GRANITS, SYÉNITES ET ROCHES INJECTÉES
Ces roches exigent quelques explications de plus, lors même que ce ne serait qu'à cause des superficies qu'elles occupent et de l’importante influence que l’on croit qu’elles ont exercée sur les formations associées, Outre les granits et syénites, les roches que nous allons décrire ici comprennent des felsites et des porphyres feldspatiques, des diorites et de la dolérite ou diabase,
(rranit.—L'étendue occupée par cette roche dans le centre et l’ouest du Nouveau. Brunswick constitue l’un des traits les plus saillants de la géologie de ce dernier, et elle a été représentée, avec des contours quelque peu variés, sur toutes les cartes géologiques de la province publiées jusqu'ici. Les limites qui lui ont été assignées dans les pages précédentes et sur la carte ci-jointe ont été soigneusement déterminées, et elles sont probablement aussi exactes qu'il est possible de les donner dans les circonstances actuelles, car il est souvent difficile de les reconnaître avec précision, d’abord à cause des nombreuses irruptions du granit lui-même parini les formations qui l'entourent, et ensuite à cause des grandes accumulutions de cailloux et d’autres matières de transport qui couvrent sa surface et obscurcissent les lignes de contact. Le grand nombre et la grosseur de ces cailloux sont assez remarquables, et il ne serait probablement pas exagéré de dire que sur de grands espaces, comme autour de la jonction de McAdain, ils sont tellement répandus qu'ils cachent complètement la roche sous-jacente et produisent une région presque absolument dénuée de
sol. Dans les endroits, cependant, où les matériaux meubles sont moins abondants et où le sol n’est Pas trop appauvri par les incendies des forûts, beaucoup de gens le regardent comme très favorable, surtout pour là culture des céréales et le pâturage, On trouvera dans le rapport de Mr Chal-
mers beaucoup de faits intéressants au sujet de la géologie Superlicielle de
cette révion.
Une autre circonstance qui contribue encore à rendre difficile la délimitation exacte des massifs granitiques, est ]a distribution très irrégulière des assises gneissiques et micacéos qui les recouvrent ou s'y rattachent,
déjà décrites comme cambro-siluriennes, et dont le caractere cristallin est
supposé dû à l'influence des mêmes causes qui ont donné naissance aux granits. Les plus grands de ces massifs, comme ceux de Caverhill et d’'Haynesville, ont déjà été mentionnés : mais il Y en à un bon nombre de beaucoup plus petits, dont quelques-uns ne dépassent pas quelques perches ait évident que plus grande partie de la masse granitique
ou même quelques pieds en étendue, I] l
la totalité ou la à été autrefois couverte par
ces
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saiuer.] NOUVEAU-—BRUNSWICK. 25 & perant roches, qui ont depuis été irrégulièrement enlevées par érosion ; et il est à Efrets de , o 2 nvahis ec F re ; l'érosion, propos d'ajouter à ce sujet que les lisières de roches cristallines cambro-
siluriennes déjà décrites forment généralement un terrain beaucoup plus élevé et plus accidenté que celui du granit voisin, et qu’il s'élève parfois brusquement à côté de ce dernier.
ce ne Les granits en question ont en général une texture grossière, contenant
rtante du quartz, du feldspath et du mica en proportions presque égales, et le
ociées, feldspath, qui est ordinairement de l’orthose, est souvent en cristaux très
i com- gros (parfois de trois pouces sur deux) qui se détachent en relief sur les
de la surfaces exposées à l’action des agents atmosphériques. Leur couleur est
ordinairement grise, mais parfois presque blanche, ou encore, comme sur
st du la rivière Saint-Jean, près de Pokiok, d'un beau rouge, ce qui en fait une
\ géo- pierre très propre à l’architecture et à l'ornementation. Une particularité
‘elque È plus remarquable, cependant, est de voir jusqu’à quel point cette roche est S jus- remplie de fragments empâtés évidemment empruntés à d’autres roches, cé, tes et lesquels sont parfois d’un vert foncé et contiennent beaucoup d’amphibole, | pro- mais ont plus fréquemment le caractère d’un grès micacé ou d’un mica-
