HO C—= CO 2H
de sorte que, si la réaction était parfaite, le gaz résultant serait formé de volumes égaux d'hydrogène et d'oxyde de carbone. On ulilise même sous le nom de gaz à l’eau un mélange dù exclusivement à cette réaction; nous y reviendrons un peu plus loin.
Actuellement, on emploie presque exclusivement dans l'industrie ces gaz mixtes dont l'usage avait déjà, du reste, élé indiqué par Siemens, mais dont l'application pratique est due à Dowson en 1878. Ces gaz mixtes sont également désignés sous le nom de gaz pauvres : leur pouvoir calorifique en effet, variant de 1900 à 1500 calories par mètre cube, est inférieur à celui d’autres gaz, notamment du gaz d'éclairage.
Les modèles de gazogène sont extrêmement nombreux et nous ne pouvons nous élendre ici sur ces appareils. L'eau nécessaire aux réactions est, dans certains cas, amenée à l'état de vapeur; dans d'autres cas, la vapeur est produite à l’intérieur même du foyer, ce qui permet de supprimer tout appareil extérieur de vaporisation,
Dans les uns, le courant gazeux qui afflue à la sortie des appareils est sous pression (gazogènes soufflés); ils sont peu employés: dans les autres, les gaz sont aspirés, soit par un appareil spécial, soit par le moteur (gazogènes par aspiration surtout utilisés).
Les principaux types de gazogènes sont les appareils Benier, Taylor, Lencauchez, Pierson, Boutillier, Deutz.
Actuellement, les efforts des constructeurs tendent surtout à conslruire des appareils permettant d'utiliser comme combustibles solides des charbons gras dont la teneur en matières volatiles est de 15 à 20 pour 100, l'emploi de ces charbons étant presque impossible dans les appareils actuels; ces charbons, en effet, qui permettraient d'obtenir un gaz plus riche, donnent en même temps des goudrons dont la présence est préjudiciable aux organes des moteurs.
On peut, pour éliminer ces goudrons, faire subir aux gaz un lavage ou une purification préalable : il est plus simple de les détruire par la chaleur dans le gazogène lui-même en les brûlant ou de les dissocier au moyen d'une température élevée, ce qui enrichit le gaz en principes combustibles (hydrocarbures, hydrogène, carbone). Les dispositifs utilisés sont très variables : on utilise surtout le deuxième mode de transformation (!).
L'oxyde de carbone forme également une partie des gaz combustibles entrant dans nombre de mélanges gazeux très employés (gaz d'éclairage, gaz Riché, gaz d'huile, etc.).
Pour terminer les applications de l'oxyde de carbone, nous dirons quelques mots du gaz à l’eau.
Nous avons vu que théoriquement ce gaz était formé de volumes égaux d'oxyde de carbone et d'hydrogène, mais dans la réalité il contient toujours une petite quantité d’anhydride carbonique, d'azote et de différentes impuretés.
Le principe de l'industrie du gaz à l'eau est dû à Jobard, de Bruxelles, puis à Gillard; Tessié du Mothay et Lowe ont perfectionné notablement les procédés. Les appareils utilisés dont nous ne donnerons que le principe appartiennent à deux groupes :
1° Appareils continus; dans des cornues contenant le charbon
(1) Voir sur les gazogènes à gaz pauvre deux articles de A. Rigaut, Revue Scientifique, n° 18 et 19, 1908, 2° semestre,
et chauffées extérieurement, on fait arriver un courant de vapeur d’eau ; on a :