‹ Composition musicale et composition littéraire a propos du chant grégorienChapitre 20 sur 67 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Le cursus oratoire tonique

Nous savons ce qu'était le rythme oratoire dans la prose des grands orateurs, voire des bons écrivains de la Grèce et de Rome. Nous savons également, que les divers cursus métriques ne furent que la régularisation, la codification pour ainsi dire de ce rythme oratoire, à l'usage des écrivains, des prédicateurs et des liturgistes chrétiens.

Or, la poésie métrique se changeant en poésie tonique, il devait en être de même du nombre oratoire et de ses divers cursus. La prose tonique emprunta donc à la poésie tonique ses moyens d'adaptation au rythme musical, tout comme la [ rose métrique avait fait auparavant avec la poésie métrique. Cela même lui fut d'autant plus facile, qu'elle n'eut pas à inventer des formules nouvelles ; elle n'en connut jamais d'autres que celles des divers cursus métriques qui étaient alors en usage.

Quant à la manière dont s'opéra le changement de cursus îétrique à cursus tonique et aux procédés employés pour cela, ; sont les mêmes que nous avons décrits ci-dessus, et le résul- ,t fut identique : une formule rythmique, ai-je dit, celle du cursus îétrique, qui sert de base à l'arrangement des mots et permet e les scander; le syllabisme, qui compte les temps du rythme et

répond par un même nombre de syllabes ; Y accentuation, qui îoisit les mots et les dispose de telle sorte qu'aux temps forts Drrespondent des syllabes accentuées et aux temps faibles des y'ilabes atones. Les exemples vent le démontrer surabondamîent, la théorie étant assez connue par tout ce qui précède.

Je les prends uniquement dans les Oraisons liturgiques du Ymrnale romanum. Les citer toutes eût été bien trop long, car

y a très peu de ces oraisons anciennes qui ne soient composes suivant les règles du cursus oratoire, ou métrique ou toniue ; il suffira et au delà des seules oraisons des dimanches et Durs de fête, depuis le Ier dimanche de l'Avent jusqu'à Pâques,

compris les Commemorationes communes aux vêpres et aux Laues. Ce sont, de fait, 125 exemples de cursus oratoire dans une tarde seulement de la Liturgie ; c'est assez pour la démontsraion que j'ai en vue.

Le cursus dans les Oraisons. Je réunis en 4 tabkaux, un pour haque espèce de cursus, toutes les cadences oratoires que j'ai m relever dans les oraisons indiquées ci-dessus. En tête de chaque tableau, j'écris en notation musicale moderne, la formule ythmique, qui a servi de base à la composition des cadences lans les oraisons ; au-dessous de cette formule viennent à la suite es uns des autres tous les exemples qui s'y rapportent, avec inlication de la quantité pour les cadences métriques, et des accents pour les cadences toniques; les deux pieds formant la calence sont séparés l'un de l'autre, afin de rendre plus claire la :oncordance des temps et des syllabes.

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