CHAPITRE IV
Les neumes rythmiques.
Tout ce que nous avons dit, dans la ire partie, de la compoition des neumes mélodiques, doit s'appliquer également à la omposition des neumes rythmiques ; la différence entre elles l'est pas dans les sons, qui sont les mêmes de part et d'autre, lie est dans leurs durées. Le mélos, en lui-même, fait abstraclion de ces durées; le rythme, au contraire, les ordonne pour lue, de purement mélodiques qu'elles étaient, les neumes feviennent rythmiques. Plusieurs choses sont à considérer sur e point.
Les neumes se forment de syllabes musicales en nombre divers. Aais quel que soit ce nombre, leur assemblage doit être rythmiue, pour que les neumes le soient elles-mêmes. Deux condiions sont nécessaires pour cela :
i° Que les syllabes tout d'abord soient composées rythmique- "aent, c'est-à-dire de sons ordonnés par temps rythmiques, omme nous avons dit au chapitre précédent. Le tout, en effet, st de même nature que les parties dont il est formé, et une ieume ne peut être rythmique, si les syllabes ne le sont pas. l'est donc par là qu'il faut commencer, par le rythme des sylkbes.
2° Mais cela ne suffit pas ; car une syllabe peut être rythmiue dans sa constitution propre, prise à part, et ne l'être plus >ar rapport à l'ensemble des syllabes qui composent la neume. t doit y avoir, au contraire, accord parfait dans la constitution ythmique de toutes les syllabes réunies, en sorte qu'un même ■atteinent convienne à toutes, et qu'il y ait ainsi unité de nesure, de temps, dans le rythme de la neume entière.
Une syllabe de rythme ternaire ne doit donc pas être associée dans une neume à une ou plusieurs syllabes de rythme binaire, de même qu'une syllabe quaternaire ne peut s'unir à d'autres syllabes de rythme ternaire. C'est l'égalité des temps rythmiques, dont nous avons parlé déjà et sans laquelle le rythme est boiteux, irrégulier et inacceptable au point de vue esthétique.
Nous avons dit que le nombre des syllabes pouvant composer une neume n'est pas limité, il dépend du musicien-compositeur. Certaines neumes ne renferment qu'une seule syllabe, et parfois même cette syllabe est formée par un son unique ; d'autres neu mes sont composées de deux, de trois syllabes ou même davan tage.
Gui d'Arezzo dit bien : « ipsœque (syllabœ) solœ vel duplicatx': neumarn, id est, partent constituunt cantilcnœ»; par où il semble' limiter à deux les syllabes des neumes. Mais, évidemment, il faut entendre ces mots solœ vel duplicatœ dans le sens de « une ou plusieurs » ; la pratique le prouve ; seulement les neumes de plus de trois syllabes sont rares, et celles de deux syllabes sont les plus fréquentes.
Voici quelques exemples qui montreront cette composition des J neumes en syllabes et la manière dont ces dernières s'enchaî- j nent pour rythmer les neumes.
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Trois distinctions qui renferment : la ire trois neumes, la
e trois neumes également, la 4me quatre neumes, la dernière
l'avant-dernière étant soudées par une note commune, le
, quilisma, qui termine l'avant-dernière et commence la der-
jère.
Or, parmi ces neumes, il en est, la 4me et la jme, qui sont niées d'une seule syllabe et d'un seul son ; d'autres renfernt, la ire, une syllabe de deux sons, la 5me et la 8me, une labe de trois sons ; toutes les autres neumes sont de . deux labes à trois ou quatre sons.
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