LETTRE UE M. DE UDMAST
centrale^ va devenir une institution voyageuse, se transportant de capitales en capitales , pour y tenir session de deux en deux ans, et promener ainsi le Savoir sur la face du Globe.
« Il est glorieux pour vous , Messieurs, d'avoir donné le signal d'ouverture de cette série de sessions bisannuelles. Il l'est pour votre ville aussi, exceptionnelle, comme Nancy quoiqu'à d'autres titres ; ayant su, comme lui, hisser un de ces drapeaux intellectuels dont l'Histoire comprend la valeur et dont elle enregistre les apparitions, accompagnées de résultats toujours estimables et môme toujours relativement grandioses.
« Si l'on voit Luxembourg, Messieurs, devenir le premier anneau de la chaîne des Congrès américanistes bisannuels, il y a là, pour lui sans contredit, une bonne fortune, — mais une bonne fortune méritée.
« Méritée par la noble attitude du Grand-Duché, lors des circonstances fort délicates, où il sut allier force et sagesse.
« Méritée aussi par le caractère des chefs héréditaires de son Gouvernement, noble famille souveraine^ qui avant de devenir batave, avait été gauloise, avait appartenu aux régions orientales de la Gaule, et qui n'a jamais oublié que l'idiome primitif de ses ancêtres était la langue française.
« Privé que je serai, Messieurs, de l'avantage d'assister à vos séances, je n'ai certes pas besoin de vous dire combien, du fond de ma retraite, je m'unirai de cœur à vos travaux. Il en est un surtout auquel problablement vous assignei'cz un rang proportionné à son incontestable importance.
« C'est le grave procès ijui roule sur la diversité fonda-
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mentale des langues, ou sur leur unité foncière soit reconnaissable encore^ soit ayant cessé de l'être.
« Autour de cette question capitale dont la décision a d'immenses conséquences, se débattent par des armes plus ou moins bien choisies, les deux intérêts culminants de l'Humanité : — d'une part, la cause de la saine Raison exerçant son juste droit de recherche sur les faits ; — de l'autre, la cause du juste respect dû à d'augustes traditions religieuses, précieux patrimoine du Génie humain.
Entre ces deux grandes puissances, respectables l'une et l'autre, le plan de conciliation le plus franchement admissible dont l'idée ait surgi, — le traité de paix le plus franc et le plus honorable qui ait été proposé, — c'est celui dont le projet, il y a déjà près d'un tiers de siècle, était présenté au Monde par une Académie chrétienne : parla Société Foi et Lumici'es. Etude profonde, à laquelle le Congrès de 1875 a rendu une vive opportunité ; étude dont le besoin devient chaque jour plus frappant ; examen sur lequel porte toute une monographie spéciale que vient de rééditer ud hoc et en grand format, un libraire de Paris.
« Vous n'ignorez pas, Messieurs, quehe vive sympathie éprouvent pour vos Congressistes les membres de l'ancien Comité de Nancy. La présence de l'un de ses membres au milieu de vous me dispense -d'insister sur la chose, car il peut aussi bien que moi se faire l'organe de nos sentiments. Je répète toutefois cette assurance en notre nom à tous, et j'y joins en particulier celle de la haute appréciation et de la sincère gratitude « De votre bien humble serviteur,
B°" DE DUMAST.
M. Schœtter donne lecture d'une lettre adressée au
1 LETTHK \)K M. TOURÈS-CAICEDO. 19
l'résidenl du Congrès, par S. Ex. M. Toi*i*ès €aicedo,
minisire plénipotenliaire de la République de Salvador.
« Paris, le 7 septembre 1877.
« Monsieur le Président , « Je m'empresse devons adresser mes cordiales et sympathiques salutations et de présenter mes respectueux hommages aux honorables membres du Congrès des Américanistes de Luxembourg, empêché que je suis, k mon très-grand regret, par d'impérieux devoirs, d'assister à ses séances.
« Je n'aurais pu, du reste, y apporter aucune idée nouvelle; mais, j'aurais été instruit et charmé par les nobles travaux des savants qui y concourent de toutes les parties du monde.
« La science de l'Américanisme mérite aujourd'hui ce nom, dans toute l'acception du terme. Le temps est passé des élucubrations fantaisistes et des hypothèses aventureuses. De sérieux travaux sur l'archéologie^ l'ethnologie, la linguistique, etc., ont non seulement donné aux études un point de départ sur et philosophique, mais ils ont coordonné les principes et les éléments de la nouvelle science.
« Le Grand-Duché de Luxembourg est riche en esprits sérieux qui aiment la science parce qu'ils aiment laliberté, la patrie et le progrès. Je me plais à ajouter que ses habitants sont justement renommés pour l'affabilité de leurs manières, leur honorabilité proverbiale et leur caractère hospitalier.
« L'Amérique doit au Grand-Duché, à S. M. le Pioi . Grand -Duc et à S. A. R M=' le prince Henri, une profonde reconnaissance et des actions de grâce.
« Je salue donc respectueusement les citoyens de ce
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noble pays appelé, tout l'annonce, a remplir un rôle distingué sur la double scène de la politique et de la science. Ce n'est point, en effet, par le nombre des habitants d'une contrée, mais par leurs aptitudes et leurs mérites; ce n'est point par la quantité, mais bien par la qualité, que l'on peut sûrement préjuger les destinées et l'avenir d'un peuple.
tt Enfin, je serais bien ingrat si je venais jamais à oublier l'affection et la déférence qui sont dues à celle magnifique cité lorraine — l'élégante Nancy — qui a fourni à l'Histoire tant de liéros, aux Lettres tant de poètes, à l'Art tant de graveurs et de peintres, à la Science tant d'érudits, et où s'unissent aujourd'hui, dans une heureuse ahiancO; les goûts les plus fashionnables aux études les plus hautes, aux travaux féconds de l'industrie et à cette activité en toutes choses que suscitent toujours l'amour de l'indépendance et la pratique de la liberté.
a Les Américanistes de toutes les nations conserveront le plus cordial souvenir de Nancy l'hospitalière ; ils se rappelleront toujours avec quelle urbanité fraternelle, elle a ouvert les imposants salons de l'antique palais des Ducs de Lorraine à ces pionniers cosmopolites qui s'appliquent avec une ai'deur persévérante à dérober les secrets du passé et à remettre en lumière les principaux traits d'une civilisation qui a traversé de nombreux siècles, pour aller s'éteindre plus tard, comme périt tout ce qui est humain.
« Nancy et Luxembourg seront à l'avenir justement considérés comme les deux cités où a été signé l'acte de baptême et où est née à la vie civile la nouvelle Science.
« Voilà ce que je tenais à constater. Monsieur le Président, en vous priant d'être auprès des honorables mcni-
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bres du Congrès des Américanisles l'interpréle bienveillant de mes regrets, de mes vœux et de mes sentiments reconnaissants. »
M. \¥'uri8t-Paqtiet proclame la session ouverte et annonce que la séance consacrée à l'Antliropologie et à l'Ellmographie aura lieu à deux heures et demie après midi.
CONGRES DES AMEIUCANISTES.