MERCREDI 1^ SEPTEMBRE 1877 , A 10 HEURES DU MATIN
lUsloire de FAniî'riquo et de sa découverte.
M. ^ViirtlB-Pi«<|uet, invite M. le D'" J. M. dâ Silva Paranhos, membre délégué de l'Institut Historique et Géographique du Brésil, à présider la séance.
jNI. da Sfilva Paranliois prononce l'allocution suivante : .
Mesdames, Messieurs,
Les honorables membres du Bureau ont décidé que la présidence de cette illustre assemblée serait offerte, dans la séance qui vient de s'ouvrir, au dernier des membres du Congrès, précisément à celui de vos collègues qui sent le plus vivement toute son insuflisance pour s'acquitter dignement d'une pareille mission. J'ai dû, cependant, me soumettre i\ cette décision, aussitôt que j'ai compris les véritables motifs qui l'ont inspirée. Ne suis-je pas redevable d'un honneur si inattendu pour moi à ce que je me trouve être le seul Brésilien ici présent, et, en même temps, à ma qualité do délégué de l'Inslitut Historique et Géo-
2 DISCOUUS DE M. II.V bllA A l'AKAMlÔS. 358
gi-apliique du Brésil? Noo^ Messieurs, ce n'est point, à la personne de l'étranger inconnu que s'adresse la distinction dont je suis en ce moment l'objer, mais bien à ma patrie lointaine et à l'Institut du Brésil. C'est un lémoignage de votre sympathie envers une Associalion dont le programme s'allie si])ien avec le vôtre, Association qui a déjà rendu d'éminents services à l'histoire, à la géographie et à l'ethnographie ; c'est un salut que vous, Amcricanistes, vous adressez du sein de l'Europe à l'une des plus belles contrées chi Nouveau Monde, ta cet empire sud-américain, si jeune encore, mais si llorissant, grâce à ses immenses richesses. naturelles, à la vitalité de son peuple, à ses institutions libérales, et aussi — je puis le dire sans flatterie — au règne fécond d'un Prince que vous connaissez tous, car il est non-seulement un prince mais encore un savant. •> . • - , ' >
C'est parce que j'ai compris toute la portée de la décision prise par le Bureau, ot parce que je suis profondément touché de l'accueil si bienveillant qui m'a été fait, que je n'ose pas vous supplier de me remplacer par un autre membre du Congrès plusdigne quemoi d'occuper ce siège, tie me rends doncà votre choix avec la plus profonde reconnaissance, et c'est au nom du Brésil, au nom de mes confrères de l'Institut, honorés dans ma personne, que je vous prie, Messieurs, de vouloir bien agréer, avec tous mes remerciements, mes vœux les plus sincères pour le succès de vos intelligentes et laborieuses recherches, qui ont un but si difficile et si important : la découverte et la reconstruf^fion d'une des parties les plus intéressantes de l'histoire de l'humanité, celle de l'Amérique précolombifinie, dont malheureusement la plupart des monuments
â54 CONGRÈS PES A:\iERICANISTES. 3
ont été détruits, soit par le fanatisme religieux, soit par l'ignorance et par la cruauté des premiers conquérants.
Me trouvant empêché d'assister à la séance de ce soir qui sera consacrée à la linguistique, je prends la liberté de déposer sur le bureau quelques exemplaires d'un ouvrage de moncompatriole, M. le docteur Gouto de Ma- GALHÂÊs. Cet ouvrage a élé imprimé, l'an dernier, à Rio de Janeiro, par ordre du gouvernement impérial. lia pour titre : 0 Sclyiujem (Le Sauvage), et se divise en deux parties. La première est un cours de la Langue Générale des Indiens du IJrésii, le Nheengatû, ou Tupi vivant, selon la méthode d'OUendorf. On y trouve, outre un abrégé de la grammaire, dix-sept leçons, vingt-et-un exercices et plusieurs légendes indiennes accompagnées d'une traduction littérale. Les légendes sont précédées d'une dissertation dans laquelle l'auteur examine leur sens symbolique, en développant des considérations intéressantes sur la mythologie zoologique et sur les ouvrages du professeur G. F. Hartt : The amazonian Tovtoisc mythes, et Notes on the Tupi language.
La seconde partie comprend six chapitres et un appendice. Le premier chapitre a pour titre : L'homme américain ; il traite de l'apparition de l'homme sur la terre, de celle de l'homme rouge sur le sol de l'Amérique, des croisements préhistoriques de la race rouge avec la race blanche (1), et de l'état des diverses industries des Sauvages lors de la découverte du Nouveau Monde.
(1) Oii lit â la page 5 « Tudo nos induz a créer que, ao tempo da descoberta, haviam a({ui )i:i America duas raças, uma — (|ue é tioiico : a vcrmelha — cuja oxist^ncia remonta como disse, a rauitus