FORMATS
150mill
220 mi »
Classement international des caractères d'imprimerie. — Ce classement est bien désirable. Il y aurait lieu en outre de s'entendre pour adopter les caractères les plus corrects et les plus agréables à l'œil, et pour laisser de côté certains types que la mode a adoptés et fait revivre bien à tort. On devrait aussi modifier la forme de plusieurs lettres de la langue allemande, des majuscules surtout, qu'il est facile de confondre. Eviter aussi ces caractères fantastiques qui commencent à se montrer.
Tomaison. — Je critiquerai volontiers l'usage allemand de diviser un ouvrage en volumes (Band), sections de volume (Abtheilung) et parties de sections (Hefte). Il est toujours facile de, faire autant de tomes que de volume. J'ajouterai même que cette division en tomes peut être regardée comme étant à peu près purement matérielle.
Adopter l'usage anglais d'indiquer au titre sur chaque volume d'un ouvrage : en tant de volumes. Cette mention peut être conservée lors même que les volumes se publient successivement, mais avec un correctif: « L'ouvrage aura probablement six volumes ». Cette indication peut être répétée à la fin de chaque volume, après celle : «Fin du tome deuxième». Enfin le dernier volume porterait en titre et à la fin : « Tome sixième et dernier ».
Pagination. — La pagination devrait exister aussi bien sur les pages de titres et les pages blanches que sur les pages de texte : elle devrait être uniforme, c'est-à-dire en chiffres arabes, à l'exclusion des chiffres romains qu'on affecte à la préface ou à l'introduction. La préface, dira-t-on, s'écrit pendant l'impression et on ne peut en connaître le nombre de pages exact, ce qui nécessite une pagination spéciale ; mais, il nous semble qu'il n'y a aucun inconvénient à mettre cette pagination en chiffres arabes.
254 ANNEXES
Dans certains ouvrages on divise la matière en articles numérotés, souvent l'article occupe plusieurs pages et la recherche du numéro devient assez longue. Il en est de même des noms dans les biographies. On devrait alors répéter le numéro ou le nom en tête de chaque page avec le mot : Suite.
Titres. — Les éditeurs devraient se concerter avec les auteurs pour adopter des titres concis et supprimer ces titres longs fort gênants dans les catalogues et surtout dans la reliure.
Il paraît convenable de conserver le faux-titre au recto, de mentionner au verso l'ensemble de l'ouvrage ; exemple : Cours complet d'histoire romaine. Et sur le recto suivant cette même mention en caractères plus petits, puis, en caractères saillants, l'indication spéciale ; exemple : Siècle d'Auguste.
Ne jamais omettre d'indiquer la millésime, comme on le fait quelque fois à dessein.
La répétition du titre, en tête de chaque page, est fastidieuse. Il y a utilité, au contraire, à mettre des titres particuliers : sur le verso, le titre du chapitre ou l'indication générale ; sur le recto, le titre de la partie spéciale traitée dans ces pages.
Lorsqu'un ouvrage a plusieurs éditions, on devrait, sur chacune, rappeler toutes les précédentes :
lrc édition 1865, 10.000 exemplaires.
2« » 1869, 5.000 » etc.
Cette inscription a sa place tout indiquée au verso, après le titre spécial.
Les livres déjà anciens manquent souvent de leurs titres et tables. Ces parties extérieures sont en effet les plus exposées. L'absence du titre est souvent, toujours même, très regrettable. Ne pourrait-on le répéter plusieurs fois dans l'intérieur du volume, soit au bas de la première page d'un cahier, soit dans le blanc d'une page non remplie, in-extenso, mais en petits caractères entourés d'un cartouche, avec cette indication : Répétition du titre de l'ouvrage ?
La mention concernant l'impression pourrait être plus apparente au commencement du volume. Il est bien d'ajouter, comme on le fait depuis quelque temps, à la fin du volume: Achevé d'imprimer le.... par.... à....
Je ne parle pas de la bonne disposition, de l'élégance et de la perfection des titres. Ces points aujourd'hui ne laissent rien à désirer.
Tables des matières. — Elles doivent, selon nous, être constamment reportées à la fin du volume, où le lecteur va naturellement les consulter. Pour l'une ou l'autre, méthodique ou alphabétique, on indiquera toujours la page, et non le numéro, si les articles de l'ouvrage ont été affectés de numéros. Le numéro est long à trouver, la page se trouve instantanément.
