LA LA.NGUE CUISE
o* Gomment le substanlil-complément est renfermé dans la terminaison verbale ?
Le substantif complément du verbe peut être indéterminé ou déterminé, du genre animé ou inanimé, non relatif ou relatif. De là en Gris, huit terminaisons différentes que peut prendre le même verbe ; quatre pour l'actif, et quatre pour le passif; et cela, parcequ'il doit s'accorder avec son complément et le genre de son complément,
i» Gomment un substantif-complément indéterminé est-il renfermé dans la terminaison verbale. — Au verbe français : aimer, v. g. on adjoint simplement son complément; mais que ce complément soit du genre masculin ou féminin, au singulier ou au pluriel, déterminé ou indéterminé, la conjugaison restera la même en français.
Il n'enestpas de même en cris. Si je dis, v. g. « j'aime, » sans désigner l'objet de mon amour, et que mon idée se repose sur un ou sur des êtres du genre animé, il faut m'exprimer ainsi : ni sâkih-iwân ; mais je dois dire : ni sdki -tchikan, si je parle d'êtres du genre inanimé.
5° Gomment le verbe s'accorde avec son complément déterminé. — Quand le complément du verbe est un substantif déterminé, le verbe, devant s'accorder avec son complément, prend une terminaison particulière pour le genre animé, et une autre poiu* le genre inanimé.
La terminaison do la conjugaison animéo est double : une pour le com})lément au singulier, l'autre pour le complément au pluriel. Si le complément est du genre inanimé, la terminaison reste toujours la même.
Exemples :
J'aime mon frère aîné : Nislos ni sakih -aw. Je suis aimé de ma petite sœur, ni siniis ni sakih -ik. J'aime mon père et ma mère et j'en suis aimé, n'ottaniy ^mina nikawiy ni sàkih -awok mina ni sàkih -ikwok. J'aime mon livre, ni masinahigan ni sàk -itian.
i!i8 CUA'GUES DES AMEUICANISTES. 5
J'aime mes livres, ni umsinabigan -n ni sûk -itlnn.
Je suis aimé de mon livre, ni masinalngan ni sàkih -ilmn.
Je suis aimé de mes livres, ni nmsinahigana nisukili-ikun.
(N. B.) Pour mieux faire sentir la valeur de la terminaison verbale, je me sers autant que possible du même verbe.
6" Gomment un verbe cris agit sur le complément avec lequel il s'accorde, — En Cris le verbe agit toujours sur le complément, avec lequel il s'accorde, absolument comme le verbe actif français agit sur le sien. Il en est ainsi, lors même qu'il se trouve à s'accorder avec notre indirect français ; (ce mot indirect ne dit rien en Gris). Le verbe prend certaines terminaisons, rendant nos indirects : pour lui, à lui, envers lui, contre lui, ;uiprès de lui, en sa faveur.
Exemples : ^
Je le donne à Pierre, Pierre nimiylinw.
Je prie pour mon père, n'ollawiy nit' ayamihcsLaniHwan.
Je suis facile contre lui, ni kisislawan.
{Nif ayaniihan , je prie; ni kisiwasin, je me laclie).
7" Gomment le complément esL distingué du sujet.
Un substantif, complément uniijuc du verbe, ne courant aucun risque d'être pris pour le sujet, à la première, non plus qu'à la seconde personne, ne subit aucune altération.
Exemples : ■ "•
J'aime Xavier, Xavier ni sûkiliaw.
Tu aimes Xavier, Xavier ki sakilum-.
Mais les troisièmes personnes, renfermant, en elles-mêmes leur propre sujet, comme sujet ou comme complément (v. g. il l'aime, sakiliew; Dieu veut que tu l'aimes, kijeinanilu ilegittam ki ta sakiliat) il s'en suit que le complément, fùt-il unique, surtout s'il était du genre animé, se trouverait confondu avec le sujet.
Donc, en ce cas, le complément étant du genre animé, prend une terminaison en <■?, tant au singulier qu'au pluriel. Et c'est cette terminaison en a que j'a})pelle Relatif.
