‹ Complications Septiques Après Traumatisme Opératoire du Sinus Latéral: Étude Expérimentale et CliniqueChapitre 23 sur 34 · AE · texte numérisé non relu

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ne que peu de signes localisés et la scène clinique est surtout occupée par une atteinte rapide et profonde de l’état général.

DéBuT. — Le plus souvent, il est brusque; dans toutes nos observations le symptôme dominant est l’élément septico-pyohémique.

Dans les 6 premiers jours, en moyenne, qui suivent l'opération traumatisante, le malade est pris subitement d'un grand frisson, accompagné d’une forte élévation thermique. La température atteint ou méme dépasse 40°, comme dans nos observations VIII et IX, avec sueurs profuses, céphalée, puis tout semble rentrer dans l'ordre.

PÉRIODE D'ÉTAT. — Elle est caractérisée par de véritables accès comparables à celui du début, avec frisson, hyperthermie, accélération du pouls suivie d’une défervescence, avec crise sudorale et température s’abaissant jusqu’à la normale.

Ces accès, d’abord isolés, se rapprochent de plus en plus, jusqu'à constituer un ensemble à grandes oscillations thermiques.

L'état général est celui des grands infectés, avec réactions nerveuses, consistant en vive céphalée pariéto-occipitale, et agitation pouvant aller jusqu’au délire (Obs. IX),

Les urines sont rares et albumineuses.

Signes physiques. — Au point de vue des signes physiques dans les lésions du seul sinus latéral sans extension aux segments voisins, il ne se produit rien de particulier, la plaie opératoire garde généralement un bon aspect et les signes qui peuvent se produire

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sont, le plus souvent, tardifs. Même dans le cas de phlébite thrombosante, il est bien rare que le changement de coloration du sinus dénudé soit contemporain, comme c’est le cas de Mahu et Vincent (Obs. XID), et Ferrabouc (Obs. XIID), du début de l’atteinte générale. Il ne faut donc pas compter là-dessus pour poser et le diagnostic et l'indication thérapeutique.

Evolution

L'évolution est très variable suivant la forme que revêt l'infection.

La forme thrombosante localisée, bénigne, sans manifestations générales, a grande chance de rester cliniquement latente; elle est alors, comme l’ont montré Sébileau et son élève Chatellier, un proces- sus naturel de défense des vaisseaux veineux au contact d’un foyer septique.

A cette forme si favorable et souvent méconnue, semble-t-il, s'opposent nettement les formes à grandes réactions générales, les phlébites du sinus avec pyohémie, où les signes généraux occupent la première place.

C’est la forme classique la plus fréquemment rencontrée, c’est elle qui sert de type dans l’esquisse générale des complications veineuses.

Les frissons intenses, violents, de plus en plus répétés, avec hyperthermie et crises sudorales témoi-

gnent que le sinus traumatisé est devenu une porte d'entrée à l’infection générale.

Enfin, signalons les formes septicémiques d'emblée à allure grave d'intoxication sanguine, qui relèvent d’une virulence microbienne particulièrement exaltée.

Tous les organes peuvent alors présenter des atteintes, par lésions du myocarde, des parenchymes viscéraux; de même, peuvent être atteints les centres nerveux bulbaires, entraînant des troubles de la calorification et de l’innervation cardio-vasculaire, vouant le malade à une mort à brève échéance. :

Ces formes à allure générale peuvent revêtir divers aspects cliniques, c’est ainsi qu’on les a classées selon la prédominance de leurs symptômes, en :

Formes méningées, — typhoïdes, — pyohémiques, — septicémiques.

Les localisations à distance ne sont pas chose rare. C'est ainsi que nous trouvons des embolies pulmonaires dans les observations III de Sargnon, VI de Pierre Cornet et dans l'observation XV de MM. Lannois et Gaillard, sous une forme atténuée.

Relevons, en outre, un cas de localisation périphérique caractérisé par un abcès sous-aponévrotique anti-brachial, une arthrite suppurée du genou et une légère arthrite scapulo-humérale dans l'observation

Enfin, diverses autres localisations intéressantes et plus rares, sont à remarquer : surrénalite, abcès péri-

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néphrétique, abcès de la cuisse droite, dans l’observation XII de Mahu et Vincent, une thrombo-phlébite de la veinecave inférieure, dans celle de Bertoin (Obs. XIV).

L'observation XV nous offre un fait intéressant, un symptôme de voisinage rarement observé. Dans ce cas, un des premiers signes cliniques fut un trismus persistant qui entraîna l'hypothèse d’un tétanos post-

opératoire.

Le diagnostic

Il sera le plus souvent grandement facilité dans le cas de complication post-opératoire par la notion de traumatisme tout récent ; une atteinte générale dans les jours qui suivent une opération, ne peut manquer, même dans le cas d’une dénudation jugée sans grande conséquence, d’attirer l’attention sur la plaie opératoire.

Celle-ci, nous l’avons vu, n'offre que rarement, dès le début, des changements notables. Dans un cas de blessure de la paroi du sinus, l’ablation de la mèche intrasinusale peut même encore amener une hémorragie et prouver ainsi la perméabilité, du moins relative, du vaisseau, car, si toute phlébite n’est pas thrombosante, de même tout thrombus n’est pas

oblitérant.

Dans certains cas, le sinus montrera une paroi cou-

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