Pour les tables générales d'un ouvrage en plusieurs volumes, on indique le volume par un chiffre romain et la page par un chiffre arabe, j'aimerais mieux cette mention : T. 4, p. 250 que celle-ci : iv, 250.
ANNEXES 255
Livres illustrés. — Je parlerai des livres illustrés proprement dits et aussi des livres à figures, destinés à l'étude : géométrie, physique, botanique, etc.
Dans ces livres d'études, on a généralement supprimé les planches et intercalé les figures dans le texte. Je dirai tout de suite que je voudrais voir répéter la figure, toutes les fois qu'une partie de la démonstration se continue du recto au verso et qu'il faut retourner la page, pour revoir la figure.
A ce mode je préfère l'atlas séparé, parce que, et j'en fais l'expérience tous les jours, il me suffit de revoir simplement les figures pour me rappeler les démonstrations, sans recourir au texte et, dans quelques instants, je repasse des matières dont la lecture me demanderait beaucoup de temps. Les planches d'architecture, de botanique, de sites, de monuments, etc., etc., peuvent être revues rapidement et sans fatigue : il en serait tout autrement, si elles étaient disséminées dans le volume, dont on ne tient pas à relire le texte.
Une condition essentielle, lorsqu'une page d'atlas contient plusieurs figures, c'est de les grouper dans l'ordre du texte d'abord, puis d'accoler, au numéro de la figure, le numéro entre parenthèses de la page ou de l'article qui traite de la question.
Toutes les planches d'un atlas doivent porter l'indication de l'ouvrage.
Il est rare que toutes les planches aient la même disposition ; la base des unes correspond à la hauteur des autres. Que les planches soient placées en carton ou en atlas, le collationnement de l'ensemble ou la recherche d'une planche à consulter deviennent longs et ennuyeux, si le numéro de la planche n'est inscrit qu'à un angle. On remédie à cet inconvénient en répétant ce numéro aux quatre angles.
Le format oblong devra être préféré comme s'ouvrant et s'étalant mieux, toutes les fois qu'il y aura avantage en raison de la disposition des dessins.
J'arrive aux grands ouvrages illustrés, proprement dits, je ne parle pas des petits ouvrages de fantaisie. A part des en-tête, des culs-de-lampe, aucune gravure ne devrait être imprimée dans le texte, et toutes devraient être tirées à part, typographiquement, ce serait plus économique, artistiquement, se sérail plus beau, et réunies en atlas et non disséminées dans le volume, où elles se trouvent presque toujours, pour ne pas dire toujours, vis-à-vis un texte avec lequel elles n'ont aucun rapport.
Aux ouvrages illustrés s'applique surtout l'indication précédente de la fiacilité pour le lecteur, si les planches sont réunies en atlas, de revoir agréablement et en quelques instants ce qui l'a surtout intéressé.
Les journaux illustrés gagneraient beaucoup à tirer leurs gravures à part ; les abonnés les réuniraient eux-mêmes en atlas à la fin de l'année.
Reliure et brochage. — Les trois quarts des livres, en France du moins, se vendent brochés ; mais le volume n'est pas lu en entier que
256 ANNEXES
le dos se disloque, les cahiers se déchirent, etc., en effet la couverture du dos se casse, se décolle et ne les maintient plus.
Pour avoir un brochage presque aussi durable que la reliure, il suffit, avant de placer la couverture extérieure, de coller sur le dos, à la colle de farine un peu grasse et jamais à la colle-forte, une bande de toile très mince et très claire, ayant la même longueur que le dos, mais de quatre centimètres plus large ; les côtés se collent sur les gardes. La toile Husson ou toile à calquer convient très bien. On laisse sécher et Ton applique la couverture sans la coller sur le dos, on la colle seulement aux gardes, à partir des arêtes du dos, sur trois centimètres environ de largeur.
Les éditeurs devraient faire ainsi traiter tous les volumes qu'ils vendent brochés.
Reliure. — Tous les ouvrages sérieux et de valeur devraient être reliés avant d'être mis en vente et reliés par l'éditeur. On aurait ainsi une reliure uniforme, élégante et appropriée, à un prix modéré.
Malgré les perfectionnements réalisés, je ne crois pas inutile de présenter quelques indications.