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Le substantif-complément, étant du genre inanimé, nei)rend pas cette terminaison en a au singulier, mais seulement au pluriel et comme signe du pluriel. G;q)endant il n'est pas moins relatif dans tous les cas où il prendrait la terminaison en a, s'il était du genre animé ; comme un nom neutre, en latin, n'en est pas moins à l'accusatif, toutes les fois qu'il prendrait la terminaison de l'accusatif s'il était masculin ou féminin, quoique cependant il n'y ait aucune différence entre son nominatif et son accusatif.
Exemples :
Léon aime Dieu, Loon sakihew kijcmnnito-w-a.
Si j'eusse dit : Léon sakihow kijenmnilo, ma phrase n'eût pas été plus crise que celle-ci n'est latine : Léo amat Deus.
Il ne faut pas en conclure que cette terminaison a renferme un accusatif, puisque si je dis en Gris : « J'aime Dieu, » il faut m'exprimer ainsi : kijemanito ni sakihew.
J'aime le livre, masinahigan sakittan. Masinabigan, complément du genre inanimé, est Relatif; car cette phrase « il aime ce beau livre » devra être ainsi traduite: eokoyiw mev/asimyik masinahigan sakitaw. Le pronom eokoyiw, et l'adjectif mowâsimyik ne peuvent être au relatif que par la règle d'accord. - ■ .,
8° Gomment les compléments de natures différentes sont distingués l'un de l'autre. — Si les compléments sont de natures différentes, c'est-à-dire notre indirect français et notre direct, c'est toujours avec notre indirect que s'accorde le verbe. En ce cas, on n'a qu'à suivre les règles du n** 7.
Quant à notre complément direct, il est relatif à toutes les personnes. Toujours, mais surtout à la troisième personne, il : faut avoir soin de mettre notre indirect avant le verbe et le direct après le verbe.
Exemples : Je donne un beau poisson à cet homme malheureux, anah kelimakisit ayisiyinim niniiyhaw nieyosiyit kinosewa. ,-
^50 CONGRKS DES AMÉRICA>'ISTES. 7
Mon oiiL'le m'a donné un joli cheval, nd' kkiimis nikihmiyhik ke ta wasisïvit mis laiin wa .
Joseph donne un chien à Paul, Joseph Paula miyhew athiiwa.
2" Voici le plus grand écueil de la langue crise, lequel n'a sa cause que dans la non-intelligence de la terminaison verbale. Les troisièmes personnes renferment le sujet comme complément, lequel complément est représenté en français par le, la, les, à lui, par lui ; d'un autre côté, il ne peut renfermer qu'un complément : si donc le verbe cris est suivi d'un autre complément, ce complément sera relatif, sans quoi il sera confondu avec le sujet.
Exemples :
Dieu veut que tu lui obéisses, kijemanito iteyittam kita nahitawat. On le voit, l'indirect « à lui » est renfermé dans la terminaison wat^ de nahitawat, laquelle ne peut renfermer un complément de nature différente.
C'est pourquoi cet exemple, et d'autres de ce genre : Dieu veut que tu obéisses à la mère, qu'on traduit ainsi : kijemanito iteyittam kita nahitawat kikawiy, sont toujours fautifs.
Souvent les phrases de ce genre sont pleines de contre-sens, comme je le montrerai tout à l'heure.
10° Comment le verbe s'accorde avec son complément relatif. — On voit quand et pourquoi le complément est relatif; mais le verbe devant s'accorder avec son complément, si ce complément est relatif, le verbe l'est aussi; et voilà pourquoi les deux conjugaisons actives, et les deux conjugaisons passives ont leurs terminaisons relatives. , , .
Exemples :
xle vois le loup qui a tué François, mahiyawa kakihnipahàt François niwâhamîsnawa.
Je trouve le couteau qu'a perdu ton petit frère, mokkumân kakihwanittas kisimis nimiskaniwan (1).
(1) Ce dernier mot peut se lire dans roriginal nimiskamwan.