SUBVENTIONS
I ne doit figurer au budget aucune subvention proprement dite, la famille, dans la vie aiste qu’elle mène actuellement, n’en a nul besoin.
La mutualité est en général assez développée, et c'est plutôt dans les œuvres qui en dépendent qu'il faut ranger plusieurs sociétés de Québec qui ont des succursales à Saint-Jean-Baptiste. L'Union Saint-Joseph, les Artisans canadiens-français, l'Alliance nalionale, les Forestiers catholiques, sociétés du même genre, donnent des secours pendant la maladie et une assurance à la mort. Les deux garçons, Loyola et Philéas, font partie de l'Alliance nationale, et Philéas a reçu de la Société, pendant l’année, des médicaments et soins méd‘caux d'une valeur de 15 francs.
La Sociélé des Dames charitables de Saint-Jean-Baptiste a pour objet de donner des secours aux mères de famille pauvres à l’époque de la naissance de leurs enfants.
La Société de l’Union te prières assure à ses membres, à la condition
OBSERVATIONS PRAP''MINAIRES, 7!
d'une contribution annuelle de 1! 2% ou 2! 59, un service funèbre correspondant à la cotisation payée. Si le sociétaire défunt n'est pas enterré dans la paroisse, la Société donne en argent une somme représentant le prix du service. Tous les membres de la famille sont membres de cette Société.
La Ligue du Sacré-Cœur, société de tempérance, enrûle sous son drapeau les hommes et les jeunes gens de la paroisse, Elle se divise en deux sections, l’une pour les hommes, l'autre pour les jeunes gens. Cette dernière prend le nom de Petite Ligue. Le directeur de la Ligue, un prêtre de la paroisse, réunit une fois par mois les membres de la Société et leur donne les conseils qu'il croit les plus aptes à les prémunir contre les dangers propres à leur àge, et plus spécialement contre l'abus des boissons alcooliques. Les deux garcons, Loyola et Philéas, sont membres de la Petite Ligue.
Les ouvriers, dans tous les métiers, ont des sociétés spéciales qui, à raison d’une contribution mensuelle, leur assurent des secours en temps de grève. Ces sociétés portent le nom d'Unions ; elles sont calquées sur les Unions anglaises et américaines et ont des règlements similaires
Le chef de famille appartient à l'Union typographique n° :302; il paie une cotisation mensuelle de 1 fr, 50. L'Union compte 175 sociétaires ; elle a pour but la protection de ses membres, la détermination du salaire
et des heures de travail, Des contributions volontaires, versées aux
réunions mensuelles, servent à venir en aide aux confrères dans le besoin. À la mort de chacun de ses membres, la société paie aux héritiers du défunt la somme de 400 fr. Elle est afliliée à l'Union typographique internationale, ayant son siège aux États-Unis. C’est en conformité avec cette dernitre que les Unions locales déterminent le nombre d'heures de travail et le taux des salaires. Pour décider une grève, il faut l’assentiment du bureau central de l'Union typographique internationale, qui ne le donne qu'après une enquête sur les faits. Dans le cas
où la grève est décidée, l'Union internationale envoie aux ouvriers des secours, représentant le plein salaire de chacun d'eux. De plus, elle offre une maison de retraite aux membres des diverses Unions afliliées devenus incapables de travailler.
Ces avantages sont peu considérables et guère profitables pour les ouvriers typoy
aphes de Québec. En effet, la maison de retraite est au Colorado, trop éloigné pour qu'un typographe de Québec pense à s'y rendre. D'autre part, les relations entre patrons et ouvriers sont si bonnes que les grèves sont absolument rares. Depuis quatre ou cinq
ans les saiaires ont été augmentés d'un commun accord entre patrons et ouvriers : ils sont passés de 35 à 40 fr., puis 45 fr, par semaine, Depuis trois ans, la journée de travail a été réduite à neuf heures,
Il n'existe ici que peu de caisses de retraite. Les employés de l'administration civile et les instituteurs et institutrices sont seuls à en jouir, Elles sont constituées par l'abandon que fait, chaque année, d'une partie de son salaire, celui qui devra plus tard en tirer profit.
TRAVAUX ET INDUSTRIFS
TRAVAIL DU CHEF DA FAMILLE. = Le travail unique du chef de famille est celui qu'il accomplit à l'atelier en qualité de compositeur typographe. Tous les jours de la semaine il se rend à l'ouvrage à huit heures du matin et il revient à la maison pour le diner. Quittant l'atelier à midi, il doit y être de retour à une heure pour y travailler jusqu'à six heures,
Autrefois, rentré à la maison, il sciait et fendait le bois de chauffage, mais depuis une couple d'années, il puie pour faire exécuter ce travail qu'il trouve maintenant trop fatigant.
TRAVAUX DE LA FEMME. — [a femme s'applique aux travaux du raénage. La préparation des aliments, les soins de propreté, la couture, “cupent à peu près tout son temps. Lorsque les enfants étaient jeunes, même jusqu'à l'âge de dix-sept ou dix-huit ans, c'est elle qui faisait tous leurs vêtements. Seulement pour la première communion on leur avait acheté des habits coñfectionnés. Ce travail de la femme constitue une économie considérable pour la famille. Aujourd’hui les travaux de couture qu'elle fait ont pour objet la confection du linge de maison et la réparation des vêtements. Autrefois la femme faisait elle-même le lavage à la maison ; aujourd’hui que les recettes sont meilleures, le lavage se fait à l'extérieur.
TRAVAIL DU FILS AINÉ. — Le fils aîné est commis dans un magasin de nouveautés. Ces établissements demandent à leurs employés une journée de dix, douze, quatorze et même quelquefois seize heures de travail.
TRAVAIL DU FILS CADET, — Le fils cadet est apprenti mécanicien. Sa journée est de dix heures. On ne travaille ni le dimanche ni les jours de
fêtes d'obligation. Il en est ainsi dans tous les établissements de ja ville.