‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877 (volume 2)Chapitre 8 sur 117 · IX. — Le Seri, L'Upanguaïma, Le Guaïma · texte numérisé non relu

IX. — Le Seri, L'Upanguaïma, Le Guaïma

Les Seris habitent la Sonera ; ils forment avec leurs différentes branches une famille séparée. Pour leur langue, leurs coutumes, leurs traits généraux, ils se rattachent complètement à la filiation des nations qui les entourent. IL paraît qu'ils occupent le même territoire que celui où ils se trouvaient établis antérieurement à l'arrivée de la race Pima et de ses dérivés, dans ce même pays. Ils faisaient usage de flèches empoisonnées, et lorsque l'on étudie leurs mœurs, leurs habitudes, leurs manières d'être, on est tenté de leur trouver une grande affinité avec les Garibes ou Caraïbes du continent et des îles. Les Seris sont aussi connus sous le nom de Tibiirons, nom qui leur vient de l'île de Tihnron dans la mer de Gortès (golfe de Californie), laquelle leur a, plus d'une fois, servi de retraite.

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38 m CONGRÈS DKS AMKUIGAM;iTKS. 28

Les UpmKjninmns, sont une nation peu différente de la précédente, avec laquelle on a pu souvent les confondre, il en est de même des Guaïnms ou Guaymas, qui ne sont qu'une sous-tribu des Seris.

* X. — Le GuAiAcuRA ou Vaicuha.

« Les Espagnols, dit Glavijero dans son histoire de la Basse-Californie, rencontrèrent dans cette péninsule trois peuples qui, aujourd'hui, n'existent plus; à savoir : les Pericùes, les Gaie ur as, et les Cochimies.

« Les Pericùes occupaient la partie méridionale de la péninsule, depuis le cap San-Lucas, jusque vers le 24° degré de latitude, ainsi (jue les îles adjacentes de Geralvo, de Espiritu- Santo, et de San-Tlosé.

« Les Giiaicuras étaient plus particulièrement établis entre les 23°-80' et 26° parallèles, et les Cochimies occupèrent la partie septentrionale depuis le 25'' jusqu'au SS" degré de latitude, ainsi que quelques îles de l'Océan Pacifique.

« Chacun de ces trois peuples avait sa langue propre ; la langue Pericùe n'existe plus, et les quelques individus qui restent encore de ce peuple disgracié, parlent l'espagnol ».

Après avoir donné les renseignements qui précèdent, Clavijcro parle des dialectes en lesquels se divisèrent les idiomes de la Californie. Quant à l'origine des Californiens, on n'a rien à en dire, sinon qu'ils l'ignoraient eux-mêmes ; et aux questions des missionnaires; ils ne savaient répondre autre chose : que leurs ancêtres étaient venus du Nord.

Sous le rapport de la physionomie, les Californiens étaient en tout semblables aux autres populations du Mexique, mais ils en différaient sous le rapport de la civilisation. Ils étaient entièrement barbares, sans aucune notion de l'agriculture, de l'architecture et des autres arts de première nécessité. Dans toute la Péninsule, au dire de Clavijero, on n'aurait pas trouvé de maison, ni trace de maison; pas mr^me de hutte, ni

vase d'argile, ni instrument de métal, ni objet en toile. Les habitants ne vivaient que de fruits qui croissent spontanément ou d'animaux qu'ils prenaient à la chasse ou à la pèche ; ils ne se livraient ni au travail de la terre ni à l'élevage des animaux.

Les Californiens enfermés dans leur péninsule n'eurent aucune conscience des autres peuples de la terre avant le XVP siècle, époque à laquelle leur pays fut occupé par les Espagnols.

h' Uchita,VAripR, \e Couclio, sont autant de dialectes du Guaiacura. On ne sait rien sur cette langue, si ce n'est le peu que l'on en lit dans le Mlthriclafes, et qui est extrait de la , Notice sur la Californie, par le P. Bagert.

XL — Le Cochimi.

