IV
Nous venons de déterminer les deux dates (VP et XIP siècles) entre lesquelle.s s'est effectuée la retraite des Mound- Builders ; il s'agit maintenant de savoir si quelques faits bien constatés nous permettent d'évaluer la durée du séjour que cette race a fait dans les plaines de l'Amérique du Nord.
On avait cru pendant quelque temps qu'aucun ouvrage ne reposait sur le botloin land, et que dès lors l'établissement des Mound-Builders dans le pays remontait à la période géologique durant laquelle ce banc faisait encore partie intégrante du lit des fleuves. Mais il a fallu bientôt reconnaître l'inexactitude du fait allégué (2).
(1) Force, Tlie prehistoric Man^ p. Go.
[2) Smithsonian Report for 1862^ p. o34.
322 CONGRÈS DES AMÉUICANISTES. 11
Depuis, on a constaté, sur les bords du lac Supérieur et dans l'île Royale, que les Anciens mineurs de race moundbuilder ont accompli des travaux de mines, tellement considérables eu égard à la grossièreté de leurs procédés, qu'il est impossible d'assigner à leur exploitation une durée moindre que trois ou quatre siècles (1).
L'état de dégradation de certains mounds de l'Illinois, rapproché de l'état de conservation d'autres mounds du même Etat, va nous fournir une autre base d'évaluation non moins certaine. En effet, du moment oia l'on trouve, dans des situations semblables, à côté d'ouvrages parfaitement conservés, des ouvrages complètement en ruines, il faut bien admettre ({u'un intervalle de temps très-considérable sépare la construction des seconds de celle des premiers. Or ceux-ci, nous l'avons vu plus haut, sont âgés de six siècles, et ils ont trèspeu souffert durant ce laps de temps ; force nous est donc de faire remonter la date de la construction de ceux-là à une époque voisine du commencement de notre ère (2).
Enfin, MM. Squier et Davis ont cru trouver une autre preuve de la haute antiquité des mounds dans le mauvais état de conservation des squelettes qu'ils renferment. En fait, des squelettes, enfouis depuis plus de dix-huit siècles dans des tombes bretonnes, ont été trouvés beaucoup mieux conservés que ceux que l'on extrait du fond des mounds américains; or, si l'on examine de part et d'autre la nature du sol au point de vue de l'action désorganisatrice qu'il exerce sur les ossements, on demeure convaincu que le sol américain est moins destructeur que celui do la Grande Bretagne. Qotto considération tendrait donc à faire reporter au delà des limites de l'ère chrétienne la date de la construction d'un certain nombre des mounds funéraires des Etats-Unis (3).
(1) Swineford, Hist. and Reoiew 7, p. "79.
(2) Smithsonian, Report for 1874, \). 351.
(3) Smithsonian, Report for 1862, p. 334.