TERRE
tieuse des oreillons ne fait de doute pour personne. La fièvre ourlienne doit être classée parmi les maladies infectieuses et contagieuses.
Cependant, malgré les recherches de nombreux auteurs, l'agent de contage n'est pas exactement déterminé. MM. Capitan et Charrin (1) avaient trouvé des bâtonnets et des microcoques dans le sang et dans la salive de six malades atteints d’oreillons. Viennent ensuite les travaux d'Ollivier (2), de Boinet (3), de Bordas (4), de Laveran et Catrin (5), qui ont pu obtenir 72 fois sur 100 des cultures du même microbe, microcoques associés par deux en diplocoques, quelquefois groupés en quatre par zooglées. Plus récemment, Ferré, Busquet et Antony (6), Mécray et Walsh (1896), Michaelis (1897), Carrière (7), confirment les résutltats obtenus par Laveran et Catrin. On est donc parvenu à isoler un microbe, à le cultiver même, mais la preuve que cet organisme est bien la cause de la maladie, est encore à faire, car des inoculations aux animaux répétées et mullipliées, n’ont pas donné de résultats positifs.
Quoi qu'il en soit, l'existence d'un agent de contage, même inconnu, est admise par tous. Les cas de contagion de la mère au fœtus {Human (8), Gautier (9), suffiraient à lever les moindres hésitations. La contagion doit être considérée comme li-
4) Capitan et Charrin. — Société de Biologie, 1881.
(2) Ollivier. — Revue des Maladies de l'Enfance, 1885. (3) Boinet. -— Lyon Médical, 1885.
(4) Bordas. — Société de Biologie, 1889.
(5) Laveran el Catrin. — Société de Biologie, 189,3. (6) Antony. — Société médicale des Hôpitaux, 1894. (7) Carrière. — Bullelin Médical, 1902.
(8) Human. — Amer. Journal of med. sc., 1855.
(9; V. Gauthier, — Revue de Suisse romande, 1883.
eus ES mitée ; mais la contagion de la période prodomique et du début est la plus importante, les faits signalés par Bernutz, Antony, Rendu... montrent qu'elle peut s'exercer pendant toule l'évolution de la maladie et même lui survivre.
La marche clinique de cette affection est très variable. C'est l'évolution, il est vrai, d’une maladie infectieuse. Après une période d’incubation qui dure en moyenne de quinze jours à trois semaines, les premiers phénomènes morbides se déclarent. Les prodromes légers, quand ils existent, au point de rester méconnus, font rapidement place à la tuméfaction douloureuse des parotides qui caractérise la période d'état. Ce gonflement parotidien unilatéral d’abord, bilatéral ensuite, s'accompagne de quelques phénomènes généraux ordinaire-
ment bénins et la résolution complète des ourles varie de
huit jours chez l'enfant, à dix ou douze jours chez l’adulte. Ajoutons que si la maladie peut présenter des rechutes, elle ne récidive pas.
Telle est, rapidement esquissée, la marche clinique de cette affection. Mais, à l'instar des autres maladies infectieuses, nous pouvons rencontrer au cours de la fièvre ourlienne, des complications qui viennent en assombrir le pronostic. Aussi, parce qu'ils tuent rarement, les oreillons ne doiventils pas être considérés comme une maladie insignifiante et négligeable. On ne doit pas traiter à la légère une affection avec apparences, si bénignes soient-elles, qui peut présenter des complications parfois mortelles (æœdème glottique, accidents cérébraux, néphrite, etc.), ou laisser à sa suite des infirmités incurables (surdité, atrophie testiculaire). Toutes ces complications rares chez l'enfant, sont toujours à craindre chez l'adulte. Leur pathogénie est loin d'être élucidée. L'analogie de la fièvre ourlienne avec les maladies infectieuses étant reconnue, il est possible que l'agent spécifique des oreillons, qu'il soit microcoque, bâtonnet ou bacille, aille
Te
porter ses effets sur tous les points de l'organisme en état de moindre résistance. Mais si cette hypothèse peut être admise dans certains cas, pour d'autres complications, on ne peut qu'invoquer l'action de microbes pyogènes, d’infections secondaires ou d'associations microbiennes. C'est ce que nous discuterons lorsque nous étudierons le pourquoi des complications pleuro-pulmonaires qui sont l'objet de cette élude. |