Le Cochimi se parlait dans la partie septentrionale de la Basse-Californie.

Le jésuite Miguel del Barco a écrit un essai de la langue cochimi, ainsi qu'on le voit dans une lettre qu'il écrivait à Hervas, et qui est reproduite dans l'ouvrage de ce dernier : Catalogue des langues, etc. Personne n'a vu cet écrit du P. Barco, il est probablement perdu, ou il git dans quelque bibliothèque d'Europe.

Clavijero, dans son histoire de la Basse-Californie, donne la notice suivante sur le cochimi : « La langue cochimi, qui est très répandue, est très difticile ; elle est pleine d'aspirations, et elle a certaines manières de se prononcer que l'on ne peut exphquer. Elle se divise en plusieurs dialectes différents les uns des autres ». *

Parmi ces dialectes, nous citerons : le Cochimi du Nord, parlé par les Cochimies californiens ; VEdii, par les Edùes ; et le Didii, par les Didiies.

On trouve, dans le Mithridates, la traduction de plusieurs mots dans l'idiome cochimi.

40 COMJHÈS DES AMÉlUCAMSTES. 30

Nous devons maintenant dire quelques mots de deux langues sans classification, le Mixe et le Pâme.

L'idiome Mixe ou Mijo, se parle dans quelques localités de l'Etat d'Oaxaca; comme Juquila, Quezaltepec et Atlan. Selon le chroniqueur Horrera, les Mixes sont de bonne stature, ils ont la barbe longue, chose rare au Mexique, et la langue épaisse à la manière des Allemands, quand ils parlent. Ils enterrent généralement leurs morts dans un champ, et chaque année, pour honorer leur mémoire, ils portent des aliments sur leur tombe, au mois de novembre, à l'époque où, nousmêmes célébrons la fête des Morts.

Cette nation est cruelle à la guerre, grands amateurs de chair humaine, on les regarde comme le plus vaillant des peuples qui habitaient le Mexique ; Moctezuma et les Zapotèques ne purent jamais les soumettre. Habitant les mêmes montagnes que les Zapotèques, ces Mixes ou Mijes ne prenaient jamais ni homme, ni femme, ni enfant qu'ils ne le missent à mort pour le manger ; et ils agirent ainsi jusqu'à ce qu'ils eussent été soumis. Ils étaient grands partisans des révoltes des autres Indiens, afm do pouvoir satisfaire leur goût pour la chair humaine.

Ils allaient nus, le corps ceint d'une peau d'animal tué à la c'hasse ; colto peau était blanche et préparée avec de la cervelle humaine. Comme le pays qu'ils habitaient étaient de hautes montagnes, sanspierres ni roches, couvert d'herbages et très humide, ce peuple, pour fuir ou pour atteindre leur but, s'asseyait au plus haut de la montagne sur la peau qui leur servait de vêtement et se laissaient glisser jusqu'à ce but. Quelques Espagnols qui tentèrent de les arrêter furent blessés à la tête. Ces montagnes durent être conquises pied à pied par des fantassins, la cavalerie ne pouvant y rendre aucun service. C'est au milieu d'elles que se trouvait la populeuse ville de San-Ildefonse.

Le P. Burgoa dépeint les Mixes comme une nation arrugante et altière ; il ajoute que la contiguration de leurs mon-

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tagnes les obligeait de parlei* toujours en criant, ce que quelques auteurs attribuaient à tort à leur caractère inégal et enjoué.

Leur idiome, disent quelques-uns^ présentait cela de curieux qu'on ne pouvait le comprendre que de jour parce qu'il était accompagné de gestes qui complétaient le sens des paroles. Francisco Pimentel reconnaît bien à la vérité qu'il y avait dans l'Etat d'Oaxaca un idiome pantomimique, mais il ne peut être attribué aux Mixes dont la langue est exempte de cet accessoire. Il ne reste d'autre trace de l'idiome pantomimique d'Oaxaca que dans la Notice donnée par le P. Lorenzana dans son pastoral, imprimé à Mexico en 1770.

