‹ Composés endothermiques et exothermiques. Thèse présentée au concours d'agrégationChapitre 14 sur 29 · ACTION DE LA LUMIÈIIE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA LUMIÈIIE

Ainsi, l’ignition d’un fil de platine porté à l’incandescence par un courant électrique décompose instantanément l’acétylène comprimé en carbone solide et hydrogène. MM. Berthelot et Vieille ont fait sur ce point des expériences nombreuses *. La décomposition ne dure que quelques centièmes de seconde et est d’autant plus rapide que la pression initiale est plus grande. Cela se conçoit, car dans ces conditions la chaleur développée en un point est d’autant plus grande que la concentration du gaz est plus forte.

Si l’acétylène est liquide, on obtient des résultats du même ordre ; la décomposition se fait en quelques millièmes de seconde et peut être effectuée aussi bien par le fd rougi au sein du liquide que dans l’atmosphère gazeuse qui le surmonte. Dans ce dernier cas, l’explosion commencée dans le gaz se transmet au liquide.

Le choc dû h l’explosion d’une amorce de fulminate produit les mêmes phémonènes, mais la chute du récipent ou son écrasement par un mouton ou le choc d’une balle lancée avec une vitesse considérable paraissent inefficaces.

11 y a plus : cette décomposition, de l’acétylène peut aussi s’effectuer sur la dissolution de ce gaz dans l’acétone, si la pression sous laquelle il a été dissous surpasse une dizaine il’atmosphères. Sous cette pression, la décomposition commencée dans l’atmosphère gazeuse peut se transmettre au liquide; au-dessous, la portion gazeuse se décompose seule.

Dans cette décomposition, une réaction secondaire intéressante se produit : le dissolvant prend dans la réaetion l’énergie nécessaire à sa décomposition et on n’en retrouve que les produits de destruction, laquelle a lieu sensiblement d’après les équations ;

= d CO-1-2,5C-l-2,5H2 + f IPO —

C’est là un cas remarquable de réaction d’entrainement produisant une décomposition de l’acétone, c’est-à-dire d’un composé exothermique.

î. de chimie et de idiysiquc (t. If, p. 6; t. XJII, p. G; 18Ü7, 1898),

Dans ces expériences la pression joue le rôle capital. En effet, si comme M. Claude l’a fait récemment, on porte au rouge un fil de platine immergé dans l'acétylène liquide à — 1800 on dans une solution acétonique à 2000 vol., c’est-à-dire dans des conditions où la pression est voisine de i atm. la décomposition ne se fait plus *.

Vibrations sonores. — Contrairement à des expériences imtérieures, dues surtout à Abel, M. Berthelot a montré que les vibrations sonores sont inefficaces pour détruire un composé endothermique ou même en hâter la destruction. L’onde sonore, quelle qu’en soit l’acuité, est absolument incapable de communiquer aux molécules la force vive initiale nécessaire à la destruction de tels composés ; cette force vive s’épuise donc rapidement par sa transmission aux molécules placées plus loin et l’action est nulle.

LuMiÈnE. — Par contre, un certain nombre de substances sont décomposées par les vibrations lumineuses.

Tantôt elle agit rapidement et provoque une décomposition qui s’accélère, comme avec l’anhydride hypochloreux, tantôt, au contraire, elle ne produit qu’une décomposition d’une grande lenteur (plusieurs mois), comme avec le gaz iodhydrique.

Comme pour les phénomènes de combinaisons exothermiques la décomposition est plus ou moins rapide suivant l’intensité de la lumière ou sa nature; elle n’agit également que comme cause excitatrice et non pas en tant qu’énergie, puisque le phénomène est exothermique.

On peut citer encore le sulfure de carbone CS® que la lumière décompose très lentement en protosulfure CS et S; mais la grandeur thermique de cette réaction est inconnue.

Agents de contact. — Certains composés comme l’anhydride hypochloreux, le peroxyde de chlore, le chlorure d’azote détonent violemment lorsqu’on les met en contact avec des composés oxydables ou chlorurables, comme le phosphore, l’arsenic, le soufre, l’essence de térébenthine. Ces agents paraissent agir par leur simple présence, car on les retrouve inaltérés; mais cela tient, comme l’a montré Wurtz, à une

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