celui-ci déclare d’ailleurs n'avoir jamais présenté de crises analogues.
Le 12 juillet, au matin, alors que le traitement par l’émétine vient d’être repris, : malade accuse une céphalée violente, La T° est de 38°5 >; un étalement de sang