Les ouvrages connus sur la langue des Mixes sont les suivants : Grammaire et Dictionnaire, par Augustin Quentana ; Sermons par Fv. Fernando Btjarno ; Gonfessionnaire en langue mixe, avec la construction des prières de la Doctrine chrétienne, et un recueil de mots mixes, pour enseigner à prononcer cette langue, par Fj'. Augustin Quintanna, Puebla, 1733.

Le Mithridatcs est muet sur la langue mixe.

La Société de géographie et de statistique de Mexico possède dans ses collections le Pater en trois dialectes de la langue Pâme. Le premier est parlé à San-Luis de la Paz, territoire de la Sierra-Gorda ; le second dans la ville de Maiz, département de San-Luis de Potosi, et le troisième à la Purissima Concepcion de Ainedo, dans la Sierra-Gorda.

Orozcoy Berra dit que le Pâme est encore aujourd'hui en usage dans la mission de Cerro-Prieto, dans l'Etat de Mexico; il s'étend principalement dans l'Etat de San-Luiz de Potosi ; on en rencontre quelques traces dans ceux de Queretaro et de Guanaxato.

Nous devons ajouter quelques mots d'une langue aujourd'hui perdue, le Tejano ou Coabuiltdque, parce qu'elle était en usage dans un grand nombre de tribus ; elle porte le nom des provinces où elle était le plus en usage, celles de Coahuila

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et de Tejas ; on la parlait depuis la Gandela jusqu'au Rio de de Sau-Antonio. Les tribus qui faisaient usage de cet idiome étaient connues sous le nom de Pajnlates, à'OreJones, de Pacaos, de Pacoces, de Tilijayos, d'Alaspas, de Pausancs, de Pacuaches, de Mescales, de Pampopas, de Tacanies, de (Ihayopines, de Venados, de Pamaqiies, de Pihuiques, de Borrados, de Sanipaos et de Manos de Perro (pieds de chien). — Le seul livre que l'on connaisse sur l'idiome Tejano, est le Manuel pour administrer les Sacrements, par le P. Barlolonié Garcia, Mexico, 1760.

Telle est la classification géographique des langues vivantes ou mortes qui se parlent ou étaient parlées au Mexique. Des premières, il ne faudrait pas entendre qu'elles se parlent exclusivement dans les provinces qui leur servent d'assiette, puisque, ainsi que nous l'avons dit au commencement de cette étude, la conquête espagnole a introduit l'idiome castillan, qui est à présent celui qui domine. Ainsi qu'on aura pu le remarquer, les langues indigènes ont péri dans les Etats de Tamaulipas, Nuovo-Leon, Gohahuila, Zacatecas, Aguas- Galientes, partie septentrionale de celui de Potosi, et partie orientale de celui de Jalisco ; c'est-à-dire dans tout l'espace dans lequel erraient les tribus sauvages ou s'adonnant à la chasse, sans domicile fixe ni attache à la terre. Ces indigènes contraints à se réunir en missions, en contact continuel avec les blancs, persécutés ou exterminés quand ils ne se laissaient pas civiliser, perdirent peu à peu leurs coutumes, leur langue propre, et s'appliquèrent à n'avoir d'autre langage que la langue espagnole ; ils adoptèrent, ainsi contraints et forcés, les mœurs, les habitudes de leurs vainqueurs, à l'exception toutefois des Nayaritas et des tribus qui habitaient la partie montagneuse des Etats de Guanaxuato et de Queretaro, qui, quoiqu'appartenant aussi aux tribus nomades, s'étaient civilisés à leur manière en conservant opiniâtrement leur idiome, des vêtements peu différents des anciens, et à peu près les mômes coutumes.

