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~2 LA I.A.XGUE cnisK. ' 215
Jévié. Il est possilîle que je répèle une partie de ce (fui s'est ciit dans le GongTès Américaniste; mais si cela arrive, ce n'est que pour montrer la suite des raisonnements, qui sont mathématiques.
La grande difficulté a roulé sur une terminaison en a, terminaison que prennent les substantifs du genre animé, en certains cas. Trouver un nom à cette terminaison était le point fondamental. Elle était très-improprement appelée « espèce d'accusatif » après les substantifs non-accompagnés de leur signe possessif en o (of après une voyelle, wi après certains substantifs). On avait inventé des termes très-savants pour l'expliquer, lorsqu'elle se trouvait après ces substantifs, accompagnés de leur signe possessif en o. Par là on a multiplié les difficultés au lieu de les résoudre.
II me paraissait présomptueux de prétendre y voir plus clair que les autres ; mais enlin, obligé d'initier à la langue Crise de jeunes missionnaires, je me suis mis à la recherche du principe fondamental. Un jour, fortement préoccupé de cette idée, j'analysai instinctivement ces deux phrases, l'une latine et l'autre crise. t . ■ ,
Ludovicus mactat hovem pinguem.
Louis nipnhow mnstmw-n wiyino-ril.
Je raisonnai ainsi : « pinguem » est à l'accusatif, parceque « bovem » y est; donc en Gris, la terminaison en <7 de « mustus\vc7 » doit être ajjpelée Helatif ; puisque nous sommes tous convenus d'appeler relatif les terminaisons en vit; et certainement dans ma phrase, l'adjectif ir/r/wo -j77 ne peut être au relatif que par la règle d'accord.
Ce raisonnement fait, avec la connaissance que j'avais delà langue, toutes les difiicultés disparurent eu un clin d'ojil pour moi. Mais je sentis qu'il en restait une éaormu à vaincre, pour bien expliquer i)ar écrit mes découvertes. J'ai fait et refait mes écrits; je les ai détruits et jetés au feu; ce n'est qu'après plus de vingt ans de missions que j'ai enlin conlié mes idées au i);"pier de manière à me satisfaire un peu.
ii; — !i.
2Hj congrès des AMÉRICANISTES. o
Ce n'est pas une grammaire que je vous envoie, mon Révérend Père, mais seulement les principes de la langue, sur lesquels reposent cinq à six règles d'accord, plus faciles à saisir que celles de la langue latine ou française. Commençons :
1" Un principe qu'on a entrevu, mais dont on n'a pas découvert toutes les conséquences, est que le verbe cris renferme, dans sa terminaison, non-seulement son complément, mais encore le genre de ce complément^ qui est ou « non-relatif», ou « relatif » , et s'accorde avec ce complément, comme s'accorde, en Latin ou en Français^ un adjectif avec le nom qu'il qualilie.
2® Gomment les pronoms moi, toi, nous, vous, compléments d'un verbe sont renfermés dans ce verbe? — Les pronoms moi, toi, nous, vous, comme dans : Tu /«'aimes, je ^aime, on iw'aime, sont renfermés dans les terminaisons du verbe comme il suit : ■ ■
Tu m'aimeS; ki sakih -in; je t'aime, ki sakib -itin. On m'aime, ni sakih- i -kawin; il ra'Q.imQ, ni sûkih -ik.
Partant de ce principe que le verbe renferme son complément dans sa terminaison, on veut en conclure qu'il n'y a pas de passif en Cris. (Congrès des Américanistes, vol. II, fol. 109). J'ai rétléchi à cette assertion, et je la trouve Ifiussc. Parce (ju'ou peut traduire à l'actif cette phrase française : « il m'aime, » par ni silkili-ik, pourquoi on conclure que le verbe ni sahih -ik est actif?
La traduction littérale: «Je suis aimé par lui,» est son véritable sens. 11 renferme aussi bien en lui-même sa terminaison passive; que ni sàkih -aw (je l'aime) renferme sa terminaison active. Il faudrait suivre un verbe dans toutes ses formes et ses personnes pour montrer la fausseté d'une pareille assertion. Le R. P. Lacombe, à mon avis, a pu ne pas expliquer clairement ce qu'il met si bien en pratique quand il parle en sauvage; mais sur le point dont il s'agit, je crois qu'il a raison de dire qu'il y a des verbes passifs en Cris.