RELIGION ET HABITUDES MORALES
La famille est catholique et remplit ses devoirs religieux avec une grande régularité. Le père et la mère vont d'ordinaire à la messe tous les jours. Lorsque les enfants étaient jeunes, et requéraient des soins constants, la mère de famille restait à la maison, mais le père, depuis de longues années, est fidèle à l’habitude de commencer ainsi pieusement sa journée. Le père et les deux garçons appartiennent à la Congrégation de la Sainte-Vierge, dirigée par les Jésuites, et tous les dimanches matin ils se rendent à leur église pour y réciter l'office de la sainte Vierge. La mère fait partie de la société des Dames de Sainte-Anne, association pieuse dont le but est de conduire les mères de famille à la perfection de leur état. Toute la famille s’approche régulièrement des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie une fois par mois et, de plus, à chaque fête marquante,
On faisait la prière en commun tous les soirs jusqu'en ces dernières années, alors que tous les enfants étaient à la maison ; c’est d’ailleurs une habitude générale au Canada, même en ville. Actuellement l'ouvrage retient souvent les garçons le soir et il est plus diflicile de se trouver tous réunis.
Dans la famille, c’est la femme qui # l’administratun de la maison. C’est elle qui achète les vêtements et les vivres, et tout ce qui est nécessaire à l’entretien du ménage, Le mari ne s'occupe guère que de pourvoir au chauffage,
Les vieux parents sont toujours bien vus des enfants, et surtout des petits-enfants. Le chef de famille, objet de cette monographie, a gardé sa mère chez lui pendant de longues années, de 1888 jusqu’à sa mort en 1901 ; elle était alors âgée de quatre-vingt-six ans. Pendant tout ce temps il ne reçut rien de ses frères pour lui venir en aide; un seul d'entre eux envoyait directement à sa mère quelque argent qu’elle employait à l'entretien de ses vêtements.
11 est d'usage à Québec d'envoyer les enfants à l'école dés l'âge le plus tendre. Les enfants de Philéas fréquentérent les écoles jusqu'à l'âge de seize ans ; les garçons recurent l'instruction chez les Frères des Écoles chrétiennes, les filles chez les Sœurs de la Charité.