J, C. K. LAFLAMME
Quégec, Décembre 1883,
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COMI'TE-RENDAII
VMAITEN DANM
APERÇU PHYSIOGRAPIHIQUE,
La région que j'ai surtout étudiée n été celle qui est située au nord-est du Saguenay, depuis Chicoutimi jusqu'au lac Saint-Jean. Puis j'ai complété cette étule par l'examen détaillé de la plaine placée à l'extrémité orientale du lne et qui est bornée, d’un côté par la Petite-Décharge, et de l'autre par les collines granitiques qui se trouvent vers le milieu du township Labarre, et ensuite par les hauteurs qui se continuent sans interruption et en droite ligne depuis l'extrémité occidentale du lac Kénogami jusqu'au lac Saint-Jean, qu'elles atteignent à une faible distance du point où la rivière Métabetchouan se jette dans le lac,
La partie située au nord-est du Saguenay est, sur une grande longueur, limitée dans cette direction et au sud-ouest par deux chaînons laurentiens, très peu élevés, dont la distance varie en différents endroits de quatre à cinq lieues, Cette espèce de bussin «élargit, toutefois, en remontant la Décharge, jusqu'à ce qu'il se joigne aux jinmenses savanes qui atteignent le le Tshistagama et la rivière Péribonku, Cette plaine est partout recou: verte d'une couche nssez épaisse de dépôts quaternaires. Prise dans son ensemble, elle est éminemment propre a la culture, et comme de nombreuses rivières la traversent pour venin se Jeter dans le Saguenay, elle est un des endroits où la coupe du bois se fait sur une très grande échelle.
La plaine semblable qui se trouve h la partie est du lac est déjà colo- } | À
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nisée et cultivée en grande partie, La surface générale en serait très régu livre, n'étaient ces ravins tortueux et profonds que les rivières, et jusqu'aux inoindres petits ruisseaux, y ont creusé en tous sens. On y voit aussi quelques rares afeurements des formations laurentiennes, afleurements qui, d'ailleurs, sont toujours très peu élevés, Cette plaine ressemble assez à celle où se trouvent les townships de Chicoutimi, Bagot et Laterrière, où la surface générale n'est brisée que par les ravins des cours d'eau, et dont les
bords sont également occupés par des rangées de collines laurentiennes, LAURENTIEN.
Le système laurentien de la partie que j'ai explorée peut se partager en deux groupes bien distincts, Dans le premier, nous devons ranger les gneiss hornblendiques ou micacés, les granits et les syénites, qui se rencontrent à Chicoutimi et à Sainte-Anne, le long du lac Kénoganmi et sur une partie des rivages du lac Saint-Jean, Dans l'autre, nous placerons les immenses masses lauradoritiques qui se trouvent le long de la Décharge et sur la rive orientale du lac Saint-Jean.
L. lormation queissique.—Le gneiss prédomine partout, tandis que les granits et syénites véritables sont relativement rares. À Sainte-Anne, les roches renferment beaucoup de minéraux hornblendiques. [ls sont traversés par un grand nombre de lits ou de veines quartzeuses et felspathiques, dont la direction générale est sensiblement perpendiculaire à la rivière Naguenay.
Ces bandes sont probablement des traces de la stratitication primitive, bien que, dans certains cas, elles soient fortement contournées et présentent plutôt l'apparence de veines ou de dykes. Cependant, elles sont évidemnent contemporaines avec la roche qui les renferme.
On trouve ces traces de stratitication très nettement exposées sur toute la falaise qui sépare Sainte-Anne des Terres-Rompues. On y reconnaît même quelques indices de plissements. Bien plus, on peut suivre ces mêmes lits jusqu'à l'embouchure du Saguenay. et ils conservent à peu près la même direction et la même inclinaison.
Un peu plus haut que Shipshaw, la formation de gneiss est interrompue par une large bande de labradorite. Elle reparaît ensuite, mais change sensiblement de nature et d'apparence.
Le feldspath devient prédominant, et, les roches étant plus facilement décomposables, sont plus profondément attaquées par l'atmosphère. A la Dalle, les lits rocheux qui forment les rivages de la rivière des Aulnets sont riches en grenats communs.