83 ETHNOGRAPHIE VEXICAINE, ^3

Au Michoacan, â Mexico, à Vera-Cruz, vers le Sud, là ou s'établirent les tribus plus avancées en civilisation ; dans le Jalisco, peuplé de tribus moins civilisées, dans le Sinaloa et la Senora ; à Durango et dans le Ghihuahua, oîi les tribus étaient encore à demi-barbares, quoiqu'ayant adopté la vie agricole, les langues se conservèrent encore avec plus de ténacité, et ce ne fut que peu à peu, insensiblement pour ainsi dire, que les Indiens modifièrent leurs mœurs et leurs coutumes.

Les Indiens qui conservaient leur idiome primitif faisaient cependant usage de la langue espagnole dans leurs transactions avec les blancs ; il n'y avait guère que dans les villages perdus ou retirés dans la montagne qu'on l'ignorait. Souvent aussi les indigènes feignaient-ils par malice d'ignorer la langue de leurs conquérants. Plus tard même, les descendants des Espagnols ne parlèrent plus qu'un castillan corrompu, tout en l'écrivant encore correctement. C'est alors, aussi, que furent introduits dans la langue espagnole beaucoup de mots mexicains ou des langues indigènes, désignant plus particulièrement des objets propres au sol lui-même, qui n'avaient pas de nom en castillan, ou bien d'autres qui remplacèrent les mots castillans par leurs équivalents indigènes.

La prononciation étant la même dans toute l'étendue de la République mexicaine, il n'en est pas moins vrai que les habitants des départements les plus éloignés de la capitale ont dans leur manière de parler un certain accent qui permet de les reconnaître facilement, c'est le cas de ceux du Yucatan, de Vera-Cruz, de ceux de l'intérieur, de ceux de Durango et des Etats frontières. Les Jarochos, qui habitent la côte du Grand-Golfe, se servent d'un langage qui rappelle l'andaloux ; ceux des Terres-Chaudes, qui sont mélangés avec la race nègre, leur ressemblent un peu. Le menu peuple, comme partout ailleurs, du reste, ajoute dans sa conversation des mots provenant d'un jargon de son invention. Ces mots sont

■H r.DXilRKS \m^ AMKmCAMSTES. 1

bien espag'nols, mais ils sont pour la plupart détournés de leur acception primitive. Les Indiens estropient misérablement la langue aussi bien par caprice et entêtement que par faute d'instruction. Ils ne prononcent pas entièrement les mots, ils rompent les concordances, confondent les genres, ne suivent pas la loi des conjugaisons ; il en résulte un jargon original, amusant même à entendre, derrière lequel les moins avisés croient voir l'innocence et la candeur de l'Indien, tandis qu'il ne cache, à vrai dire, que sa malice et sa fourberie.

Tel est le tableau de la distribution ethnographique des langues sur le sol du Mexique. Il est peu de pays qui, sur une superficie de près de 2 millions de kilomètres carrés (1,972,000), c'est-à-dire 26 fois plus petite que la France, offre une aussi grande variété do peuples et de langues.

On doit savoir gré aux savants mexicains, Don José Piinentel et Manuel Orozco y Berra, auxquels nous avons emprunté les éléments de cette étude, d'avoir tenté de débrouiller le chaos qu'elle présente encore aujourd'hui. C'est pour l'ethnologue et le géographe une riche mine à exploiter. Telle eût été la tâche de la Commission scientifique française du Mexique, si les événements lui eussent assuré une plus longue existence.

M. Th H. moore a fait parvenir au Comité d'organisation un vocabulaire de la langue Atacamena, avec la lettre et les observations ci-dessous :

Northampton, 2i mars 1877.

• Monsieur le Secrétaire,

J'ai l'honneur de vous adresser un vocabulaire d'une langue du Sud-Amérique alliée dans sa construction, sa forme et ses sons avec le Quichua et l'Aymara. On croit que cette langue qu'on appelle aujourd'hui VAtacameno était autrefois celle

'ii ('.(1\i;RKS TlK^^ AMKIilGAXISTES. 4

bien espagnols, mais ils sont pour la plupart dôtournés de leur acception primitive. Les Indiens estropient misérablement la langue aussi bien par caprice et entêtement que par faute d'instruction. Ils ne prononcent pas entièrement les mots, ils rompent les concordances, confondent les genres, ne suivent pas la loi des conjugaisons ; il en résulte un jargon original, amusant même à entendre, derrière lequel les moins avisés croient voir l'innocence et la candeur de l'Indien, tandis qu'il ne cache, à vrai dire, que sa malice et sa fourberie.

