‹ Compositeur typographe de Québec, Canada (Amérique du Nord) salarié à la semaine [microforme]Chapitre 6 sur 45 · HYGIÈNE ET SERVICE DE SANTÉ · texte numérisé non relu

HYGIÈNE ET SERVICE DE SANTÉ

L'état sanitaire de la famille est très bon. Le père, tout en n'étant pas très fort, fait son travail sans être incommodé, La mère et les enfants jouissent d’une très bonne santé. La mère n'a fait appeler le médecin qu’à la naissance des enfants. Dans les cas de légères indispositions, elle savait employer les remèdes que l'expérience lui avait suggérés.

Les deux garçons ont reçu la visite du médecin dans le cours del’année pour des indispositions peu graves.

Les ou riers n'ont pas l'habitude de prendre des bains, mais ils sont généralement trés propres pour tout ce qui regarde les soins du corps, des vêtements et de l'habitation.

L'état sanitaire de Québec est d'ordinaire supérieur à celui des autres villes du pays, et dans les tableaux de mortalité, les quartiers ouvriers ne figurent pas pour une plus mauvaise part que les autres.

Cet état de choses paraît dû à la pureté relative de l'air, au système d’aqueduc, au drainage, au pavage des rues et surtout au peu d’encom- ! brement.

Québec se divise en haute et basse ville. La haute ville est assise sur le cap Diamant, et ses rues, fort accidentées, sont souvent balayées par le vent d’est venu sans obstacle du fleuve et du golfe Saint-Laurent. Ce vent purifte l'atmosphère en chassant la fumée et les poussières amacsées au-dessus des faubourgs ouvriers.

Ces derniers s'étendent dans la plaine, sur un terrain d’alluvion, ancien rivage dont on retrouve les couches de sable et de gravier à peu de profondeur.

La proximité des deux cours d’eau et les déclivités du terrain rendent le service des égouts facile; on est occupé à compléter la transformation du drainsge par la construction de canaux collecteurs en briques ; la grande dimension de ces canaux en rendra le nettoyage facile. Deux

fois par jour, la marée, qui varie de quatre à six mètres, emporte au loin les eaux souillées,

Les voies principales ont la chaussée en asphalte ; elles sont lavées et nettoyées plusieurs fois par jour. Les autres rues, empierrées, sont grattées de temps à autre, et on les arrose tous les jours pendant l'été, Leur largeur moyenne est de dix à quinze mètres, mais les maisons, surtout celles qui sont habitées par les ouvriers, n'ont guère plus d’un étage, et sont toutes pourvues de cours, de sorte que leur peu d'élévation laisse pénétrer facilement le soleil. D'ordinaire ces maisons abritent deux familles, dont l’une habite le rez-de-chaussée, et l’autre l'étage supérieur, avec chacune une entrée séparée. Le nombre de pièces des logements ouvriers est de trois à six ; la plus grande sert de cuisine et de salle à manger, et les autres de chambres à coucher, à l'exception de celle qui se trouve à l'entrée et qui sert de salon de réception. La superficie moyenne de ces pièces est de seize mètres carrés. Elles ont toutes des fenêtres donnant soit sur la cour, soit sur la rue.

L'eau potable est distribuée dans toutes les maisons par un aqueduc dont les tuyaux vont s'alimenter dans la rivière Saint-Charles, à douze kilomètres de la ville. [1 n'existe qu'un filtre rudimentaire à la prise d’eau ; cependant ce désavantuge est compensé par la pureté relative de l'eau à cette source.

Le drainage des maisons est satisfaisant ; tous les cabinets d'aisances sont intérieurs, lavés par de très forts courants d'eau, Plusieurs fois dans l'année, des inspecteurs municipaux viennent s'assurer si les robinets, les tuyaux d'aération et de renvoi sont en bon état. Ils visitent aussi les cours et les hangars, dans lesquels il n'est Pas permis de laisser séjourner des déchets odorants.

Les quartiers ouvriers de Saint-Roch et de Saint-Sauveur sont traversés par deux boulevards plantés d'arbres ; ils s'étendent jusqu’à la rivière Saint-Charles, au delà de laquelle on a aménagé un parc vaste et bien exposé aux vents du fleuve et des montagnes.

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