A environ cinq milles plus haut que l'embouchure de la rivière des Aulnets dans le Saguenay, la formation gneissique disparaît complètement pour être remplacée par le labradorite à peu près pur.
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LArLAMME. | SAGUENAY ET LAC ST-JEAN, 7 0
L'action décomposante inégale de l'atmosphère sur ces roches laurentiennes, depuis l'époque glaciaire, est assez facile à suivre ; beaucoup de surfaces arrondies et polies sont devenues fort raboteuses. Les lits ou veines de quartz et autres minéraux riches en silice sont restés en saillie, tandis que les autres, plus facilement décomposables, ont été enlevés sur une profondeur plus ou moins grande,
Je crois devoir signaler ici un fait assez remarquable qui a rapport à l'usure des roches sous l'action de la glace, Le côté nord des collines rocheuses a été beaucoup plus vivement attaqué que le côté sud, Le plus souvent les rochers dont la tête domine les urgiles quaternaires sont usés et arrondis du côté du nord, tandis que le côté opposé est resté abrupte et rugueux, ce qui indique que le courant glaciaire venait du nord ou du nordouest,
LL, lormation labradoritique.— 1 est diticile de préciser l'endroit où apparaissent les premiers lits labradoritiques le long du Saguenay. Toutefois, ce n'est guère qu'aux environs de la rivière Shipshaw que ces lits acquièrent un développement considérable sur la rive nord-est de la Décharge. [ls sont encore entreméêlés d’un certain nombre de ces lits de gneiss dont nous avons parlé plus haut, et leur sont par conséquent sensiblement parallèles. Mais au Cran-Serré, un peu plus haut que la rivière Duclos, le labradorite constitue à peu près exclusivement tous les rochers des collines.
La couleur de ce labradorite est d’un brun très foncé, tirant sur le bleu. Par l'exposition à l'atmosphère, il se résout en une matière pulvérulente urisâtre, et les rochers prennent ainsi à la longue une couleur farineuse qui fait un singulier contraste avec les parties non-décomposées. La roche est compacte, à cassure éminemment cristalline, et laisse voir de gros cristaux feldspathiques dont les côtés sont recouverts des stries caractéristiques des feldspaths plagioclases.
A certains endroits, ces roches labradoritiques ont une structure cellulaire, Cette apparence provient de la décomposition de petites masses de substances étrangères empâtées primitivement dans le labradorite et «lissoutes peu à peu par les agents atmosphériques. La décomposition, commencée sur les contours de ces masses isolées, s'est propagée petit à petit jusqu'au centre, produisant une quantité de petits feuillets chloriteux groupés en masses
ayonnantes autour d'un point central.
En rapport avec ces décompositions labradoritiques, il est peut-être à propos de signaler le fendillement superficiel, qui n’est que le résultat d’une structure concentrique originelle, manifesté par l’action combinée de la gelée et de la neige. Il n’est pas rare de rencontrer des roches moutonnées de labradorite dont le sommet est recouvert de feuillets nettement sépa-
rés de la roche principale, Leur épaisseur varie de quelques lignes à quel-
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ques pouces, Ce fendillement est bien plus marqué sur les surfaces Inbra doritiques que sur les autres,
Nul doute que ces diverses actions désagrégeantes ont dû se faire sentir avant l'époque glaciaire aussi bien qu'après, Par conséquent, les roches labradoritiques devaient être décomposées sur une épnisseur plus grande que les rochers granitiques lors de l'invasion de la glace, De là il suit que ces roches ont été plus profondément modifiées par le passage du courant glaciaire, et ceci rend peut-être compte du fait que les collines labradoritiques du Naguenay sont, en règle générale, plus basses que les collines granitiques ou syénitiques, A première vue, on dirait que la sur face du sol occupée par le labradorite à subi une espèce de dépression, tun dis qu'en réalité cette apparence pourrait être uniquement due à une différence dans l'érosion,