Tel est le tableau de la distribution ethnographique des langues sur le sol du Mexique. Il est peu de pays qui, sur une superficie de près de 2 millions de kilomètres carrés (1,972,000), c'est-à-dire 26 fois plus petite que la France, offre une aussi grande variété de peuples et de langues.

On doit savoir gré aux savants mexicains, Don José Pirnentel et Manuel Orozco y Berra, auxquels nous avons emprunté les éléments de cette étude, d'avoir tenté de débrouiller le chaos qu'elle présente encore aujourd'hui. C'est pour l'ethnologue et le géographe une riche mine à exploiter. Telle eût été la tâche de la Commission scientifique française du Mexique, si les événements lui eussent assuré une plus longue existence.

M. Th H. Hoore a fait parvenir au Comité d'organisation un vocabulaire de la langue Atacamem, avec la lettre et les observations ci-dessous :

Northampton, 24 mars 1877.

Monsieur le SECRÉTAmE,

J'ai l'honneur de vous adresser un vocabulaire d'une langue du Sud-Amérique alliée dans sa construction, sa forme et ses sons avec le Quichua et l'Aymara. On croit que cette langue qu'on appe>lle aujourd'hui VAtacameno était autrefois celle

n^^rès mt'ernédon.iJ des Améncsnistes. Session de L uxenibour.^

2 LA LANGUE ATACAMENA. 45

des Indiens pécheurs qui hal)itaient les côtes du Pérou et du Nord du Chili.

Me sera-t-il permis de suggérer aux honorables membres du Congrès international des Américanistes que cette langue est sur le point de s'éteindre et qu'on ne devrait pas la laisser se perdre à jamais sans faire un suprême effort pour la conserver dans une grammaire et un dictionnaire en rapport avec son importance?

Gomme l'Atacameiïo est la forme la plus occidentale de cette famille de langues et qu'il en pourrait bien être le membre le plus ancien — n'y a-t-il pas lieu de s'assurer s'il ne peut être fait aucun rapprochement entre cet idiome et et ceux de la famille polynésienne ?

Il n'échappera pas aux linguistes que l'Atacameiïo, bien qu'ayant des affinités avec le Quichua et l'Aymara, n'est cependant un dialecte ni de l'un ni de l'autre, puisque les mots sont presque tous entièrement dissemblables.

Le curé de Calama et de San Pedro de Atacama m'a dit qu'il y a, dans la dernière de ces localités, quelques vieux Indiens plus ou moins intelligents qui parlent parfaitement atacameiïo. Il est vrai que l'on n'a pas de livres écrits dans cette langue, mais il existe des prières et quelques autres reliques de .la littérature orale que l'on pourrait sauver si quelque personne compétente prenait la peine d'aller les recueiUir sur place. Sous peu ce sera peine perdue, car les jeunes Indiens ne parlent que l'espagnol ; et, depuis que l'on travaille aux mines d'argent de Caracoles, les petites vallées d' Atacama et de Toconado se remplissent de mineurs chiliens et de muletiers argentins qui prennent possession des terrains et dispersent peu à peu les indigènes.

On m'a dit que M. von Tschudi a inséré dans l'un de ses ouvrages un vocabulaire atacameno, mais je n'ai pas eu la bonne fortune de mettre la main sur le livre qui doit le cou-

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tenir et par conséquent j'ignore si le vocabulaire do M. von Tschudi est plus ou moins considérable que le mien (1).

Je joins au vocabulaire une carte de la division occidentale de la Bolivie sur laquelle j'ai fait des annotations qui pourront vous intéresser (2). Je puis dire en passant que cette carte est beaucoup plus exacte que celle qui a été dressée par les ordres du gouvernement. Deux de mes amis, MM. Muster

(1) M. VoQ Tschudi a publié dans le 5'= volume de ses Reisen durch Sud-America (p. 83 et suiv.) non seulement un vocabulaire atacamefïo, mais encore l'oraison dominicale avec une traduction interlinéaire.