Les anciennes reliures manquent de souplesse. La couture était trop forte et le dos trop épais ; le livre ne reste pas ouvert. Le dos brisé a été une amélioration.
Pour avoir une reliure solide et souple, il faut :
Supprimer complètement la gréqure ; c'est la ficelle noyée dans le dos des cahiers qui donne de la raideur ;
Coudre sur ruban, ou mieux, sur ficelle ; la saillie de la ficelle peut se loger dans la peau du dos, ou se neutraliser par la carte collée sur cette peau. Coudre point en arrière ;
Adopter le dos brisé ;
Coller sur le dos, à la colle de pâte, une toile très mince ;
Employer des cartons minces et nerveux et garnir les coins ;
Enfin appliquer avec habileté les procédés éprouvés par une longue expérience.
Je ne suis pas partisan de la reliure métallique : la couverture n'est pas suffisamment attachée au volume.
Outre les soins de la main-d'œuvre intrinsèque, on peut encore :
Tailler en biseau l'arête extérieure des cartons, ce qui facilite l'introduction d'un volume dans un rang serré de livres ;
Choisir les couleurs assorties aux matières traitées dans l'ouvrage ;
Pour les bibliothèques publiques, donner des couleurs différentes aux ouvrages qui se touchent sur les tablettes, adopter pour les titres les caractères les plus gros, sauf à mettre en abrégé ; exemple : a: Chateaubr. Génie du Christian. » Ces deux moyens facilitent et abrègent la recherche des volumes.
Il y a lieii de réagir énergiquement contre la manie actuelle, que je
ANNEXES 257
regarde comme une aberration de goût, de préférer les tranches non rognées : les volumes sont difficiles à feuilleter et s'imprègnent d'une poussière tenace qui les salit et les prédispose à la pourriture. Tout livre relié doit avoir ses tranches rognées, dorées, jaspées ou marbrées.
Je ne parle pas des reliures de luxe : il est fâcheux qu'en général, dans ces sortes de reliures, la solidité ne réponde pas à l'aspect extérieur.
Il y aurait lieu, au moins dans chaque grande ville, de fonder une école où, sous la direction de praticiens distingués, se formeraient des ouvriers et des artistes habiles. Le traité théorique et pratique, que vient de publier Monsieur Em. Bosquet, est appelé à rendre de réels services.
Paul Valluet.
Ce que doivent être les livres.
Un livre ou une publication quelconque doit réunir bien des qualités pour plaire. Il faut d'abord qu'il présente de l'intérêt ; qu'il ne se traîne pas en longueur ; qu'il ne soit pas, cependant, trop concis ; qu'il soit écrit avec correction et clarté, ce qui n'exclut pas la chaleur ni l'enthousiasme ; il faut enfin qu'il n'offense ni la morale ni les lois.
C'est par l'intermédiaire du livre que la civilisation s'est développée ; il communique les œuvres des savants et sert de véhicule à la propagation et à la vulgarisation de toutes les connaissances acquises ; il est le conservateur de toutes les conquêtes de la science.
Il est incontestable que l'éditeur est un facteur très important dans la réussite des livres. Les meilleures choses doivent revêtir une forme agréable pour être goûtées.
Il faut, enfin, que l'exécution matérielle soit l'objet de soins tout particuliers.
Le titre a une grande importance ; étant bien composé, élégant, correct au point de vue typographique, il attire les amateurs, par la diversité des caractères ; il doit faire connaître successivement ce que contient l'ouvrage ; le nom de l'auteur se place au milieu et celui de l'éditeur au bas, suivi de l'année de la publication, séparé par un filet.
Nous savons tous que les premiers livres n'avaient pas de titre, on lisait à la première page ou au verso du premier feuillet :
a Cy commence le livre. »
Les premiers ouvrages de Gutemberg n'avaient pas de titre, ni de date, ni de lieu de l'imprimeur ; on trouvait ces renseignements au bas de la dernière page.
Cy fini tel volume imprimé en la ville, à telle date; ces renseignements étaient imprimés en toutes lettres.
258 ANNEXES
Au bas, comme fin, on disposait des filets sous la forme d'un cône renversé ; on adoptait même cette forme pour les divisions des volumes.
Les temps sont bien changés. Il importe aujourd'hui que les titres des livres soient bien disposés, c'est-à-dire, qu'il faut chercher, avant de les composer, quelle est la ligne qui mérite le plus d'importance, qui pourrait suffir souvent à former à elle seule un titre ; puis les mots qui déterminent grammaticalement cette principale ligne.