Pour résumer mes observations sur ces développements de labradorite, je dirai que ces roches occupent une assez grande surface sur la rive orien tule du Saguenay, Elles commencent à la hauteur de Shipshaw, suivent les Aulnets jusqu'au sixème ou septième rang de Bourget, sans atteindre les nes Chabot, Thomy et des Brochets, puis se montrent sur la rive nord du luc Saint-Jean, depuis ln Décharge jusqu'à la rivière au Cochon,
Je crois assez probable que cette même formation remonte plus loin vers le nord, jusqu'à atteindre peut-être la rivière Péribonka, Toutefois, les immenses savanes qui s'étendent entre le lac des Brochets et cette rivière rendent les observations extrémement difliciles,
L'île d'Alma, à son tour, ne se compose que de labradorite, avec quelques lits de gneiss interposés,
Au sud-ouest de ln Décharge, ces mêmes masses labradoritiques se montrent à l'est de l'église de Saint-Dominique, puis on les retrouve incessum ment sur la rive droite de la rivière, jusqu'au lac, Enfin, elles forment la presque totalité des rochers que l'on trouve entre Saict-Gédéon et la Petite-Décharge,
Parmi les minéraux les plus importants que renferme cette formation, on doit citer en premier lieu le fer titané,
Les galets labradoritiques que l’on trouve aux environs de Shipshaw renferment souvent ce minéral, et il semble y occuper une position analogue à celle qu'à le hornblende dans la syénite, à tel point qu'à première vue on pourrait confondre ces roches avec des fragments de syénite ordinaire.
La masse que j'ai pu étudier le plus complètement se trouve sur le prenier rang de Bourget, à une faible distance du township Taché, Cet amas a environ deux arpents de large et quatre où cinq de long, mais on Île retrouve encore en différents endroits jusqu’à une assez bonne distance du Saguenay, [l forme dans Bourget une véritable colline de 150 pieds de haut et se compose à peu près exclusivement de fer titané, Toutefois, on
LAFLAMME. | SAGUENAY ET LAC NTJEAN, , n labra y trouve des veines feldspatuiques à contours extrêmement bizurres, Elles rappellent de loin les larmes bataviques, avec. cette différence qu'elles sont faire beaucoup plus irrégulières, Ils n'est pas rare non plus d'y rencontrer de : nt, les gros cristaux de labradorite, r plus Au premier aspect, ln structure de ces masses ferrugineuses est tellement Je là il + tourmentée qu'on est porté à leur supposer une origine ignée, age du | Le polissage du glacier quaternaire s'est fait sentir à un degré remar ollines | quable sur ces minéraux, et l'on trouve encore de grandes surfaces qui ont que les | parfaitement conservé le poli primitif, D'autres sont devenues rugueuses, la sur | | cellulaires, par suite de la décomposition de substances étrangères primiti n, tan | | vement mêlées au fer tituné, à une | | ! La présence de l’ilménite à encore été constatée en plusieurs endroits que || ne mentionne pas sir W, Logan dans la Géologie du Canada de 1863, dorite, | | Voici les principaux : à ln rivivre Gervais, sur les bords de la Shipshaw, orien | | au deuxième rang de Jonquière et dans le premier rang de Naint-Gédéon, = uivent À Un mot maintenant des différentes veines qui sillonnent le labradorite. dre les || A ln baie Trépanier, sur l’île d'Alma, il y à une veine fort remarquable de £ ord du | feldspath-orthose à peu près pur et cristallin, Elle court vers le nord-nord- | est en partant de la baie et a une inclinaison d'à peu près 70°. Des veines 1 vers | | analogues de deux ou trois pieds d'épaisseur se rencontrent en différents is, les | | endroits sur les îles de la Petite-Décharge, On y trouve encore des dykes rivière assez puissants, formés d'une espèce de dolérite très compacte renfermant he des masses cristallines d'hypersthène et d'ilménite. Ces dykes se voient elques encore à l'entrée de la Grande-Décharge et sur les rivages qui avoisinent ln Petite-Décharge, au sud. Leur direction est presque à angle droit avec e Inon- celle des veines feldspathiques dont il a été