LETTRES DE S. M. ET DE S. A. R
que vous avez eue de Lui offrir le Compte-rendu de la première session du Congrès international des Américanistes, Il vous remercie de cet envoi et quO; s'associant en idée aux importants travaux d'hommes éminents, Il se fait un plaisir d'accéder au désir exprimé dans votre lettre du 30 juin dernier, de voir accepter par Sa Majesté le titre de Protecteur de la session du dit Congrès qui aura lieu dans la ville de Luxembourg, du 10 au 13 septembre 1877. Je vous prie, etc. »
M. le Vice-Président donne ensaite lecture d'une lettre par laquelle M. Holmberg de Beckfelt, chambellan de S. M. le Roi Grand-Duc, informe le Comité que S. A. R. le prince Henri, empêché à son très-vif regret par des circonstances imprévues de se rendre à Luxembourg pour assister aux séances du Congrès, a chargé M. le baron Van Hogendorp, son aide-de-camp, de suivre les travaux de la session et de Lui en faire un rapport.
M, le baron de llumast, président de la session de Nancy a adressé aux memJjres du Congrès la lettre qui suit :
A Messieurs les Membres du Cougrès des américanistes à Luxembourg.
« Nancy, le 21 août 1877.
« Messieurs , « N'eussé-je à vous remercier que de l'invitation personnelle que votre Comité me fait l'honneur dem'adresser, je ne saurais tarder à lui exprimer ma reconnaissance pour cette marque de bonté.
« Mais ici mes obligations de gratitude me paraissent doubles ; car, ou je me trompe fort, ou ce bienveillant appel s'adresse beaucoup moins à la chétive individuahté d'un Lettré quelconque (d'un Président de l'Académie de
16 CONGRÈS DES AMÉRICANISTES. 2
Stanislas, voire de l'ex-présidenl du Congrès américaniste) — qu'à ce Congrès lui-même , — c'est-à-dire qu'à l'Assemblée primordiale qui a été mère de la vôtre , et qui le sera de toutes les sœurs cadettes destinées à succéder à votre noble panégyrie luxembourgeoise.
« Par une collectivité que votre politesse résume, vous saluez dans l'homme qui se trouva par hasard la personnifier pour un moment, l'imposante assemblée qui ouvrait à tous, il y a deux ans, un horizon si vaste et si nouveau,
« Ce fut en effet, dans le monde de la pensée , un événement du premier ordre, que la tenue de ce quasi-concile universel, où pour la première fois se rencontrèrent, s'abouchèrent, et prirent séance en commun, de nombreux savants appartenant aux deux Hémisphères ; et cela dans une ville exceptionnelle, dans l'ancienne capitale des ducs-rois de Lorraine ; — sous les toits du palais bâti par R.ené II, par ce prince à qui furent dédiés, voici bientôt quatre siècles , les premiers travaux destinés à populariser pour les écoles de l'Ancien Monde la découverte du Nouveau.
« Oui, Messieurs, ce sera toujours une grande date dans l'histoire de l'esprit humain , que le millésime de ■1875, auquel s'attache à jamais non seulement ce souvenir (car un tel fait aurait pu, quoique bien solennel, n'être que passager), mais de quelque chose de plus durable : de la fondation à perpétuité du Congrès américaniste universel.
« Le Congrès américaniste universel, institution désormais vivante, — qui gardera bien à Nancy tous les éléments nécessaires pour y maintenir son Galaad (son « monceau du témoignage »), mais qui, rayonnant dans toutes les directions à partir de cette colonne immobile et