‹ Complications pleuro-pulmonaires des oreillonsChapitre 12 sur 17 · DA SR · texte numérisé non relu

DA SR

Pendant 8 jours, abattement, anorexie, amaigrissement : le dixième jour, l'état est meilleur, toute trace d'inflammation ourlienne à disparu.

Le quinzième jour, le malade retombe dans une anorexie complète : à l'auscultation, tous les signes d'une bronchopneumonie. |

Rien Jusqu'au vingtième jour : le vingt-et-unième le délire fait son apparition, loquacité extrême, cris perçants. Le vingttroisième jour, disparition du délire et l'état général s'’amé-

liore progressivement.

OBSERVATION XXI (Résumée. — /n thèse de Greffié) Oreillons de nature maligne. Parotidile, orchites, pneumonie accompagnées

de névralgies cruelles, sans réactions fébriles. — Accidents cholériformes. — Algidité et mort.

Boyer Jean, 28 ans, entre à l'hôpital le 27 février 1871. Malade depuis 7 Jours, épididymite à droite, précédée d'un gonlement de la région parotidienne gauche. Le 10 mars, point de côté violent à gauche et névralgies, dyspnée ; examen stéthoscopique négatif, température normale : le 11, à la base du côté gauche, en arrière, apparait un bruit de souffle avec crépitalions fines ; peu de toux, mais crachats orangés caractéristiques. Peu de fièvre.

Le 12, la pneumônie a fait quelques progrès et occupe le tiers inférieur du côté gauche, en arrière, où elle se caractérise par du soulfle tubaire.

Le 13, mêmes signes stéthoscopiques, quelques râles de retour à la base. Le soir, douleur vive à l'épigastre ; ventre rétracté, sensible à la pression, vomissements, Le 15, point

douloureux au niveau de l'angle inférieur de l'omoplate ; ma-

— 38 — | lité occupant le tiers inférieur du côté gauche, en arrière ; souffle tubaire, râles sous-crépitants à la base, crachats visqueux et aérés, teintés de jaune ; le soir et le 16 recrudescence de la douleur épigastrique, traits altérés. Cyanose et refroidissement des extrémités. Pouls insensible, aigidité et mort.

RÉFLEXIONS

La maladie ourlienne peut se compliquer d'affections pulmonaires plus graves que celles que nous avons étudiées jusqu'ici, nous voulons parler des broncho-pneumonies et des pneumonies. D'ordinaire, ces complications surviennent tardivement et aussi bien chez les jeunes gens vigoureux paraissant doués d’une grande résistance (peut-être même plus souvent chez ceux-ci que chez les enfants) que chez les failes, les prédisposés. |

En ce qui concerne la forme anatomique, il est certainsf points à noter, non pas pour la broncho-pneumonie qui ne varie guère avec les infections, mais paur la pneumonie. Le plus souvent on se trouve en présence d'une infection lobulare et non lobaire. On rencontre généralement non pas les lésions de la grande pneumonie atteignant tout un lobe pulmonaire, mais des allérations surtout lobulaires. Ce fait a. d’ailleurs, été constalé et soutenu par Roger dans son ouvrage sur les Maladies infectieuses. Cela dit, sans nier la présence d'infections lobaires.

Au pont de vue clinique, nous croyons qu'il faut tenir grand compte du moment d'apparition de ces complications au cours de l’infection ourlienne. Les broncho-pneumonies et les pneumonies qui surviennent lardivement, soit pendant la résolution des glandes tuméfiées, sôit pendant la convalescence évoluent favorablement dans la majorité des cas. Brusque-

ment le malade accuse un point de côté, est pris de frissons et l’auscullation révèle un foyer de pneumonie. Dans ce cas l'évolution de la complication est régulière, arrivant à la guérison parfaite. Il n'y a eu qu'un incident relardant la convalescence. Il uns que l'infection de l'organisme ne soit pas aussi durable que dans d’autres maladies infectieuses ; ce qui concorde d’ailleurs bien avec ce fait que les convalescences de fièvre ourlienne sont rapides. Dans ces formes, l'organisme est peu infecté et peut réagir facilement . à toute invasion microbienne.

Mais il est des cas où c’est l’état général infectieux qui domine. L'infection est profonde, durable et ainsi se réalisent ces formes ataxo-adynamiques (obs. XIX de la fièvre ourlienne, rares il est vrai, mais qu'il faut connaître. Dans ces cas, l'infection de l'organisme a été assez intense pour que ce dernier soit encore très affaibh longtemps après la disparition de la maladie primitive. Il s'ensuit que les complications sont plus graves et que toute broncho-pneumonie ou pneumonie survenant à cetle époque, peut être considérée comme ayant un pronostic fatal.

Il en est souvent de même pour ces complications survenant pendant la période d’élat de la fièvre ourlienne. Ici encore il faut tenir compte du facteur infection et aussi du terrain affaibli par une maladie générale. Bien entendu, nous n'abordons pas la question de la nature de la complication, à savoir si celle-ci est due au microbe ourlien ou à un microbe tre secondaire. Nous insistons seulement sur cette question du térrain-infecté et plus apte à succomber à une infection secondaire, pour montrer toute l'importance, au point de vue du pronostic, du moment d'apparition de ces complications. Souvent le début passe inaperçu : le malade accuse un point

de côté et attire notre attention du côté du poumon. D'ordi-

LR AN

naire, le râle crépitant fait défaut, ou s'il existe, il n’a plus les caractères classiques qu'on lui trouve dans la pneumonie franche. On perçoit de pelits râles humides : d’autres fois, il y a du souffle d'emblée. Quoi qu'il en soit, l’évolution de ces complications est rapide. Sont-elles mortelles (comme dans l'observation XVI de Boinet) ? La mort survient avec une augmentation de dyspnée et une fièvre intense de 40° à 41°.

Les cas de résolution, cependant, ne sont pas rares et le malade peut recouvrer une santé parfaite (obs. XVII et XX). Mais dans ces cas de complications très graves de la période d'état, la résolution sera lente et l’état général reste mauvais. Toujours persistent des reliquats du côté de la plèvre (obs. XIV-XVIID ou du côté des poumons (obs. XIX), indices d’une réaction de défense de la plèvre contre quelque lésion pulmonaire si petite soit-elle, probablement de nature spécifique (obs. XIV).

Nous venons d'étudier l’évolution de ces complications ; celles qui surviennent pendant la période d'état ou de résolution ont-elles quelque influence sur la marche des oreillons? Le nombre d'observations que nous possédons est encore trop insuffisant pour nous permettre de conclure. Il semble cependant que sans déterminer une augmentation de l'infection ourlienne, l'apparition, de la complication retarde la résoluion des ourles.

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