Il y a un moyen simple pour trouver l'ordre des sous-titres ; c'est de voir quelle est leur importance ; si l'on ne pourrait pas les supprimer, tout en conservant un titre suffisant et complet. En tout cas, on les composerait en caractères peu apparents.
Le nom de l'auteur se compose, généralement, en grandes capitales du texte employé pour la composition du livre ; et ses qualités, en petites capitales de petit texte, six ou huit points. Au bas de la page, on trouve renseigné, comme première ligne, la demeure, comme deuxième, le nom de l'éditeur, et, au bas, séparé par un tiret, l'année de la publication.
Les titres des chapitres doivent être bien ordonnés, bien coupés, quand ils ont plusieurs lignes ; les textes très lisibles.
Il faut se garder de laisser, au bas d'une page, un titre avec une ou deux lignes seulement, il vaut mieux faire une page courte.
La dernière ligne d'une page ne peut avoir un mot coupé à la fin ; et doit former un sens complet indépendant de la première ligne de la page suivante.
S'il arrive qu'au bout des lignes des monosyllabes le, la et qui se répètent et forment ce que l'on appelle des lézards, l'éditeur peut et doit modifier le texte pour faire disparaître cet inconvénient désagréable à l'œil.
Il ne faut pas abuser des notes au bas des pages; quand elles sont nécessaires, elles doivent être dans un corps de deux points plus petit que celui d'un texte de dix points ; elles sont interlignées de deux points généralement ; je m'arrête dans l'énumération de mes desiderata, je compte publier une brochure dans laquelle je développerai mes idées un peu révolutionnaires.
L'idéal d'un livre parfait serait de rencontrer un bon auteur, fournissant un ouvrage convenable et qui ne fût pas exigeant; des artistes qui se chargent des illustrations ou des figures, en n'exagérant pas leurs prétentions ; l'éditeur parviendrait à publier un bon et beau livre, à bon marché, illustré de nombreuses gravures.
Dans les temps anciens, le nombre de feuillets que comprenaient les feuilles a déterminé les noms des formats ; ainsi l'on appelait la feuille qui avait quatre pages, deux de chaque côté, in-folio ; celles qui avaient quatre feuillets ou huit pages, un in-4°, et ainsi de suite. Les autres formats qui ont existé sont : in-8<>, in-12, in-18, in-24, 32, 36, 48, 64, 72, 96.
ANNEXES
Il faudrait émettre un vœu qui restreindrait le nombre de ces trop nombreux formats, aux in-4°, in-8°, in-12, in-18 et in-32.
Pour les publications périodiques destinées aux bibliothèques, on donnerait à ces divers formats, les dimensions anciennes.
Les livres donnés en récompenses, j'appuie sur le mot parce que, à mon avis, il vaudrait mieux encourager, tous les trimestres, les élèves méritants, dont les progrès seraient constatés par l'inspection officielle et distribuer de bons livres, devraient être la base de la bibliothèque des enfants et convenables pour la famille.
Il faut se garder de donner des rossignols, comme disent les éditeurs en parlant des livres qui ne se vendent plus ou guère.
Hector M an ce aux.
Des tables des matières. Enregistrement et justification du livre.
Je me suis inscrit pour vous soumettre deux propositions, Tune qui regarde les index ou tables générales des matières, l'autre concernant l'enregistrement des livres dans les bibliothèques; et sans abuser de votre temps, par des avant-propos inutiles, j'aborderai tout de suite le sujet. Toutefois, permettez-moi, auparavant, et au nom de la Société de VArchivio Storico Gentilizio de Milan, qui a bien voulu me déléguer comme son représentant, permettez-moi, dis-je, de remercier bien vivement les personnes, qui les premières ont imaginé ce Congrès, dont le monde intelligent espère, et avec raison, les meilleurs résultats.
Le livre, en effet, pour se rendre toujours plus utile, doit être présenté aux lecteurs avec plusieurs améliorations, dont le besoin est généralement ressenti depuis longtemps.
Représentant d'une Société historique, adonné dès mes plus tendres années aux études historiques, vous devez comprendre que mes propositions regardent plus particulièrement les livres d'histoire ; cependant ces propositions mêmes, légèrement modifiées, peuvent être aussi appliquées aux livres traitant d'autres matières.
