‹ Composition musicale et composition littéraire a propos du chant grégorienChapitre 34 sur 67 · r f irjj t?l j 0 1 r Cfif f MLif tMf if · texte numérisé non relu

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Ne sont-ce pas là, en réalité, ces chants bien soignés, dont parlent Aribon et J. Cotton et que, à l'exemple de Gui d'Arezzo ils appellent aussi chants métriques ? (1) De fait, la dernière, Antienne ci-dessus : Non vos relinquam orphanos, est citée par Ari-j bon comme exemple de chant soigné et métrique. C'est quelque chose, ajoute-t-il, de semblable à la figure qu'on nomme en rhétorique compar, lorsque deux membres de phrase se suivent qui ont à peu près un même nombre de syllabes. L'An-, tienne comprend, en effet, trois membres mélodiques, et cha-, que membre compte 9 temps rythmiques quaternaires, divisés en 3 incises de 3 temps chacune. Aribon ne pouvait choisir un exemple meilleur, pour expliquer la doctrine de son Maître sur, les chants soignés et métriques.

(1) « Sicut in bene procuratis cantibus invenimus, quos metricos dicere posH sumus, ut : I. Non vos relinquam orphanos, alléluia. II. Vado et venio ad vos,\ alléluia. III. Et gaudebit cor vestrum, alléluia. » (Arib. Musica. Gerb. II, 227.^ « Cantus autem hujus modi musici accuratos vocant, quod in eorum compositione cura adhibeatur. Hos etiam metricos per similitudinem appellant, quod more metrorum certis legibus dimetiantur. » (J. Cotton, musica. ap. Gerb. II, 255.) « Metricos autem cantus dico, quia sœpe ita canimus, ut quasi versus pedibus scandere videamur, sicut fit, cum ipsa metra canimus. » (Guid. Aret. Micr.XV, ap. Gerb. II, 16.)

Or, Gui d'Arezzo dit qu'on chantait souvent de la sorte — quia \epe ita canimus. — Les mélodies soignées, métriques, doivent oncêtre assez nombreuses dans le recueil grégorien; mais toutes 'ont pas été composées en rythmes ou temps quaternaires, il en a qui le sont en rythmes binaires et en rythmes ternaires, tiisque les neumes, au témoignage du Maître, suivent aussi ien le rythme iambique ou trochaïque que le rythme dactyliue. Le doute n'est pas possible pour ce qui est des temps inaires et ternaires, qui sont les éléments les plus simples, les lus essentiels du rythme musical ; le fait était moins connu, îoins certain par rapport à l'usage des temps quaternaires, et est pourquoi j'en ai réuni un certain nombre d'exemples dans s Antiennes ci-dessus.

Tout musicien possédant le sentiment et la science du /thme, conviendra que, dans ces exemples, il serait impossible

diviser les temps rythmiques quaternaires et de les remplair par leur équivalent mathématique, deux temps binaires ; ce rait briser le rythme, le morceller, lui enlever toute figure et rendre méconnaissable. En chaque temps quaternaire, il n'y ici et il ne peut y avoir qu'une seule thésis et une seule :sis, les deux instants qui composent l'une et l'autre étant indiisiblement unis et ne possédant tous les deux qu'un même iractère, celui de thésis rythmique ou celui d'arsis. La même chose a lieu dans le rythme ternaire, nous l'avons bservé déjà : la thésis, qui y est composée de deux instants, ne Sut être ni diminuée ni divisée, sans perdre son caractère prore et sans cesser d'être la thésis du rythme iambique ou troîaïque.

Il semble donc au moins très probable que, dans la composion de ses mélodies, la musique grégorienne a fait usage des ois sortes de temps rythmiques : le binaire, le ternaire et le jaternaire. Pratiquement, d'ailleurs, n'est-il pas vrai que le /thme ainsi composé, non seulement ne défigure pas les méloles, mais au contraire leur donne un sens et une expression

qu'elles n'auraient pas sans lui ? C'est le rythme qui leur con vient et qui semble bien fait pour elles. Que faut-il de plu pour le leur restituer ?

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