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GAZ D'ÉCLAIRAGE

Parmi ces causes d'intoxication la plus importante est celle qui se rattache à l'emploi du gaz d'éclairage.

Le gaz d'éclairage ordinaire obtenu dans la distillation de la houille est formé essentiellement d'hydrogène, de carbures d’hydrogène, mais de plus il contient toujours une proportion assez forte d'oxyde de carbone, proporlion qui, dans certains gaz, peut atteindre 8 pour 100 : elle varie d'habitude entre 4 et 8 pour 100. Il est prouvé que le gaz d'éclairage possède un pouvoir toxique considérable, que les carbures d'hydrogène qui entrent dans sa composition sont pour ainsi dire inactifs et que les propriétés délétères sont dues presque exclusivement à l’oxyde de carbone.

Causes d'intoxication par le gaz d'éclairage. Elles sont extrémement nombreuses et ce produit a causé un grand nombre d’accidents mortels; de plus, il est souvent employé comme mode de suicide. En dehors de ce dernier cas, il est rare que de fortes proporlions de gaz d'éclairage aient été inhalées, cependant on à signalé des asphyxies brusques par de fortes proportions de gaz, dans les usines à gaz, dans cerlains travaux, parmi les ouvriers occupés à chercher des fuites, à creuser des tranchées; ces accidents sont plutôt des asphyxies comme on pourrait l'observer avec d’autres gaz inertes. Les accidents dus au gaz d'éclairage sont surtout attribuables à des robinets restés ouverts, à la rupture des tuyaux de caoutchouc, à des fuites. Presque toujours ces fuiles sont découvertes, car le gaz est décelé par son odeur forte avant que la proportion ne devienne dangereuse, mais elles peuvent survenir pendant le sommeil et l'air souillé provoquera des phénomènes d'intoxication absolument identiques à ceux provoqués par l’oxyde de carbone. La proportion dangereuse varie avec la composition du gaz, l'aération de la pièce, et beaucoup d’autres circonstances, de sorte qu'il est difficile de fixer des limites exactes : on admet généralement qu’une proportion de à pour 100 de gaz d'éclairage dans un air non renouvelé peut causer des accidents mortels au bout de quelque temps.

Dans certains cas les fuites de gaz ont pu causer des accidents mortels et dans des conditions où l'absence presquecomplète d'odeur

ne pouvait indiquer la fuite (Pettenkoffer) (!)."Il peut arriver, surtout en hiver, que du gaz provenant de fuites dans la canalisation, traverse une certaine quantité de terre dans laquelle il est pour ainsi dire filtré, et où il abandonne la presque lotalité de ses principes odorants : de là il peut passer dans les maisons el causer des accidents très graves. Le gaz peut traverser des murs épais et pénétrer «dans des maisons situées même assez loin de la canalisation. Biot (?) a vu des accidents se produire dans une maison située à 80 mètres d’une conduite de gaz.

Un autre mode d'intoxication peut être attribué, d’après Gréhant (°) aux produits formés par la combustion incomplète du gaz d’éclairage, dans des becs ou fourneaux brûlant avec une flamme éclairante ; les becs à incandescence ne dégagent pas d’oxyde de carbone

Symptômes d'intoxication par le gaz d'éclairage. — Ils sont absolument les mêmes que ceux observés avec l’oxyde de carbone; la recherche de ce toxique dans le sang, soit au moyen du spectroscope, soit par l'analyse des gaz retirés du sang, sera faite

exactement comme il a été indiqué plus haut.

Recherche toxicologique du gaz d'éclairage.

Dans le cas où l’expert aurait à rechercher le gaz d'éclairage dans une atmosphère suspecte, le mieux serait de caractériser les carbures éthyléniques existant toujours dans le gaz en absorbant ces carbures par le brome ou par l'acide sulfurique fumant. On peut également faire une analyse complète du gaz, le résidu après absorption de l’oxyde de carbone par le chlorure cuivreux est formé d'azote, d'hydrogène et de carbures, surtout de formène, qu'on pourra caractériser par les méthodes eudiométriques.

Intoxication par l'oxyde de carbone : intoxication par le gaz d'éclairage.

Étant donnée une intoxication par l’oxyde de carbone, les accidents doivent-ils être attribués à l’oxyde de carbone ou au gaz d'éclairage ?

1) Vorträige, 1872, 111.

?) Bulletin de Thérapeutique, 98, 507.

3) Les Gaz du sang, 153.

il n'est pas toujours facile de répondre à cette question. Plusieurs auteurs ont indiqué des réactions susceptibles de donner des indications. Wachholz (!) prétend que le sang traité par le ferricyanure de potassium donnerait une coloration différente dans les deux cas, mais ce procédé ne paraît pas donner d'indications bien utiles. Stærmer (?) conseille de rechercher dans les gaz retirés du sang les raies de l'hydrogène au moyen du spectroscope : cette recherche peut donner quelques indications si l'expertise est faite rapidement ; mais au bout de peu de temps, le sang entrant en puiréfaction peut contenir de l'hydrogène, ce qui enlève toute valeur au procédé.

Une méthode indiquée par Cruz (*) paraît susceptible de donner des renseignements plus précis. Dans cette méthode, les gaz extraits du sang sont d’abord traités en vue de l'élimination du gaz carbonique, de l'oxygène et de l’oxyde de carbone. Le résidu est traité ensuite par une série d’élincelles électriques qui, en présence des carbures attribuables au gaz d'éclairage, donnent de l’acétylène : celui-ci peut être facilement reconnu par son action sur le chlorure cuivreux ammoniacal.

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