‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877 (volume 2)Chapitre 4 sur 117 · IV. — Le Mixtèque et le Zapotèque · texte numérisé non relu

IV. — Le Mixtèque et le Zapotèque

La langue mixtèque se parlait dans l'ancienne province <\o. ce nom située sur la côte de l'Océan Pacifique, et qui comprend actuellement : au nord, une partie de l'Etat de Puebla; à l'est, une partie de celui d'Oaxaca ; et à l'ouest, une partie de celui de Guerrero. Cette province se subdivisait en deux sections qui prenaient les noms de Haut-Mixtèque et do Bas-Mixtèque, d'après leur situation sur la montagne ou dans la plaine.

Si l'on s'en rapporte à la tradition rapportée par Torque mada dans son livre de la Monarchie indienne (Liv. III, ch. Vil.) « Lorsque la province de Tula eut été peuplée, de sa partie septentrionale vinrent des gens qui abordèrent du côté de Panuco. Ces nouveaux habitants s'étendirent jusqu'au dolà de Tula ; ils furent bien accueillis par les indigènes du pays, parce qu'ils étaient entendus, habiles, de bonne apparence et fort industrieux. Mais cette nation ne savait pas d'où elle était originaire, parce que ceux qui pour la première fois

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avaient aborde dans la province de Panuco, n'avaient aucun souvenir de leur origine. Bientôt ces nouveaux venus, voyant qu'ils ne pourraient subsister dans la province de Tula, à cause de la trop grande agglomération de la population, résolurent d'émigrer ; c'est alors cpi'ils vinrent peupler la province de Cholula, oii ils furent bien reçus. Ils se mêlèrent aux indigènes, et, avec le temps, s'acclimatèrent ». Continuant sa narration, le même auteur ajoute en substance que de Ghokila ils s'étendirent sur le Mixtèque et le Zapotèque « et qu'ils y élevèrent ces grands et somptueux édifices romains de Mictlan, qui, certainement, méritent d'être vus. »

Le mot mexicain Mixtecatl est dérivé de Èlixthn, qui veut dire : lieu nébuleux ou des nunges ; il est composé de Mixili, nuage, et de la terminaison tlan. Tous les pueblos et les lieux de la province de Mixtèque ont également des noms mexicains. Cela confirme ce que nous disions à propos de la langue mexicaine en signalant l'erreur que commettaient ceux qui croyaient que les Chichimèques étaient de même race que les Aztèques, parce que leurs noms de peuples et de lieux sont mexicains.

Les principaux ouvrages que l'on possède sur le Mixtèque sont les suivants : une grammaire par Fi\ Antonio de los Rayes (Mexico 1593) ; vocabulaire de la langue mixtèque, par les PP. de l'Ordre des Frères prêcheurs, revue et complétée par Fr. Francisco de Alvarado (Mexico 1593) ; enfin des catéchismes imprimés en idiome mixtèque à Puebla, en 1837.

Le Zapoièquc. — La langue zapotèque se parle dans une partie de l'Etat d'Oaxaca, limitée au sud par l'Océan Pacifique, à l'exception d'une très petite fraction de territoire occupée par les Chontales.

Quant à l'origine el à l'histoire des Znpotèqucs, il n'y a rien à ajouter à ce que nous venons de dire sur les Mixtèques, puisque la tradition les représente, les uns et les autres, comme deux nations sœurs.

Le mot Tzapotèco ou Tzapoteca est un nom national dérivé du mot mexicain Tzapotlan, qui veut dire : !e lieu dos Zapotes, nom espagnolisé d'un fruit très connu que l'on rencontre en plusieurs lieux de la République mexicaine.

On doit au P. F. Juan de Cordova une grammaire de cet idiome, imprimée à Mexico en 1578 ; il existe encore sur le même sujet une Doctrine Chrétienne écrite par Fr. Leonardo Lovanto (Puebla, 1776) ; un Dictionnaire anonyme manuscrit ; une Grammaire de Fr. Antonio Pozo ; des Sermons et des Opuscules de Fr. Diego Veragua ; des Miscellanées spirituelles de D. Cristohal Agûero, etc., etc. — Le Mithridates ne contient pas de notice sur la langue zapotèque.

Parmi les dialectes qui se rattachent à cette famille, nous citerons : le Yope, Yopi ou Tlapanèque, parlé dans l'Etat de Guerrero ; le Teca, dans le Michoacan ; le Popoluca, dans le Guatemala; le Cincatèque, VEtla et VOcotlan, dans l'Etat d'Oaxaca.

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