CO +05 — 5CO
(1) Arch. f. Hygiene, 1883, 1, 145.
(?) Vierteljahrs. f. Gesundheitspfl, 13, 377. (5) C. R., 426, 928.
Cette réaction, étudiée d'abord par Ditte (‘), puis de la Harpe et Reverdin (*), peut être utilisée de plusieurs façons pour le dosage de CO. On peut, comme l’a proposé A. Gautier (), faire passer l'air à analyser d'abord dans une lessive de potasse, le dessécher, puis le faire circuler dans un système de deux tubes placés dans une éluve chauffée vers 100-105. Le premier de ces tubes contient de l’anhydride iodique, le second du cuivre pulvérulent réduit par l'hydrogène : l’iode mis en liberté se fixe sur le cuivre dont on détermine l'excès de poids. Nicloux (‘) évalue par une méthode colorimétrique l'iode mis en liberté. L'air à examiner passe dans trois tubes en U contenant : le premier, une lessive alcaline pour retenir CO?, le second de la ponce sulfurique; le troisième, chauffé par un bain d'huile vers 150°, contient 50: d’anhydride iodique A la suite de ces tubes, on dispose un absorbeur à polasse pour fixer l’iode. Quand l'opération est terminée, l’iode est mis en liberté dans la solution de potasse par l’acide sulfurique et une trace d’azotite de sodium : au moyen du sulfure de carbone, on rassemble l'iode et la teinte du dissolvant est comparée à une solution sulfocarbonique d'iode d’un titre "is On peut, d’après Nicloux, reconnaître par ce pro-
cédé de CO. D’après Nesmelow (), les procédés au chlorure
oÙ TO de palladium donneraient de mauvais résultats (50 pour 100 de perte); la méthode de Nicloux est de beaucoup préférable, mais il serait indiqué de substituer au dosage par comparaison, un titrage avec une solution d’hyposulfite.
Lévy et Pécoul (5) ont imaginé un appareil portatif reposant sur la méthode de Nicloux et qui permet de déterminer facilement la teneur en oxyde de carbone d’une atmosphère suspecte. D'après ces
auteurs, une teneur de 00000 oxyde de carbone dans un local
peut provoquer des troubles sérieux.
5° Grisoumètre. — Nous citerons pour terminer ce qui concerne la recherche de petites quantités d'oxyde de carbone, une méthode due
(1) Bull. Soc. Chim., (1), 43, 318.
(2) Bull. Soc. Chim., (3), 1, 163.
(5) Thèse cle Dorpat, 4907, 138. Voir Journ, de Pharm. et de Chim., (6), 26. (6) Journ. de Pharm. et de Chim., (6), 24, 467.
à Gréhant, qui permet de retrouver des lraces très faibles d'oxyde de carbone : cette méthode est fondée sur l'emploi du grisoumètre. Le principe de cet appareil a été donné par Coquillion ('), qui l'appliqua à la recherche du grisou dans l'atmosphère des mines. Depuis, cet appareil a reçu plusieurs perfectionnements dus à Gréhant. Nous ne donnerons ici que le principe de ce procédé : pour la description et le maniement du grisoumètre, voir le livre de Gréhant : L'Oxyde de carbone, Paris, 1903, p. 30.
Le principe des grisoumètres est très simple : quand on fait passer une série d’élincelles dans un mélange gazeux contenant un gaz combustible en présence d'un excès d'oxygène, le gaz combustible est brûlé et il en résulte, après refroidissement-des gaz, une diminution de volume du mélange gazeux. On a, par exemple, dans le cas de l’oxyde de carbone :
COR ORGUE 2 vol, 1 vol. 2 vol.
La diminution du volume est proportionnelle à la teneur en oxyde de carbone en admettant, naturellement, qu'il n'y ait pas d’autres gaz combustibles.
Le grisoumètre de Gréhant est formé essentiellement d'une ampoule cylindrique qui se continue à la partie inférieure par un tube verlical de 45° de long et de 7" de diamètre; ce tube porte des divisions correspondant à des volumes égaux. Sur les parois de l’ampoule sont soudés deux tubes traversés par des fils de platine roulés en spirale dans l’ampoule, ce qui permet de porter la spirale au rouge sous l'influence d’un courant électrique. L'appareil est fermé à sa partie inférieure par un robinet qui peut être manœuvré au moyen de deux tiges de laiton assez longues : à la partie supérieure de l'ampoule est fixé un robinet pointeau d’une forme spéciale et qui permet l'introduction des gaz. L'appareil peut, à volonté, être immergé dans l’eau ou retiré au moyen d’un treuil muni d’une manivelle. Pour faire une délermination, le mélange des gaz est introduit dans l'appareil rempli d'eau, jusqu'à ce qu'il arrive presque à l'origine des divisions du tube gradué; le robinet supérieur étant fermé, on immerge l'appareil, on fait la lecture du volume gazeux, puis le robinet inferieur est fermé. On fait alors passer dans l’am-
poule le courant électrique ; au moyen d’un interrupteur, on interrompt et on fait passer le courant une cinquantaine de fois: on ouvre le robinet inférieur et on procède à la lecture du volume gazeux au bout de quelque temps.
