‹ Complications Septiques Après Traumatisme Opératoire du Sinus Latéral: Étude Expérimentale et CliniqueChapitre 6 sur 34 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Anatomie

1° Anatomie normale

Comme les autres vaisseaux dure-mériens, le sinus latéral, le plus volumineux de tous, est un collecteur sanguin de draînage de l’encéphale.

Son origine. — La bifurcation en deux vaisseaux symétriques au niveau de la protubérance occipitale interne, du confluent des sinus, ou pressoir d’Hérophile.

Sa terminaison. — Se fait au niveau du trou déchiré postérieur, où le S. L. devient jugulaire interne.

Canal à parois rigides, de 1 cm. à 1 cm. 5 de diamètre, le droit toujours un peu plus gros que le gauche, le S. L., contenu dans un dédoublement du bord convexe de la tente du cervelet, repose dans une gouttière profonde moulée autour de lui, séparant, les fosses cérébrale, occipitale et cérébelleuse corres-

At

pondantes. Dépourvu de valvules, il n’a que de simples brides et des travées fibreuses.

TraJEr. — Après une portion horizontale légèrement oblique en bas et en avant, s'étendant du pressoir d'Hérophile jusqu’à l'extrémité externe du bord supérieur du rocher, le sinus se heurte à cet obstacle osseux, se coude brusquement à angle droit, descendant verticalement, légèrement en avant et en dedans.

Il longe alors la base, puis le bord postéro-inférieur de la pyramide pétreuse et tend, de plus en plus vers l’horizontale, par une courbure à concavité postéro-supérieure.

Nouvel abstacle : l’apohyse jugulaire de l’occipital; nouvelle courbure d’enjambement à concavité antéro-externe, où le canal en crosse creuse profondément cette apophyse.

Donc, deux divisions bien nettes :

L’une, horizontale, le sinus transverse, de forme prismatique à la coupe, décollable dans toute sa longueur et, pour nous, la moins intéressante.

L'autre, verticale, le sinus sigmoïde, demi-cylindre arrondi, convexe en bas, qui adhère profondément, par toute sa face externe, à sa gouttière, constituée, dans la grande majorité des cas, par une coque épaisse d’os compact.

Cette disposition tourmentée. est expliquée, ainsi que l’a montré H.-P. Chatellier, dans sa thèse, par l’embrylogie.

Cet S italique couché, est déterminé par les forces opposées, produites par le développement, en

dehors, du cervelet, et l'accroissement de la capsule périotique qui le repousse en arrière, Sous ces influences, le sinus tend à pénétrer dans son lit sousjacent, masse mésenchymateuse qui donnera, par la suite, la paroi osseuse du crâne.

RAPPORTS. — Dans sa première portion, la face externe du sinus, prismatique à ce niveau, est appliquée dans la gouttière osseuse creusée dans l’occipital. Son bord interne correspond à la tente du cervelet, alors, que la face supérieure est tournée contre le cerveau, la face inférieure contre le cervelet.

La gouttière de la deuxième portion est normalement plus profonde, creusée sur la face interne de la mastoïde ; elle reçoit la partie convexe de l’hémicylindre sinusien, sa face plane répond aux hémisphères cérébelleux.

L’antre, située en avant et en haut du coude, n’en est souvent séparée que par la mince coque d'os compact de la gouttière sinusienne ; quelquefois, on rencontre une large couche de tissu pneumatique, c’est l’antre accessoire d’Elsworth, communiquant souvent avec les cellules mastoïdiennes.

En moyenne, 7 à 8 millimètres séparent antre et sinus; dans des cas d’apophyse éburnée, scléreuse ou de gouttière très profonde, on a trouvé un intervalle de moins de 4 millimètres.

Les différents auteurs qui se sont occupés de la question, ont divisé les cellules mastoïdiennes en :

1° Groupe postéro-supérieur, en rapport avec la paroi postérieure de l’antre, en avant, et le coude du sinus, en arrière.

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2 Groupe postérieur, situé en surface, entre le sinus et la corticale externe.

3° Groupe postéro-inférieur, accompagnant, dans son trajet, la coque compacte de la gouttière sigmoïdienne.

PROJECTION CRANIENNE. — Au point de vue opératoire, la notion la plus importante est celle de la projection du trajet sinusien sur la face exocranienne au niveau de la mastoiïde, c’est-à-dire, après le coude du sinus. Grosse divergence chez les différents auteurs. Cette projection varie, du bord antérieur de la mastoïde au tiers postérieur, suivant Tillaux ou Ricard; Broco et Lubet-Barbon optent pour la moitié supérieure. Nous arriverons au tiers moyen avec L.-R. Le Fort, qui indique un axe passant à 2 ou 3 mm. en arrière du milieu de l’apophyse, et Poirier, pour qui le tiers antérieur est antral, le moyen sinusien, le postérieur cérébelleux. C’est, pour l’apophyse normale, l’opinion qui semble primer. Mouret, s’attachant à une détermination exacte du lieu d’élection pour la trépanation de l’antre, indique, entre la zone antrale justa-méatique à abraser, et la zone sinusale à respecter, correspondant à une ligne pariéto-apicale menée du point d'union temporo-occipito-pariétal à la pointe, une marge de sécurité intersinuso-antrale.

Rappelons enfin le schéma classique divisant la mastoïde en six segments, qui assigne au S. L. le segment postéro-supérieur et les deux segments moyens.

Quant à la profondeur, elle varie suivant le niveau

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du sinus sigmoïde considéré, le coude étant à 3 ou 4 mm. de la surface, au niveau, par conséquent, de la portion supérieure mastoïdienne, zone dangereuse, le trajet s’enfonçant obliquement en dedans, pour atteindre près de 2 cm. de profondeur à la base de la portion verticale.

Un affluent important au point de vue opératoire, la veine émissaire mastoïdienne, née du coude du sinus, traverse la mastoïde dans un canal oblique en dehors et en arrière, et vient déboucher au niveau de la suture pétro-occipitale, pour gagner soit la veine occipitale, soit la jugulaire postérieure.

2° Anomalies

Mais tout ceci, nous l’avons vu, n’est guère qu’un type classique, surtout fait de moyennes au milieu de vues divergentes. C’est donc qu’il existe des variations plus ou moins grandes, plus ou moins fréquentes, peut-être, mais que tout chirurgien doit avoir présentes à l'esprit.

En expliquant la formation du trajet par l’embryologie, Chatellier explique, du même coup, les variations les plus grandes.

Selon que l’une des deux forces envisagées, poussée en dehors par le cervelet, poussée en arrière par la capsule périotique, prévaudra, l’une des courbures s’accentuera, s’enfoncera davantage dans la paroi en s’approchant d’autant de la surface corticale,

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