‘CONS- schiste gris ou gris pourpré. Ces masses ét rangères sont même tellement préci- abondantes en certains endroits qu’elles donnent à la roche, vue d’une >arini À courte distance, l’apparence d’un grossier conglomérat. Leur origine est nula- incontestable, non-seulement par leur identité évidente avec les roches rface schisteuses et micacées qui bordent et recouvrent en partie le MASSIf grasseur nitique (conservant la couleur, la texture et la foliation de celles-ci même ; pas à de grandes distances des lits les plus rapprochés qui leur ressemblent), ction Fe mais aussi par ce que l’on voit en beaucoup d'endroits le long de leurs at la lignes de contact, Entre autres localités où ces dernières peuvent être ée de | observées, nous pouvons mentionner l'embouchure de la rivière Shéogomoc 1OinS | et les collines aux alentours de la tête du lac du Nord. A chacune de ces rêts, | localités, mais surtout à ln premicre, non-seulement on voit le granit cul- s'étendre, sous forme de veines, en tous sens dans les roches sus-jacentes, Veines de ‘bal- mais dans le granit lui-même il y a un grand nombre de masses évidemment DRERRE e de détachées de ces dernières en blocs eubiques et autres. En regardant ces affleurements, l’on ne peut résister à l'impression que le granit a été de
iini- quelque manière injecté dans une roche schisteuse superposée et partiellelière ment éclatée, et que l’altération de cette dernière a été produite par cette
ent, irruption, Naturellement, ces apparences sont susceptibles d’une autre est explication, mais le fait que le granit qui renferme les masses en question Re aux n'a pas la nature de simples veines et est peut-être d’une origine beaucoup let plus ancienne que la roche pénétrée, est indiqué par sa complète identité
* de avec le massif principal de granit, tandis que les véritables veines d'agréhes gation qui les recoupent toutes deux sont facilement reconnaissables u la | à leur caractère beaucoup plus grossier, Nous pouvons ajouter encore qu’à
ces | tous les endroits mentionnés les granits d'York offrent la plus grande
Lambeaux de granit détachés,
Syéuite.
Woodstock.
Passage aux roches environnantes.,
Age.
ressemblance avec ceux du comté de Charlotte, tels qu’on les voit aux environs de St-Stephen, Milltown et Baring. (Voir Rapport de 1871). Entre les principales lisières de granit
, des massifs isolés et limités de cette roche se rencontrent sur diffé
rents points le long de ses bords, comme à l’est de McAdam, entre la Shéogomoc et la crique de Sullivan, et encore dans l'établissement de Zealand, et leur position et leurs limites sont indiquées sur la carte géologique. D’après le nombre et les relations de ces massifs, l’on peut raisonnablement inférer qu'à une cert
aine profondeur sous la suce ils sont reliés les uns aux autres,
et les apparents contrastes que présentent les roches schisteuses, tant dans le degré de leur altération que dans la distance des affeurements de granit à laquelle on les trouve, se rattachent probablement au même fait. D'un autre côté, la singulière brusquerie avec laquelle de vastes lisières de granit se terminent sans aucun rapport apparent avec l'allure des sédiments sus-jacents, comme on le voit dans la dernière des localités ci-dessus mentionnées, est également remarquable et peut être regardée comme un nouvel indice de leur origine probablement éruptive,
S'yénite. —Cette roche, quoique beaucoup moins abondante que le granit, est assez fréquent dans la région qui nous occupe et couvre de grandes superficies. La plus importante de celles-ci, tant pur son étendue que par ses relations avec les roches avoisinantes, est celle qui traverse la partie sud du comté de Carleton, depuis la rivière à l’Anguille vers Benton jusqu'à la rivière Saint-Jean à Bulls creek, en amont de Woodstock, ayant une longueur de neuf milles et demi et une largeur moyenne d’environ un mille et quart; et un second massif plus petit, mais dont on n'a pu constater exactement les limites, existe sur le côté sud de la rivière le long du ruisseau du moulin de Gibson. Lien qu'elle soit en général une vraie syénite ou un granit amphibolique, de couleur grise ou rougeûtre et de texture cristalline grossière, la roche contient parfois, surtout aux environs de Benton, beaucoup d’épidote vert pâle en grains cristallins, et parfois de la chlorite, tandis qu’il n’est pas rare de la trouver associée à des dykes de diorite vert foncé ou pénétrée par eux, circonstance qui n’a été observée nulle part dans la région granitique, Un fait plus intéressant que le dernier signalé est le passage très graduel de ces roches syénitiques aux lits feldspathiques, meuliers et amygdalaires avec lesquels elles sont associées, et qui rend à peu près impossible de tirer une ligne de démarcation entre elles, tandis que dans le cas des granits la transition est presque toujours brusque. Il semblerait presque que les syénites, dans le ne sont que des conditions plus fortement altérées de mais le fait qu’elles sont, en quelques cas
S Cas en question, s roches associées ; au moins, irruptives est démontré par la munière irrégulière dont elles recoupent souvent les roches feuilletées, où dont elles sont enclavées en masses irrégulières entre les lits partiellement ouverts. L'on remarque de plus, par rapport à l'époque de