Sur la confection du livre en général, soit à l'égard de l'unité du format, soit aussi pour les caractères typographiques et autres questions indiquées dans la circulaire-programme, je laisse la parole aux autres membres de ce Congrès. Seulement, je vous prierai de vouloir accepter, dès à présent, ce que j'ai l'honneur de vous proposer, c'est-à-dire que les livres soient imprimés en deux colonnes, car, de cette façon, on rendra plus faciles les recherches. Il faut aussi partager le livre en chapitres, au commencement
260 ANNEXES
desquels on devra mettre un sommaire des matières contenues dans le chapitre même, avec les dates.
La proposition que je viens de vous présenter, et les autres qui suivront, n'ont certainement pas le mérite de la nouveauté ; mais, nous sommes réunis pour définir et établir tout ce qui sera pratique et nécessaire afin d'obtenir l'amélioration du livre et je crois que l'adoption des sommaires à chaque chapitre, est une des exigences les plus indispensables.
Tout ce que je viens de dire jusqu'ici concerne le livre, maintenant je parlerai des tables de matières.
Avant tout, indépendamment des sommaires mis en tête de chaque chapitre, je crois que dans la première des dites tables, on devra transcrire exactement tous les sommaires en question, de sorte que, en quelques pages seulement, le lecteur aura sous les yeux tout le contenu du livre, sans être obligé de le feuilleter complètement.
Cependant, vous comprenez bien que cette table ne saurait être suffisante pour obtenir le résultat que nous désirons, c'est-à-dire, la facilité des recherches. Certainement, dans de simples sommaires, on ne pourra que résumer très brièvement ce qui se trouve dans tout le chapitre, et, par conséquent, une deuxième table devient nécessaire, pour y joindre et rapporter alphabétiquement tous les noms des familles, de même que les noms des villes, des bourgs, etc., etc., cités dans tout l'ouvrage.
Cette table néanmoins, si elle ne devait renfermer que les noms dont il s'agit, avec l'indication des colonnes auxquelles ils sont mentionnés, obligerait bien des fois le lecteur à une perte de temps, que l'on doit éviter.
En effet, si pour compulser un événement concernant une personne ou un lieu quelconque, on devait lire toutes les parties du livre, dans lesquelles ils ont été cités, l'utilité de cet Index alphabétique serait illusoire.
La table en question doit être illustrée, en ajoutant à chacun des noms, outre les dates chronologiques (toujours nécessaires dans les ouvrages historiques), des indications très sommaires, mais suffisantes à guider l'érudit, et lui fournir les indices nécessaires pour mettre la main avec sûreté, sur la partie du livre qui peut l'intéresser.
Les Anciens, ne pouvant pas extirper certains vices, les élevèrent au rang de vertus ; nous, connaissant la nature humaine, et ne pouvant pas espérer que l'homme sache triompher toujours de la partie de paresse plus ou moins développée, mais qui ne cesse de l'accompagner dans toutes ses actions, nous devons tacher de lui en éviter les effets et de les rendre moins nuisibles.
En donnant donc à l'érudit, l'aide des sommaires de chaque chapitre, sur lesquels son regard s'arrêtera presque involontairement en parcourant le livre ; en lui fournissant la table, dans laquelle les dits sommaires sont tous réunis chronologiquement l'un après l'autre ; et en lui exposant enfin alphabétiquement et analytiquement les noms et les faits importants du livre ■
même, il aura, sans doute, tous les moyens pour achever sans trop de peine son ouvrage, d'autant plus que les livres à deux colonnes sont d'eux-mêmes plus faciles à compulser.
Si les tables, dont je viens de parler, rendent le livre d'une grande utilité pour le lecteur, nous verrons dans la suite, à la deuxième proposition que j'aurai l'honneur de soumettre à cette assemblée, l'importance qu'elles ont pour les bibliothécaires appelés à l'enregistrement et à la classification des livres, et qui doivent être en mesure d'offrir aux érudits, s'adressant à eux, les ouvrages qui peuvent leur fournir les éléments d'un travail quelconque, même quand ils ne peuvent pas indiquer au bibliothécaire les titres de ces ouvrages. (1)
Comte de Daugnon.
(t) Voir le développement de celte seconde proposition ;\ I» page 137.