‹ Compte-rendu de la seconde session, Luxembourg-1877Chapitre 17 sur 62 · CU>'G1{ÈS DES AMÉUICAXISTKS · texte numérisé non relu

CU>'G1{ÈS DES AMÉUICAXISTKS

"3° Une liste non niuius incomplète des indices de pluralité dans ces n-ièmes langues.

Voici quekjues exemples :

Bouche: Akkadji a, r/ii; Circassien, nzbeh, sliej; Indo-Chine,

Rmakakha ; Aymara, lakka ; Quichua, simi ; Huastèque,

kanm ; Mexicain, clii.

Main : Akkad, siigah ; Géorgien, kheli; Circassien, ia, oyg;

Indo-Chinois, su, kn, nio ; Aymara, tachili; Quichua, mu-

qui ; Mexicain, cab ; Maya, ciihac; Totonaque, niaco. Pierre : Akkad, far/-a; Cambodgien, laniu; Aym. et Quichua,

kak ; Mexicain, le ; Cora, tête.

Pronom de la première personne : Akk., niu, idbi; Géorg.,

mi; Indo-Chin., awai, nyo, nga, kha ; Aym., na ; Quichua,

noca ; Othomi, iiin, nuga; Mexicain, no.

Le troisième tableau comprend 282 mots, dont 09 appartiennent à 39 langues de l'Asie et de l'Europe; 142, à environ 89 langues al'ricaines; 71, à envirou 29 l.ingues américaines et à 6 ou 7 dialectes océaniens.

Enfin, M. Hyde Clarke appuie sa démonstration sur la « série négative, dont l'idée première ressort de la 7iuit, de sa ;;oirceur qui est la «égation de la lumière. » De même ([ue la nuit s'oppose au join-, de même le négatif s'oppose au positif. « De là, par exemple, en français, tous ces mots qui dénotent le négatif, par l'initiale n : nuit, noir, négation, non, neige ((jui n'est pas noir), nu, noix, nuage; en latin : nox, nix, nex, niix, nec, non, nndiis, iiidiis, nodiis, niger, niihes, et encore : ovuni, ovis, avis, uva. La lune est opposée au soleil, la femme à l'homme, le mal au bien ; or, « la femme partage la périodicité de la lune, et elle devient le représentant du mal. »

La série négative existe « dans le wolof, l'agaou, le vascokolarien, l'ougrien, l'égyptien, le sumérien, le dravidien, le sémitique, l'aryen. C'est un lien mental qui unit toutes les langues et les démarque comme le produit d'un seul et uniforme effet de Ta me humaine. »

Selon M. Hyde Clarke, les Sumériens ou Khitas, partis de

la Babylonie, ont gagné l'Amérique par l'Hindoustan, l'indo- Chine, l'Australasie et l'Ile de Pâques.

Je crois devoir clore ce compte-rendu en citant, à l'honneur de M. Hyde Clarko, les paroles qui suivent : « Je ne me dissimule point que beaucoup d'erreurs se sont glissées dans la masse des laits réunis par moi, d'abord parce que les matériaux font souvent défaut, et ensuite par la raison fort simple qu'un seul individu ne peut tout saisir dans un si vaste ensemble. En toute humilité, j'abandonne au jugement éclairé des Membres du Congrès, le soin de démêler le faux d'avec le vrai. »

Et maintenant. Messieurs, que j'ai rempli de mon mieux la tâche cle rapporteur, qu'il me soit permis de dire nettement ce que je pense de ce système etlniologicolinguistique et de la méthode suivie par son auteur.

Pendant des siècles, les linguistes, ou plutôt lesétymologisles, se sont exclusivement voués à la recherche de la langue primitive. Leur méthode consistait à extraire des vocabulaires de toutes les langues à. eux connues ou incoimues, le plus possible de mots présentant une certaine ressemblance extérieure. Mais souvent le nombre des mots colligés était insuffisant. Voici, akirs, comment procédaient les étymologistes : d'abord, ils déclaraient toutes les voyelles indifférentes et susceptibles de permuter entre elles ; ensuite, ils divisaient les consonnes en quatre ou cinq classes, et posaient comme règles absolues : 1° que les consonnes d'une même classe permutent les unes avec les aulres, et que « c'est ce changement plus ou moins multiplié qui constitue la différence de toutes les langues de l'univers » (1) ; 2" « que le changement de deux consonnes qui ne paraissent point èlre du même

(1) Bergiei%' Eléments primitifs des Laiigve.^, p. 56.

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organe se produit fréquemment » (1). On comprend dès lors pourquoi Voltaire a dit de l'étymologie de son temps : « C'est une science dans laquelle les voyelles n'ont aucune importance, et où les consonnes n'en ontgucre davantage» . De la phonétique, de la morphologie, en un mot de la grammaire, c'est-à-dire de l'àme des langues, il n'était pas question ; les vocabulaires sullisaient à tout.

J'ai le regret de dire que M. Hyde Glarke appartient encore à cette école, et qu'après que la science du langage acte créée par Gyarmathi (2), Bopp, Burnouf, Ghavée

(1) Bergier : Eléments primitifs des Langues, p. 57.

(2) Dans soa Âffinitas linguœ liungaricœ cwm linguis fenaicce originis grmnniatice demoustrata ; Gottingœ, 1799, Samuel Gy;irmathi, le créateur méconnu de la « Grammaire comparée » a établi les règles suivantes.

.Simililudincm, quam ego statucre allaboro, seifuentia constituant momenta.

I. — Terminationes nominum substantivorum et adjectivorum, quae vocibus certum aliquem characterem 'mprimunt, ope cujus significatio earum illico detegi potest.

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