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ETES

Fig. 5. — Spectre de l’hémoglobine réduite.

Fig. 4. — Spectre de l'hémoglobine oxycarbonique après réduction.

volume d’eau, puis, si le liquide n’est pas absolument clair, on le filtre : on introduit alors le sang dilué dans une peute cuve de verre à faces parallèles. On peut avec avantage se servir d’une cuve de verre de forme triangulaire qui permet de faire varier à volonté l'épaisseur du liquide. On place alors la cuve devant la fente d'un spectroscope; la dilution ou l'épaisseur du liquide doit être telle que les deux bandes sombres entre D et E apparaissent nettement; la bande E située dans le rouge est plus large que la bande jaune en D; entre les deux on doit voir très nettement un espace clair.

Le spectroscope ordinaire à un prisme est l'instrument le plus convenable pour ces observations : la fente doit être étroite et

réglée d'une façon définitive de façon qu’on puisse toujours opérer dans les mêmes conditions. On peut se servir également d’un petit spectroscope à vision directe, mais ces instruments ne portent pas d'habitude de micromètre, ce qui, dans certains cas, est un inconvénient. On peut utiliser, comme éclairage, un bec de gaz à papillon, un bec Auer, etc.

Dans des recherches délicates, il est utile d'observer, en même temps que le sang suspect, le spectre d’un sang normal; on utilisera pour cela une disposition souvent employée quand on veut comparer deux spectres : la fente, dans une de ses moitiés, est munie d’un petit prisme à réflexions totales qui permet l'examen d’un sang normal placé dans une autre cuve; les deux spectres sont placés l’un au-dessus de l’autre de sorte que la position des bandes est facilement comparée. Stokes('), à qui est due l’étude du spectre de l’hémoglobine réduite, employait comme réducteur une solution à 5 pour 100 de protochlorure d’étain additionnée d'acide tartrique et neutralisée par l’ammoniaque. Ogier(?) recommande l'emploi du sulfhydrate d’ammoniaque à la dose de une à deux gouttes par centimètre cube du sang dilué. On a recommandé également l'emploi de l’hydrosulfite de sodium; mais ce réaclif, d’après Ogier, aurait l'inconvénient de donner des liquides troubles, ce qui enlève de la netteté au spectre, de plus, il est d'une mauvaise conservation. Il est préférable d'utiliser le sulfhydrate, réactif courant et qu'on a toujours sous la main.

La réaction, comme nous l'avons déjà indiqué, est extrêmement nette et permet de déceler l'oxyde de carbone quand le gaz n’est pas en trop faible proportion. Quelle est sa sensibilité? Cette question n’est pas absolument résolue. Claude Bernard admet qu’on peut caractériser l’oxyde de carbone dans le mélange d’une partie de sang oxycarboné avec 2 parties de sang normal. Ogier et Vibert estiment qu'on peut, en s’entourant des précautions nécessaires, reconnaître l’oxyde de carbone, dans un mélange ne contenant que 1/10° de sang oxycarboné; d’après de Saint-Martin la linite serait de 25 pour 100; du reste cette limite variera évidemment suivant l'observateur.

Somme toute, si la victime a survécu et si une partie du gaz

(1) Proc. Roy. Soc., 1864, 16 juin, 43, 355.

(2) Trailé de toxicologie, T3.

toxique a pu être éliminée, l'examen spectroscopique ne donnera que des résultats incertains.

On doit à Bertin-Sans et Moitessier(!) une méthode qui permet d'évaluer, au moyen du spectroscope, l’oxyde de carbone contenu même en proportion minime dans le sang. Cette méthode est basée sur ce fait que le ferricyanure de potassium ajouté au sang transforme l’hémoglobine en méthémoglobine; celle-ci n’a pas la propriété d’absorber l’oxyde de carbone, de sorte que le gaz toxique peut facilement être chassé du sang et reçu dans du sang normal très dilué qui retient l’oxyde de carbone: le sang ainsi chargé est examiné au spectroscope. Le sang à examiner est étendu de 2/5 de son volume d’eau et placé dans une carafe large et plate d’un litre de capacité, puis additionné d'un excès de ferricyanure en poudre. La carafe, chauffée dans un bain d’eau maintenu vers 40, est reliée avec un flacon laveur de Cloez renfermant une petite quantité de sang très dilué; ce flacon muni d’un robinet est mis en communication avec une cloche dans laquelle on fait le vide à 5°" de mercure environ. En ouvrant peu à peu le robinet on fail passer les gaz dégagés de la carafe dans le flacon laveur; on fait plusieurs fois le vide dans la cloche de façon à recueillir tout l’oxyde de carbone et à concentrer ce gaz dans la petite quantité de sang normal. On peut, d’après les auteurs, caractériser l’oxyde de carbone dans un sang renfermant 15 pour 100 d’hémoglobine transformée en hémoglobine oxycarbonique. Dans le cas où le sang ne contient que très peu d'oxyde de carbone, il est nécessaire d'extraire les gaz du sang et de faire l'analyse de ces gaz.

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