(2) La Commission de 2)ublication regrette vivement de n'avoir pas pu faire reproduire la carte sur laquelle M. Moore a indiqué au crayon les trois régions de VAymara, de V Atacanieno et du Quichiia,

1° La région de l'Aymara est comprise : en latitude, entre 18° et IS^jSO'; en longitude, entre 73° et 69°, 35. Les points extrêmes S.-E. et N.-O. sont : en Bolivie, le Pueblo de Caracollo situé à environ deux lieues au Nord d'Oruro, chef-lieu d'un département ; et au Pérou, le lieu oii prend sa source le plus distant des cours d'eau qui alimentent le Rio de Ramer lequel se iette dans le grand lac Titicaca, à son extrémité Nord. Les points extrêmes Sud et Nord d'une ligne passant par la ville de La Paz sont : le 18« degré de Lat. et l'un des affluents secondaires du Rio Caca lequel se jette dans le Rio Béni. En somme l'Aymara est parlé le long des bords du Lac Titicaca, sauf dans la partie Ouest qui s'étend de la baie en face de laquelle s'élève la ville péruvienne «fe Puno â l'Isthme que coupe la frontière bolivienne pour gagner en ligne droite le Rio Desanguado, et sur l'une et l'autre rive de ce fleuve jusqu'à environ 12 lieues au Nord du Lago Pampa Aullagas. Les villes principales de la région aymariste sont la Paz, Chuhumani, Sorata, Hachacache, Corocoro et Sicasica, toutes villes boliviennes. Il paraît n'y avoir aucune ville digne de ce nom dans la partie péruvienne de cette région.

2° Le district de rAtacameùo dont M. Moore a indiqué la situa-

4 LA LANGUE ATACAMEnA. 47

et Minchin, qui ont arpenté de grandes étendues de pays et qui ont fait de nombreuses observations astronomiques pour déterminer la latitude et la longitude de plusieurs localités, publieront l'an prochain une nouvelle carte de la Bolivie. Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire, etc.

Vocabulaire de la langue Alacamena maintenant presque éteinte et parlée seulement par les vieilles gens de San PedrQ de Atacama et de Toeonado, ainsi que par deux ou trois personnes de Calanm et do Cbiuchiu — tous villages indiens de la Bolivie, situés entre latit. 22° à %3\5' , et long. 71'' k 72" ouest du méridien de Paris.

On suppose que cette langue a été parlée autrefois par les Indiens pêcheurs des côtes du Pérou et du Chili septentrional nommé Changes par les Espagnols. Cette race a maintenant presque disparu par suite de son mélange avec les Espagnols, et à l'heure actuelle les habitants de tous ces villages côtiors parlent exclusivement le castillan. On peut encore tracer la langue atacamena par les noms de lieux depuis Cobija sur la côte jusqu'à Purilari (l'eau rouge) dans l'intérieur , par 70°,35' de longitude.

La prononciation des mots qui suivent est celle de l'Espagnol, sauf que la semi-consonne H doit être aspirée comme en Anglais, et que les consonnes suivies d'une apostrophe s'accentuent fortement et celles redoublées plus fortement encore.

don en lat. et en long, s'étend au S.-E. de la boucle formée par lo Rio Loa à la hauteur du port de Cobija.

3° Dans le reste du pays, les habitants, à l'exception de la bourgeoisie et de la population des ports, parlent plus ou moins correctement le Quichua. Mais il y a ça et là, et notamment dans la région minérale de Potosi, des enclaves où l'on parle Aymara. On trouve parfois un petit hameau aymariste au milieu d'un district purement quichuiste.

CONGRES DES AMEUICANISTES.

MOTS RECUEILLIS MOTS RECUEILLIS

PAR PAR

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