question ci-dessus. ESS) Les formations laurentiennes que nous avons examinées renferment plument : sieurs minéraux que nous énumérerons ici brièvement, net la Le mica s'y trouve abondamment, On le rencontre en grandes lames susceptibles d’être utilisées, à l’anse à Caron, le long de la Grande-Décharge, nation, et au troisième rang de Jonquière, De ce dernier endroit nous avons eu des lames d’un mica noir qui avaient près de deux pieds de superficie. LW l'eI= On a trouvé du sulfure d'antimotne dans une veine très étroite traversant logue à le Saguenay à la hauteur des Terres-Rompues, tout près d'un développement vue on assez remarquable de fer titané. Sur le huitième lot du treizième rang de re, Laterrière est une veine quartzo-feldspathique courant du nord-ouest au le pre- sud-est et renfermée dans une roche gneissique. Elle contient une très ù t anus faible quantité de graphite disséminé ça et là en petites masses. js on le Une autre veine quartzeuse se trouve à trois milles du Portage-des nce du «+ Roches, sur la rive droite de la rivière Chicoutimi. Son épaisseur est de ieds de huit à dix pieds et sa direction nord-sud. Elle est riche en pyrites ferru-
fois, on
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gineuses. On y avait soupçonné la présence de l'or, mais l'analyse à moncré que ces pyrites n'étaient pas aurifères,
Dans le township de Jonquière, sur le rang nord du chemin de Kaskouïx, il y à une agglomération assez curieuse de minéraux précieux. Ony trouve en abondance des grenats et des émeraudes. Les grenats sont rarement limpides, sauf ceux qui sont englobés dans des masses de mica, mais alors ils sont malheureusement fort petits. Les émeraudes sont de la variété dite aigue-marine, On en à trouvé des cristaux atteignant trois pouces et plus de diamètre sur une longueur de douze à quinze pouces.
Quant au algire cristallin qui se trouve dans le laurentien inférieur, Je ne l'ai rencontré nulle part. Le seul calcaire analogue que j'aie trouvé consiste en quelques veines étroites traversant en différents endroits les roches laurentiennes. Telles sont, entre autres, les veines de Shipshaw, près de la Grande-Décharge, 7 Toutefois, je dois une mention spéciale à une masse alcaire beaucoup plus considérable que j'ai examinée sur le deuxième lot du premier rang de Métabetchouan, tout près du chemin dit de Québec, Sur le flanc d’une colline d’une centaine de pieds de hauteur et courant nord--sud, on aperçoit une masse de calcaire blanc en gros cristaux rhomboédriques. Ces roches calcaires sont visibles sur une longueur de plus de cinquante pieds et une épaisseur d'une vingtaine, Elles sont bordées par le gneiss qu'on trouve dans toutes les roches voisines. Malheureusement, les détritus minéraux et végétaux qui les recouvrent en rendent l'examen extrémement dificile, de telle façon qu'il est presque impossible d'en donner les limites d’une manière précise. Est-ce là une simple veine? N'est-ce pas plutôt un fragment des bandes calcaires du laurentien inférieur ? Il serait imprudent d'afirmer lune ou lautre sur ces simples observations.
CAMBRO-SILURIEN.
L'examen des formations cambro-siluriennes était un des points prinelpaux de mon programme, aussi ai-je dû y donner une attention toute particulière,
Dans la Géologie du Canada de 1863, sir W. Logan parle uniquement des calcaires qui se trouvent sur une île, à l'entrée de la Petite-Décharge,
et de ceux qui bordent la rive sud da lac Saint-Jean, depuis Métabetchouan
jusqu’à la Pointe-Bleue, Je crois avoir découvert Îles limites d'un autre
grand bassin cambro-silurien au nord-est du Saguenay, sans compter bon nombre de dépôts secondaires, qui, quoique isolés, peuvent cependant se grouper de façon à constituer des bassins moins étendus, mais parfaitement
* caractérisés.
Comme le premier et le plus grand de ces bassins est en très grande partie dans la paroisse de Sainte-Anne, je l'appellerai le bassin de Sainte- . Anne,
1onivré
kouï, rouve ement
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