V. MONTAGNAIS, luOQUOIS, GrÎ, D.\.K0TA, GhAGTA, NaHL'ATL
QuiGHÉ, Caraïbe, Ghibcha, Kechua, Kmmi, Guarani. — La comparaison de ces douze langues donne des résultats identiques aux précédents. Je suis donc autorisé à conclure qu'il faut tenir pour absolument fausse cette proposition devenue, faute d'y avoir regardé de près, une sorte de cliché : que si les langues américaines diffèrent entre elles par le lexique, elles possèdent néanmoins en commun une seule et même grammaire.
En fait; les douze langues précédemment énumérées sont toutes plus ou moins polysynthétiques, mais le polysynthétisme — lequel consiste essentiellement dans ïatfîxation au nom, à la postposition et au verbe, de pronoms personnels subordonnés — caractérise également les langues sémitiques, le tiasque, le inordouine, le vogoul et même le magyar.
Permettez-moi, Messieurs, d'aller au-devant d'une objection que peut faire naître dans vos esprits, cette affirmation radicale : que douze langues diffèrent entre elles lexiologiquement et grammaticalement.
Les défenseurs du monogénisme biblique prétendent démontrer que toutes les langues sont plus ou moins parentes par la raison très-simple qu'elles seraient issues d'un même parler primitif correspondant à un couple unique ; mais, chaque jour les progrès de la linguistique leur rendent cette tâche plus difficile. Or, vers la fin du siècle dernier, un religieux de la Compagnie de Jésus, le P. Lorenzo Hervas y Pandura, fut amené par ses études à cette vue fort juste que le verset vu du chapitre VI de la Genèse {Venile ir/iliir, descendamiis, et confundamus ihi lingiiam eoriim ut non audifit iiniisqiiique vocem proximi siii) permet au Judaïsme, au Christianisme et à l'Islamisme de se désintéresser absolument des résultats auxquels peut conduire l'étude des langues. Du moment où il est écrit que funité linguistique a été irrémédiablement brisée devant Babel, nul ici-bas ne peut dire dans quelle mesure l'action destructrice s'est exercée : et, si la Science vient à démontrer qu'il existe aujourd'hui un assez grand nombre de familles linguistiques n'ayant entre elles rien de commun, quel intérêt peut- on avoir à se mettre en opposition avec elle?
244 CONGRÈS DES AMÉRIGANISTES. 1
C'est, à cette interprétation du texte biblique que fait allusion dans sa lettre au Congrès, M. le baron de Dumast, l'un des fondateurs de la société catholique nancéenne connue sous le nom de Foi et Lumières. Entre Is^ Religion et la Science, il y a, dit-il, « un traité de paix: franc et honorable » à signer.
Voici, Messieurs, la formule que je propose: Les langues sont actuellement divisées en familles irréductibles, et ainsi, elles se trouvent les unes au regard des autres, dans l'état où elles seraient s'il y avait eu primitivement plusieurs couples humains.
M. Lucien Adam dépose sur le bureau une lettre du R.P. Renias, des Oblats de Marie Immaculée, relative aux Principes de la langue Crise ^ lettre qui lui a été envoyée en communication par le R. P. Burtin, de la même congrégation.
^ . ' ' Archevêché de St-Boniface (prov. de Manitola). ■t *<■' '^' 23 Avril 1877.
' . . ■ Mon Révérend Pkre, ,
Dans mon voyage de l'automne dernier au Canada, n'ayant pu m'empêcher de manifester ma surprise sur la manière dont on parlait de la langue crise dans le Congrès des Américanistes, vous m'avez prié de mettre par écrit ma façon de voir. Ce que je ne pus faire Alors, je le puis aujourd'hui; seulement je ne saurais franchir les sept cents lieues qui nous séparent, pour vous prier de me prêter votre livre.
Je vais donc vous faii'o connaître connnent j'ai trouvé les règles de l'accord en cette langue, et les principes sur lesquels reposent ces règles. En revoyant votre livre, et en me lisant, vous verrez qu'après avoir trouvé le véritable chemin on en a
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Guarani.
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244 CONGRÈS DES AMÉRIGANISTES. 1
C'est, à cette interprétation du texte biblique que fait allusion dans sa lettre au Congrès, M. le baron de Dumast, l'un des fondateurs de la société catholique nancéenne connue sous le nom de B^i et Lumières. Entre 1^ Religion et la Science, il y a, dit-il, « un traité de paix' franc et honorable » à signer.
Voici, Messieurs, la formule que je propose : Les langues sont actuellement divisées en familles irréductibles, et ainsi, elles se trouvent les unes au regard des autres, dans l'état où elles seraient s il y avait eu primitivement plusieurs couples humains.
M. Lucien Adam dépose sur le bureau une lettre du R.P. Renias, des Oblats de Marie Immaculée, relative aux Principes de la langue Crise^ lettre qui lui a été envoyée' en communication par le R. P. Burtin, de la même congrégation.
Archevêché de St-Boniface (prov. de Manitola).
23 Avril 1877.
Mon Révérend Père,
Dans mon voyage de l'automne dernier au Canada, n'ayant pu m'empêcher de manifester ma surprise sur la manière dont on parlait de la langue crise dans le Congrès des Américanistes, vous m'avez prié de mettre par écrit ma façon de voir. Ce que je ne pus fairjs alors, je le puis aujourd'hui ; seulement je ne saurais franchir les sept cents lieues qui nous séparent, pour vous prier de me prêter votre livre. f
Je vais donc vous faire connaître comment j'ai trouvé les'' règles de l'accord en cette langue, et les principes sur lesquelsreposent ces règles. En revoyant votre livre, et en me lisant,*, vous verrez qu'après avoir trouve le véritable chemin on en a.
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