Dans une expérience préalable, la diminution de volume correspondant à 1 centimètre cube d'oxyde de carbone a été fixée, ce qui permet d'évaluer la proportion de CO existant dans le mélange en expérience. En prenant quelques précautions spéciales, en ayant soin surtout qu'il n’y ait pas dans le mélange gazeux d’autres gaz combustibles tels que l'hydrogène ou le formène, on peut déceler la présence dans l'air de quantilés extrêmement faibles d'oxyde de carbone. Le grisoumètre peut être appliqué à la recherche de l’oxyde de carbone dans l'air ou dans les gaz extraits du sang au moyen du vide.
La recherche toxicologique' de l'oxyde de carbone peut encore soulever un certain nombre de problèmes intéressants parmi lesquels nous signalerons les deux suivants.
1° Peut-il exister normalement des traces d'oxyde de carbone dans l'atmosphère?
9% Existe-t-il de l'oxyde de carbone dans le sang normal?
1° Étant donné les nombreuses circonstances dans lesquelles il peut y avoir formation d'oxyde de carbone surtout dans les villes, il n’est pas étonnant que des traces de ce gaz aient pu être décelées dans l'atmosphère des villes: ces traces paraissent surtout provenir des fuites de gaz d'éclairage. Il ne paraît pas en être de même à la campagne, du moins jusqu'ici l'oxyde de carbone n'a pas élé signalé loin des villes.
2 D'après Gréhant (!) le sang contiendrait normalement une lrace de gaz combustibles donnant au grisoumètre une très faible réduction de volume : ces gaz seraient surtout formés d'hydrogène et d’une quantité extrêmement faible de carbures. Saint-Martin (?), examinant le sang d'animaux placés dans des conditions telles qu'il n'y ait pas de cause d'absorption d'oxyde de carbone, a pu déceler de très faibles quantités de ce gaz, chez le bœuf 0°%5,8 par litre de sang, pour le chien 1°%,2 : le sang normal contiendrait donc une trace d'oxyde de carbone qui, d'après de Saint-Martin, préexisterait dansle
(1) Les gaz du sang, 119.
sang et ne serait pas dû à l’action des réactifs. Ces conclusions ont été confirmées par Nicloux (!), qui a trouvé dans le sang d’un chien des traces extrêmement faibles (0,16 parlitre) d'oxyde de carbone.
Dans certaines circonstances, la proportion de GO peut être notablement plus forte. Desgrez et Nicloux (?) pensent que le chloroforme employé comme anesthésique peut êlre décomposé dans l’organisme sous l'influence de l’alcalinité des humeurs avec formation d'oxyde de carbone; la fixation de ce gaz sur l’hémoglobine expliquerait certains accidents consécutifs à l’anesthésie.
Les expériencesont élé faites sur des chiens et dans le sang de ces animaux soumis à l’anesthésie on a déterminé, au moyen du grisoumètre, la proportion d'oxyde de carbone en Lenant compte de la réduction du sang normal. D’après Desgrez et Nicloux, en tenant comple des chiffres obtenus avec le sang des animaux, le sang d'un homme de 6» kilos soumis à l'influence du chloroforme pourrait donner 26e CO, quantité qui est loin d'être négligeable. L’anesthésie par l’éther ne donnerait pas trace d'oxyde de carbone.
Ces recherches ont été confirmées par de Saint Martin : cependant cet auteur a obtenu des chiffres plus faibles que Desgrez et Nicloux.
Ces conclusions, au moins en ce qui concerne la présence de l'oxyde de carbone dans le sang normal, sont des plus importantes au point de vue chimico-légal, Si dans une expertise la quantité d'oxyde de carbone est extrêmement faible, si elle ne dépasse pas par exemple 0,1 à 05,2 pour 100% de sang, il ne faudra pas conclure à une intoxication oxycarbonique. Dans les intoxications rapides ce cas se présente rarement; mais si la victime a survécu quelque Lemps et a pu éliminer une grande partie du toxique, les conclusions à tirer de l'examen chimique peuvent laisser l'expert dans le plus grand embarras.
Pour terminer la toxicologie de l'oxyde de carbone, il nous reste à parler de quelques causes d'empoisonnements dus aux gaz employés pour l’éclairagee et le chauffage, gaz de houille, gaz à l’eau, ete.