CHAPITRE Ill
Etiologie et pathogénie
Fréquence. — Dans sa thèse sur les lésions traumatiques des sinus dure-mériens, Luys, parlant de l'ouverture opératoire, déclare : « L’inocuité de cet « accident et la facilité avec laquelle on effectue le « tamponnement de ce vaisseau lésé, font que cette « blessure n'offre pas un intérêt considérable. »
« Les infections directes du sinus ou de la jugulaire, par propagation opératoire traumatique directe, sont exceptionnelles », disent Gibert et Descomps.
En fait, si l’on parcourt les traités classiques et les publications, on est frappé du peu de place qu’occupent de tels faits dans la littérature otologique.
Malgré cette pauvreté, nous avons essayé de grouper, autour de nos observations recueillies à la Charité, dans le service de Clinique du Professeur Lanoois, publiées avec MM. Gaillard et Mayoux, ou communiquées si aimablement par M. le Docteur Sar-
RP pO LEE,
gnon, les quelques cas qui ont vu le jour durant ces
dernières années.
Il y a peu de ‘emps, sous l'impulsion de leur maïitre Sébileau, deux de ses élèves, Chatellier et P. Cornet, s’occupèrent de la question. Tout en signalant. « la possibilité assez exceptionnelle d’une phlébite sinusienne traumatique », Chatellier enumère quelques cas signalés par Zéroni, Bondy, Luc et Jacquin, Hofman.
. Quatre observations recueillies chez Sébileau et Bourgeois, font l’objet d’un travail tout récent de P. Cornet. Bondy-Ferrabouc, Mahu et Vincent, Fremel en citèrent également des exemples.
Il est permis de se demander si, à cette rareté dans la littérature, correspond vraiment une rareté de fait.
Parmi les cas de complications traumatiques, au nombre de 17, 9 relèvent d’une blessure opératoire, et 8 furent la conséquence de la dénudation. C’est donc que le traumatisme tel que nous l’avons défini est loin d’être un fait exceptionnel dans l’étiologie de ces accidents.